‹ Les originesChapitre 26 sur 60 · I. — POSITION DE LA QUESTION · texte numérisé non relu

I. — POSITION DE LA QUESTION

Huxley, daos sod livre sur la Place de Vhomme dans la nature, s'exprime en ces terines sur la place qui nous revient dans l'ensemble des êtres : « Supposons un homme transporté dans un baril de rhum dans la planète solaire et comparé aux autres animaux mammifères et singes ; il serait à coup sût assimilé à ces derniers (1). » La chose est possible; mais, pour établir une assimilation complète, même au point de vue purement physique, il faudrait que les naturalistes du soieilen fussent encore à la période des examens superflciels. Ils auraient commis la plus lourde méprise en prenant cet homme en bocal pour l'homme véritable; car ils n'auraient sous les yeux que son enveloppe corporelle, à moins, pourtant, qu'Us n'allassent aussi rapidement en affaires, que M. Charles Vogt dans ses Zeçofis sur l'homme, et qu'ils ne donnassent leur adhésion à la déclaration suivantedu célèbre naturaliste: «Les caractères anatomiques dans la comparaison pèsent avant tous les autres. Quant aux accessoires, soit philosophiques, soit religieux dont quelques naturalistes ont cherché à décorer leur fragile édifice, nous ne pouvons que çà et là leur accorder, en passant, quelques regards, fl nous est passablement iadif-

(1) Huiley, La place de l'homme dans la nature. (Paris, Germei^Bail- Uère, ISeS.)

iU LES ORIGINES.

férent que Schopenhauer fasse reposer la distiaction eatre l'homme et le singe dans la volonlé ou que M. BischolTIa fasse reposer sur la coascience de soi-même (1). »

On comprend que M. Vogt, après avoir traité de détail insigaillaat toute la vie supérieure de l'homme, en vienne à conclure qu'il y a moins de différence entre un nègre et un orang-outang qu'entre un Allemand et un nègre. Sans doute, le Français, l'Italien et l'Anglais ménagent la transition et fournissent ce fameux chaînon intermédiaire qui, par malheur, manque tout à fait entre l'anthropoïde et l'homme. M. Lefèvre use de la même désinvolture d'aflirmation dans sa Pàilosopkie et QOMs apprenti, à son tour, que, défait, entre le gorille et les plus infimes représentants de l'humanité, le Boschiman ou l'Australien, la nature a mis moins de distance qu'entre les anthropoïdesetlessinges inférieurs. «Aune époque indéterminée, dit^il, est né à sou heure et à sa place dans la série des êtres un mammifère bipède et bimane, comme les autres simiens, velu, grimpeur aux jambes sèches, aux griffes agiles, qui d'une branche arrachée, d'un caillou ramassé a frappé sa proie. Il apportait, dans la lutte pour la vie, un organisme plus équilibré, des appétits plus ré^és, un cerveau moins obtus. Instruit par la nécessité, il apprit à chercher des refuges, à se créer des gîtes; è des forces supérieures, il opposa l'adresse et le nombre. La sélection fit le reste (2). 0 Nous n'avons là qu'un résumé rapide et vif des théories développées dans les deux livres capitaux de Darwin sur VOriffine des espèces et la descendance de ràomme (3), et dans le grand ouvrage de Hœckel sur l'anthropogéuie (4). Dai^

(1) Leçon) sur Chomme, la place dans la ceéalion, et dansthisloire delà leri-e, par Cari Vogt, traduclion Mouliniê. 2» édit. (Reinwald, 1810).

(2) A. LefÈvre, Philosophie, p. 496-i87.

(3) Origine des espèces au moyen de ta sélection natmvUe, traduit par J. MouUnié. (Parla, Relnwald, 1873.) — La descendance dethommeel la lélection sexuelle par Darwin, traduit par Moulinié.2 vol. {Rein wald, 187*.)

