‹ Les Origines Économiques du CanadaChapitre 44 sur 149 · TITRE IT · texte numérisé non relu

TITRE IT

Le francigénat de l'économie d’échanée.

La terre canadienne était libre. L’émissaire de l’Europe y paraît, et le pays change de face. Aussitôt des bois impraticables s’ouvrent et reçoivent dans de larges clairières des habitations commodes. Les animaux destructeurs cèdent la place à des troupeaux domestiques; et les ronces arides, aux moissons abondantes. Le lin, le chanvre se substituent à la fourrure, le granit à l’écorce, le fer au bois. Les côtes se remplissent de cités, les havres de vaisseaux; et la Nouvelle-France subit le joug de l’homme à l’exemple de l’ancienne.

Quels ressorts puissants ont élevé ce merveilleux édifice de l’industrie et de la politique européenne? C’est l’institution de la propriété individuelle, c’est la pratique des conventions d’échange. Mis dans la possibilité de vendre ses produits, l’homme travaille d’une facon plus intense, plus égale. Il ne se contente plus de répondre aux besoins domestiques, il accumule des marchandises en vue du marché. Il invente une forme économique féconde, l’entreprise, qui n’associe pas, comme la famille, des individus pour tous les buts de la vie à la fois, mais qui réunit une multitude indéfinie de volontés humaines et les réserves de biens dues à l’épargne, dans le but unique et constant de la contre-prestation. Du coup, l’activité économique se décompose en des procès divers de production, de circulation et de consommation. Le cercle social s’élargit. La politique intervient, et par la

monnaie, par des routes construites, par les lois sur l’agriculture, sur

lPindustrie et les transactions, par un système d’impôts et les institutions militaires, unit indissolublement les économies particulières qui se juxtaposent ou se superposent, des familles, des corporations

ol mit ment,

et des provinces. C’est de ces transformations considérables du droit économique que résulte la mise en valeur rapide du Canada. C’est à l'apport de cette technique améliorée, et au refoulement des traditions indiennes, que le Canada doit de s’être élevé au rang de puissance moderne, prospère et policée.

Il convient de reprendre le tableau par ses détails. Nous le ferons dans deux chapitres. Le premier retracera l'effort initial: la conquête de l’espace, l’enracinement fera l’objet du chapitre second. Le lecteur verra comment l’occupation extensive des débuts se transforme peu à peu en une colonisation agricole, en une association étroite et féconde de l’homme avec la terre,

Page 1