REACH E20) OO
(2) Lescarbot, IIL. 022.
(3) AC. B. 29 (1708), 37. 72 (1715), 226, 30. 280 (1717); F3. 10. 180 (1721), Cri. À. 50. 353 (1728), 48. 167, 169 (1726), B. 50. 528 (1727).
(4) AC. B. 15. 46 (1680), 23. 85 (1704), 20 (16 mai 1708).
(6) Pour notice sur Sarrazin, 2 RAQ 139, 3 RAQ 304-300, et Biographie par 1 Dr. Vallée, Québec, 1027.
Q) Sur l'ardoisière de Sarrazin, AC. B. 53, 408, 527, 54. 454, 55. SOI, 57 623, 626, 682, Cit. A. 51. 15, 357, 368, 52. 70, 54. 282, 55. 241, 57. 166,
commencée fut abandonnée. Le pouvoir central reporta son attention sur le projet que lui avait soumis, en 1732, Nicolas-Marie-Renaud d’Avène des Meloizes, seigneur de Neuville, capitaine d'infanterie, de faire construire des fourneaux à tuiles pour son compte si on lui avançait 6000 livres, ou de diriger les travaux si le roi optait pour la régie directe. Le roi consent l’avance des fonds demandés (1734), II ordonne, en même temps, à l’intendant local, de faire usage de tuiles pour la couverture des poudrières, et d'engager les particuliers à se servir du même produit pour garder leurs toits des incendies. Les tuiles du capitaine Renaud, convenablement percées et vernies, résistent à l’épreuve redoutable de la gelée; aucun doute ne subsiste sur leur solidité: « elles sont sonnantes, bien ceintes et bien moulées » (4).
Non moins utiles aux colons que la pierre à bâtir, que la brique, la chaux et les tuiles, devaient être naturellement le charbon, le plomb et le cuivre. Aussi la garnison de Louisbourg tire-t-elle de bonne heure des charbonnages voisins le combustible à consumer dans ses corps de garde. Le monarque, averti, fait charger de cette même houille, reconnue de bonne qualité, les flutes royales qui, jusques-là, revenaient habituellement à vide du Canada. En même temps, il abaisse en faveur du charbon de provenance canadienne les droits qui frappent cette denrée à son entrée en France, de façon que les négociants du royaume qui font commerce avec l’Amérique du Nord puissent au retour remplir avec avantage de combustible les soutes de leurs navires (2).
Tout à l’autre extrémité du territoire, à Kaskakia, sur le Mississipi, le frère du traitant en fourrures Henri de Tonty, fait la découverte d’une mine de plomb (1707) Le plomb, quand la nouvelle en arrive aux autorités de Québec (1715) s’est mué en or et en argent. Mis en éveil, le fondateur de Détroit, La Mothe Cadillac, se trans-
(x) Sur les tuileries du Canada français en général: AC. B. 32. 09 (1710), 53. 111 (ayit), Cri. A. 53. 465 (1729); sur les projets d'Adhémar de Lantagnac: AC. B. 52. 528 (1728), sur l'établissement de Ramezay, à Montréal, C1. À. 50. 352 (1728), sur l'établissement de Renaud: AC. B. 50. 449, 61. 533, 537, 63. 492,
68. 423, 66. 32, 70. 50, C11. À. 63. 74, 65. 55, B. 72. AON7ANOS 70 2 ROI-NIZ, 42; sur celui du sieur Cotton, déjà chapelier, pelletier/et tanneur, AC. B. 77. 25 (1743).
(2) AC. B. 1. 120 (1669), 12. 59, 68 (1687), 53. 611, 613, 40. 48 (1720), OI. 23
(1750), F3. 2. 22 (1671); AM. B. 1. 4.136 (1717); F: 165. 07-100 (plan).
porte hâtivement sur les lieux (1715). Les indices qu’il y trouve lPy ramènent trois ans plus tard, accompagné cette fois de fondeurs et d’un minéralogiste, Philippe Renault. Renault remue si bien le sol que l’on peut encore voir de nos jours quelques-unes des excavations qu’il fit alors. Il s’arrête enfin à deux riches dépôts qu’il met en valeur, Fun dit de La Mothe sur la rivière Saint-François, l’autre de la Fourche à Renault sur la Grosse Rivière, Aidé de deux cents hommes venus de France et de cinq cents esclaves tirés de Saint-Domingue, il extrait et fond pendant vingt ans un métal de première qualité, qu’il expédie en pirogues à la Nouvelle-Orléans, et de ce port en France (1).
