E. — LA CUEILLETTE
Pendant que les adultes se dépensent aux champs, les enfants font la cueillette des baies le long des rivières et dans les sous-bois,
(1) AC. B. 23. 101 (14 juin 1702).
(2) AC. B. 48. 818 (29 mai 1728).
(3) AC. B. 481 (11 mai 1728).
(4) AC. CII. A. 51. 240 (1729), 315 (1720), 52. 2 (14 janvier 1730) et 113, 162.
(5) AC. B. 54 (le ministre à Hocquart, 21 mars 1730).
(6) Le ministre à Hocquart, AC. B. 63. 471 (12 avril 1735).
(7) Kalm, IT. 167; — AC. B. 64. 421 (10 avril 1735)
(8) CII, A. 68 34 (11 octobre 1737), 70. 19 (12 oct. 1738), 71.243 (14 octobre 1730), 77. 344 (24 oct. 1742), 80. 09 (1743), 81. 427 (1744). 85. 54 (1746).
(o) M. de Beaucas, Mémoire sur le Canada, 1758, AC. CII. A. 103. 488.
(10) AC. B. 91. 19 (15 avril 1759).
I1 se rencontre tant de « petits fruicts, et en telle quantité, que c’est merveille » (1). « Cela vient par dépit » (2). I1 y en a de rouges, tels les fraises, les framboises et les airelles d'Amérique ou « atocas » (Cranberry, canneberge); il y en a de noirs, comme les mûres et les cassis; il y en a de bleus et on lesappelle précisément « bluets » (3). On fait entrer les primeurs dans la préparation des tartes et de plu sieurs autres pâtisseries, ou bien on les mange à l’état nature.
On fait encore la recherche du capillaire, fougère dont on extrait un sirop très apprécié pour ses propriétés stomachiques et dont on fait surtout usage contre la toux. Le capillaire d'Amérique est regardé par les hommes de l’art comme fort au-dessus de celui qu’on recueille en Europe. Aussi’en envoie-t-on des quantités considérables en Franc: chaque année. D’ordinaire cette herbe vaut, à Québec, de cinq à quinze sous la livre (4). |
Le ginseng est l’objet pendant quelques années d’un plus grand trafic encore. Cette araliacée que, pour ses vertus médicinales, les Chinois achètent au poids de l'or, fut, en 1715, reconnue dans les forêts du Canada par le Père Lafitau. Elle devient bientôt l’un des articles les plus en demande du commerce canadien. Il en sort en 1752 pour 500.000 francs. Il s'était vendu l’année précédente jusqu’à vingt francs la livre au Canada et même trentre francs à la Rochelle. Cette plante aime l’ombre et croît dns un terreau profond et riche; un sol humide ne lui convient pas plus qu’un sol élevé. Elle n’est pas commune partout. Parfois on la cherchera inutilement dans l’espace de plusieurs kilomètres sans en découvrir un seul pied. Mais là où elle croît, on la trouve en abondance. On ne l’a jamais trouvée au nord de Montréal. Elle fleurit en mai et juin, et ses baies sont mûres à la fin d'août. « L’empressement qu’excitait cette plante poussa les Canadiens à cueillir dès le mois de mai ce qui ne devait être cueilli qu’en septembre et à faire sécher au four ce qu’il fallait sécher à l’ombre ct lentement (deux mois). Cette faute décria le ginseng du Canada chez le seul peuple de la terre qui le recherchait; et la colonie fut cruelle-
(1) Champlain, éd. de 1830, II. 327.
()RPÆPBouchertopecit, ich. RiNe
(3 Champlain et Boucher, loc. cit.; Bougainville, Mémoire sur l'état de la Nouvelle-France, 1757, 3 RAQ:; — Kalm, Il. 161. (4) Kalm, IT, 00-01; Bougainville, loc cit.
ment punie de son excessive avidité, par la perte entière d’une bran-
che de commerce qui, bien dirigée, pouvait devenir une source d’opulence » (1).