‹ Les Origines Économiques du CanadaChapitre 125 sur 149 · H. — L'ÉLEVAGE · texte numérisé non relu

H. — L'ÉLEVAGE

Les indigènes n’avaient pas d’autre animal domestique que le chien (2) dont ils réservaient la chair pour leurs tabagies. Les Français importèrent le chat et les autres espèces apprivoisées de l’ancien monde. Sauf le baudet, l’acclimataion s’opère sans peine.

Le baron de Caen entretient au cap Tourmente un grand iroupeau äe vaches (3) dont il tire la viande fraiche indispensable contre le scorbut. La race bovine multiplie vigoureusement. Dès 1636, il n’est plus nécessaire d’amener des taurailles de France; il est possible de s’en procurer sur place (4). On attèle les bœufs au traîneau et à la charrue (5). En 1666, les bêtes à cornes sont représentées dans la colonie par 2.136 têtes, en 1667 par 3.107, en 1685 par 7.474, en 1698 par 10.209, en 1607 par 14.191, en 1719, par 18.241, en 1734 par 33.179 et en 1759 par 38.821 (6). Le recensement de 1762 relève 15.249 bœufs, vaches et taurailles dans le seul gouvernement de Québec (7).

Le 16 juillet 1728, l’intendant Dupuy rend une ordonnance portant défense de traire les vaches dans les clos (8). Le 22 avril 1732 il est ordonné de tuer les veaux depuis le 2 mai jusqu’à la fin de juin; avant ou après ces dates, on ne pourra en abattre ayant moins de cinq ou six semaines (9).

Les vaches varient de couleur, mais la plupart sont ou rouges ou noires. Généralement elles portent des cornes, mais on en voit dont le

Page 1