‹ Les originesChapitre 21 sur 60 · L'HOMME DANS SA DOUBLE NATURE · texte numérisé non relu

L'HOMME DANS SA DOUBLE NATURE

Nous avons jusqu'ici considéré le rnoodedans soq ensemble et, lui appliquant le principe de causalité dont nous avions établi la légitimité, nous y avons reconnu les traces constantes et l'action d'une cause intelligente et libre, à la fois suprême puissance et suprême sagesse, à qui seule on peut attribuer comme son efTet ce meneilleux cosmos, ce tout organisé dont toutes les parties se répondent, qui à chaque degré nouveau de l'être réalise un plan partiel, un dessein spécial, le supérieur étant toujours la fin de l'inférieur, jusqu'à ce que tous ces desseins de détail viennent se fondre dans l'harmonie universelle. Ce monde que nous connaissons a pour couronnement un être étrange, complexe, le plus débile à ses débuts, le plus grand quand il a atteint son développement, parfois le plus malfaisant, souvent l'image de la bonté, tantôt misérablement avili, tantôt héroïque. Seul il interroge le monde pour en connaître les lois. Il le domine, il l'asservit, il l'achève en quelque mesure, comme il s'achève lui-même, car tandis que les autres êtres ne sortent pas de

tm LES ORIGINES.

l'orbite où les enchaînent leurs conditions physiques, lui il élargit cet orbite et s'ouvre la carrière d'un progrès illimité dans le domaine intellectuel comme dans la nature, et quand il a atteint les bornes de ce monde qu'il semble reculer, il ne s'y arrête pas. Cet être, c'est l'homme. Pour connaître son origine, nous allons l'interroger dans sa nature physique, intellectuelle et morale, le considérant tour à tour comme individu et comme être social. C'est à lui que nous appliquerons maintenant le principe de causalité qui nous interdit de faire découler le plus du moins.

Nous avons déjà anticipé sur ce grand sujet en traitant du problème de la connaissance qui nous a mis en présence de l'être intellectuel et moral dans l'homme. Nous ne reviendrons pas sur les développements dans lesquels nous sommes entrés sur cette question préléminaire. Nous prenons actuellement l'homme dans la totalité de sa nature comme objet de noire connaissance. Sans doute, nous ne pourrons faire abstraction de ses facultés connaissantes dont l'usage seul est déjà une preuve de son excellence, mais nous n'avons plus à nous occuper du problème même de la certitude. Ce que nous avons dit abrégera beaucoup ce qui se rapporte aux facultés intellectuelles de l'homme.

g l=^ — L HOMME AU POINT DE VUE PHTSIOLOGIQUE.

L'explication mécanique du monde, en s'appliquent à l'homme, soulève des diflicultés spéciales qui n'ont pourtant pas arrêté ses partisans. «Le mot des énigmes, dit Hœckel, que nous demandions autrefois à la téléologie seule, nous est facilement fourni aujourd'hui par la théorie de la descendance, et c'est une explication mécanique qui nous est donnée. Les faits les plus mystérieux de l'organisation humaine et animale réputés inexplicables jusqu'alors, se laissent interpréter

LE PROBLÈME ANTHROPOLOGIQUE. m

mécaniquementet rapparier àdes causes agissant sans but(l).i « L'organique procède de l'inoi^anique, dit à son tour M. Lefè\re, le disciple le plus fepvenl de Hœckel dans les questions anthropologiques. Le mouvement est l'état général des éléments premiers, le grand fscteur des combinaisons moléculaires qui à leur tour le déterminent, le varient à l'infini. A chaque mouvement correspond une forme ou un état, fluidité, cristallisation, cellule, organisme végétal et vivant, sensation, pensée. L'organique ne contient rien de plus que l'inorganique (2). »

Nous allons établir, en opposition à ces assertions ffloni^^;^ ou simplisies, pour parler le langage de l'école, qu'elles se heurtent aux faits les mieux acquis de l'anthropolc^ie, sans sortir même du domaine physiologique. Toute notre argumentation tirée de la cosmologie générale acquiert une force invincible en face de l'être qui est incontestablement le couronnement du monde.

