Les Cinq. Escholiers de Lyon
C'est maintenant au récit le plus émouvant peut-être de toute l'histoire de la Réforme française que notre sujet nous conduit.
Ils étaient cinq : tous jeunes, tous Français, tous apôtres. Ils s'appelaient Martial Alha de Montauban, Pierre Escriiain de Gascogne, Bernard Seguin delà Réole, Charles Favre d'Angoumois et Pierre Navihères de Limoges. Ils venaient de Lausanne, où les uns plus longtemps, d'autres moins, s'étaient « adonnez à l'étude des lettres tant divines qu'humaines ». « Pour servir à la gloire et honneur de Dieu » ils avaient décidé de retourner chacun dans sa terre natale et d'y constituer un centre de propagande. Comme ils cheminaient de Genève vers Lyon, remplis d'ardentes espérances, ils firent à Collonge-l'Ecluse la connaissance d'un personnage qui déclara vouloir faire route avec eux. Sans défiance, ils acceptèrent ; leur compagnon leur fit promettre de venir prendre un repas, chez lui, à Lyon. Arrivés dans la ville, les cinq se rendirent à l'invitation : ils étaient trahis. A peine était-on à table que surgit le prévôt Poulet accompagné d'un
(i) Crespin, 1, p. 557.
lieutenant et de nombreux sergents. « Or, cependant qu'on « nous attachoit (i), écrit l'un des étudiants, nous fismes « signe et parlasmes les uns aux autres nous exhoitans à « confesser le nom de Christ, et aussi parle chemin. Toutes- « fois on nous mena aux prisons de Monsieur de Lyon où « nous fusmes séparez les uns des autres, estans mis chacun « en un groton, là où nousdemeurasmes gemissans et prians « Dieu qu'il lui pleust nous consoler et fortifier par son « Esprit, pour confesser son sainct Nom avec toute hardiesse « devant nos adversaires. » C'était donc là la première inquiétude, l'unique souci que la perspective de la mort faisait naître en eux. Mais arrêtons un moment notre récit pour tenter de saisir avec plus de précision l'idéal de ces étudiants, nos aînés.
Au travers des lettres des escholiers de Lyon, une notion primordiale se dégage et resplendit : je parle de ce sens essentiellement chrétien du drame intérieur, je parle de cette résurrection de l'âme qui, partie de la misère morale et de la mort, s'élève par le chemin du renoncement jusqu'à la sainteté, donc à la vie éternelle.
Les certitudes-sœurs de pardon et de règêuêration sont à la racine de la vie et de la pensée religieuses de nos étudiants : « Tous les saincts Escrits de Dieu, constate Pierre Escrivain, « ne sont propos d'autre chose plus que de la réparation de la « tant horrible dissipation de ceste saincte et admirable image « de Dieu, laquelle réparation se devoit faire et a esté faite « par icelui bien aimé Fils de Dieu Jésus-Christ nostre Sei- « gneur ; voire par son sang précieux, par lequel il l'a lavée, « purgée et parfaitement nettoyée, tellement qu'il l'a rend et « la fait plus aimée de Dieu son Père quelle n'avoit esté « auparavant. » Car non seulement l'œuvre de Satan est
(i) Crespin, I, p. 598,
effacée par la grâce, mais elle devient une occasion pour Dieu de se mieux faire connaître, de déployer sa gloire : « Péché « lequel nous menoit en lesse après nos concupiscences et « dominoit sur nous, maintenant est jette loin de nous ; et « celui qui nous avoit eslongnez de Dieu fait maintenant « qu'en sommes plus près que jamais, et celui qui nous « avoit fait haïr de Dieu et qui nous avoit jettez en la profon- « deur des ténèbres mortelles, a fait que maintenant avons « plus claire conoissance de nostre Dieu, que l'aimons plus, « le désirons plus, languissons, voire bruslons après lui. « 03ez encore sainct Paul : « Là où le péché a abondé, grâce « y a plus abondé (i). »
Il serait inutile de multiplier les citations. Une phrase prise au hasard dans une des lettres que nous analysons est tout aussi significative que celle qui la précède ou qui la suit. D'un bout à l'autre, ces « Prisons » sont un hymne à la foi, reconstructrice de l'être. Elles ne cessent d'opposer la condamnation que le pécheur porte sur lui-même et la joie que le pardon fait descendre en lui. son impuissance à réaliser la Loi et le secours de l'Esprit qui le rend supérieur à la Loi. Si Réformateurs et Réformés aiment tant à citer saint Paul, ce n'est point un pur hasard : c'est qu'ils sont de la même lignée que lui. Comme à lui, la religion leur apparaît c-ivant tout une force intime de vie, restaurant la personnalité sur des assises nouvelles, réalisant les conditions intérieures ou, si l'on me permet le terme actuel, psychologiques, qui sont nécessaires à l'accomplissement du devoir.