. (i) Hœckel. Anlhropogéiiie ou histoire de t'évotution humaine, ti&àuii par le D' Lelourncau. (ParÎB. Reiowald, 1875.)

win cl\erche à appliquer à l'homme sa Ihëorie de l'évolution, avec ses grandes lois de la sélection naturelle et sexuelle, de la lutte pour la vie, de l'hérëdité fixe, enfin de l'appropriation au milieu et de la coordiDstioa des oi^anes modifiés. Dans son livre sur la Descendance de l'homme, il s'efTorce d'abaisser la barrière entre l'animalité et l'humanité et de faire sortir, par une gradation iasensihle, foutes nos facultés supérieures des instincts animaux, le sens moral étant confondu avec l'instinct de sociabilité, et le sentiment religieux avec la simple terreur produite par une force inconnue. Hœckel ne se donne pas tant de peine pour ideutifier l'homme à l'animal ; il ne se livre à aucune analyse psychologique. Il lui suffit de constater que le système nerveux central est l'organe de la vie psychique, pour établir ou plutôt pour affirmer que tout ne revient chez l'homme, comme chez les autres animaux, à une simple évolution physiologique. « L'âme humaine, dit-il, s'est développée avec le tube médullaire dont elle est la fonction, etde même qu'aujourd'hui encore le cerveau et la moelle épinière de chaque homme dérivent du tube médullaire simple, ainsi, l'esprit humain, l'activité psychique du genre humain tout entier s'est développée peu à peu, graduellement, L partir de l'un des vertébrés inférieurs. L'embryon humain parcourt de nouveau les diverses phases de ce long développement (1). n Rappelons enfin, comme résumant aïec autant de clarté que d'éclat toute l'argumentation dirigée contre le caractère spécifique de l'humanité, le discours prononcé par M. Broca sur l'intelli^nce des animaux et le règne humain lors de la discussion élevée sur ce sujet dans la Société d'anthropol(^ie (2). M. Topinard, dans son Manuel d'anthropologie, a fourni après coup le dossier de cette brillante plaidoirie que l'on est en droit de trouver bien sommaire quand on considère la gravité des conclusions (3).

(1) Hœckel, Anthropogénie. 26» leçon.

{2} Jf^noJrvxifaiifArapo/o^iesao/o^iVup.parPaui Broca. (ReinwiM, {870.)

(3) Topinard, Anthropologie. (Paris, Reinwald, 1879.) Voir auarf Letour-

' On le voit, la question psychologique se confond pour l'humanité avec la question d'origtno. Si vraiment il n'y a aucune difTéreuce spécifique entre l'esprit humain et ce qu'on appelle l'intelligence des animaux, la théorie de l'évolution inoniste est justifiée pour la plus hardie de sea applications. Il n'y a eu que des transitions plus ou moins marquées entre les premières apparitions de la la vie psychique et son épanouissement le plus radieux. Si, au contraire, l'esprit humain a bien un caractère qui n'appartient qu'à lui, il y a eu autre chose dans l'homme qu'un simple développement de l'animal. Quand même il serait établi — ce qui n'est pas — que, pour la vie physiologique, il y a eu des plus basses espèces jusqu'aux espèces supérieures, telles que les anthropoïdes, une évolution conlinue conformément aux lois de la sélection naturelle, de l'hérédité et de l'adaptation aux milieux, l'esprit humain n'en serait pas moins une apparition vraiment nouvelie.Le principe de causalité empêcherait de le rapporter aux simples antécédents physiol(%iques, tant l'efTet dépasserait la cause, et il faudrait reconnaître qu'il vient de plus haut et révèle une causalité supérieure. Prouvez tant que vous voudrez que le corps de l'homme est identique au corps d'un singe, prouvez même que, physiologiquement, il en est sorti — preuve qui n'est point encore fournie — qu'importe, si,commeonraditéloquemmeDt, son âme est d'un dienl L'homme vrai, non pas celui du baril de rhum dont on a éliminé, à l'exemple de Vogt, la vie supérieure comme une bagatelle sans importance, l'homme dans la totalité de son être, considéré dans ce qui est son caractère propre, n'est pas simplement le dernier chaînon de l'animalité. Cet embryon qui, nous ditK)n, a parcouru dans le sein de sa mère tous les échelons de la vie physique antérieure, avait en lui, à l'état virtuel, un élément d'ordre supérieur qui

