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G. — LE VERGER

Quelques cultivateurs ont des vergers, c’est le petit nombre (5). Les pommiers remontent à Pierre du Guast de Monts (6) et à Louis Hébert (7). Leur fruit est excellent, principalement les rainettes, les calvis et les apis; « le plus beau fruit est à Montréal dans les vergers de Messieurs de Saint-Sulpice » (8), Des particuliers font du

(x) AC. B. 64. 424 (17 avril 1736).

(2) Ibid.

CAC 740107 avril r 74m).

(4) AC. B. 76. 111 (13 juin 1743). Voir encore sur le tabac canadien, BRH 27. 280, 203, 206; Mémoire sur les tabacs du Canada (Dépôt des Fortifications des Colonies), Canada, Mémoires généraux, 303 (1737); AC. Crr. À. 69. 243, 70. 19, 167 (1738), 80. 19, 76 (1743), 81. 446 (1744), et 336 (Tabacs du Canada: Etat des tabacs étrangers débarqués à Québec en 1744); Kalm, IL. 192; AC. Crr. A. 50. .1732, fol. 318; AC. Crr. À. 409 (1728); Sur les procédés de culture du tabac en Amérique du Nord, voir Bonnefons, Voyage au Canada dans le Nord de l'Amérique septentrionale fait depuis 1751 à 1761, pp... 158 et 150: AC: \CIr À) 67, 95 (1741), 80. 3 (1743), 81. 446 (1744); Salone, 379-380.

(5) Kalm, IL. 60.

(6) 16 BRH 1857.

(7) P. Boucher, 53.

(8) A. de Bougainville, Mémoire sur l'état de la Nouvelle-France, 1757. 3 RAQ 42-70.

cidre de pomme pour leur usage ménager (1). Plusieurs espèces de poires délicieuses qui viennent bien à Montréal, ne réussissent pas à Québec, et la gelée détruit fréquemment (2). Le prunier sauvage (Drapanées) se multiplie sur les côteaux et le long des ruisseaux, autour de Montréal. Il est tellement chargé de fruits que ses branches fléchissent sous leur poids. Les prunes sont mangeables quand elles ont la couleur rouge. Elles ont bonne saveur. On en fait des confitures (3). Différentes espèces de pruniers, importées de France, réussissent bien aussi. Le froid de l’hiver ne leur est pas trop dommageable (4). Il y a beaucoup de cerises (5). Il vient de très mauvaises noix et des châtaignes médiocres du côté de Niagara (6). Plusieurs habitants de Montréal ont fait venir des vignes de France et les ont plantées dans leurs jardins. Il y a deux sortes de raisin, l’un d’un vert pâle ou presque blanc, et l’autre rouge foncé. On n’en fait pas de vin. Cela n’en vaudrait pas la peine. Maïs on les passe en grappes au dessert. En hiver, on recouvre les racines de fumier afin d'empêcher le froid de détruire les ceps. Il paraîtrait que les raisins dégénèrent au Canada (7). La vigne sauvage, qui est très abondante dans les bois, grimpe en s’élançant autour des grands arbres. On en plante dans les jardins, près des berceaux pavillons d’été faits en treillages de lattes. Ces tonnelles sont très fraiches (8).

Kalm se demande pourquoi les arbres importés d'Europe — les pommiers par exemple — fleurissent plus tôt que les arbres indigènes de même espèce. Cette précocité des individus exotiques lui paraît inexplicable, à moins d’admettre qu’ils ouvrent leurs enveloppes florales dès qu’ils ressentent la chaleur qui provoque l’efflorescence dans les pays d’où ils sont originaires, tandis que les individus indigènes, instruits en quelque sorte par l’expérience à ne pas se fier aux premières apparences du beau temps, diffèrent prudemment leur entrée

(1) 18 Br4 609; Kalm, IL. 228. Voir aussi, sur les pommes au Canada, 17 BRH

(2) Kalm, II. 115; Bougainville, Loc. cit.

CRI PATIASTe

ChÉTPENTEerez:

(5) Bougainville, loc. cit.

(6) Id., ibid. .

(7) Kalm, IT. 100.

(8) Zd., IT. 225, 140.

en floraison jusqu’à ce que la saison étant plus avancée, les nuits froides ne soient plus à craindre. Aussi, arrive-t-il souvent que les arbres importés d'Europe périssent par la gelée, alors que les indigènes de même espèce n’en souffrent aucunement (1).

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