Telle est la puissance de la foi pour régénérer le caractère et la volonté^; et le sentiment qu'ils avaient de la grâce de Dieu conduisit nos escholiers à deux croyances qui leur semblaient infiniment précieuses : la foi en la Providence et la foi en la prédestination. Le souvenir des efforts personnels impuissants à produire la « vie nouvelle » joint à celui des circonstances qui permirent son développement, amènent
(i) Crespin, I, p. 591,
souvent le converti à la conviction que Dieu l'a fait sien par une série de dispositions spéciales et directes de sa Toute- Puissance. De même puisque, par nature, tous les hommes en sont au même point de chute et d'impuissance, et que les secours surnaturels régénèrent un certain nombre d'hommes seulement, les élus sont tentés de croire que Dieu a montré également sa puissance en sauvant les uns et en laissant les autres dans la damnation. On prend ici sur le vif le procédé par lequel les doctrines de l'homme religieux s'engendrent les unes les autres à partir d'une doctrine-mère qui lui tient plus spécialement à cœur, et les étranges conclusions auxquelles on aboutit dès qu'on applique aux sentiments intimes les cadres et les méthodes de la pensée discursive.
La théorie classique de la Providence ne gênait point la mentalité des hommes du xvie siècle ; au contraire, pour nos martyrs lyonnais, elle était la grande espérance et le plus inébranlable soutien. Dieu, à leurs yeux, a voulu et prévu jusqu'aux moindres détails des événements qui leur arrivent ; le pouvoir de ses adversaires n'y est pour rien, et les escholiers regardent l'avenir avec une assurance absolue. S'ils sont persécutés, s'ils meurent même, c'est que Dieu l'a jugé utile pour son honneur et que, par conséquent, son Esprit les soutiendra jusqu'à la fm ; et chaque incident de leur procès, de leur supplice, leur est une occasion providentiellement préparée de rendre gloire au Père. 11 n'est pas jusqu'à la dangereuse doctrine de la prédestination qui ne leur soit chère, parce qu'elle rend à sa manière hommage à la puissance de l'Esprit et les assure que par lui l'issue de leurs luttes serait triomphante.
