C. — LE CHASSEUR
La présence des Indiens est, pour la traite des pelleteries, un facteur favorable de non moindre importance que la configuration du pays et de ses ressources. L’Indien est, en une certaine mesure, le producteur: c’est lui qui donne la chasse aux animaux. Le supprimer, c’est supprimer le commerce lui-même: on n’a plus devant soi qu’une industrie extractive.
Les rapports de trappeur à Indien sont tout à fait conformes au génie des deux races. Soutenus comme il convient, ils s'adaptent au mieux aux mœurs du Sauvage, dont ils améliorent la condition, et ne justifient aucun grief. Ils le laissent à sa vocation traditionnelle de la chasse, tout en lui apportant, par voie d’échange, des articles peu dispendieux, il est vrai, mais de nature à ajouter à son confort. Le négociant, d’autre part, est en état de mettre en campagne, à peu de
Cavelier de La Salle, Paris, 1870, 13-14, 244-245; Bougainville (1757), 3 RAQ 42-70.
Sur Détroit, Michillimakinac et les Illinois, 4 RAQ 125 et suivants.
Cp. sur le pays des lacs, Champlain, (1830), IL. 371-372.
frais, une légion de ces producteurs naturels et d’écouler en Europe, avec bénéfice, le produit ainsi obtenu. Il fait des fourrures un cas que ne peut s'expliquer l’Indien, et celui-ci est heureux de pouvoir les trafiquer contre les biens aux couleurs éclatantes apportés d’un autre climat. Chacun se dessaisit d’une marchandise qui ne lui est pas d’un grand prix, et méprise le goût stupide de son co-échangiste (1).