LE SENTIMENT DE L'IDÉAL — L'ART
Penser, vouloir, sentir, c'est tout l'homme au poiat de vue psychologique. Le seatimeat n'est pas autre chose que cette attraction qui nous pousse à chercher le bien quel qu'il soit qui répond à notre nature. La pensée le contemple sous forme de vérité, la volonté accomplit l'eiïort nécessaire pour l'at- ■ teindre, le sentiment nous excite à le poursuivre, allume le désir et transforme le motif en mobile. Sans doute l'élément principal dans le sentiment est toujours l'affection; car nous aimons ce que nous désirons. La répulsion qui est la contrepartie dd l'amour n'est qu'une afTection à rebours, mais appartient au même ordre psychologique. Le sentiment se mêle à toute notre vie supérieure ; grâce à lui nous ne nous contentons pas de constater les phénomènes à mesure qu'ils se présentent à nous, mais nous cherchons encore à les connaître, et nous éprouvons une véritable soif de savoir. C'est lui qui, sans l'écraser, stimule le vouloir; il en reçoit du reste plus encore qu'il oe lui donne, car c'est la volonté qui relève le sentimeot, l'enooblit, le soustrait à la passion et lui confère un caractère moral. A ce prix seulement nos afTections s'élèvent jusqu'à l'amour vrai qui se possède en se donnant et se distingue profondément de l'instinct sexuel qu'il domina et épure sans le supprimer. Le sentiment est, dans un sens, inférieur à la raison et à la volonté, puisque, à lui seul, il est confus, indistinct, et plus
rapproché de la vie iDSlinctive, mais daoB ua autre sens il les dépasse. 11 renferme comme enveloppées les intuitions les plus profondes de notre être, ses aspirations les plus sublimes. C'est i la raison à les dégager, à la volonté à les réaliser progressivement, mais c'est le sentiment qui les porte en lui aussi puissantes que mystérieuses.