11 faut se replacer au centre de ces convictions pour comprendre le sens d'une infinité de détails contenus dans le Martyrologe. La vision du rôle qu'ils jouent dans les desseins du Tout-Puissant, la vision aussi de l'existence radieuse qui s'ouvre devant eux, prédestinés, élus de Dieu, exalte les martyrs au point qu'ils ne souffrent plus ni de la torture ni du
mépris. « Si Dieu est pour nous, répètent-ils à maintes reprises, qui sera contre nous? » « Il est bien vrai, écrit Bernard « Seguin (i), que nos ennemis nous détiennent en leurs « prisons pour nous oster la vie et pour empescher le cours « de la parole de Dieu ; mais cependant si sont-ils veincus « par nous et abatus en terre par la parole de Dieu « tellement qu'ils ne se peuvent relever. . . sans le vouloir « de nostre Capitaine, ni mettre la main sur nous sans « son commandement. Ils n'ont pas la puissance de nous « oster un petit poil seulement de nostre teste, sans la « volonté de nostre Père. Que si le Seigneur permet qu'ils « ayent puissance sur nos corps pour les mettre à mort et « pour sceller la vérité par nostre sang, si n'auront-ils pas « puissance sur l'âme et n'auront pas pourtant gagné la vic- « toire. » Même assurance dans une autre lettre de Seguin : « Il est bien vrai, combien que ceux qui nous poursuyvent « facent complots et machinations pour humer nostre sang « et pensent desja nous avoir engloutis que toutes fois Dieu « est par dessus, qui peut en un moment renverser à leur « grande confusion toutes leurs entreprises. Ce qui nous « donne une consolation inestimable, comme nous sommes « asseurez qu'il rompra tous leurs conseils, si nostre heure « n'est encores venue qu'il nous tendra sa main d'en haut « pour nous fortifier et ne permettra que nous soyons tentez « plus que nous ne pourrons porter. »
Les escholiers ont si puissante en eux cette certitude d'être dans la main de Dieu, que la détention ne leur pèse pas. « La <c conscience, leur écrit-on (2), vous rend contentement et re- « pos."Vous estes libres, encore que vous soyez enclos. » Forts d'inébranlables certitudes, sûrs de la voie où ils se meuvent, convaincus que les événements tournent uniformément au bien de ceux qui aiment Dieu, ils sont libres en effet et remplis d'une joie entière et sereine. Liberté et joie qui croissent
(1) CREsriN, I, p. 632.
(2) Ibid., p. 678.
à l'approche de la mort, car elles se fondent sur ce qui ne passe pas. Lorsque Pierre Escrivain eut été conduit dans sa cellule, il se réjouit d'être appelé à être le témoin de Dieu : « Après avoir prié, jaçoit (bien que) que je fusse en un groton « obscur, là où à grand'peine pouvoye respirer, néantmoins « je fu fortifié par la vertu du S. Esprit et consolé d'une « grande consolation et joye, laquelle surmontoit toute tris- « tesse, angoisse et fascherie (i). »
Et où trouver une idée plus élevée de l'âme et de sa grandeur que dans ces lignes que Viret adressait aux prisonniers : « Souvenez-vous donc de ce qu'il dit : « Voici, je vous envoyé « comme des brebis entre les loups. » Il ne dit pas : Je vous « envoyé comme des loups contre des brebis, ou comme « des loups contre des loups, ou comme des bestes sau- « vages contre des autres bestes sauvages, mais comme « des brebis entre des loups. Le propos, de première « arrivée, semble fort estrange; car quelle espérance de vic- « toire peuvent avoir les brebis mises en combat contre les « loups, sinon d'estre soudain dévorées? Mais il ne faut pas « seulement ici regarder à la nature des brebis et des loups, « ains à celui qui dit : « Je vous envoyé. » Car puisque lui « envoyé les brebis qui lui sont données en charge du Père. « voire en telle charge que la volonté d'icelui est qu'il n'en « périsse pas une, nous sommes tous certains qu'il ne les « envoyé pas pour les laisser dévorer et périr ; car c'est lui qui « dit que nul ne les ravira de sa main (2).» Rarement l'idée chrétienne de la stérilité de la force brutale a été aussi magnifiquement exprimée : « En mourant nous vivons, et « estant veincus, nous veinquons. Combien que les hommes « ostent la vie corporelle aux enfans de Dieu quand Dieu « leur lasche la bride jusques là (ce qu'autrement ils ne peu- « vent). »
(1) Crespin, I, p. 600.
