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école que date la première période de l’histoire de l’art français au Canada, période qui se prolonge jusqu’en 1715, alors que l'école est fermée à la suite de deux incendies. L’école des arts et métiers est dirigée par des professeurs venus de France. Citons Jean Soumande, directeur et professeur d’architecture; Michel Flouchons, apprenti sculpteur; M. de Cordenats, artiste peintre; Claude Baïllif, Guillaume Jourdain, Le Vasseur, maître menuisier, et les deux, maîtres des plus remarquables: Jacques Lebond de la Tour et Gabriel Le Prévost. L: Tour expose en France; Le Prévost signe, entre autres œuvres, la statue de Sainte-Foye. C’est l’école de Saint-Joachim qui implante au Canada le style renaissance, type François 1°, style qui devait se perpétuer jusqu’à nos jours (1). L'enseignement est donné à Montréal, encore pendant de trop courtes années, à la « maison des frères de la Croix de Saint-Joseph », mieux connue sous le nom d’Hôpital Charron (2). L'un des pensionnaires de cette maison, Pierre Le Ber, fils de Jacques Le Ber, natif de Pistre, diocèse de Rouen, consacre une grande partie de son temps à des ouvrages de goût, en particulier à la peinture. « S’il n’a pas eu la gloire d’y exceller, il eut du moins le mérite d’être le premier canadien qui ait cultivé les arts. Ses préférences pour les sujets religieux lui permirent d’orner plusieurs églises de ses tableaux. Enfin, c’est à son pinceau que les sœurs de la Congrégation Notre-Dame doivent le portrait de la vénérable Mère Bourgeoys. Sans doute des artistes plus habiles ont perfectionné son œuvre, mais sans lui, les traits authentiques de cette femme héroïque nous seraient inconnus » (3). Pierre Le Ber mourut le 2 octobre 1707, « en réputation de sainteté » disent les Annales de l’Hôtel-Dieu de Québec, et dans sa trente-neuvième année seulement (4).

(1) Voir conférence prononcée par M. Marius Barbeau au « Cercle universitaire », à Montréal, le 20 mars 1925, et rapportée à la page 2 du journal Le Devoir de Montréal, livraison du 22 mars 1025.

(2) Pour l’histoire de l'Hôpital Charron, voir L'Hôpital Général des Sœurs de la Charité, Montréal, 1916, t. 1, pp. 11-80; Revue Canadienne, 1895, p. 603: AC. Crr. À. 17. 76'et 46/27. (1724); BRA 14701 22, 02,2305, 137023. 180 1252: 30. 143; 4 RAQ 370 et suivantes; 3 RAQ 163-102.

(3) Vie de Mlle Le Ber, page 330.

(4) L'Institut Charron comptait encore, — outre des forgerons, des menui siers, des brasseurs et des meuniers, — un sculpteur sur bois, le sieur Charles Chabouillé (ou Chabouiller), né en 1638 à Saint-Rémy de Troyes, en Champa -

gne, et inhumé à Montréal le 20 août 1708. Il fut l'ancêtre d’ une famille fameuse de traitants.

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