neau. Sociologie. (Reinwald, IBBO.) — La Ihèae opposée qai roetlaK ipart l'ordre h umsin, a été constamment louteniie par BufTon et de nos jours par Flourens et Blainville. M. Henri Hollard luia consacré un livre très remarquable qui n'a pas vieUll {t Homme tl ht racet humoÛKi),

suffît pour briser la chaîne et pour poser en lui uq principe nouveau dans la série des êtres. Nous sommes d'autaat plus en droit d'affirmer dans c« sens l'ordre humain • que l'anthropoïde dont l'homme a dû provenir directement n'a point été retrouvé. Hœckei a bien affirmé qu'on le retrouverait bientôt ; sa parole d'honneur ne peut passer pour une preuve.

£n résumé, la question d'ori^ne se confond avec la question psychol(^ique, et c'est cette dernière que nous devons chercher à résoudre par l'étude impartiale des faits. Y a-t-il, oui ou non, une diiîérence esenlioUe eulre l'animal et l'homme au point de vue psychologique ï En quoi consiste cette différence? Voilà ce que nous devons rechercher.

Avant d'entrer dans le fond de cette discussion, remarquons que la doctrine de l'évolution sous sa première forme n'est point forcée logiquement de conclure à effacer toute distinction essentielle entre l'homme et l'animal. « L'homme, dit Wallace, le précurseur de Darwin, par la seule faculté de se vêtir et de se faire des armes et des oulils, a enlevé à la nature la puissance de modifier lentement, mais d'une manière durable, sa forme et sa structure pour les mettre en harmonie avec les changements de milieu, puissance qu'elle exerce ^r les autres animaux. Un être prit naissance, chez lequel cette force subtile que nous appelons l'intelligence acquit une importance supérieure à celle de l'élément purement corporel, c'est elle qui donna à son corps nu un vêtement et se servit d'armes contre les fauves. Il dirigea la nature à ses fins. Dès le jour oîi la première peau de bête lui servit de manteau, où la première lance grossière fut employée à la chasse, où le premierfeu servit à cuire sa oouriiture, où le premier grain fut semé, une grande révolution s'accomplit dans la nature, révolution sans analogie jusque-là dans l'histoire du monde; car il avait paru un être qui n'était plus nécessairement sujet aux variations de l'univers, un être en un certain point supérieur à la nature, puisqu'il savait

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guider et régler son action et se tenir en liarmonie avec elle, non par les changements de son corps, mais par les progrès de son esprit. L'homme est un être à part. Non seulement il a échappé à la sélection naturelle, mais encore il peul dérober à la nature une portion de cette puissance qu'elle eiterçait universellement avant qu'il fût au monde. Le progrès pour l'homme n'étant pas dû à la survivance des plus aptes, je suis forcé de conclure qu'il est dû à la force progressive inhérente à nos glorieuses facultés qui nous élèvent si fort au-dessus des autres animaux et nous fournissent la preuve de l'existence d'êtres supérieurs à nous (1). »

M. de Quatrefages réduit la différence spécifique entre l'homme et l'animal à la possession par le premier des notions morales et religieuses, qui impliquent la croyance en une vie future; il ne voit que des différences de d^ré entre l'humanité et l'animalité en ce qui concerne les facultés intellectuelles (2). M, Milne-Edwards, dans ses Leçons de physiologie ^ d'anatomie comparée de l'hormne et des animaux — admirable répertoire zoologique où nous puiserons largement — ne se cohlenle pas d'effacer toute distinclion essentielle entre l'intelligence de l'animal et celle de l'homme; il reconnaît au premier une sorte de sens moral [3).