(2) Ibid., p. 72 1-
Les cinq étudiants de Lausanne restèrent plus d'un an dans les prisons de Lyon — du 30 avril 1552 au 16 mai 1553 — . Or, dès le 13 mai 1552, l'oificial de l'archevêque, juge ecclésiastique, les avait déclarés coupables du crime d'hérésie et livrés au bras séculier. Ils durent cette prolongation de leur existence aux interventions répétées de MM. de Berne, qui se faisaient un devoir de couvrir leurs « pensionnaires » lausannois. On peut dire que leur cause passionna toute la Suisse protestante. Dès que la nouvelle de leur arrestation lui arriva, Calvin envoya à Berne deux députés, Laurent de Normandie et Nicolas Colladon, pour solliciter l'intervention des cantons suisses auprès de Henri II. Une lettre de Farel à Calvin, datée du 30 mai 1552, nous apprend que les deux parlementaires se sont ensuite rendus à Lyon. Le 10 juin, Calvin assure les prisonniers que l'on intercède auprès du Roi, mais ignore encore le résultat de ces démarches. Le Réformateur de Genève ne cessa de leur prodiguer les encouragements, comme du reste Viret et plusieurs pasteurs de Suisse. Mais surtout un riche et excellent marchand saint-gallois, établi à Lyon, Jean Liner, avec un infatigable dévouement et un grand courage, ne cessait de servir d'intermédiaire entre les étudiants et le monde réformé (i).
L'officialité de Lyon avait déclaré les prévenus hérétiques : ils en appelèrent au Parlement de Paris, qui les condamna au bûcher. Aussitôt Liner partit pour Berne, afin de provoquer une nouvelle démarche des seigneurs de la ville auprès du roi de France.
Pendant cette longue attente, où, ballottés de cachot en cachot, de juridiction en juridiction, le spectre de la mort ne cessait d'apparaître aux yeux des jeunes gens, tous restent
(i) Pour le détail de 'ces interventions, cf. Barnaud : P. Viret, p. et suiv.
fermes et pleinement assurés. Pas une défaillance, même éphémère, ne semble avoir terni leur héroïsme. Ils ont chevillée à l'àme la conviction que ces délais leur sont donnés par Dieu, pour qu'ils fournissent à leurs amis ou adversaires un témoignage dont la puissance aille croissant. Leur souci, c'est d'être capables d'attester imperturbablement les vraies doctrines; et dès qu'une question de l'official les embarrasse, ils se hâtent de demander à Calvin et à "Viret leur avis. Leur joie, c'est de recevoir une lettre de l'un ou l'autre de ces maîtres, leur «humble frère», qui leur atteste la communion de pensée des enfants de Dieu ; ou d'assister à une démonstration de la puissance rédemptrice de l'Evangile, qui, à côté d'eux, dans leur prison même, transforme un malheureux, incarcéré pour vol, en martyr du Dieu vivant. Et quand ils apprennent que l'heure irrévocable est toute proche, point de révolte chez eux, mais le seul vouloir d'être supérieur à cette mort: « Nous sommes avertis de l'indicible rage de nosenne- « mis; mais aussi nous nous préparons assiduellement, par « prières, à combattre contre iceux. Nous sentons au vif ce « que l'Apôtre disoit : assavoir que nostre chair n'a aucun « repos ; nous avons tribulations et assaux au dehors et au « dedans, à raison que jour et nuict nous n'attendons que le « coup de la mort, comme poures brebis de long temps pre- « parées à ceste occasion ; nous espérons néant moins alai- « grement endurer la mort, nous confians que celui pour « lequel et sous l'enseigne duquel nous bataillons est fidèle « et qu'il ne permettra que nous soyons tentez outre ce que « nous pourrons. Pour ceste cause nous nous apuyons sur « lui, estans asseurez que si nostre maison terrestre de ceste « loge est détruite, nous avons un édifice de par Dieu, une « maison éternelle qui n'est point faite de main d'homme... « Nous exhortans et fortifians les uns les autres, chanlans « alaigrement psaumes et cantiques, non seulement de jour « au lieu où nous sommes, mais aussi au groton où nous « couchons. »
