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III. — LES AVANCES AUX MATELOTS

C’est au moment de la revue, en présence de l’administration, que larmateur verse à l’engagé les avances, communes à tous les pays. Elles sont nécessaires pour deux raisons: d’abord le marin, quittant sa famille pour un temps assez long, doit lui laisser de quoi subvenir aux premiers besoins pendant son absence; d’autre part, le marin dans le rude métier qu’il exerce, exposé sans cesse aux coups de mer et aux intempéries, a besoin d’être bien vêtu: les avances lui permettent de « se gréer >» convenablement,

Les frais de gréement d’un pêcheur sont assez élevés. Voici l’énumération des effets strictement nécessaires: un surouêt (capuchon ciré ainsi appelé parce qu’il est destiné à protéger contre la pluie qui tombe le plus souvent par des vents de sud-ouest), 1 paire de bottes sans genouillères ou de sabots-bottes, 2 cirages (le cirage est un complet ciré imperméable), 1 grande garderobe de peau, que l’on porte la laine tournée en dedans, 1 justaucorps et un tablier de même sorte, 1 grosse couverture de laine, 1 paillasse, 1 coffre ou 1 sac, enfin 1 hache d’abordage, dans la crainte des corsaires.

Les avances sont de deux sortes: les avances perdues, les avances à valoir. Les avances perdues restent définitivement acquises au pèchéur, quel que soit le résultat de la pêche. Les avances à valoir, au contraire, sont remboursables à l’armateur en fin de campagne sur la part, ou « retour de pêche », qui revient au marin.

Le taux des avances est essentiellement variable suivant les espoirs de la pêche; une mauvaise pêche réduit beaucoup leur montant pour l’année suivante.

Ces sommés représentent les deux tiers au moins du salaire total.

127 et B. 45. 020; Ministère Affaires étrangères fonds Ang. Supplément 2 (1687) ; AM. B. 2. 61. 86 et B. 3. 264. 31, 33. — Sur les amirautés de Louisbourg et Québec, AM. B. 3. 373 (1735).

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