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III. — LA THÉORIE DE L'IMMANENCE. — HEGEL

Après l'école qui nie la finalité vient celle qui l'admet, mais la mutile en lui enlevant la conscience: — l'étoledela finalité inconsciente, et par conséquent impersonnelle. D'après cette école, la nature n'est pas expliquée par le mécanisme; elle obéit à une finalité qui la dispose en vue de fins spéciales et générales ; mais cette finalité ne nous ramène point à une cause intelligente et puissante qui aurait conçu le plan si merveilleusement réalisé sous nos yeux ; ce plan se réalise de lui-même en vertu d'une finalité interne immanente. Ici l'école se partage en deux grands embranchements dont l'un tend à l'optimisme et le second au pessimisme. La métaphysique h^élienne appartient à la première tendance. Pour elle la finalité immanente aboutit à un glorieux résultat.

formes diverses. Il y a doua en lui des ressorte cacli^ ; ni les atomes ni leurs combiDaisons ne sont capables d'évolution. (Cotonîei animoieg, p. 40,41). » Endn, tandis que le cristal peut s'aocroltre IndéHnimenl, le protoplasme a'ïxislequ'i l'étnt d'individu ayant une taille limitée. Les protoplasmes se reproduisent en se fraclionnaol; ils constituent donuunc classe de substances tout ï fait k part. Le cadavre nous fournit uns dernière preuve de la distinction esseDlielle entre l'inor^snique et le vivant, car il possède tous les éléments chimiques de composition qui sont dans le vivant st pourtant il ne possède pas la vie. M. Perrier cherche bien (l nous donner une explication de l'origine do la vie qui la ferait jiiilllr des tourbillons de ce mystérieui élément qui s'appelle l'éther, damier terme de l'être idsnUflé au mouvement, mais II décisre lul-mfime qu'il n'y a M. qu'une hypothèse, et il n'en conclut paa moins ï une cause première intelligente. <' Le phyaicien, d&nB son laboraloire, dit-ii, aa peut concevoir la divinité que comme présidant de toute éternité d l'eiiBlence de la matière et du mouvement dont elle est la cause première et au fonctionnement de lois Immuables qui régissent l'euchaloement des phénomènes, a Nous avons d^k reconnu que l'émlnent naInralisU, par sa théorie de reasorts naahés dans les protoplasmes, admet la flnalité.

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Son dernier terme est l'Esprit absolu ; c'est à lui qu'elle tendait, ce sont ses pensées logiquement eactiaînéea qu'elle déroulait dans l'inrinie succession des cboses, qu'elle extériorisait en quelque sorte dans la nature et ramenait à une vie idéale et consciente dans l'esprit humain, le lumineux miroir où il se contemple, après s'être dispersé. Dieu devient, Dieu se fait, se conquiert, se ressaisit, se révèle à lui-même progressivement de degré en degré jusqu'à ce qu'il se manifeste comme l'Esprit au dernier échelon de ce développement immense et incessant qui recommence toi^ours. Bien loin que ce soit lui qui ait conçu à l'origine des choses le plan de l'universavec son admirable coordination, tout part del'êEre élémentaire, tellement dépouillé et abstrait qu'il s'appelle le non-être. La finalité qui préside au développement universel, et qui est si complètement soumise aux lois de la logique qu'elle peut se déduire de la raison comme une suite de théorèmes étroitement enchaînés, est immanente aux choses ; elle ne se reconnaît, elle ne prend conscience d'elle-même qu'au dernier terme, au sommet de ce développement, dans l'Esprit qui se dégage de l'extériorisation subie par lui dans la nature. Celle-ci est sa pensée réalisée, mais sans conscience, sans volonté ; car l'immanence ainsi comprise, excluant toute transcendance, ne place pas le monde vis-à-vis de Dieu dans la relation de l'efTet à la cause, mais fait de Dieu l'elTet du monde, la résultante de tout le processus antérieur. Le monde a obéi à une impulsion aveugle et pourtant raisonnable, puisqu'elle faisait tout concourir à une On suprême. Après avoir joué un très grand rôle dans l'histoire de la pensée contemporaine au début du siècle, l'hégélianismeest aujourd'hui totalement dépassé. Bien que, à notre sens, par la hardiesse de sa construction métaphysique, il soit infiniment supérieur au grossier matérialisme du jour, il pèse actuellement si peu sur l'opinion qu'il n'y a pas lieu de diriger contre lui une polémique prolongée. La seule de ses conceptions qui soulève une discussion utile, parce qu'elle a été reprise par des écoles très

