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f). — LES PLANTES TEXTILES
A ceux qui demandent à Pierre Boucher, vers 1663, pourquoi on ne recueille pas le chanvre au Canada, le propagandiste répond que c’est qu’il faut songer au blé d’abord (5). Mais quand les plantes vivrières se sont pour une bonne fois acclimatée, on ne manque pas de cultiver les plantes textiles. On le fait pour plusieurs raisons. Tout d’abord aucune culture ne paraît plus convenable aux Canadiens que celles du lin et du chanvre: ils ont six mois d'hiver pendant lesquels ils ne peuvent travailler la terre; ils peuvent employer utilement ce temps, les femmes à tisser les chanvres et les hommes à battre le lin au foulon (6). Avec le temps, ils auront, de leur culture et de leurs propres fabriques, la meilleure partie et peut-être toutes les toiles nécessaires à leur usage, toiles dont ils consomment pour plus de soixante mille livres année commune (7). Colbert a l’ambition de construire des vaisseaux au Canada, et ces constructions demandent des cordages et, partant, du chanvre (1669). Enfin, s’il y a un surplus, on ne sera pas en peine pour en disposer. La France est obligée d’impor-
(x) Kalm, IL 221; — Franquet, Voyages et mémoires sur le Canada, p. 181.
(2) Pierre Boucher, Histoire véritable, p. 82 et ch. VIIT.
(3) Kalm, IT. 125.
(4) Voir ci-après notre article sur le commerce des grains au chapitre de la « Circulation ».
(5) Pierre Boucher, op. cit. ch. XIIT.