V. — DES NAVIRES DE PÊCHE
Les terreneuviers réunis forment en 1577 une escadre de quarante unités environ. Leur nombre se décuple vers 1578, et en l’an 1621 lies colons de Québec représentent au roi de France que si l’étranger se rend maître du Canada il pourra « tenir en bride plus de mille vaisseaux de Sa Majesté qui viennent annuellement aux pêches » (1).
Les Bretons et les Normands monr@ent des vaisseaux de, faible tonnage, soit de trente tonnes. Les goélettes anglaises jaugent jusqu’à quatre-vingts tonneaux et se font accompagner de convoyeurs. Les biscayenunes mesurent encore davantage, quelques-unes sont de quatre cents tonnes, et prennent à bord un équipage de quarante marins.
Ces vaisseaux s’avitaillent (2) au départ pour l’espace de six mois. Les provisions de bouche consistent à l’ordinaire en quatre cents quintaux de biscuits et en deux barils de vin, outre le lard, les pois, les fèves et le beurre. Les engins de pêche comprennent des lignes, de fonds ou à la traîne, des couteaux à dépecer et du sel en quantité suffisante pour mettre en salaison de trente à deux cents mille morues. De cartes, il n’y en a point. L’expérience supplée aux renseignements écrits. On s’abandonne « à la grâce de Dieu ». On dit: « le secret des terreneuves ».