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LA DOCTRINE DE L'ÉVOLUTION. — LE TRANSFORMISME

L'eiïort le plus coosidérable teuté de dos jours contre l'explication théiste de l'univers, qui y recoaaaît des marques de dessein et une finalité intelligeate, a été inauguré par le mouvement scientifique auquel Darwin a attaché son nom. Les problèmes soulevés par lui et par ses disciples sont des plus graves et ont d^ià suscité une littérature considérable. Incessamment discuté dans les livres et dans les recueils périodiques, le darwinisme est certainement l'un des systèmes les mieux connus aujourd'hui. II est permis d'être bref à son sujet en renvoyant aux ouvrages spéciaux. Nous ne nous en occuperons que dans la mesure nécessaire pour écarter les objections contre la finalité qu'on prétend fonder sur lui.

Nous devons commencer par faire une distinction qui est, selon nous, de la plus haute importance entre le darwinisme, simple théorie d'histoire naturelle, et le transformisme, explication matérialiste de l'origine des choses. Le premier ne soulève que la question du eommetil, le second aborde celle du pourquoi. Le darwinisme, qui ne sort pas des limites de la zoologie, s'occupe uniquement des conditions d'existence des êtres; le transformisme matérialiste tranche la question de cause et d'origine. Le darwinisme explique le développement de l'existence dans l'univers par une évolution soumise à certaines lois ; mais il ne se reconnaît pas le droit d'exclure la finalité, soit du principe des

choses, soit de leur marche évolutive. Au contraire, le transformisme matérialiste la nie résolument et prétend expliquer le développement de l'existence par l'évolution et ses lois sans admettre nulle part l'intervention d'une causalité intelligente. Il s'ensuit que le théisme est complètement désintéressé dans la question proprement scientifique, comme il doit l'être du reste ; car, nous l'avons dit hien des fois, tant que la science se contente de constater les faits et de les grouper en en tirant les conséquences que lui imposent ses méthodes, elle est souveraine. Que l'évolution darwiniste soit ou non démontrée, le théisme n'a rien à y perdre ; les conditions d'existence peuvent être déterminées comme on voudra; la question de cause et d'origine demeure intacte. Aussi le darwinisme a-t-il été accepté par des spirituelistes convaincus, comme le prouve l'ouvrage capital de M. Robert Wallacesur la sélection naturelle. OnsaitqueM. Walloce, qui était arrivé par ses propres recherches à des solutions identiques à celle de Darwin, avant même que celui-ci les eût formulées et exposées systématiquement, n'en a pas moins étahli de la manière la plus catégorique que la sélection naturelle implique la finalité pour le moins autant que la théorie des créations successives. C'est ce qui ressortira avec éclat des citations que nous ferons de son livre dans notre appréciation des théories de Darwin (1).

Cette conciliation avec le théisme n'est plus possible pour le transformisme naturaliste, car il prétend trancher à la fois la question des conditions de l'existence universelle et celle de son origine ; il ne saurait coexister avec le déisme, car ils ne peuvent avoir raison, tous les deux. Cette distinction indique l'ordre même de notre discussion. Nous établirons d'abord que, bien loin d'être contraire à la finalité, le darwinisme l'implique, sous la réserve qu'il est

(1) La Sélection naturelle, Esiaii, par Robert Wftllace, ErodjitB par Luoieu de Candolle. (Paria, Reiawald, 1862.)

LE PROBLÈME COSKOLOGIQUE. igt

encore loin d'être scientifiquement démontré. En second lieu, nous montrerons que le transformisme matérialiste, qui nie toute causalité intelligente, dépasse absolument les droits de la science, parce que, au lieu de partir de l'obsenation et de la constatation des faits, il se fonde sur de pures hypolhèses. Il bâtit dans les nuages ce lourd édifice d'un monde où l'esprit n'est plus.

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