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III. — L\ GÉNÉRATION SPONTANÉE AUX YELX DE LA RAISON

Il appartient à la raison d'aller plus avant et de rechercher ce que lexpérience seule ne peut découvrir. La vie n'est-elle |)oint produite spontanément, plus bas, dans des degrés plus infimes dorganisation. dans un état si élémentaire ({ue nos yeux ne peuvent l'atteindre? La matière n'est-elle point capable de s'org-aniser d'elle-même sous la seule influence des forces physico-chimiques '! Voilà des questions qu'il nous faut traiter pour établir en droit la thèse générale que la vie n'est produite que par la vie.

L Argumenl d induction. — Repoussés sur le terrain de la, science expérimentale, les partisans de la génération spontanée se réfugient dans le domaine de Thypothèse. Sans doute, disent-ils. on n'a jamais vu d'êtres se former spontanément : mais cela ne prouve point qu'aucune vie ne se produit sans germes. En etîet, les organismes observés sont très loin des confins delà vie: les infusoires eux-mêmes sont très compliqués. C'est à la limite seule, sur les bords indécis du règne minéral et du règne végétal, que se fait le passage de la matière inerte à la vie. Dans les secrètes profondeurs des hautes ineis. ou peut-être même dans nos vases d'expérience, il s'opère des combinaisons d'éléments qui forment les premiers rudiments de la \ic : j;nn;u< ils ne se compli(|nrn'l assez promptement pour se rendre sensibles.

Les principes élémentaires de l'induction nous conduisent à une solution radicalement opposée à cette hypothèse. Les lois de la nature sont universelles et constantes. Or, elles cesseraient de l'être si la vie ne se produisait pas d'une façon uniforme. Donc, s'il existe des êtres plus petits encore. que nos instruments ne peuvent saisir, ils doivent avoir une origine analogue à celle de tous ceux que nous connaissons.

Est-ce le savant qui mettra en doute la constance et l'uni-

versalilé des lois do la nature ? La suprême ambition de la science moderne n'est -elle pas de trouver les formules générales qui embrassent tous les faits d'un même genre ? Ne regarde-t-on pas comme une conquête scientifiqvu^ toute substitution d'une formule unique à des formules multiples ? 11 faudrait des faits bien avérés pour admettre que, dans un groupe de phénomènes, la nature a deux façons de procéder: et ces faits eux-mêmes seraient l'objet d'une défiance bien légitime.

Or, dans la question qui nous occupe, tous les faits connus sont favorables à la loi unique de la vie naissant de la vie. Longtemps on crut avoir des faits tendant à montrer que la nature procédait de deux façons dans la formation des êtres vivants ; l'instinct des savants sut deviner qu'ils étaient fautifs : Pasteur lésa tous fait rentrer dans la règle générale. Puisque, à chaque découverte d'êtres plus petits, l'hypothèse hétérogéniste s'est réveillée et a été vaincue, nous sommes en droit de conclure que, si des êtres plus infimes existaient encore, leur mode d'origine ne serait point différent.

Pour éluder la conséquence, il faudrait présenter des faits ou du moins de bonnes raisons. Examinons les faits et les raisons qu'on produit.

En 1868, ont crut avoir pris sur le fait la formation de la vie. Dans l'expédition du Challenger, on avait tiré de l'océan une sorte de mucosité, semblable à un informe protoplasme, ({ui se déposait en flocons blanchâtres dans les verres d'expérience. Hîcckel pensa qu'on avait mis la main sur l'être vivant élémentaire où la matière inerte passe spontanément à la vie : Huxley baptisa cela du nom de Ballu/hiiis Hœckelis. On démontra bientôt que ce n'était point là cet intermédiaire si désiré, que c'était un vulgaire précipité de sulfate de chaux, ou du mucus, tiré des éponges comprimées par la sonde des navigateurs. — Du reste, quand môme on aurait démontré que le Bathybius était un vrai protoplasme doué dévie', la question serait restée au même point. D'où venait ce proto

plasme vivant? ('lail-il doué de vie, ou bien dérivail-il dun protoplasme antérieur (1) ?

D'après Haeckel et Bastian, si les faits sont contraires à la génération spontanée, la philosophie l'impose.

