‹ Les Origines Économiques du CanadaChapitre 84 sur 149 · B. — LA FRANCISATION DES ABORIGÈNES · texte numérisé non relu

B. — LA FRANCISATION DES ABORIGÈNES

Les colons français du Canada n’ont-ils pas été, dans leur besoin de vassaux, conduits à s’assujettir les races autochtones? Les Espagnols ont bien mis des armées d’esclaves au service de leurs mines en Amérique du Sud. Les planteurs anglais ont échaufaudé la fortune des Etats-Unis sur l’épaule meurtrie de légions nègres tirées du continent natal. La France elle-même a su rendre de la sorte prospères aux Antilles de vastes exploitations de cannes à sucre. Pourquoi ne pas appliquer au Nord une politique industrielle bienfaisante au Sud et au Midi?

A la vérité, les Français du Canada, obéissant à l’esprit de l’époque, ne se sont pas fait un scrupule de réduire en esclavage la tribu des Panis, molle et peu nombreuse. Des autres Peaux-Rouges, ils furent contraints de respecter l’orgueil national, le nombre et l’astuce. Les missionnaires eux-mêmes n’ont pu recruter de « compagnons » parmi leurs convertis; ils « ont été obligés d’avoir des domestiques français » (2).

Aux envahisseurs des terres américaines, la généralité des Sauvages, animés d’un idéal de liberté, calculent, dès le début, ne rien aliéner de leur indépendance native et de leur humeur vagabonde. Que le roi les appelle « ses enfants », s’il y tient, ils se refusent à reconnaître ses sujets. Ils le font savoir carrément à Cartier au pied

(1) Cité par Faillon, Histoire; voir encore sur gens de journée, AC. CII À. 54. 106 (1731), AC. F3, 23 (2 nov. 1671); 20 BRH 272.

(2) L’Intendant Bochart de Champigny, cité dans la Rev. Can., 1896, p. 104

de la croix de 1534. Par la suite, ils s’affirment, en toutes occasions, les maîtres du sol, les mages de leurs destinées. « Cette terre que nous habitons, rappelent, leurs orateurs au représentant de la couronne, est à nous; ce qu’elle produit est le fruit de nos peines. Fais-la . fouiller et tu trouveras dans son sein les ossements de nos pères » (1). Pour leurs conseils nationaux ils revendiquent la puissance étatique sous sa triple forme, législative, exécutive et judiciaire. « En nous faisant régénérer dans cette même eau baptismale qui a lavé le « grand Ononthio », souverain des Français, nous n’avons pas renoncer, déclarent-ils hautement, à notre liberté, aux droits que nous tenons du maître de la vie. Si l’on veut y attenter on nous délivrera du serment de fidélité que nous avons fait; l'engagement est réciproque. C’est à nous seuls à nous donner des chefs » (2). Le Conseil de Québec, plein de prudence, respecte la volonté des naturels. [I prend soin de recueillir l’assentiment de leurs délégués avant d’étendre aux tribus demeurant au milieu des Français la législation, essentielle à tout ordre social, prohibant le meurtre, le viol et le brigandage, la seule commune aux deux nations (3). Il n’ose pas citer devant sa barre les malfaiteurs nés dans les bois. Leurs attentats contre les Français demeurent le plus souvent impunis. Quand les victimes obtiennent réparation, c’est à la suite de longues négociations, où les parties traitent d’égal à égal. Louis XIV hésite, dans tout son absolutisme à procéder avec vigueur contre les insoumis. II recommande la manière diplomatique. « A l’égard de la prétention que les Sauvages ont qu’ils ne sont pas sujets aux lois du pays, la matière est délicate, remarquet-il... Il faut tascher à les accoutumer peu à peu à subir les lois Il faut commencer par tascher de les accoutumer à la justice militaire » (4). Les autorités locales prennent, faute de mieux, des mesures préventives, ne liant que les colons. Des arrêts font défense aux habitants de faire crédit aux Sauvages, puisqu'on ne peut saisir, sans allumer de conflits, le peu que chacun d’eux possède à titre personnel; de leur donner ou vendre de l’eau-de-vie, puisqu'on ne peut tenir

(1) 3 RAQ 240.