Tout en donnant pleinement raison à M. de Quatrefages en tant qu'il repousse cette deraière analogie, nous ne pouvons nous contenter de la part qu'il fait à l'homme. Certes, nous ne diminuons pas l'importance du sentiment moral et religieux et nous sommes prêts à reconnaître qu'il creuse un abîme entre te plus intelligent des anthropoïdes et l'homme ; mais nous sommes convaincu que, à s'en tenirà la vie purement intellectuelle, l'esprit humain possède un caractère propre. II

(1) WallRoe, Essais, p. 331-3*7.

(2) De Qualrefages, l'espèce humaine. [Germer-Bailli ère, 1819, p. i6).

(3) Miine-Ekiwards, Leçons sur la physiologie et l'anntomie compai-ét de rhommeel des animaux. (pBni,lAeaaoD,édHioa 1880, vol. XlIljetXIV, leçon XV).

nous suffirait, pour en être persuadé, de nous en tenir auxassertionsde M. de Quatrefages. Dire que l'homme seul s'élèveaux notions morales et religieuses, c'est reconnaître implicitemeut que son intelligence s'élève à l'universel, à l'infini, à l'absolu. Or, c'est là nn acte intellectuel auquel l'animal ne s'élève jamais. Sortons des généralités et établissons une comparaison entre l'homme et l'animal. Considérons d'abord l'animal en lui-même. Le phénomène de la vie telle qu'elle nous apparaît en lui, même au plus hils degré de l'échelle zoologique, est absolument réfractaire é l'hypothèse du transformisme matérialiste ou tnonisle. Sans rentrer dans la discussion générale, nous résumerons rapidement les conclusions sur ce point du savant ouvrage de M. Milne-Edwards ; elles ont d'autant plus de prix à nos yeux que l'éminent naturaliste se tient davantage éloigné de toute préoccupation philosophique et qu'il n'a d'autre dessein que de nous donner le résultat de ses vastes travaux zoologiques. < Dans l'état actuel de notre globe, dit-il, la matière pondérable qui est apte à former le corps d'un être vivant ne devient jamais vivante quand elle est seule, et l'on ne connaît aucuo agent chimique ou physique qui puisse y développer la vie ; aucun exemple de ce qu'on appelle génération spontanée n'a été constaté. Cette matière organisable ou même organisée- ne devient vivante que par l'influence directe ou indirecte-du corps vivant qui en est le générateur. Pour constituer un être vivant, il faut donc quelque chose de plus que la matière tangible dont le corps de cet être est formé, et cette chose, quelle qu'en soit la nature, est transmissible. C'est un principe d'activité, une force (1). » Admettant que l'être vivant est composé d'une multiplicité de parcelles vivantes, A'organites, et forme une sorte de société coopérative, l'auteur reconnaît une puissance directrice pour oi^aniser ces parcelles, les constituer en un tout harmonique et produire la diversité des Êtres animés dont les types nettement oc-

(1) Milne-Edwards, ODvri^ cit*. vol. XIV, p.!59-260.

cusés o'auraieDt pu se former tout seuls par de simples agrégats chimiques. C'est cette même puissance organisatrice qui maintient le type animal au travers de la mobilité constante 4e la matière. Il n'y a de stable que la forme ou l'idûe, pour parler la langue d'Aristote ; donc cette idée ne résulte pas de simples forces mécaniques mises en jeu. Elle les a précédées, comme le plan d'une œuvre a précédé cette œuvre. « Au début de leur existence, des auimaux qui, en se développant, deviendront très différents entre eux, ne présentent souvent, quant à la matière pondérable qui constitue leur corps, aucune différence appréciable. Les particularités qui se manifestent successivement dans leur constitution et dans leurs propriétés ne peuvent être attribuées, ni à des matières diverses qui viendraient s'ajouter à leur substance primordiale, ni à des dilTérences dans les conditions sous lesquelles une évolution s'accomplit. Dès l'origine, cliaque être a en lui une forte organisatrice qui détermine approximativement le mode d'emploi de la matière qu'il assimile. 11 «n résulte, conclut l'auteur, que si j'étais obligé d'opter en faveur de l'une des deux hypotbèses sur lesquelles les philosophes spiritualistes et les philosophes matérialistes discutent depuis l'antiquité, je me rangerais du c6té des premiers (1). »