Quoique Haeckel ait donné à ses raisonnements bien des formes, le fond de son argumentation est toujours le même. La vie a dû commencer spontanément sur la terre: autrement il faudrait recourir au surnaturel, à Dieu, cest-à-dire à l'impossible. Or, la nature ayant la même puissance qu'au commencement, elle doit encore produire des êtres vivants par le même procédé. — Il est clair que ce raisonnement porte à faux, car il pose en principe ce qui doit être démontré, ce qui fait l'objet du débat. Il suit l'ordre inverse de celui qu'impose la méthode scientifique. La vraie méthode consiste à juger du passé inaccessible par ce qu'on sait du présent soumis à nos observations : or, Heeckel fait le contraire ; il part d'un passé purement hypothétique pour juger du présent, et pour en juger contrairement aux indications les plus sérieuses de l'expérimentation.

(1) Voici (lu reste commeut Huxley lui-même s'est expliqué, au sujet du Bathybius, au Cougrès de l'Association britaunifjue teuu à Sheffleld, eu 1879 : « Je demanderai la permission de m'expliquer sur une affaire qui m'est personnelle... Notre président a fait allusion à une certaine... chose,

— je ne sais en vérité si je dois l'appeler une chose ou autrement (Rires),

— qu'il a nommée devant vous Bathybius, en indiquant, ce qui est parfaitement exact, que c'était moi qui l'avais fait connaître •; tout au moins c'est bien moi qui l'ai baptisée (Nouveaux rires), et, dans un certain sens, je suis son plus ancien ami. (Eclats de rires.) Quelque temps après que cet intéressant Bathybius eut été lancé dans le monde, nombre de personnes admirables prirent celte petite chose par la main et en firent une grande affaire... Les choses allaient donc leur train, et je pensais que mou jeune ami Bathybius me ferait quelque honneur (Rires); mais j'ai le regret de dire que, avec le temps, il n'a nullement tenu les promesses de son jeune âge. Tout d'abord, comme l'a dit le président, on ne réussissait jamais à le trouver là où l'on devait attendre sa présence, ce qui était fort mal (Rires), et, de plus, quaud on le rencontrait, on entendait dire sur son compte toutes sortes d'histoires. En vérité, je regrette d'être obligé de vous le confesser, quelques personnes d'esprit chagrin ont été jusqu'à prétendre que ce n'était rien autre chose qu'un précipité gélatineux de sulfate de chaux, ayant entraîné dans sa chute de la matière organique (Rires)... »

Bastian nargumontc point d'une laç-on plus solitle. Le système do Darwin, dit-il, est certain ; or, d'après ce système, la sélection nainrelle élève sans cesse les êtres inférieurs ; donc depuis longtemps, les êtres inférieurs nexisteraient plus, si la nature n'en produisait sans cesse par voie de génération spontanée. — Tout est contestable dans ce raisonnement. 11 s'en faut de beaucoup (\ue le darwinisme pris en bloc soit indiscutable: quand même l'idée générai<' de la descendance commune des êtres vivants serait vraie, il ne s'ensuivrait pas que les raisons qui l'étayent soient toutes solides ni que les hypothèses explicatives soient exactes. Pour ce qui regarde la sélection naturelle, Darwin lui-même n'a jamais enseigné qu'elle fait disparaître les êtres inférieurs. Dans la lutte pour la vie, il est certain que les mieux avantagés survivent; mais les mieux avantagés des êtres ne sont ni les plus grands ni les plus compliqués ; il y a de petits êtres, très élémentaires, qui se trouvent protégés et conservés par leur petitesse même et par leur facilité à s'accommoder de n'importe quel milieu.

'2. Argument lire de la naliire de la vie. — Hteckel a bien senti que, pour affirmer la synthèse spontanée et toute mécanique du premier protoplasme, une hypothèse ne suffisait pas, qu'il fallait donner de la vie une conception nouvelle. Cette conception, la voici : « Depuis le mouvement de corps célestes et la chute d'une pierre... jusqu'à la croissance des plantes et à la conscience de l'homme... tout est réductible à la mécanique des atomes (1). » D'après cette formule monistique, il n'y a pas des ordres distincts d'êtres dans la nature ; toutes les différences observées sont de simples modalités accidentelles du mouvement dans la matière. Avec la matière et le mouvement on explique tous les êtres: dans les minéraux, l'être subsiste parla stabilité des éléments: <lans les

(1) Hfeckel, Les preuves du transformisme, Paris, 1882. La même idée se retrouve dans les autres ouvrages d'Haeckel, Histoire de la crfyitioji naturelle, Paris, 1884; Morpholoc/ie générale.