(2) 3 RAQ 250-260.

CNIMÉOMSE DIE 10; rar III 138:

(1) AGACIL A 134132; (1713-1714).

les coupables responsables des délits qu’ils commettent en état d’ébriété.

Les Peaux-Rouges, qui se rient ainsi en temps de: paix de toutes les défenses, de toutes les sanctions qu’elles comportent, n’hésitent pas en temps de guerre, alors que la discipline devrait être d’application stricte, à désobéir, quand leur intérêt s’oppose à celui des colons, aux ordres les plus formels. Certes, leurs guerriers suivent d’ordinaire les Français contre l’Iroquois ou contre l’Anglais, mais c’est moins par affection pour la France que pour assouvir des haïines héréditaires ou plus exactement pour garder entre leurs mains le monopole du commerce des fourrures. Et quand ils « déterrent la hache » des combats, leurs chefs ne fournissent que les contingents qu'ils jugent bon, ils en retiennent par devers eux le commandement, ils ne donnent les mains à aucune manœuvre ou expédition à laquelle ils n’ont préalablement consenti en connaissance de cause. Sans motif apparent, sans plus d’avis, leurs troupes abandonnent parfois le champ de bataille au fort de l’action, soucieuses seulement de mettre en lieu sûr leur butin ou de livrer à la torture leurs prisonniers.

Ces peuples si réfractaires aux lois étrangères, n’a-t-on pas songé à se les attacher au moins par les liens de lintérêt économique et de l'intérêt social? N’a-t-on pas voulu fusionner avec ceux que l’on ne pouvait subjuguer? N’a-t-on pas recherché l’union du sang? Oui.

Et tout d’abord, fait observer le ministre des colonies (24 fév. 1758), puisqu'il est certain que « c’est en général moins leur inclination que leurs besoins qui tiennent les Sauvages dans notre dépendance », soyons attentifs à ne pas affaiblir ces besoins. Ainsi, avant d'introduire au Canada la culture de la pomme de terre, « il est nécessaire d'examiner s’il n’y aurait pas quelque danger à faire connaître cette plante aux Sauvages qui, peu capables des soins que demandent les grains, pourraient se contenter de la culture des patates qui n’en exigent aucun. Trouvant facilement à se soustraire à notre GÉRÉE par un légume qui pourrait servir à leur subsistance, ce ed NO dans leur attachement » (1)

, : , instruments par excellence de domination, il faut s'appliquer au contraire à en accroître le faisceau

OO RA CB ro 25

et l'intensité. Il est notoire que « les Sauvages prennent ordinairement intérêt pour la nation avec laquelle ils commercent » (1). A nous Français de rendre le commerce indispensable à la vie des indigènes. De fait, les colons sacrifient à la traite l’œuvre de létablissement, c’est-à-dire la concentration des immigrants dans des lieux propices à l’agriculture, sacrifient le déboisement et le défrichement des terres, le travail des champs; un tiers de la population s'enfonce, aveugle des conséquences, dans les bois où, sûre de l’impunité, elle mène une vie dissolue; les traitants surfont le prix des fourrures, de manière que les Sauvages n’aillent pas vendre leurs pelleteries et leur alliance aux Anglais qui leur font des offres alléchantes. Il n’y a pas jusqu'aux dons auxquels on ne recourt, aux purs dons, faits sans espoir d’autre retour que la loyauté des récipiendaires. Chaque année, la colonie alloue 20.000 livres de présents aux Peaux-Rouges amis. Encore cette somme ne comprend-elle pas les frais de réception et les cadeaux d’usage que les incessantes ambassades des tribus entrainent. La « petite vérole >» (syphilis) vient-elle à désoler les cantons, qu’aussitôt les peuplades atteintes accusent les Français d’être les auteurs de la contagion et n’apaisent leur colère qu'après l’envoi d’importants secours.

