‹ Les origines grecques du stoïcismeChapitre 16 sur 25 · Strabon, XIll · texte numérisé non relu

Strabon, XIll

dieux : et ainsi de suite *. Il est vrai que si vive qu'elle soit, certaine opposition n'exclut pas une entente sur les points essentiels; voyez plutôt Aristote.

On ne doit donc pas s'attendre à voir le stoïcisme naissant se couvrir avec empressement de l'autorité de Platon : au contraire. Mais, encore une fois, notre dessein n'est pas seulement de relever ce que les fondateurs de l'école nouvelle ont ostensiblement emprunté à leurs devanciers pour l'incorporer à leur système : il s'agit encore et surtout d'établir que sur le sol même de la Grèce le stoïcisme, envisagé jusque dans ses œuvres vives, a été annoncé à l'avance et comme préparé par de mémorables antécédents.

Mais, dira-l-on, où et quand Platon fut-il stoïcien? A première vue, en effet, on a peine à se représenter sous cette livrée agsez austère le brillant écrivain qui a déployé tant de grâce dans les descriptions du Lysis et du Phèdre^ tant de sentiment et de pathétique dans les tableaux de la République et du Phédon. Sans doute, il ne faut pas oublier que bien peu ont su mêler avec un art aussi achevé le grave au doux, le plaisant au sévère. C'est tout à la fois Aristophane avec sa verve joyeuse et Socrate avec son élévation morale. Ajoutons immédiatement que sur le terrain proprement spéculatif des divergences profondes séparent les deux doctrines. Pour les stoïciens, tout est corps, même lésâmes humaines, même l'âme universelle : en dehors de ce qu'affirment les sens, aucune connaissance certaine : point d'idées éternelles, condition première du monde sensible et visible, objet des méditations du penseur et des contemplations de l'artiste : plus de Dieu transcendant, distinct du monde qui est son œuvre : point de vie future réparant les injustices de l'existence terrestre. Un système panthéiste et matérialiste au fond, malgré certaines appa-

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