(-'très vivants, linslabilité j)ix)duit le mouvemenl nuliilif. Suivant les forces physiques qui entrent en jeu, la matière passe spontanément d'un état à Taulre.

Dans sa Théorie nouvelle sur la Vie (1), M. Le Dantec essaie de ramener à des phénomènes physiques et chimiques lous les phénomènes vitaux. S'il n'y a qu'une difl'érence modale et peu importante dans le mouvement et la distribulion de la matière, il n'y a pas lieu [de recourir à une puissance étrangère au monde pour franchir une dislance si minime. Que les monères se soient formées une fois, dit-il, et « tous les autres plastides ont pu en dériver par évolution chimique » (p. 194j. Soit, un être vivant une fois créé, tous les êtres vivants pourront en sortir. Mais ce premier être vivant, comment a-t-il apparu ? Ce que Hœckel et bien d'autres ont dit sur les premières combinaisons du carbone dans les mers chaudes primitives n'est qu'un fruit de leur imagination.

Posons nettement la question. La difïérence entre les êtres vivants et les minéraux est-elle si petite qu'on puisse admettre un passage spontané de la matière de l'état minéral à létal vivant ?

Pour résoudre la question, nous marquerons d'abord les caractères communs aux êtres vivants et aux minéraux, puis nous apprécierons les différences.

Caractères communs. — Ce sont les mêmes éléments atomi- (jues qui entrent dans la construction des uns et des autres. Os atomes, nullement inertes en eux-mêmes, mais doués de propriétés caractéristiques, s'allient de toutes les manières et constituent en se combinant des corps dont les propriétés dépendent des éléments assemblés. Cependant, le monde \ivant ne se forme qu'aux dépens d'un petit nombre d'atomes^ et toujours les mêmes : carbone, oxygène, hydrogène, azote,

(1) Paris, 1896. C'est l'ouvrage le plus sérieusemeut étudié que uous possédions aujourd'hui sur la Vie. Même pour nous qui n'admettons pas la thèse de M. Le Dantec, il y a beaucoup à prendre. Le passage des faitsétudiés à la concIusioD dernière ne s'impose pas.

aii\(iu('ls il laul ajoulor ordinaiienuMil le soiilVe cl li' phosphore.

Ces éléiuonls se coinhincnt sous iaclion îles forces phi/sit/ues: aucune opcralioii chimicpic ne se passe sans cire |)rovo(piée par une énci'i'ic phvsi(|iic. sans dépenser nnecerlainc somme déncri'ie |)hvsi(pu\ sans modifier létal actuel ou potentiel de celte énergie, soit sous forme de chaleur, soit sous l'orme d'électricité. Les opérations chimiques ont lieu, dans l'un et Taulre monde, suivant les uu^mucs lois générales.

Il suit de là que. si un observateur n'étudie dans les êtres vivants (juc les phénomènes d'ordre physique et chimique, il ne pouria ([ue ranger les êtres vivants sur la même ligne que les êtres non vivants. C'est ce que [)araissent l'aire trop souvent les physiologistes et les chimistes : les physiologistes se bornent à enregistrer les phénomènes de mouvement, de chaleur, d'électricité, de pesanteur. ..qui rentrent tous assurément dans la catégorie des lois physiques et mécaniques ; les chimistes analysant le protoplasme, qui est toujours mort entre leurs mains, n'y voient cpiune condjinaison complexe et extrêmement variable d'un petit nomitre d'éléments simples.

Mais ces mouvements, ces forces, ces éléments, ces combinaisons ne sont, dans l'être vivant, que le su[)port matériel de la vie, La vie, pour être saisie en elle-même, doit être cherchée au delà, dans les différences. Ces différences existent.