Un moyen, spirituel celui-là, d’attacher les Sauvages à la France, était de les attacher au Christ. La communauté de religion est un gage de paix, la diversité une source de dissensions. La religion enseigne le respect de l’autorité établie. « Plusieurs au moven de la Religion vraye ou faulse ont dompté des peuples farouches » (2). Les compagnies de commerce à monopolé ont charge d’établir dans chaque poste ou comptoir une mission, dans chaque village ou ville, une église (3).

La francisation ira de pair avec l’évangélisation. L'une secordera l’autre et en assurera le triomphe. Après la foi, c’est la langue et les mœurs qu’il faut uniformiser. Le ministre des colonies fait de cette œuvre d’absorption lente le devoir des intendants et des évêques. Ceux-ci reçoivent pour consigne de faire élever les enfants Sau-

(1) Ruette d'Auteuil, 2 RAQ 64.

(2) Lescarbot, [. 104.

(3) Voir les chartes des compagnies de commerce, celle de la Nouvelles France et des Indes occidentales, celle des Sioux.

vages « dans nos mœurs et dans nos coutumes » (1). Ils exciteront les communautés religieuses et les habitants à adopter des pupilles” indiens pour les instruire dans « nos habitudes et nos maximes » (2). ils fonderont des écoles où l’on tentera de policer au moins la génération montante, les hommes et les femmes de demain. Le roi fait au gouvernement une règle de s'occuper « d'élever à la française » autant de Sauvages que possible « pour qu’ils ne forment qu'un peuple avec les Français » (3).

L’assimilation appelle la « domiciliation ». « Pour augmenter la colonie, il semble à Colbert que, sans attendre à faire capital sur les nouveaux colons que l’on peut envoyer de France, il n’y aurait rien qui contribuât davantage que de tascher de disposer les Algonquins, les Hurons et les autres Sauvages à venir s'établir en communauté avec les Français pour vivre avec eux » et comme eux (4). On mêlera les deux races (5), en prenant garde, toutefois, si la fusion doit se faire au profit des Blancs, d'établir les Sauvages parmi les Français « dans une proportion qui ne dépasse pas le septième » (6).

La perte de ses marques distinctives, nationales, doit sembler à l’indigène un bienfait. Dans ce but, on lui promet de le mettre, en droit privé, sur un pied d’égalité avec ses éducateurs, à la seule condition qu'il reçoive le baptème. Cette égalité civile ne se limitera pas au territoire colonial. Les Sauvages chrétiens « peuvent venir habiter en France quand bon leur semblera et y acquérir, tester, succéder et accepter donations et legs tout ainsi que les vrais régnicoles et originaires français, sans être tenus de prendre aucune lettre de déclaration de naturalité » (7). En retour de ces « os de poulets, os de pigeons,», ils porteront naturellement la chaîne des lois étrangères, leurs conseils ne siègeront plus, leur justice sera abolie, le commandement de leurs troupes passera en d’autres mains, au communisme àâgraire sera substitué le régime de la propriété individuelle: en un

(1) AC. CIT. À. 2. 190. (5 avril 1666).

(2) AC. B. 8. 13 (8 mai 1679).

(3) AC. B. 12. 25 (21 mai 1686).

(4) AC. CIT. À. 2. 188 (5 avril 1666).

(5) AC. B. L 15 (5 avril 1668), B. 5. 28 (1673).

(6) AC. B. 8. 13 (8 mai 1670).

(7) Charte de la Compagnie de la Nouvelle-France (1628).

Mepog a A a 5 #3

mot, il n’y aura plus qu’une foi, la même pour tous, qu’une langue, commune à tous, mêmes mœurs et mêmes aspirations. Seulement les pères ne vivront plus dans les fils!

On favorisera les unions mixtes. Champlain a déjà pensé à demander des femmes aux Sauvages pour ses compagnons. Le roi, pour décider les colons à épouser des filles indigènes, est prêt à les doter. La dot monte à cent cinquante livres (1).

Obtient-on de la forte race vivant sous les chênes, loin des Sodomes, de la race chaussée de souliers de daim et vêtus de peaux d’ours, qu’elle se dépouille de son âpreté première et de ses attributs silvestres? Non.

