‹ Les origines grecques du stoïcismeChapitre 5 sur 25 · Sur la création · texte numérisé non relu

Sur la création

Hercule promenait réternelle justice

Sous son manteau sanglant taillé dans un lion.

(Musset, HolU.)

double sens du mot antique, et termine sa carrière terrestre en affrontant la mort avec calme sur le bûcher de TOEta. La tradition primitive lui attribuait les qualités et les défauts de la force * : plus tard, la philosophie et la poésie, jalouses de Tidéaliser, célébreront à l'envi sa grandeur morale. On sait son rôle édifiant dans un célèbre apologue de Prodicus : les cyniques l'adopteront pour leur patron et leur modèle ; son nom brillera en tête d'un des principaux ouvrages d'Antisthène, celui-là même auquel sont empruntées la plupart des citations de Diogène Laërce ^ : enfin pour rendre hommage à la constance de Cléanthe, ses disciples n'imagineront rien de mieux que de le surnommer « le second Hercule ».

Ouvrons maintenant les épopées homériques, ce livre d'or de la Grèce : Ajax et Hector dans V Iliade n'oflFrent-ils pas des traits de courage stoïque? Mais c'est surtout le héros de VOdysséCy supérieur aux attraits du plaisir comme aux coups de l'adversité^, qui était pour plaire aux stoïciens. D'autre part, la place considérable faite par eux à la fatalité dans le gouvernement du monde devait-elle scandaliser Jes lecteurs d'Homère et des tragiques, de cet Eschyle notamment qui met résolument au-dessus de tout la puissance suprême du destin ^ ? Euripide lui-même, encore qu'il

1 . Qu'on se rappelle Tatlitude qu'Euripide lui a prêtée dans son Alcesie.

2. Ausone a trouvé dans cette filiation morale la matière d'une ingénieuse épigramme. C'est Antisthène qui parle :

Inventor primus Gynices ego. — » Quid ratio istœc?

Alcides multo dicitur esse prior. — Alcida quondam fueram doctore secundus :

Nunc ego sum Gynices primus, et ille Deus.

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