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LA COLONIE DE PEUPLEMENT

Le travail extensif de Ia pêche, de la traite des pelleteries, des mines et de lapostolat ont conquis l’espace, l’enracinement de l’homme au sol peut commencer. De fait, au lieu de battre les sapi-

nières à la recherche du castor et du caribou, l’immigrant va désor-

mais s'approprier le terroir par le sédentarisme. Au lieu d’adopter les habitudes nomades de l’indigène, le voilà qui prend une hache, fait une clairière, s’y construit un foyer et fait paître le cheptel dans le gazon riche de l’humus des siècles. Son étude n’est plus de franchir les rivières en vue d’un gain passager où pour arracher au Sphinx des horizons vierges son secret, elle est d’ouvrir des routes durables le long des cours d’eau, de jeter des ponts, d’abattre les chênes au cœur dur pour en faire des bourgs permanents et des villes, alimenter les marchés de marchandises du crû. Grâce à ses mœurs de iravail et de patience, l’éveilieur de la terre, le colon, va s'élever ainsi du niveau de l'agriculture et de la simple juxtaposition des individus u degré supérieur d’une société vivace et .envahissante parce qu’elle est prolifique et productive. L'établissement définitif, cet acte économique si important, origine de toute nation, donne naisssance au sentiment de la parentèle et de la communauté de lieu, à la notion d'intérêts communs, d’aspirations identiques. L’idée de patrie se dégage des groupes en formation, familles, seigneuries, provinces. Elle prend forme d’autant plus facilement que la société nouvelle ne tarde pas à posséder tous les éléments d’une vie sociale autonome: agriculture, industrie, commerce, finances publiques (1).

(1) Cp. Marmette (Joseph), RAC 1886, xxIII et sq.

Ces divers éléments appellent quelques développements; nous consacrerons à chacun d’eux un chapitre distinct. Après quoi, parvenu au terme du régime français, nous considérerons, d’un coup d’œil rétrospectif, la pente gravie, et nous formulerons nos conclu-

sions.

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