On ne réussit à fixer dans l’intérieur de la colonie qu’un nombre infime d’indigènes. On les groupe en missions: dans la banlieue de Québec: Lorette et Sillery; dans celle de Montréal: Saint-François- Xavier-du-Sault et la Montagne; plus haut: la Présentation.

Est-ce qu’on parvient'à attacher à la glèbe ces rameaux détachés d’une famille errante? Non. C’est en vain qu’on essaie de donner aux « domiciliés » du goût pour les travaux de J’agriculture. Comme leurs aïeux, les élèves des missions ne veulent vivre que de la chasse et de la traite des fourrures.

Parlent-ils le français? Peu (2). A la demande du ministre, l’évêque fonde pour les enfants sauvages le petit séminaire de l’Enfant-Jésus: dix jeunes hurons s’y inscrivent pour déserter les uns après les autres. Les Sulpiciens, de leur côté, ouvrent une classe aux indigènes (1668): ils en doivent bientôt fermer la porte, faute de sujets. Les Jésuites tardent à emboîter le pas, ils se montrent même récalcitrants (3). A la fin ils admettent dans leur collège quelques jeunes Algonquins. Les gosses s’en retournent vite à l'académie romantique des torrents et des forêts qu’aimait l’auteur de l’Emile,

aux solitudes Où tout croît dans les sentiers, Excepté les habitudes

Des valets et des portiers (4).

(HENCEPKRSE77

(2) Franquet, Voyages et mémoires sur le Canada.

(3) P. de la Rochemonteix, Les Jésuites et la Nouvelle-France. (4) Victor Hugo, Le Romancero du Cid.

L'œuvre de la conversion elle-même échoue. « Toute l’esglise des Sauvages consiste (en 1671, après un demi-siècle de prédication) dans une centaine de personnes, petits et grands, qui se trouvent parmi les Hurons et peut-être parmi les Algonquins » (1). La doctrine du cujus regio ejus religio, suivant laquelle le sujet doit être de la religion du Prince, quelle que soit celle qu’il plait à celui-ci d'adopter, ne flotte pas dans l’air vierge, indiscipliné du Nouveau-Monde. En Amérique du Nord, il n’est point de Tolbiac ni de pont Milvius, point de Clovis ni de Constantin. C’est un à un, chacun pour soi, que l’on abjure Manitou et qu'on encense Dieu. On ne se courbe pas sur les fonts en masse, par nations entières. | k

Ce qui est vrai des baptêmes, est vrai des mariages mixtes. Les uns et les autres sont des cas isolés. Dans le Pays d’en haut seulement, les interprètes s’identifient tellement avec les Indiens, qu’ils finissent par épouser des femmes de leur tribu, vivent de leur vie, à côté d’eux, prenant part à leurs combats, adoptant leurs costumes et leurs mœurs, donnant enfin naissance à la nation des Métis ou Bois-Brüûlés du Nord- Ouest (2). Les Sauvagesses appréciaient hautement les prévenances et les galanteries françaises. Elles se sentaient grandir au contact de l’homme aimable et civilisé, de l’homme supérieur qui venait d’un autre monde.

A l’autre limite du Canada, en Acadie, on ne relève, de 1604 à 1686, époque où les immigrants étaient le plus en besoin de femmes du pays, que cinq mariages mixtes. Le plus remarquable d’entre eux est celui du baron de Saint-Castin, enseigne au régiment de Carignan, à Mathilde, fille du grand chef abénaquis Madockawando. Le gendre succéda au beau-père dans la capitainerie. Enaud, seigneur de Népissigny, suivit l'exemple de celui qui était son maître. Nous trouvons encore un Pierre Martin marié à une « squaw », et aussi un autre Martin demeurant à la Hève. Selon Pascal Poirier, il ne restait aucune trace en Acadie de ces cinq mariages, après 1710 (3).