Tout d'abord, constatons que, s'il le domine de toute la hauteur de la vie intellectuelle et morale, il est, comme tous les êtres vivants, soumis à des lois mécaniques et qu'il a beau leur échapper en tant qu'agent libre et responsable, il ne leur est pas moins subordonné que la pierre ou le cristal. La physiologie contemporaine a établi à quel point la vie à tous ses degrés dépend des lois physico-chimiques, qui sont partout nécessaires à son fonctionnement. Sans les agents qui dépen- . dent de ces lois, sans l'eau, sans la chaleur, sans l'oxygène, ce fonctionnement s'arrête; on le voit s'endormir ou se réveiller dans la mesure exacte où ces conditions physico-chimiques existent elles-mêmes, et cela chez l'homme tout aussi bien que chez l'animal le plus inférieur ou chez le végétal qui rampe â ses pieds. Une substance anesthésique arrête la germination

(!) Anlhropogénie, Histoire de l'évolution humaine, par Emost HcBckcl, traduit par lo D' Charlea Lelourneau. (Reînwstd, 1877, p. 17.) (2) Lefèvra, Philotophie, p. iSi-lTl.

d'une graine comme elle engourdit la sensibilité d'un malade opéré. C'est cette action universelle de ces conditions physicochimiques sur toute vie qui a amené M. Claude Bernard à statuer ce qu'il appelle le déterminisme physiologique, non moins invariable dans sa sphère que le déterminisme mécanique (1). La gravitation ne détermine pas plus sûrement le mouvement des atomes que les lois physico-chimiques ne déterminent les conditions de la vie physique, ses arrêts comme ses développements, sans que d'ailleurs on soit en droit d'étendre ce déterminisme à l'existence qui n'est plus simplement physique. Us déterminisme, tel que Claude Bernard le définit et l'applique à la physiolt^ie, n'est pas autre chose qu'une affirmation nouvelle de la souveraineté des lois naturelles, c'est-à-dire de celte raison calculatrice et combinatriee qui se manifeste dans l'apparente incohérence et la dispersion de la matière. Plus ia loi se montre universelle, dominant chez tous les êtres, depuis les inférieurs jusqu'aux supérieurs, les phénomènes qui sont de son ressort, plus la pensée qui l'a conçue se révèle habile, sage, prévoyaate. La matière qui ne saurait comprendre le calcul présidant à ses combinaisons serait non moins incapable de le concevoir.

Faisons un pas de plus. Ces lois mécaniques physico-chimiques qui ont tant d'influence sur le développement de la vie physiologique n'en espliquent pas la production. Cela est vrai pour l'homme comme pour tous les autres êtres vivants ; si bas qu'on place son origine, fût-ce dans le protoplasme le plus infime, il n'a pu résulter d'aucun mouvement mécanique, d'aucune combinaison chimique. Nous l'avons déjà établi d'une manière générale en traitant de l'origine de la vie dans le monde. Dans le livre même où Claude Bernard donne une si grande importance aux conditions physico-chimiques et où il place l'organisme humain

(1) Leçons sur les phénomènes de la vie, par Claude Beniard. (Paria, Uermer-Baillière, 1818. !•• leçon.)

SOUS leur dépendance aussi bien que les organismes les plus élémentaires, il écarte de la façon la plus péreraptoire tout c« qui.deprès ou de loin, impliquerait l'éclosion de la vie comme résultat d'une synthèse chimique : » Il n'est pas plus possible au chimiste, dit-il, de fabriquer le ferment le plus simple que de fabriquer l'être vivant tout entier (1). »

