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CHAPITRE V

LA SOCIÉTÉ HUMAINE ET LES SOCIÉTÉS ANIMALES (t).

L'homme, d'après Aristole, est essentiellement un être social. Ce caractère lui est commun avec l'animal. On en a naturellemeat conclu h une nouvelle identiflcation entre eux. C'est bien à tort selon nous. Ici encore la vie supérieure s'appuie sur une vie inférieure instinctive, mais en s'élevaat à une hauteur morale qu'une simple évolution naturelle ne saurait jamais atteindre, car la sociabilité humaine ne peut pas plus se réduire aux éléments préexistants de la sociabilité animale que la raison et la conscience ne procèdent du simple perfectionnement des sens. Nous ne contestons pas le lien qui rattache la sociolc^ie à la biologie, pourvu qu'on ne les confonde pas, comme tend à le faire toute l'école naturaliste depuis Auguste Comte jusqu'à Herbert Spencer.

(1) Voir l'introduction sur \'Histoii-e de la sociologie en général, dans le livre de M. EspinaBaur \ea Sociéléa animales [2" édit., 1878, Gerraer- BaiUîâra). — AuguBte Comte, Système de politique poiitive. (Paris, 18S1.} — Herbert Spenoep, Introduction à la science sociale, (Paris, Germer- Baillitre, ISTi.) — Du même, Princ^es de sociologie, 2 vol. — La tcience sociale contemporaine, par Albert, Fouillée. (Paria, Hachette, 1881.) — Darwin, De l'origine des espèces, traduction Moulinié, 1813. — Du même, La descendance de l'homme et la sélection sexuelle, 1872. — Introduction de Buckle à l'Histoire de la civilisation en Anglelerre. (Paria, 1881. Marpon et Flammarion.) — Bagehot, Lois scientifiques du développement des nations. (Perrier, Paris, 1871. Germer-Bailllère.) — Edmond Perricr, La colonies animâtes et la formation des organismes. (Paris, Masson, 1881.)

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