Dans le Québec, les mariages entre Européens et Sauvagesses n’ont également fourni qu’une très faible part de sang mêlé, une goutte dans une mer. Les jeunes colons s’unirent plutôt, dès qu’ils le purent, à des jeunes filles venues de France pour partager leur fortune, Des

(DEA CARACAS Pro:

(2) Sur les Métis, 5 BRH 17; 28. 211, 213; 20. 123. (3) Revue canadienne, Montréal, 1874, p. 054.

2.226.232 actes de mariages relevés par Mgr Tanguay, 94 seulement mentionnent des alliances avec les Indiennes (1). Au nombre des unions constatées, il en faut ajouter quelques autres restées inconnues. Plusieurs enfants volés aux « Visages-Pâles » ou vendus ou donnés par eux, s’attachèrent tellement à leurs parents d'adoption, qu’ils refusèrent de les quitter lorsqu'on leur offrit de retourner chez les auteurs de leurs jours.

Ils n’ont pas dû garder le célibat. Au demeurant, il n’y a pas assez de sang indien dans les veines des Canadiens pour changer la couleur de leur sang français. Y en eût-il davantage qu’il n’en faudrait pas s’attrister. M. le commandant Viger n’a pas été un homme moins respectable pour avoir compté la fille du huron Aronthio au nombre de ses ancêtres (2). Gustave Flaubert doit peut-être à sa grand’mère Peau-Rouge son style beau de relief, de couleur, d'harmonie et surtout de concision forte et brillante (3).

Voici, d’après Benjamin Sulte, l’ordre et le détail des cinq premiers mariages mixtes qui ont été faits dans le Bas-Canada (4):

1644. A Québec, Martin Prévost épouse une Algonquine, Marie-Olivier-Sylvestre Manitouabouich. Ils eurent neuf enfants dont six se sont mariés.

1648. Pierre Boucher, interprète, et fondateur de Boucherville, se marie à Trois-Rivières avec la huronne Marie Oukibandinouke, que les Français appelle Marie-Madeleine Chrestienne, élevée et instruite par les Ursulines de Québec. Le 11 décembre suivant on baptise leur fils Jacques. Ni cet enfant ni sa mère ne vivent plus d’un an après cette cérémonie.

1654 ou même auparavant, aux Trois-Rivières, François Blondeau épouse la fille du chef algonquin Pigarouich. Ils ont laissé plusieurs enfants.

1657. Aux Trois-Rivières, Couc, dit Lafleur, épouse une Algonquine.

1660. Francois Pelletier se marie, à Québec, avec « Dorothée la Sauvagesse ». Pas d’enfant.

(i) Emile Chartier, Rev. Trimestrielle Canadienne, Montréal, 1921, p. 110. (2) Abbé Tanguay, Rev. Can., 1873, 129-130.

(3) 5 BRH 352.

(4) Revue Canadienne, Montréal, 1878, 673-074.

Ke | — 232 —

1662. Laurent du Bocq épouse Marie-Félix Arontio, huronne, à Québec. Ils ont laissé plusieurs enfants, mariés, et une religieuse ursuline.

Jean Durand épouse, à Québec, Catherine Annenontak ou Annonta, huronne, surnommée « Créature de Dieu ». Elle avait treize ans. Ils laissèrent plusieurs enfants. En 1672. Catherine, devenue veuve, se remaria avec Jacques Couturier, et, en 1679, en troisième noces, à Batiscan, avec Jean, fils d’Etienne de Lafond et de Marie Boucher, sœur de Pierre Boucher.

1683. Louix Couc, dit Montour (fils de Couc, dit Lafleur mentionné plus haut) prend une Socokie pour femme « à la manière des Sauvages ». Sa descendance existe dans le district des Trois-Rivières.

1697. Un des fils de François Pelletier précité né d’un second mariage avec une Française, épouse, à la Sainte-Famille, une Algonquine.

En conclusion de la présente étude de la politique de francisation, notons, après les fonctionnaires et les observateurs du temps, après le marquis de Denonville, après l’intendant de Champigny et la Mère Marie de l’Incarnation « qu’un Français devient plutôt Sauvage qu’un Sauvage ne devient Français » (1).

Page 1