Si la vie, même considérée dans le protoplasme informe qui précède la cellule, ne peut se rapporter aux conditions physico-chimiques, l'explication mécanique de Hœckel sur l'origine de l'homme tombe du coup ; le premier des êtres vivants ne saurait faire exception sur ce point. Elle est encore bien plus insoutenable dès qu'il s'agit d'expliquer non seulement la production, mais la formation et la spécialisation de la vie organique. Les conditions physico-chimiques peuvent bien influer sur ses manifestations, mais elles ne sauraient lui donner sa cohésion, son unité. Il y faut une pensée directrice, qui détermine le développement de l'être vivant en harmonisant ses éléments divers en vue de l'ensemble, a La matière vivante indépendante, amorphe ou monomorphe, c'est le protoplasme. En lui résidentles propriétés essentielles: l'irritabilité et la faculté de synthèse chimique qui assimile la substance ambiante et crée les produits organiques. Toutefois il n'est pas encore un être vivant; il lui manque la forme qui caractérise l'être vivant et défini ; il est la matière de l'être vivant idéal, ou l'agent de la vie; il nous présente la vie à l'état de nudité dans ce qu'elle a d'universel et de persistant à travers ses variétés de formes. La forme qui caractérise l'être n'est pas une conséquence de la nature du protoplasme. C'est dans les organismes complexes, tels que Thomme, que cette action de la forme, obéissant à la pensée directrice, se montre dans toute son énergie. L'organisme complet est un agrégat de cellules dans lequel les conditions de la vie de chaque élémentsont respectées, chacunde ces éléments restant

(1) Claude Bernard, ouvrage cité, p. 2SS.

subordonné à rensemble. L'organisme vivant est une association de cellules ou d'éléments plus ou moins modifiés et groupés en tissus, organes, appareils ou système. On dirait un vaste mécanisme résultant de l'assemblage de mécanismes secondaires. C'est la subordination des parties à l'ensemble qui fait de l'être complexe un système lié, un tout, un individu; par là que s'établit l'unité dans rêtre(l). ■»

11 s'ensuit que, à côté des conditions physico-chimiques déterminées, nous avons dans l'être vivant des conditions organiques ou lois préalables qui lui permettent tour à tour de profiter de ces conditions physico-chimiques d'une façon appropriée à sa nature prédéterminée et de réagir entre elles. Plus l'être vivant s'élève dans l'échelle, plus il est affranchi du milieu extérieur. Tandis que le végétal et certains animaux lui sont tellement subordonnés que leur vie peut être comme suspendue ou devenir latente sous l'effet de circonstances atmosphériques, tandis que chez d'autres plus élevés la vie est oscillante par suite de cette dépendance encore persistante, quoique affaiblie, les êtres les plus perfectionnés réalisent en eux-mêmes les conditions physico-chimiques nécessaires à leur vie. Ils se constituent une sorte de miheu intérieur invariable, qui leur fait une atmosphère propre dans le milieu cosmique toujours changeant. « Les changements perpétuels des milieux cosmiques ne les atteignent pas; ils ne leur sont pas enchaînés; ils sont libres, indépendants (2). » La fixité de ce milieu suppose un perfectionnement de l'organisme tel que les variations externes soient à chaque instant compensées et équilibrées. Bien loin que l'animal soit indifférent au monde extérieur, il est, au contraire, dans une étroite et savante relation avec lui, de telle façon que son équilibre résulte d'une continuelle cl délicate compensation établie comme par la plus sensible des balances. « Chez l'être vivant

(1) Leçons jw les phénoménei de la vie, p. 352-368-363. (S) Qaude Bernard, ouvrage cité, p. 111.

