‹ Les Origines Économiques du CanadaChapitre 4 sur 149 · ARE PU TES · texte numérisé non relu

ARE PU TES

n’était pas de faire fortune, mais un but tout à fait désintéressé, les biens de la terre n’en furent pas moins la fin immédiate et la condition sine qua non de l’entreprise. Que font les fondateurs de la Société Notre-Dame du Montréal dès leur première entrevue? (1) Ils constituent un premier fonds de cent louis, que le baron de Faucamp porte bientôt à vingt-mille livres. Dans une deuxième démarche, ils obtiennent un vaste domaine, favorablement situé, comprenant rien moins que l'ile de Montréal et la seigneurie de Saint-Sulpice (17 décembre 1640). Leur troisième pensée est de s’adjoindre « plusieurs personnes puissantes et pieuses., car la dépense devait être grande, elle eût été excessive si plusieurs personnes puissantes et de qualité ne se fussent réunies pour cet effét » (2). Puis on arrête un programme (1640), lequel témoigne suffisamment que les préoccupations temporelles n’étaient pas étrangères à ses auteurs, comme il convient. Ils décident d'envoyer dans leur concession « quarante hommes bien conduits et équipés de toutes les choses nécessaires pour une habitation. Ils leur fourniront deux chaloupes ou pinasses pour transporter de Québec à Montréal les vivres et les bagages. Ces quarante hommes, étant arrivés dans l’île, se logeront et se fortifieront avant toutes choses, contre les sauvages; puis ils s’occuperont, pendant quatre ou cinq ans, à défricher la terre et à la mettre en état d’être cultivée. Pour avancer cet ouvrage, les Associés de Montréal augmenteront, d’anné® en année, le nombre des ouvriers, selon leur pouvoir, enverront des bœufs et des laboureurs à proportion de ce qu’il y aura de terres défrichées, et un nombre suffisant de bestiaux pour en peupler lile et engraisser les terres... Toutes ces choses étant en bon état, où ne pensera qu’à bâtir des maisons, tant pour loger quelques familles françaises, notamment les ouvriers nécessaires au pays, que les jeunes gens mariés qui auraient été instruits au séminaire, et les autres sauvages convertis qui voudroient s’y arrêter. On leur donnera quelques terres défrichées, des grains pour les semer, des outils et des hommes pour leur apprendre à les cultiver » (3).

Requis au point de départ, l'argent continue à être nécessaire à

(x) Ce sont M. Jérôme Le Royer, sieur de la Dauversière, receveur des tailles à La Flèche (Perche), et M. J.-J. Olier, fondateur de Saint-Sulpice à Paris.

(2) Dollier de Casson, prêtre de Saint-Sulpice, Histoire du Montréal, pp. 5-6.

(3) Programme cité par M. E. Salone à la page 77 de son grand ouvrage sur La Colonisation de la Nouvelle-France, 1906.

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