OMNENCIRESE SEC ONE 2 CE
(7) Talon au roi, Mémoire sur le Canada, 2 novembre 1671, AC. CII. A. 3. 150; — Bégon, AM. B. I. 50. 129 (1719).
ter des pays du nord le chanvre dont elle a besoin (1). Les administrateurs proposent aux Canadiens de satisfaire à la consommation de la marine à Rochefort (2).
Talon, Vaudreuil et Bégon s’empressent à se conformer aux ordres du roi (3). Ils font des expérimentations, afin d’introduire et de propager le lin et le chanvre. Le ministère leur fournit la graine nécessaire et leur envoie des instructions sur l’art de cultiver la plante qui porte le chènevis (4). La plante vient fort bien (5). La qualité est aussi bonne qu’en Bretagne (6). La préparation en est toutefois défectueuse (7). Pour amener les habitants à se livrer à ces nouvelles cultures, Talon accapare tout le fil qui se trouve dans la colonie et il n’en laisse avoir qu’à ceux qui prennent l’engagement de le rembourser en filasse (8). Forcément les habitants s’y adonnent, particulièrement ceux de Batiscan et de Champlain (9); les habitants de Montréal se laissent tirer l'oreille (10). Talon achète aû nom du roi tout ce qu’il trouve de chanvre et de lin sur le marché de Québec < pour faire connaître à tous qu’ils en auront le débit » (11). Un de ses successeurs, Michel Bégon, fait annoncer, en 1720, par les curés des paroisses que les magasins royaux recevront le chanvre à soixante livres le quintal (12). La tactique réussit, puisque les magasins prennent en 1723 1.644 livres de chanvre, en 1724 5.795 et en 1727 44.200. Toutefois les habitants, « consultant plutôt leur commodité que leur intérêt » (13) cultivent le lin en plus grand: en 1719, ils lèvent 45.970 livres de lin, 54.650 en 1720 et 92.246 en 1734 (14). Le roi fait savoir
(1) AC. CII. A. 121. 70 (16 juin 1716); AC. B. 23. 75 (6 mai 1702).
(2) De Meulles, 12 novembre 1682, AC. CII. A. 6. 8x.
(3) Marie de l’Incarnation, IL. 446 (27 août 1670); — AM. B. I. 51, 129 (1719).
(4) AC. B. 23. 33 (5 avril 1702), CII. A. 50. 134 (1728).
(5) P. Boucher, op. cit., ch. VIIL; AM. B. 1. 50, 126 (1719).
(6) AC. B. 48. 818 (29 mai 1725). ,
(7) AC. B. 57: 6321(8 avril 1732).
(8) 18 mai 1669, AC. CII. À, 3. 30.
(o) AC. B. 52. 481.
(10) AC. B. 23. 75 (6 mai 1702).
(nr) 8 mar 660 ACEC ET EASE 280! À
(12)-Begon au ministre, 26 oct. 1720, AC. CII. A. 43. 74; — AM, B. I. 5r 129 (17190).
(13) Le ministre à Raudot, 7 juillet 1711, AC. B. 33. 111.
(14) Censuses of Canada, 1876, vol. IV.
qu’il est charmé d’apprendre que le lin réussit bien au Canada, mais qu’il n'entend pas envoyer de tisserands pour l'utiliser sur les lieux; son but était qu’il fut envoyé en France pour y être manufacturé et remplacer la matière brute venant de l'étranger (1). Quant au progrès de la culture du chanvre au Canada, le Conseil de la Marine juge qu’il est assez considérable. Croyant que le temps est venu de diminuer le prix que l’on donne aux habitants pour cette denrée, il invite l’intendant Dupuy à le ramener d’abord à 40 livres le quintal (2), puis à 25 livres seulement (3). Le dernier prix n’entrera en vigueur que le premier janvier 1730. Jusqu'à cette date le chanvre abonde, les magasins en sont encombrés (4). Le ministère se félicite d’avoir pris des mesures pour modérer l’ardeur des habitants (5). Mais voilà que cette ardeur se ralentit si bien qu’il ne se fait plus d’envois en France de lin ni de chanvre (6). Les Canadiens n’en ont pas abandonné la culture, mais ils se contentent d'alimenter les corderies locales et de satisfaire à leur propre usage (7). La production se maintient aux environs de vingt mille livres pour le chanvre (8) et de 120.000 quintaux pour le lin (9). Le 15 avril 1750 le ministre écrivait à Jonquière et à Bigot qu’il trouvait fâcheux que les habitants aient cessé de produire les plantes textiles en vue de lexportation, et qu’il se proposait d'envoyer dans la colonie quelques familles qui en entendaient parfaitement la préparation et de payer le chanvre 30 livres le quintal au lieu de vingt-cinq (10).