:.g.i.zedi!,G0OQlc

LE PR06LËHE ANTHAOPOLOfilQUE. a4S

de cet ordre, le syatème nerveux règle rharmonie entre les coaditions nécessaires à sa vie qui ne diffèrent pas des conditions indispensables à toute vie {!). »

Ainsi, non seulement dans l'homme, considéré au simple point de vue physiologique, toutes les parties de l'organisme sont liées entre elles en vue du tout et appliquent la loi de la division du travail comme les ouvriers d'une manufacture ou les diverses classes de citoyens dans une cité, mais encore une admirable correspondance est établie entre cet oi^anlsme et les grandes lois physico-chimiques qui règlent la vie cosmique, si bien que, sans s'y soustraire, il s'en affranchit en quelque mesure par le milieu interne. Grâce à de merveilleux artifices de construction, pour employer l'expression de Claude Bernard, l'organisme humain maintient la fixité nécessaire à son indépendance. Le système nerveux forme le rouage de compensation entre les acquits et les pertes (2). Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, l'eau étant un élément indispensable à la constitution du milieu où évoluent et fonctionnent les éléments vivants, chez les animaux à vie libre, il doit exister un ensemble de dispositions réglant la perte et les apports de manière à maintenir la quantité d'eau nécessaire. a Les mécanismes qui font varier la quantité d'eau et la rétablissent sont fort nombreux; ils mettent en mouvement une ' foule d'appareils de sécrétion, d'exhalation, de circulation. Ces mécanismes sont variés, mais le résultat auquel ils concourent est constant ; la présence de l'eau en proportion sensiblement déterminée dans le milieu intérieur, condition de la vie libre (3). »

Nous retrouvons des appareils non moins compliqués, non moins merveilleux, pour ce qu'on peut appeler la fonction de caloriflcation, pour celle qui consiste à régler la quantité

(t) Claude Bernard, ouvrage cité, p. H3.

(2) Qaude BerDwd, ouvrage cilé, p. Ii3.

(3) Gaude Bernard, ouvrage cilé, p. 115.

d'oxygène nécessaire à la manifestation de la vie et endo pour constituer par l'atimentation et son élaboration les réserves qui assurent la Qxité du milieu intérieur.

Nous voilà bien loin du mécanisme pur, aveugle et sans buti Peu importe que le savant auteur des Leçons sur les pAénomênes de la vie renvoie la question de finalité à la métaphysique ; la finalité éclate partout dans ces harmonisations de l'être vivant avec le milieD cosmique oii il est placé. Inutile de rappeler que tous ces résultats d'une science absolument impartiale s'appliquent avant tout à l'tiomme comme à la plus parfaite manifestation de la vie organique.

Nous ne pouvons que renvoyer aux innombrables traités spéciaux qui nous font admirer la merveilleuse adaptation entre ses organes et ses deux grandes fonctions de nutrition et de relation, comme aussi la perfection de ce grand répartiteur de la vie physique qui s'appelle le système nerveux. On ne dira jamais mieux que Bossuet et Fénelon sur cette perfection de l'organisme humain, Les progrès de la physiologie contemporaine ne font que leur donner encore plus raison. « De tous les ouvrages de la nature, dit le premier, celui où le dessein est le plus suivi, c'est sans doute l'horarae. Tout est ménagé dans le corps humain avec ' un artifice merveilleux. La délicatesse des parties, quoiqu'elle aille à une finesse inconcevable, s'accorde avec la force et la solidité. Le jeu des ressorts n'est pas moins aisé que ferme. Aioçi nous pouvons dire avec assurance que, de toutes les proportions qui se trouvent dans les corps, celles du corps Dt^anique sont les plus parfaites et les plus palpables. Toutes les parties si bien arrangées et si propres aux usages pour lesquelles elles sont faites, tout cela est d'une économie et s'il, est permis d'user de ce mot, d'une mécanique si admirable qu'on ne le peut voir sans ravissement, ni assez admirer la sagesse qui en a établi les règles. Toutes les machines sont si simples, le jeu en est si aisé, et la structure si délicate, que toute autre machine est grossière en comparal-

LE PROBLËHË ANTHROPOLOGIQUE. 2tT

son. Nul ciseau, nul tour, nul pinceau ne peut approcher de la tendresse avec laquelle la nature tourne et arrondit ses objets ! (I) » Nous renvoyons aux pages brillantes où Fénelou, dans son Traité de l'existence de Dieu, exalte jusqu'au lyrisme son admiration pour cet organisme du corps humain qu'il appelle le chef-d'œuvre de la nature.