Différences. — Ces dilTérences n'oid [las toutes la même valeur. En signalant celles qu'on allègue d'ordinaire, nous essaierons de discuter leur portée.

{a) Composilion chimifjae. — La conq)osition d'un |)lastide vivant est très conq)le.\e. C'est un assemblage d'eau, de corps albumino'ides et de diverses sul)stances dissous ou en suspension à l'étal solide, l^es corps albumino'ides sont spéciaux aux êtres vivants. Leur synthèse est sans cesse effectuée par les cellules en activité. l^(Mit-elle être effectuée

Fig. i3. — Amibe uDicellulaire,avec une sorte d'organisation intérieure.— 71, noyau; — c, corpuscule; — V. c, vacuole contractile.

arliliciellemenl par les cliimistes ? Les chimistes ont déjà l'ait la synthèse de tant de corps organiques, comme l'alcool, le sucre, l'urée, qu'ils ont l'espoir de fabriquer aussi des albuminoïdes. Mais auraient-ils produit un grumeau albuminoïde, qu'ils nauraient pas encore réalisé le plastide vivant. Ce qu'ils présenteraient serait de même composition élémentaire que le protoplasme mort qu'ils analysent : ce ne serait pas la vie. Le plastide vivant a donc une manière d'être, insaisissable à l'analyse, iliais essentielle, (jue le vivant seul peut donner à la matière,

La difTérence entre le plastide vivant et le protoplasme mort doit nécessairement s'accuser par une variation dans la composition chimique, puisque les résultats chimiques sont difTérents. Quelle variation? C'est ce qu'on ne peut dire, car on n'analyse que de la matière organique mort(;.

Les êtres pluricellulaires présentent une organisation évidente : cette structure extérieure provient de l'agencement bien ordonné des unités cellulaires. Mais chaque cellule ellemême , chaque plastide vivant a sa structure (fig. 23, 24, 25, 26 et 27). On distingue en tout plastide deux parties qui se comportent

Fig. 24. — Amibe émettant ditTéremment en présence des réac-

des pseudopodes par toute i.r , „^i^ « i ■ i /

*^ ' ^ lits colorants, le noiiaii et le proto-

sa surface. — n, noyau; —

V. c, vacuole contractile. p(a>^nie (Le Dantec, p. 29). Il est démontré que les Monères de Ila^ckel, (pii consisteraient en protoplasme libre sans noyau, n'existent pas {Année biologique, 1895, p. 14). La plupart du temps, le protoplasme et le noyau présentent eux-mêmes des parties difîérentes. Et cette structure de la cellule est tellement

{h) Slriicliire.

Fig. 25. — Noctiluqiie. — n, noyau; — /, tentacule; — h, bandes d'hyaloplasme; — m, membrane enveloppante.

ossonlielle à s^n vie (jU(> Ton |>oul hier le |)i'()loplasni(' on le comprim.Tiil (Milrc «Iciix lames de vei'i'e : ses propriétés

changent, sesmouvemenls s'arrèlenl. sa nulrilion cesse (1).

Les minéraux aussi présentent une slructure : la slructun^ moléculaire, invisible à Tœil, la sli'ucture cristalline, provenant <lu dépôt lent des molécules.

Mais la structure minérale est très difterente de la structure organique : dans les minéraux, la l'orme est stable, et elle varie peu pour une même espèce; dans les cellules, la forme est essentiellement instable, et elle peut varier à l'infini dans un même individu (2) (fig. '28). Sans doute, la structure ne donne pas la vie : cependant elle est une condition de la vie.

Donc, comme tout à l'heure, c'est à la l'ois par la forme qui paraît aux yeux et par une qualité non sensible que le plastide vivant se distingue du minéral. Est-il aisé d'admettre que les forces physiques suffisent à faire passer la matière d'un état à un autre, quand les propriétés de chaque état semblent si éloignées ?

(c) Nutrition. — La nutrition est un phénomène très complexe. Etudiée dans l'unité cellulaire, elle comprend l'entrée

fl) Yves Deiage, Structure du protoplasme et les théories sur l'hérédité, p. 749, Paris, 1895.

(2) Vallet, La vie et l'hérédité, ch. ]1, Paris, 1891.

