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l'égoisme. M..Fouillée l'a très bien dit, le pessimisme D'est pas autre cboae que l'épicuréisme retourné et encore (Init^il par montrer le bon endroit, c'est-à-dire la recherche du plaisir. En attendant l'anéantissement final, on peut semer de quelques Deurs ce sombre chemin qui va s'effondrer si tôt dans l'abline. Le pessimisme s'en va donc rejoindre l'utilitarisme. D'un autre cdté l'utilitarisme rejoint à son tour le pessimisme dans le néant où l'&me doit disparaître. Nous avons vu en effet Herbert Spencer , soumettre la vie sociale et humaine à ce grand rythme du mouvement qui veut qu'à la période d'intégraUon succède celle de dissociation. Notre univers doit finir dans une destruction universelle d'où sortiront de nouvelles combinaisons de la force. Ainsi la morale de l'utilité aboutit, elle aussi, à l'anéantissement, révélant par l l'insoluble contradiction qui est en elle. L'utilitarisme qui supprime la loi morale ne reconnaît nulle part la causalité intelligente et libre. Tout part du chaos et y retourne ; pour n'avoir voulu et cherché que l'utile il le perd et ainsi se trouve justifié le mot de l'Évangile : Celui qui cherche sa vie laperd; celui gui laperd la retrouve. Au contraire, la morale de l'obligation nous reporte au principe même de l'obligation qui est le bien absolu. Le bien absolu est aussi la souveraine sagesse et la souveraine puissance. Il sait ordonner les choses en vue du progrès et non du néant. Vaità pourquoi le devoir n'est pas vain ; il est accompagné de pouvoir, il s'associe à la puissance infinie et il apporte chaque jour une pierre destinée à ne pas périr à un édifice indestructible qui va s'agrandissant et s'améliorant. A cette condition seulement la morale cesse d'être une duperie ou un jeu puéril. On conçoit que l'on sacrifie l'intérêt particulier à l'intérêt général, s'il y a vraiment un intérêt général, un intérêt humain, mais si humanité, société, vie morale, vie physique — tout est destiné à s'évanouir comme une ombre qui a ridé à peine la morne immensité, alors à quoi bon cette subordination ? Vallruisme n'a plus de sens. Au reste n n'aurait pas davantage de portée morale, même sans l'issue
fatale qui nous est prédita, uae fois que cous en sommes réduits au déterminisme pur.
ConcluoDS en disant qu'en dehors de la morale de l'obligation, il n'y a plus de morale, il n'y a plus de loi pour nous commander, plus de règle du bien, plus de critère, car le plaisir n'est appréciable que par sa quantité — la qualité relevant de plus haut — il n'y a plus de juge intérieur qui apprécie l'action en elle-même et pas seulement dans ses résultats. La responiabilité se voit enveloppée dans le même naufrage que la liberté. Toute sanction a disparu dans ce monde et dans l'outre. L'exi- . gtence est une trï^fi-comédie ou pour mieux dire une comédietragédie, car aile va de l' agréable et de l'utile à l'effondrement universel, perspective qui n'a rien de moralisant et qui pourrait induire le vulgaire à faire de la comédie uu carnaval. La morale utilitaire en soi est l'immoralité même ; il ne se peut pas qu'elle ne la déchaîne dans la société, une fois qu'elle aura ButDsamment saturé l'air ambiant. Nous ne pouvons dire autrement. A tous ces sopbismes nous ne cesserons d'opposer l'intuition morale, le fait de conscience primitif, la foi au de~ voir qui est le premier devoir, et nous le ferons au nom d'un acte de volonté formel. Nous le déclarons sans détour, nous nous refusons le droit de discuter l'obligation, nous voulons nous y soumettre. Nous confessons ce parti pris qui est la démarche la plus importante de la vie inteUectuelle et moraie, « Il n'y a pas d'hypothèse, dit M. Vacherot, si ingénieuse qu'elle soit, qui ne tombe devant un fait de conscience tel que le sentiment de notre causalité libre (1). » Cette obligation, nous ne la séparons pas de sou principe ; elle n'est pas simplement la voix de notre être intérieur, un instinct supérieur, car elle nous ordonne sans cesse ce que nous ne voudrions pas et elle le fait avec une autorité qui nous domine tout entier en nous révélant un idéal que nous ne réalisons pas. Elle vient donc de plus haut; elle vient de
(t) Vacherot, La tcience et la ùonscimee, p. 40.
us LES ORIGINES.
Dieu m(me. Nous ne séparoas pas le sentimeat du devoir de celui du divin. Nous sommes ainsi amenés à considérer de plus près la relation entre la morale et la religion, en nous demandant si l'une et l'autre n'auraient pas la même origine.