‹ Les Origines Économiques du CanadaChapitre 126 sur 149 · COMMENTS · texte numérisé non relu

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(2) Contra, Salone, p. 123.

(3) Champlain, édition Laverdière, t. VI, p. 125, 155-156; Relation des Jésuites, 1636, p. 53.

(4) Relation des Jésuites, 1bid.

(5) P. Boucher, ch. V; Kalm, IT. 142-143; 24 BRH 256.

(6) Censuses of Canada, 1876, t. IV.

(7) Recensement du Gouvernement de Québec fait en 1762, 5 RAQ 140.

(8) 16 juillet 1728, AC. F3. 11. 164.

(0) 22 avril 1732, AC.TB. 57. 652.

front est dépourvu de cet appendice. Une vache sans cornes serait une curiosité en Pensylvanie. La chair des bœufs et des veaux engraissés à Québec est préférable à celle des animaux de boucherie élevés a Montréal, elle est beaucoup plus grasse et plus savoureuse. Cette différence est attribuée aux prés salés du bas du fleuve (1).

Les porcs ne tardent pas à devenir en Nouvelle-France aussi communs que dans l’ancienne (2). Ils figurent au recensement de 1688 pour 3.701 individus, en 1698 pour 5.147, en 1719, 14.418, en 1734 ‘pour 23.646 et en 1732 pour 26.258 (3). On en trouve 9.251 dans le gouvernement de Québec en 1762 (4). On est obligé de faire des règlements pour empêcher les cochons de gâter les cultures. Il est prescrit aux habitants de mettre des « carcans >» au cou des porcs, à défaut de quoi il est permis à ceux qui trouveront de ces animaux dans leurs grains de les tuer et d’en garder la carcasse à titre de dommages. Les cochons qui erront de par les rues de Québec seront confisqués au profit des hôpitaux (1731) (5).

Chaque habitant élève ordinairement quelques moutons qui lui fournissent la laine dont il a besoin pour se vêtir (6). En 1686 Denonville propose au roi, qui a la chose pour agréable, d’obliger les marchands à nourrir chacun trois ou quatre brebis (7). De 85 qu'ils étaient en 1667 les moutons passent à 787 en 1685. Entre 1698 (994) et 1707 (1820) ils triplent leur troupeau. Dans les treize années qui suivent ils se multiplient par le coefficient sept (8.435 têtes en 1719). Au recensement de 1734 les moutons figurent pour 19.815 et à celui de 1739 pour 26.260 (8). II y en a 7.751 en 1762 dans le gouvernement de Québec (9).

(1) Kalm, IT. 142-143. Voir encore sur la race bovine au Canada, BRH 5. 296, 20. 167.

(2) P. Boucher, ch. V.

(3) Censuses of Canada, 1876, t. IV.

(4) Recensement du Gouvernement de Québec fait en 1762, 5 RAQ 140.

(5) D. A. Henneker, The Seigneurial Regime in Canada, Québec, 1027, P. 237.

(6) Kalm, IT. 143; P. Boucher, ch. V; BRH 5. 206, 30. 408 ; 16 février 16681 CNE, 1 on)

(7) 3 juin 1686, AC. F3. 6. 266.

(8) Censuses of Canada, 1876, t. IV.

(0) Recensement du Gouvernement de Québec fait en 1762, 5 RAQ 140.

Le mouton importé, de même que tous les autres bestiaux, dégénèrerait, et sa progéniture encore plus que lui-même. Cette dégénérescence est attribuée à la rigueur de l’hiver qui oblige de tenir les bestiaux à l’étable et de les nourrir au sec (1). Avec les ânes et les chèvres, on échoue complètement. Ni Bigot, ni ses prédécesseurs ne réussissent à en propager l'espèce (2). Ces bêtes n’ont pas de postérité.

La race chevaline compte au Canada en 1692 400 bêtes, en 1698 684, en 1706, 1872, en 1719, 4.024, en 1734, 5.056, en 1739, 9718 et en 1765, 13.488 (3). Au dire de Kalm, tous les chevaux canadiens sont forts, vifs, bien faits, aussi grands que ‘les chevaux de cavalerie d’Europe. Les habitants ont la coutume de couper la queue à leurs coursiers. C’est une cruauté, puisqu'on les prive ainsi de leur unique moyen de défense contre les moucherons, les taons et les hippobosques. Cette coutume viendrait de ce qu’ils attellent leurs chevaux lun devant l’autre. Pour empêcher celui de devant de blesser les yeux de celui qui est dans les timons en agitant sa queue, ils auraient pris le parti d’écourter leurs bêtes (4). Au Fort Saint-Frédéric, où le climat est plus doux, on laisse les chevaux errer dehors à l’aventure pendant l'hiver; ils broutent les herbes sèches qui sont très abondantes dans les bois; ils s’accommodent fort bien de cette pâture; au printemps ils sont gras et pleins de santé (5).

Le monarque s'inquiète de faire transporter des poulains au Canada, à ses frais (6). Les Sauvages, à qui cette monture est inconnue, témoigne d’une grande curiosité en la voyant; ils l’appellent, par analogie, « orignal de France ». Son caractère traitable, sa soumission à la fantaisie du cavalier, provoque leur admiration (7). Etalons et cavales sont distribués aux gentilshommes les plus zélés pour la

(1) Kalm, IL. 142-143.

(2) 2 Br 11; 16 février 1669, AC. B. 1. 101; 6 novembre 1720, AC. Ci APP NTuMAoctobey23 A CAC) ET O0 RS MÉvreRT/50 ACABMOL 10; Kalm, II. 143.

(3) Censuses of Canada, 1876, t. IV.

(4) Kalm, IL. 142.

(5) Kalm, IL. r2.

(7) P. Boucher, p. 137; Ernest Gagnon, Le Fort et le Château Saint-Louis, pp. 331-332; BRH 6. 218, 8. 256, 270.

culture des terres (1). Ils se multiplient tellement que les administraieurs doivent prendre des mesures pour en restreindre le nombre (2). « Chaque garçon qui a la force de manier un fouet a le sien, c’est ce qui empêche l’habitant d'élever autant de bœufs qu’il le ferait. Au lieu de trois ou quatre chevaux, il aurait dix à douze bêtes à cornes, et outre cela il pourrait élever plus de cochons, parce qu’il n’est point de garçon d’habitants qui ne vole son père pour donner de l’avoine ou d’autres grains à son cheval, afin qu’il soit gras et vif » (3). La facilité d’avoir un équipage fait perdre à la jeunesse l'habitude d’aller en raquettes (4). Elle s’effémine. “7e

Les poules, les dindons, les pigeons peuplent les basses-cours (5). L’intendant Talon entretient sur sa terre des Islets « toutes sortes de volailles, de coqs d'Inde, de canards, d’outardes, d’oies, de pigeons et choses semblables pour distribuer aux habitants » (6). On se sert à Montréal d’éventails faits de queues de dindons sauvages. Dès que l’oiseau a été abattu, on lui enlève la queue, que l’on étend en éventail, et on la soumet à un procédé de dessication qui lui fait garder cette forme. Les dames et les hommes de distinction portent ces éventails, en marchant dans les rues, durant la grande chaleur du jour (7)

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