LA FONTAINE
(x) Ce serait le contraire, d'après Sagard.
EI
Quand cet ouvragé est achevé en commun par le peuple ouvrier, le citoyen songe à se loger. Chaque famille se construit une cabane dans l’eau sur pilotis, ou répare l’ancienne. Il s’agit d’une cloche ou dôme, sans ouverture visible. Le plancher seul est muni d’un trou à fleur d’eau qui sert à l’animal pour entrer et sortir, toujours en plongeant, L'intérieur est simple ou à compartiments; la dimension de chaque hutic est assez variable, ordinairement de 2 m. au moins sur
1 m. au-dessus de la surface de l’eau. Le nombre de ces huttes s’ac-
croit chaque année et devient quelquefois considérable, lorsque la colonie n’est pas inquiétée, ce qui est rare.
On prend quelquefois le castor à l’affñt, après le coucher de soleil. Le castor cherche alors à gagner la terre, mais en s’entourant de toutes sortes de précautions. Il se tient à proximité du rivage, nageant entre deux eaux et laissant échapper une sorte de petit cri plaintif qui pourrait bien être un appel ou un avertissement; si rien ne lui paraît suspect, il abofde, mais à la moindre apparence de danger, il plonge, et c'est en vain que le chasseur l’attendra toute la nuit. L’eût-on blessé dans l'étang, s’il meurt de sa blessure, on le perd parce qu'il ne surnage point.
Un moyen plus sûr d'attraper les castors, est de dresser dans les bois des pièges semblables au quatre-de-chiffre avec une branche tendre de saule ou de peuplier comme appat. Dès qu’ils y touchent, un poids énorme tombe et leur casse les reins.
On tue encore ces animaux à la tranche. On attaque leurs cabanes pour les en faire sortir, et l’on va les attendre au bord des trous qu’on a pratiqués dans la glace, où ils viennent respirer. On prend ce moment pour leur casser la tête. D’autres fois, l'animal, chassé de son logement, tombe dans des filets dont on l’a environné tout autour, en brisant la glace à quelques verges de sa cabane. Veut-on prendre la peuplade entière? On ouvre la chaussée, pour laisser écouler l’eau de l'étang où les castors vivent. Restés à sec, hors d'état de s’échapper ou de se défendre, on les prend à loisir et à volonté. Mais on a soin d’en laisser toujours un certain nombre, mâles et femelles, pour repeupler lhabitation (1), et cette générosité n’est qu'avarice,
(1) La Hontan, o7.
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