Fig. 26 et 27. — Amibes énietlaut des pseudopodes par un seul point de leur surface.

<le ralimont, la digestion ou dissolution de laliment, enfin l'assiuiilalion : cette dernière opération seule constitue vraiment la nutrition.

D'après Le Dantec (1), on |)eut ramener à des phénomènes de mécanique et de chimie Feutrée des aliments dans la cel Iule, leur dissolution et leur dilTusion dans la masse du protoplasme. Son analyse est extrêmement instructive. Mais Tacte ilassimilation paraît tout à l'ail irréductible à une loi phy-

Fig. 28. — Stades divers d'iiu Myxomicete (Choudrioderma difforme). — A, la spore; — B,I, états successifs; — K, masse protoplasmique résultant de la fusion de plusieurs individus unicellulaires.

sique. Voici comment Le Dantec décrit lui-même Tassimilation (;2) :

« Étudions une bactérie mobile : nous savons que sa substance n'est pas en état (rindiflerence chimique, que des réactions se passent entre elle et le bouillon où elle se trouve. Nous devrions donc nous attendre, d'après ce que nous savons des corps bruts, à voir diminuer la quantité de sa substance, usée par ses réactions constantes. Quand Talcool brûle, il s'use, parce que les parties de lui cpii se sont combinées à

(1) Théorie nouvelle de la vie, Paris, 1896,

(2) Ibid., p. 112 et suiv.

l oxygène oui «loniir «le ICmii cl de 1 acide carljoiiique. Un corps brui a. t\\i\ csl le sic^c <runc réaction chimique quelconi|uc. est use par celle réaction en tant que corps «, les parties de lui (pii ont réayi étant entrées par là-mème dans la constitution de corps chiniiipienieni dinV-renls.

« Eh bien, dans notre bactérie, c'est le contraire qui a lieu : elle g'randit au cours de lobservation. Il serait naturel d<' croire que sa masse s'est additionnée de substances nouvelles, provenant des réactions précédentes et difTérant de celles qui existaient dans la bactérie au commencement de l'observation, de telle manière que cet accroissement de masse sérail accompagné dune perte des propriétés initiales. Une g^outlc de mercure qui s'oxyde augmente de poids, mais la masse qui résulte de cette oxydation n'est plus du mercure : c'est un corps difTérent qui n'en a ni l'aspect ni les propriétés.

« ... Il en est tout autrement pour la bactérie. Au bout (h^ (juelque temps, elle a atteint une certaine dimension au delà de laquelle elle ne peut plus rester entière dans les conditions d'équilibre où elle se trouve: elle se divise en deux bactéries semblables à elle-même...

« Et je dis deux bactéries semhlahles. c est-à-dire jouissani exactement des mêmes propriétés (jue celles d'où elles proviennent. En elTet, chacune d'elles grandira et se divisera à son tour et. au bout d'un certain temps, le bouillon contiendra des milliers et des milliers de bactéries identiques à la première (fig. 29)... Le bouillon en revanche se sera profondément modifié, comme cela a lieu pour toutes les substances brutes, quand elles sont le siè^e d'une réaction chimique.

« \o'i\i\ un phénomène bien spécial. Supposons, pour fixer les idées, (jue la bactérie lui composée, au début de notre observation, de cinij substances essentielles à la production des phénomènes qui nous ont frappés ; nous pouvons affirmer que ces cinq substances existent dans les mille et mille bactéries qui proviennent de la première, et même que chacune de ces cinq substances se trouve dans chacune des mille et mille bactéries en même quantité que dans la bactérie primitive.

pui<({ue loLil <t' reproduira de la même manière avec lune (luelconque d'entre elles comme point de départ, si on renouvelle le bouillon. Il est donc certain que ces cinq substances, au lieu de se détruire, se sont multipliées toutes de la môme l'açon , par suite de réactions ayant lieu entre elles et le milieu. »

Ainsi la matière vivante se distingue de la matière brute, en ce que les réactions chimiques incessantes dont elle est le

Mg. 29. — Principaux ferments. — A, levure de bière ; — B, Saccharomyccs eilip^oideos; — C, f, postoriauus; — D, bourgeonnement de Ta levure de bière ; — E, F, G, H, divi.-ion et bourgeonnement de la levure de bière.

