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VII. — LA CULTURE DES CHAMPS

Dans l'intervalle des expéditions, l’indigène cultive le maïs (2). Pour faire mourir les arbres et déblayer un lopin de terre, on flanque les troncs d’une ceinture de haches rougies au feu, puis quand ils sont secs, on y met le feu. Entre les souches calcinées, on creuse avec des houes de bois, de trois en trois pieds, des fosses peu profondes. Dans chacune on dépose la graine et, à titre d’engrais, de la chair de poisson. À mesure que le blé croît, on le chausse. Entre les tiges, on plante des citrouilles, des pois et des melons. L'automne venu, on transporte les épis au village dans de grands paniers. Là, on procède, un jour, en commun et gaiement à l’« épluchette ». Quiconque a la veine de tomber sur un épi aux grains rouges, en reçoit deux aux grains blancs de la part de chacun des aoûterons (3). Nous retrouvons chez les colons ce même art de cultiver et de cueillir le maïs (4).

(1) Boas, 460.

(2) Sur la culture du maïs, V. Champlain (1922), [. 327-328, (1830); L. 05. 113, 258, 374, 301; Sagard, 133-134; Kalm, I. 44.

(3) Pour une autre version du sens donné à l’épluchette, v. Schoolcraft, op. cit. 264.

(4) Pour une description détaillée de la récolte et de la sécherie, v. Neill, Op. cit. 443.

Les Sauvages « font aussi grand labourage de petum (1. e. tabac)... et ne peuvent faire féte à ceux qui lies vont voir de plus grand’chose... Et noz François qui les ont hanté sont pour la plus-part tellement affolez de cette yvrongnerie qu’ilz ne s’en sçauraient passer non plus que du boire et du manger. Cette fumée de Petum prise par la bouche en sucçant comme un enfant qui tette, ils la font sortir par le nez, et en passant par les conduits de la respiration le cerveau en est rechauffé et les humiditez d’iceluy chassées. Cela aussi étourdit et enivre, lace le ventre, refroidit les ardeurs de Venus, endort, et la feuille de cette herbe, ou la cendre qui reste au petunoir consolide les playes. Je diray encore que ce Nectar leur est si suave, que les enfans hument quelquefois la fumée que leurs pères jettent par les narines, afin de ne rien perdre. » (1).

« Il y a encore en cette terre certaine sorte de Racines grosses comme naveaux, ou truffes (i. e. pommes de terre), tres-excellentes à manger, ayans un gout retirant aux cardes, voire plus agreable, lesqueiles plantées multiplient comme par dépit, et en telle façon que c’est merveille. Nous avons apporté quelques-unes de ces racines en France, lesquelles ont tellement multiplié, que tous les jardins en sont maintenant garnis, et les mange-on (cuites sous la cendre) ou avec du beurre et un peu de vinaigre cuites en eau. Mais je veux mal à ceux qui les font nommer Toupinambaux aux crieurs de Paris. » (2).

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