‹ Les Origines Économiques du CanadaChapitre 111 sur 149 · LA SITUATION GÉOGRAPHIQUE DES SEIGNEURIES · texte numérisé non relu

LA SITUATION GÉOGRAPHIQUE DES SEIGNEURIES

Comme les Iroquois et la forêt barrent l’intérieur du pays, la région immédiatement colonisable se trouve réduite aux rivages du Saint-Laurent, et plus spécialement aux cent lieues environ qui séparent le Sault-Saint-Louis du cap Tourmente, Montréal de Québec. Cette ligne est attaquée sur trois points à la fois, à Québec (1608), aux Trois-Rivières (1636) et à Montréal (1640). Ces trois noyaux deviennent trois villes, sièges chacune d’une gouvernement. Dans chacune il y a un gouverneur, un intendant ou un subrogé, et un tribunal. Les appels des juges de Montréal et des Trois-Rivières ressortent au Conseil Souverain de Québec. C’est autour de ces chefs-lieux que l’on taille de préférence les premières seigneuries. On ne s’en éloigne pas impunément, à cause des barbares (Repentigny, Assomption, Cournoyer). Les deux aïles se développent plus rapidement que le centre où le progrès est lent. Talon se donne comme tâche de combler les vides qui séparent les trois « habitations » et qui affaiblissent la colonie. Il fait porter l'effort de la colonisation militaire sur la péninsule soreloise. Quand les devantures se sont raréfiées sur le front du fleuve,

(1) Déclaration du roi concernant les Ordres Religieux et Gens de Mainmorte établie aux colonies française, 25 novembre 1743 (1 EO 576-581).

lès seigneuries s’établissent en second rang, dans la profondeur des terres (1684-1713). Hubert (1698) s’adosse à Saint-Gabriel et à Saint- Ignace; Maillou (1702) et les Etchemins font arrière-plan à Lauson. Ainsi, il se forme dans la région centrale une deuxième, et même en quelques parts, une troisième ligne de seigneuries. Dans le même temps, le front se déploye à gauche et à droite. Beauharnois, Rigaud et Argentueuil viennent renforcer Montréal, soit du côté des lacs, soit sur l’Ottawa. La Grande Ance, l’île Verte (1684), Trois-Pistoles (1687), et Rimouski (1688), La Rivière de la Madeleine (1689), Notre-Dame (1691), Cabo (1696), l’Ance de l’Etang (1697), Paspebiac et Montlouis (1707), s’échelonnent depuis Québec jusqu’à la Baie des Chaleurs. Enfin les seigneuries remontent les affluents du grand fleuve, le Richelieu et la Chaudière. De 1733 à 1739, Sabrevois, Bleury, Noyan, Bellecour, Foucault, l'ingénieur Chaussegros de Léry, Denis de la Ronde, Péan, Ramezay bordent le Richelieu depuis Chambly jusqu’au lac Champlain; Daine, Lusignan, La Gauchetière, Rambault prennent possession des alentours du lac; une seigneurie royale est même créée au-delà, sur la frontière, au fort Saint-Frédéric. Sept concessionnaires viennent (1736, 1737, 1738) peupler à son tour le bassin de la Chaudière, bassin si fertile qu’on l’appelle Nouvelle-Beauce. Pour terminer, La Mothe-Cadillac fonde en 1700 sur la rivière Détroit, la seigneurie Pontchartrain.

Page 1