Pius au Nord, au Minnesota, le Sueur découvre une autre mine de plomb (Galena), ainsi qu’une de cuivre. De cette dernière, il tire 60 livres de minerai qu’il remet, pour épreuve, à son retour en France, au fermier général d'alors, L’Huillier. Satisfait, le fermier encourage Le Sueur à retourner. Celui-ci le fait avec une trentaine d'hommes, sur les vaisseaux d’Iberville, au mois de décembre 1699. Arrivé sur l'emplacement, il élève un fort auquel il donne le nom de son patron à Paris. Il tente ensuite, mais sans succès, de persuader aux Ayavois et aux Otocttas, tribus industrieuses, instruites à travailler la terre, de s'établir en village sous les murs du blockhaus, de l’approvisionner du produit de leurs champs et de faire la fouille des mines. Après un hiver de reclusion au fort, il extrait, le printemps revenu, 30000 livres de minerai, dont il envoie 4000 des meilleures en France. Luimême prend le chemin de la métropole le 10 février 1702. Ses manœuvres, en butte à l’hostilité des indigènes, le suivent au mois de mars de l’année suivante (2).
Plus au nord encore, sur la rive.-méridionale du lac Supérieur (Wisconsin), Denis de La Ronde, officier qui commande le poste de Chagouamigon (Bayfield), bâti au milieu des Sauteux du chef Chingouabé, relève maintes traces de filons de cuivre: du vert de gris patine les falaises, verdit les eaux; des masses de bournonite embar- -assent le cours des rivières; il est des coteaux où les indiennes vont recueillir et ouvrager des aigrettes d’un ton jaune, clinquant qu’elles
G) AC. B. 20. 66 (1707), Cri. A. 111. 175 (1715); Coman (K.), Economic Béginnings of the Far West, 2 vol, New-Vork, MacMillan, 1912, p. 85.
(2) AC. B. 19. 221 (1697), 20. 217, 250 (1690); Neïll, op. cit., 152-154, 164- 171, VL7E,
portent en manière de parure. Le commandant (1) expédie à la Monnaie de France, pour épreuve, quelques échantillons de ses trouvailles, priant le ministère de lui envoyer de fins mineurs qui sachent découvrir le corps de la mine et la faire valoir.
Une heure de cuisson, sans emploi de fondanis, réduit 44 onces du minerai dont il s’agit en 42 de cuivre fort pur, et très malléable. Le résultat fait imaginer que la pièce soumise a déjà été fondue. À Pexamen, toutefois, on reconnaît que c’est bien du cuivre à l’état natif. La Cour en conçoit de grandes espérances. « Le métal étant non encaissé dans le roc, il n’y a, juge-t-elle, qu’à se servir du ciseau et à faire fondre ». Le charbon de bois suffira à le couler « en lingots convenables pour le transport » Denis de la Ronde jouira (19 mai 1734) du privilège de cette mise en œuvre, pourvu qu’il lance sur les lacs deux barques qui puissent voiturer la matière première du carreau de la mine à Montréal. Pour l’aider à mener l’entreprise, deux mineurs d’une compétence reconnue, Jean et Christophe-Henry Forter, père et fils et allemands d’origine, rallieront le poste de Chagouamigon (1738).
L'’œil exercé de ces experts décèle bientôt quatre différents dépôts de cuivre considérables ct d'extraction aisée, sur le territoire qu’arrosent les rivières Tonagane, Sainte-Anne et Noire. Des chutes dévalent tout auprès des gisements qui activeront la machinerie. De toutes parts s'élèvent des futaies qui fourniront la chaleur aux hauts fourneaux. On se met en devoir d’édifier un blockhaus et des forges. On attirera une multitude de colons: la terre est grasse et féconde. Là s’arrête l’entreprise. Les clameurs de la guerre se sont fait entendre jusqu'aux déserts de Chagouamigon: Denis de La Ronde court assaillir Canso (1743), puis défendre Louisbourg investi (1745 et 1758), peu après la chute duquel il meurt (2).
