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LE PRINCIPE ET L'ORIGINE DE LA MORALE

L'anthropologie a constamment posé devant d«us le problème de la liberté ; c'est la liberté qui nous a paru constituer dans tous les domaines le véritable caractère humain et marque la limite entre la vie instinctive, animale, et la vie consciente, aussi bien au point de vue intellectuel qu'au point de vue moral. Il est temps de l'aborder en face, car nulle question n'est plus débattue aujourd'hui. Il s'agit de savoir qui a raison du déterminisme ou de la doctrine de la liberté, et s'il y a oui ou non une morale, car si le déterminisme est bien fondé dans ses conclusions, le falloir se substitue au devoir, la nécessité remplace partout l'obligation. On ne peut donc traiter le problème de la liberté sans traiter celui de la morale ellemême, de son principe, de ses origines. Nous nous eiïorcerons sur ce point capital comme sur tes autres de mettre dans notre polémique le plus de précision possible, en nous plaçant en (ace des formes actuelles du déterminisme; elles ne font d'ailleurs que ramener devant nous les objections du passé, mais avec un appareil scientifique infiniment plus riche et une subtilité d'argumentation plus déliée.

Nous ne débattrons pas longtemps ce grand procèst parce

que DOus sommes convaincu qu'il est perdu auprès de tous ceux qui ont besoin qu'on le plaide et qui font passer au creuset de l'analyse les faits vraiment primordiaux de la conscience. Après ce que nous avons dit de la vraie méthode expérimentale qui doit diversifler ses applications selon que ses objets diffèrent eux-mêmes, nous avons le droit d'être sobres dans notre argumentation. Ce que nous avons à faire, c'est uniquement de mettre en pleine lumière le fait de conscience et d'empêcher qu'il ne soit dénaturé ou dissous sous prétexte d'explication.

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