CHAPITRE PREMIER
L'école positiviste interdit la recherche des origines. — Tâche assigoée par elle à la science : constater les faits recueillis par l'expËrience, les classer dans leur hiérarchie naturelle en écartant la recherche des causes. — L'état positif de l'esprit humain B remplace les deux états antérieurs qui sont l'état religieux et l'état métaphysique. L'étude du moi étant entièrement subordonnée à celle du monde extérieur, la psychologie s'efface devant la physiologie.
Réfatation, p. 71. — 1" Universalité de la recherche des causes. — C'est un fait humain constant, . donc un fait positif; — 2° coexistence permanente des trois états religieux, métaphysique et positif démontrée par l'histoire; — 3" ces trois états sont trois aspects des choses également nécessaires pour les embrasser dans leur totalité. — La religion est un effort de de l'âme pour rejoindre Dieu. — La métaphysique se préoccupe avant tout de chercher les causes. — La science de la nature s'attache aux faits positifs. Elle est souveraine dans son domaine.
— Le progrès de la vraie science consiste non è supprimer un de ces éléments, mais à les faire concourir au but commun dans la division du travail qui écarte toute confusion fâcheuse;
— 4° la science positive ne peut se passer de l'activité du sujet, car sans la raison elle ne saurait statuer une seule loi et faire
la moindre déduction ; la sensation ne donne qu'elle-même et ne sort pas du moment actuel. — Grande part de Thypothèse dans la science démontrant cette activité de l'esprit ; — 5° le positivisme n'a pu maintenir en fait la rigueur de son principe qui interdit toute explication des choses, aussi bien celle donnée par le matérialisme que la solution apiritualiste. ~^ D'un cOté, avec Auguste Comte et Stuart Mill, il s'est élevé au-dessus de luimême en faisant une part au sentiment humanitaire ou religieux. D'une autre part, avec M. Littré, il a tendu toujours davantage à trancher la question des origines dans le sens matérialiste.