Il faut se transporter au cœur même de la colonie pour trouver des mines dont on finisse par tirer réellement parti, à l’avantage des colons. Celles mêmes du lac Champlain ne peuvent être travaillées,
(1) La commission de Denis de la Ronde porte la date du 6 juin 1727, son privilège celle du 19 mai 1734.
(2) Sources: RAC 1923, 20-25; BN. n. à. f. DLSO PACE SRE MAT 028, 152. 858, 54. 408, 55. 484, 57. 673, 50. 433, 61. 537, 63. 462, 506, 64: 7, 438, 445, 65. 38, 47, 178, 413, 423, 420, 68. 34, 70. 50, CII. A. 27. PI6 61-00 162 0103 054.600, (TT 7, 57. 05, 63. 58, 74, 64. 50, 65. 81, 166, 67. 156, ÉOMI20 7172074287 T 71000: 24, III. 173, 180, 100, E. 13. 250, 251.
la possession en étant contestée par les Anglais. Les terrains ferrugineux de Terrebonne (1), de la Baie Saint-Paul (2), du Saint-Maurice, sont plus accessibles. Ils ont déjà retenu l'attention des administrateurs. Un maître de forges, venu de Bretagne, Hameau, confirme en 1689, les conclusions favorables de l’intendant: « Je vis au cap (de la Madeleine), seigneurie de Saint-Maurice), rapporte-t-il, les monceaux de mines tirés par les soins de Talon. Après l'avoir bien traitée et lavée (la mine), elle me paraît riche » (3). Les veines sont superficielles, à peu près d’un pied d’épaisseur, et règnent sur plusieurs arpents. « Il se trouve de cette mine qui est à petits grains comme du plomb ». Tout près passe un ruisseau propre à laver et de force à faire un établissement considérable de forges > au Canada, c’est ici encore, les mouvements de guerre qui se produisent à cette époque (4).
Au retour de la paix, le seigneur de Saint-Maurice, François Poulin de Francheville (5), se fait concéder (25 mars 1730) le privilège exclusif d'ouvrir les mines de fer qui se trouvent dans l’étendue de son domaine. Comme il n’a pas l’expérience de la métallurgie, il envoie des artisans examiner les forges en la Nouvelle-Angleterre, et sur les plans et mémoires des enquêteurs il bâtit son usine. 2000 livres de fer sont mises en barres. Pour dédommager Francheville de ses frais d'établissement et lui permettre d’augmenter l'affaire, le roi lui avance 10.000 livres. Le bénéficiaire en profite pour s’associer un certain nombre de personnes (1733); mais le contrat n’est pas plus tôt intervenu que le promoteur trépasse. Les survivants ne se reconnaissant pas les connaissances requises pour continuer l’œuvre commencée, avisent le ministère de l'embarras où les jette la mort de Francheville.
Avant d’arrêter sa décision, le pouvoir central députe Olivier de Vézin, seigneur originaire du Bassigny, maître de forges, afin d’infomer sur place des chances d’avenir de l’usine de Saint-Maurice. L’ingénieur conclut favorablement et il soumet un devis audacieux dont l’accomplissement exigera un capital de 100.000 livres. Personne au Canada n’a les moyens de les fournir; l'Etat en fait l’avance (11
(x) AC. Crr. A. 70. 236 (1738), 71. 72 (1730), 112. 257 (1746), B. 85. 8 (1745). (2) Voir description dans Kalm, IT. 161-166 et supra, en note.
GACICIT ANT MTOS:
CHA CACIT MA MIIT 10811686);
(5) Sur Francheville, Vézin et Simonet, voir 3 RAQ 304-300.
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avril 1735, 15 mai 1736). Une société se forme (11 février 1737) sous la raison de Compagnie des Forges. En font partie Jacques Simonet, de Dampierre-sur-Vingeane, maître de forges en 1730 à Villecomte, Ignace Gamelin, François-Etienne Cugnet, Thomas-Jacques Taschereau. Olivier de Vezin assume la direction des travaux. Par ses soins, des chemins sont ouverts, des haut-fourneaux, des forges hydrauliques et une affinerie sont érigés. Mais les calculs sont fautifs, l'exécution est déplorable. L'établissement devait revenir à 36.000 livres, il en demande 300.000. Force est au roi de compter la différence, soit 82.642 livres (6 mai 1738). Les bâtisses ne sont pas amenées à leur perfection que les fonds sont épuisés. Loin de produire annuellement 166.000 livres de fer, tel que le présomptueux constructeur l’a prévu, les forges ne rendent que 94.000 livres, somme qui couvre à peine les frais d’exploitation. La banqueroute est imminente. Dans sa détresse, la compagnie abandonne le matériel au roi, principal créancier hypothécaire (1741).