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actuelles et très vivantes, c'est celle de la finalité immanente dans la nature opposée à la finalité transcendante^ Les choses iraient toutes. seules à leur fin sans qu'il y ait eu au-dessus d'elles et avant elles une cause intelligente pour prévoir, pour combiner, pour ajuster les moyens aux fins. Remarquons d'aboi-d qu'il faut bien se garderd'élabliruneopposi lion absolue entre la finalité t^aDSl^endaDte et la finalité immanente. Il D'est point nécessaire que la cause intelligente et puissante qui a oon(;u et organisé le monde agisse toujours sur elle du dehors par une suite d'interventions miraculeuses. Elle a pu parfaitement l'organiser, de telle sorte qu'il puisse se développer conformément à ses desseins, grâce aux lois qu'elle lui a données, à la force intrinsèque qu'elle a déposée en lui. Le monde peut être très bien une iiorloge qui fonctionne sans être remontée incessamment ; il a pu être doué de ressorts capables de se mouvoir indéfiniment et constitué du premier coup avec une telle perfection qu'il n'y ait pas lieu désormais à des interventions nouvelles, à moins que quelque trouble ne survienne. Nous sommes donc tout disposés à admettre ce genre de finalité immanente, mais ce qu'il s'agirait de démontrer, c'est qu'une telle finalité a pu se réaliser spontanément; c'est que cette coordination admirable des moyens et des fins a pu se réaliser par je ne sais quel instinct aveugle incapable de rien prévoir, alors que la coordination des forces différentes vers un. but futur implique absolument la prévision, c'est-à-dire le contraire d'un instinct aveugle. Que l'horloge marche toute seule aujourd'liui, cela ne prouve qu'une chose, c'est la perfection de l'acte primordial qui l'a ainsi disposée, c'est le savoir de l'ouvrier et la délicatesse de sa main. Plus vous prouvez l'immanence, plus vous rendez la transcendance nécessaire, indispensable au début, car la finalité dans le monde n'est possible que grâce à une pensée intelligente qui ne saurait èlre enfouie et sommeillante dans la dispersion des choses.

Le plan de l'édifice ne s'est pas fait tout seul à mesure qu'il

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s'élevait si hamioiiieusement équilibré. Cela est surtout vrai quand il s'agit de ces machiues vivantes qui s'appellent des organismes et de cet engrenage immense de toutes ces machines pour constituer le monde, le tout organisé. En résumé le monde, d'après Hegel, déroule une conception Immense et grandiose, où tout est rationnellement lié, et pourtant, à s'en tenir à son système, cette conception n'a été conçue par personne, car elle ne précède pas les choses, mais elle en résulte. Cela est tout à fait inexplicable. Si la causalité intelligente et puissante n'a pas créé et ordonné le monde, celuici a donc commencé par une pure virtualité, enfermant tous les possibles. On ne saurait concevoir, d'une part, comment cette virtualité a passé à l'acte, et ensuite d'où est venu le choix rationnel entre les possibles. Dès que la rinalité est admise à un degré quelconque, elle implique une prédStermination, une prédisposition qui n'est pas autre chose que l'idée de Teffet à produire. » Que peut, être une idée si ce n'est un acte intellectuel, présent à un esprit dans une conscience (1}? »

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