‹ Les Origines Économiques du CanadaChapitre 62 sur 149 · MAS TEA CAMPAGNES · texte numérisé non relu

MAS TEA CAMPAGNES

d'être sérieuse quand, au début de l’année 1607, un arrêt du Conseil du Roi, rendu à la requête des marchands de Saint-Malo, enlève à la Compagnie son privilège. Mais les inconvénients de la libre concurrence ne tardent pas à ramener Henri IV au monopole, qui semble en effet, le ressort indispensable d’entreprises hasardeuses ayant à faire face sur terre aux incertitudes et aux inclémences des saisons, plus redoutables encore sous des climats mal connus, et à l'humeur et aux exigences des populations indigènes avec lesquelles il faut sans cesse négocier pour ne pas combattre, sur mer aux surprises d’une navigation toujours périlleuse pour des bâtiments dont beaucoup ne jaugent pas 300 tonneaux et à des combats incertains entre rivaux égaux en force, en courage et en acharnement. La compagnie de Rouen formée en 1614 par M. de Chartres, et qui est ouverte à tous les commerçants, moyennant le versement d’un capital n’est que la réalisation d’une idée à laquelle l’expérience fait revenir Henri IV, à savoir l’idée de mettre le commerce des fourrures dans une seule

main.

Avant l’expiration de son privilège — trois où quatre années : / . . . .

avant, —— la Compagnie de Rouen se voit dans l’obligation de pour-

suivre le maréchal duc Henri de Montmorency, grand amiral de France qui a fondé, en 1621, une société pour faire seule, pendant 15 ans, le commerce des pelleteries et des autres marchandises de la Nouvelle-France. Le conseil du roi rend un arrêt, en 1622, par lequel la compagnie de Montmorency est seule maintenue; mais le droit est accordé à tous les Français de s’y faire agréger dans l’année.

Un édit d'octobre 1626 ayant supprimé la charge d’amiral, le duc de Ventadour, alors en fonction, transmet le privilège de 1621 aux deux de Caen (Emery et Guillaume), à qui le duc de Montmorency avait fait des concessions en 1620 (1) et pris plus tard comme directeurs de son entreprise.

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