En ce qui concerne non plus l'origine, mais le développement même de la vie, M. Milne-Edwards déclare insufilsante l'hypothèse transformiste. Fort disposé à admettre que la notion de l'espèce a été trop rétrécie, qu'une certaine élasticité peut être admise, surtout dans la période des premières élaborations zoologiques, il n'en déclare pas moins que rien dans les faits constatés ne justifie l'idée d'une transformation des types zoologiques sous des influences extérieures, v Dans le règne animal, dit-il, les produits génériques fournis par un même individu, ou par des individus similaires, ne sont jamais complètement semblables les uns aux autres, ni sem-

(1) Milae-Qdwuda, ouvrage cil*, vol. XIV, p. 276.

LE PROBLÈHE ANTHROPOLOGIQïïi:. m

blables en tout à leurs parents, l'identité dans les divers termes d'une lignée n'est donc jamais absolue, mais l'observation journalière nous apprend que, dans la majorité des cas, les dilTérences sont faibles ; et, lorsqu'elles soni considérables, nous voyons qu'elles sont incompatibles avec le développement complet de l'organisme, ou tout au moins qu'elles entraînent à leur suite la stérilité ; enfin les déviations du type nouveau comparé au type préexistant n'ont jamais pour effet la réalisation d'un type semblable à ceux qui sont olTerls par des animaux issus d'une souche diiïéreote. Néanmoins, les particularités qui existent chez les propagateurs tendent à se perpétuer chez les descendants, et de la sorte les caractères primordiaux de la liguée sont susceptibles de subir certains changements (1). » Le savant zoologiste admet, on le voit, une certaine variabilitédanslesproduits de la génération; mais, dès qu'elle devient une anomalie comme dans les monstres sous l'action de circonstances spéciales, exceptionnelles, elle aboutit à un développement incomplet ou à la stérilité. « La variabilité portant sur des caractères d'ordre secondaire trouve une explication très rationnelle par les lois d'hérédité, de sélection naturelle et d'adaptation au milieu , mais rien dans la science ne nous autorise à croire que, sans l'intervention de causes modincatrices inconnues, des changements de cet ordre aient pu aller bien loin et faire que jadis, plus qu'aujourd'hui, un animal soit né d'une plante, un insecte d'un zoophyte, un mammifère d'un poisson, un chien d'une sarigue, ou un homme d'un singe (2). »

Nous voici ramenés aux relations entre l'humanité et l'animalité. Laissant désormais le côté physiologique auquel nous n'avons plus à revenir après la confirmation donnée à nos propres conclusions par l'un des zoologistes les plus compétents, nous nous attacherons au côté psychique ou psychol(^ique.

(1) Milnc-ËdwardB, ouvrage cité, tome XIV, p. 316. (3} Id., p. ni.

tes LES ORIGINES.

Il liiiut au sujet des oniroaux se garder d'exagérer daos aucuD sens, éviter aussi bien de trop- les ravaler que de les surfaire. Nous serions tentés d'appliquer aujourd'hui à l'animal le mot de Pascal sur l'homme : « Si od t'abaisse, je te relève. Si on te relève, je t'abaisse. ■ Les partisans du transformisme absolu, qui veulent rapprocher le plus possible l'homme de l'animal ont la tendance de tout rabaisser chez le premier et de tout relever chez le second. Ils font vraimeot le roman des animaux comme Rousseau, au dernier siècle, faisait celui des sauvages. A lire certains d'entre eux, oq dirait volontiers qu'il faut être bête pour avoir de l'esprit. D'une autre part, les spiritualistes de parti pris tombent dans l'excès contraire. Efforçons-nous de nous maintenir dans la juste appréciation de la réalité telle qu'elle ressort d'une observation impartiale.

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