Ilu'àli'c ralimenlentet l:i iiiulli|ilit'nt. Ian(lis(ju(' la nialièrebrule s'use et se détruit par les réactions chimiques qui s'y passent. Evidemment, voilà une profonde différence de propriétés entre \i\ matière brute et la matière vivante. La matière bnite peutelle. <relle-mème. passer à lélaf de matière vivante? On na jamais observé le fait. Peut-on, du moins, le supposer possible? Non. semble-l-il : car. tant que la matière brute sera soumise aux seules forces physiques et aux seules réactions

('hinu»[U('s, ('Ile ne pourra (iiio suser, se (l(''lruir(\ se Iranslbruier, (lomier sans cesse une îi()uv(>lio maliiM'c l)rul(' toujours soumise à la même loi.

((/) Croissance et midliplicalion. — Le plaslide vivant j)ar l'assimilation, se conserve et se développe. Bientôt Tunité cellulaire ne peut plus garder son équilibre ; elle se divise. Comme la i>outte d'eau suspendue, si elle va grossissant, finit par perdre son équilibre et se divise, ainsi la cellule

Fig.30. — Division cellulaire d'une cellule mère de pollen. A, Cellule mère; — B, le filament se divise en fragments ayant la forme de V; — G, les sphères directrices se placent aux deux pôles de la cellule; — D, le protoplasme se dispose en fuseau; — E, les sphères directrices se divisent; F, les fragments nucli^aires se dirigent vers les pôles; — G, les deux cellules filles ont chacune leur enveloppe.

vivante se partage en deux cellules vivantes, tantôt égales, tantôt inégales (fig. 30).

Si, dans cette croissance, on considère l'augmentation de volume dans la cellule, ce phénomène se rapporte à Tassimilalion. Si l'on considère l'acte de la division, ce phénomène peut rentrer, comme le veut Le Dantec, dans l'ordre purement physique. Si l'on considère l'orientation et la configuration (pie prennent les nouvelles cellules dans l'organisme mul-

liccllulairc. ce j)li('ii()mèi)P se rapporte à révolution dont nous parlerons tout à 1 licure.

On peul (lire que toute multiplication cellulaire est un acte (le reproduction : c'est même le seul mode de reproduction chez les êtres tout à fait inférieurs. Mais, dans la plupart des cas, pour les êtres multicellulaires, la reproduction consiste en ce qu'un plastide déterminé, formé dans le corps du parent, se déveloi)pe en passant par toutes les phases que le parent, lui-même a parcourues. La ioi'inalion de cette cellule-mère est un acte de division, où peul-èire n'intervient qu'une force

Fig. 31. — Evolution d'uue algue (Chlamydomouas Braunii).

physi(pu' : mais son développement, selon xin plan prévu d'avance, esl un phénomène proprement vital.

(e) Développemenl de l'individu. — La propriété la i)lus caractéristique de l'être vivant, la plus irréductible aux lois physiques, celle qui révèle le plus clairement la force mystérieuse inhérente à la vie, c'est l'évolution du germe. Cette évolution consiste dans la reproduction fidèle, à travers des phases plus ou moins longues, plus ou moins compliquées, de la forme adulte du parent.

Elle est sensible même dans les êtres unicellulaires. Les êtres sont loin de se ressembler, comme le prouve l'étude des Pro-

lozoaires, des Algues (fig. .".1 el 3-2) et des Champignons. Cependant toute cellule-germe, quel(|ue rudimentaire qu'elle soit au début, rej)roduit la forme de son parent. Elle ne s'égare pas: elle ne se trompe pas; elle va droit à son but. Si des influences de milieu produisent des déviations, ces déviations mêmes sont de telle nature qu'elles portent comme l'empreinte d'un efl'ort vers le plan qu'il fallait atteindre.