Le Conseil d’Etat attribue l’insuccès à la maladresse des gestionnaires. Suspendre les travaux lui semble un parti extrême: outre que ce serait renoncer aux avantages que la colonie en attend, le roi prendrait définitivement les 192, 642 livres, montant de ses prêts. La régie directe ne manquerait pas, d’autre part, d’être onéreuse. Mieux vaut passer la main à des particuliers. Le roi conviendra seulement de reprendre l'établissement à l’expiration du privilège, à titre d’acquit de sa créance. Mais éclate la guerre et tout espoir d’intéresser les capitaux privés s’évanouit. Le roi n’a d’autre alternative, pour se dédommager, que de faire opérer les Forges pour son compte. Il s’y résigne. Quant aux créanciers de second rang, il est prévu que le nommé Cugnet les remboursera à même les profits de trois postes de traite — Témiscamingue, Michipicotan et Kaministigoya — que, sous cette condition, on lui afferme de préférence.
Le subdélégué que l’Intendant se nomme à Saint-Maurice pour suivre les intérêts du roi réussit à équilibrer les recettes et les dépenses. Il fait aussi. de nouvelles découvertes, lesquelles font cesser l'incertitude qui se produisait au sujet de l’abondance des mines. Les fourneaux fournissent aux colons, du fer en barres et en soc, du fer coulé en marmites, en poëles (197 en 1746) et toutes sortes d’ustensiles; ils produisent également pour les chantiers maritimes de Québec. La matière ayant été reconnue propre à fondre de l'artillerie, un officier, M. Lemercier, passe au Canada, après avoir visité et étudié
le fonctionnement des forges françaises à Metz, à Douai et à Parcheminier. De ce jour, Saint-Maurice fabrique des armes, des boulets de tous calibres et des canons. La production augmente en volume et en qualité et se diversifie, mais les finances n’en sont pas améliorées. Kalm, qui inspecte les forges, à la fin du régime (1749), note la précarité de leur état commercial et en détermine la cause: « Il y a sur place, observe-t-il, bien des officiers et des contremaiîtres qui habitent d'excellentes maisons qu’on leur a bâties. Tout le monde admet que les revenus de l’usine ne soldent pas la dépense et, chaque année, le roi doit intervenir pour maintenir l'exploitation debout. On en rejette la faute sur les mauvaises dispositions de la population. Les quelques habitants du pays prétendent qu’ils ont assez à faire avec
l'agriculture » (1).
(1) Kalm, IL. 66-68. Sur les forges: BN. n. a. f. 2551, 40, 80; AM. B. x. 16. OA 307 AC Br GS MO UT 60 104 106, 22280 20010 201220 42. 451, 45. 823, 46. 05, 50. 515, 52. 481, 53. 504, 54. 432, 486, 58. 6, 61. 537, 63. 462, 477, 64. 2, 27, 137, 438, 444, 65. 30, 178, 400, 423. 436, 66. 25, 67. 29, 68. 19, 34, 7548:,51,104,105, 70) 81-51,102,183 013, 05.10, 87-19 510053 100 20 41H00 0 NOTE AIO MO 0221405240 007.40, LOL A TES 00 270008 874 176 A 0172 ON: 55, 189, 67. 110, 208, 68. 39, 60. 200, 70. 236, 71. 143, 285, 78. 107, 70. 133, 218, 300, 80. 262, 82. 230, 85. 54, 81, 88. 16, 00. 40, O1. 67,278, O2. 70, 140, 147, 03. ASC 278, 96. 73, 140, 100. 164, 110 (1720-1741: 500 pages), 111 (1741: 400 pages), 112 (1741-1760: 450 pages); À. F. 83. 107; plans des forges et du ‘terrain Voir F. Canada, Mémoires généraux, 208, 200, 300, 301, 302, 427. É