Nous n'y reconnaissons pas seulement la finalité qui établit l'harmonie entre les parties et les subordonne à l'ensemble et qui proportionne si parfaitement les organes aux fonctions, mais encore cette flnalitéd'un ordre supérieur, qui s'appelle la beauté, à laquelle le mécanisme pur ne peut être qu'absolument indilTérent.

Bien de plus parfait que la forme humaine prise dans son type supérieur. La stature se dresse haute et droite, avec cette symétrie sans rigidité qui n'appartient qu'à la vie, avec cette grâce souple qui est le meilleur signe de la force sûre d'ellemême, t'arc de la bouche se courbe mobile et frémissant comme pour lancer le trait de la parole. Les lignes du visage se dessinent avec la proportion la plus harmonieuse. Le n'ont est élevé et s'éla^it comme le temple de la pensée : os sublime dédit. L'œil bleu comme l'azur qu'il se plaît à contempler, ou bien de cette teinte foncée des lacs des hauts sommets, est le miroir vivant où se reflète la vie intérieure; l'amour y met sa tendresse, le courroux sa flamme; parfois il s'allume d'une clarté plus profonde et plus haute venant d'une région mystérieuse qui l'attire invinciblement. Quand le sourire illumine le visage de l'homme, on dirait le lever de l'aube ; il s'ennoblit encore sous la douleur. Il suffît d'un rayon de l'intelligence pour que le sceau d'une incomparable grandeur apparaisse dans cette ai^ile animée, fùl-elle même imparfaitement pétrie. La beauté humaine a des manifestations variées. Tantôt c'est l'enfance, cette fleur de l'humanité, avec sa cha^

(1) Bossuel, De la connaissance de Dieu el de aoi-mt

(2) Fénelon, De Fexitlence de Dieu. PremiÈre pspUBj

mante indécision de contour, sa. pureté, sa fraîcheur; tantôt c'est ce type idéal de la femme telle que la représente Phidias, qui n'a tiré du marbre cette merveille de grâce qu'après l'avoir admirée dans les filles de la Grèce ; tantôt enfin c'est la beauté virile, héroïque, portant le diadème de la royauté terrestre sur sa noble tète. Rarement, sans doute, cette beauté parfaite apparaît sans mélange au sein de l'humanité ; mais elle n'en est pas moins sa manifestation la plus vraie, parce qu'elle est la réalisation même de son idéal, c'est-à-dire de SQ véritable idée. Jamais la mécanique à elle toute seule ne produira cette Jiarmonie délicate dont aucune géométrie n'a déterminé les proportions. Cet art divin manifeste la liberté souveraine qui triomphe de la matière inerte et pesante, asservie aux lois du mécanisme dont on ne saurait jamais tirer la variété et la beauté. La beauté de la forme humaine fait rayonner au travers de sa transparence harmonieuse cette flamme sacrée qui s'appelle l'àme, comnte le vase d'albâtre nous laisse npenievoir la brillante lumière qu'il renferme. C'est ainsi qu'il suffit de l'être physique de l'homme pour nous reporter à l'être intellectuel et moral ; car la principale beauté chez lui tire sa supériorité de l'expression, laquelle provient de sa vie morale. Otez le regard et le sourire, et il n'y a plus en lui que la simple t>eauté plastique que nous admirons partout dans la nature. 11 est si vrai que dans la beauté humaine le rellet de l'àme est l'essentiel, que la laideur elle-même devient belle quand elle est illuminée par réclair du génie. « Quel est ce laid qui devient beau en parlant? > disait-on un jour d'un de nos contemporains les plus ëminents. Tout d'ailleurs dans la beauté plastiqueelle-même, dans la coupe du visage et du front, est approprié à la vie intellectuelle. Cest pour que la tète de l'homme en fût l'organe principal qu'elle a été ainsi modelée.

LE PROBLEKE ANTHROPOLOGIQUE.

Page 1