Dans la prison immonde, la prière alterna avec le psaume
de la bataille jusqu'au i6 mai. Ce jour-là, à neuf heures du matin, les Cinq entendirent dans leur prison, à Lyon, la sentence de mort que le parquet de Roanne avait rendue contre eux. Alors « ils se mirent premièrement à prier Dieu « avec grande ardeur et véhémence d'esprit, esmerveillable « à ceux qui les regardoyent: les uns se prosternans à terre, « les autres regardans en haut ; et puis commencèrent à « sesjouyr au Seigneur et lui chanter Pseaumes ». Tandis qu'on les revêt de la robe grise, livrée des suppliciés, qu'on les enchaîne et qu'on les conduit sur la place des Terreaux, ils « s'exhortoyent l'un l'autre à persévérer constamment, « puisque la fin de leur course estoit au posteau bien pro- « chain et que la victoire estoit là toute certaine. Estans donc « mis sur une charrettecommencèrentà chanter le Pseaume9 : « De tout mon cœur t'exalterai, etc. Et combien qu'on ne « leur donnast le loisir de l'achever, si est-ce qu'ils ne cessè- « rent d'invoquer Dieu et de prononcer en passant plusieurs « sentences de l'Escriture. » Apôtres, ils étaient venus en France chercher des chaires et des auditoires : ils en avaient trouvé enfin ; les apôtres en trouvent toujours. Qu'importait que la chaire fût la charrette des condamnés et l'auditoire la foule des badauds rassemblés sur leur passage par la haine ou la curiosité ? Qu'importait, puisqu'ils annonçaient l'Evangile ? « Ainsi qu'ils passoyent par la place de l'Herberie au « bout du pont de la Saône, l'un d'eux, se tournant vers la « grande tourbe, dit à haute voix ; « Le Dieu de paix qui a « ramené des morts le grand Pasteur des brebis, nostre Sei- « gneur Jésus-Christ, par le sang du Testament éternel, vous « conferme en tout bon œuvre pour faire sa volonté. » Puis « commencèrent le symbole des Apôtres, l'un suyvant l'autre, « le prononcoyent avec une saincte harmonie, pour monstrer « qu'ils avoyent ensemble une foi accordante en tout et par « tout... Aux sergeans et satellites qui souvent les trou- « bloyent, les menaçans s'ils ne se taisoyent, respondirent « par deux fois : « Nous empescherez-vous, si peu que nous « avons à vivre, de louer et invoquer nostre Dieu ? »
Arrivés au lieu du supplice, sur la place des Terreaux, « d'un cœur alaigre » ils gravirent le monceau de bois. « Le « dernier qui monta fut Martial Alba, le plus aagé des cinq, « lequel avoit esté longtemps à deux genous sur le bois, « priant le Seigneur. Le bourreau ayant attaché les autres, le « vint prendre estant encores à deux genoux ; et layant sous- « levé par les aisselles, le vouloit descendre avec les autres. » Mais Alba demande une faveur qu'on lui octroie : celle d'embrasser une dernière fois ses amis. 11 le fait, en disant simplement à chacun : « Adieu, adieu, mon frère. » « Lors les « autres quatre là attachez aussi s'entrebaisèrent, retournant « le col, en disant l'un à l'autre les mesmes paroles : « Adieu « mon frère. » Alba à son tour est attaché au poteau. Mais les cordes qui devaient étrangler les condamnés, avant que le feu ne les eût atteints, ayant été détruites par les flammes, on put encore entendre les Martyrs « prononcer et réitirer à haute voix ces paroles d'exhortation : « Courage, mes frères, cou- « rage. » Qui furent les dernières paroles ouyes et entendues « du milieu du feu, qui tantost consuma les corps desdits « cinq vaillans champions et vrais Martyrs du Seigneur » (i).