Plus les êtres sont compliqués, plus leur évolution paraît

Fig. 32. — Evolution d'une algue siphonée (Sciadium arbviscula). — A, la spore; — B, E, F, développement de l'être; — G, sporulation; — H, spore nouvelle.

merv(?illeuse. Une cellule unique porte en elle la force qui réalisera ici une Fougère, là un Chêne, ailleurs une Etoile de mer ou une Méduse (fig. 33), plus loin un Mammifère. Bien habile serait l'observateur qui découvrirait dans le germ(; le plan de son développement : car l'organisme futur n'est point contenu en miniature dans son germe. C'est une véritable création qui s'opère. A mesure que les cellules se divisent, elles prennent une place prévue, elles revêtent une forme pré- .vue, elles s'agencent pour constituer des organes prévus. Le résultat prévu est toujours la forme du parent d'oii le germe a été détaché (1).

(1) « Ce n'est pas une rencoutre fortuite de phénomènes physico-chimiques qui construit chaque être sur un plan et suivant un dessin fixes et

Au reste, la plus simple division cellulaire se fait avec un art consommé, toujours suivant les mêmes lois, avec une série «le phénomènes se répétant dans un ordre constant. Une intelligence cachée sous Técorce de la matière ne conduirait pas son évolution avec une sûreté plus infaillible.

La matière brute ne nous ofTre rien de semblable, pas même dans la cristallisation. Quand un cristal se forme dans une eau-mère, ce n'est pas un germe qui se développe. Des molé-

Fig. 33. — Développemeut d'une Méduse (Aurelia œcrita). — A, larve ciliée, libre; — B, C, D, E, l'être fixé se développe; — F, déport des méduses; — G, Alédusc, b, bras buccaux; l, tentacules marginaux ; o, ombrelle.

cules se déposent ItMitement dans une eau tranquille, leurs pôles s'orientent librement de manière à réaliser un plan en rapport avec le polyèdre des molécules; mais elles ne font que se superposer mécaniquement, comme les pavés cubiques (pie Fou culasse en pyramides plus ou moins régulières.

prévus d'avance, et suscite l'admirable subordination et l'harmonieux concert des acte- de la vie. » Cl. Bernard, Leçon sur les phénomènes de la vie, p. ciO.

OKIGINES 6

L'évolulion du germe n'a sa raison d'être m dans les éléments chimiques qui le composent, ni dans les forces phyjsiques par lesquelles son milieu influe sur lui. Le germe se met en marche et va à son terme en vçrtu d'une propriété particulière à la matière vivante. Et si le pouvoir d'évoluer appartient fondamentalement à toute matière vivante, il se diversifie à l'infini dans les diverses espèces : il y a en effet autant de plans que d'espèces.

On pourra sans doute, en suivant le germe à travers les phases de son développement, marquer toutes les actions physiques qui entrent en jeu, toutes les réactions chimiques qui s'opèrent : pas nne modification de l'être vivant qui ne relève de la physique et de la chimie. Mais aucun fait n'en relève tout entier : car la raison d'être de chaque fait physiologique, qui a sa place dans le plan général, ne peut être cherchée dans des forces qui sont par elles-mêmes indifférentes. Surtout la suite des faits n'en relève pas : car elle demeure constante sous les influences les plus variables; elle réalise une idée sous l'action de forces aveugles.

Résumons tout ce qui précède. La matière brute et la matière vivante diffèrent profondément. Quoique formées d'éléments semblables et soumises à l'action des mêmes forces extérieures, elles manifestent des propriétés qui les distinguent nettement. L'état chimique très instable, la structure, l'assimilation, le développement des germes suivant un plan déterminé : voilà des traits caractéristiques de la substance vivante. La substance brute peut les acquérir en s'assimilant à une substance vivante préexistante. La substance brute peut-elle les acquérir d'elle-même? La distance paraît trop grande pour être franchie : quelque soin qu'on ait mis à observer la nature, jamais on ne l'a vu franchir.

Dans l'état présent des choses, on peut nous contester le droit de conclure absolument à l'impossibilité de la transition, en faisant appel à l'inconnu : car notre argumentation n'est pas tellement mathématique (ju'elle interdise toute hypothèse. Mais si nous mettons en présence l'hypothèse qui nie la pos-

sibilité de la transition et riiypothèse qui l'affirme, c'est évidemment la première qui a tous les droits pour elle : car elle peut invoquer les faits d'observation et d'expérience, elle peut alléguer la difficulté de franchir un fossé très profond qu'on n'a jamais vu franchir.

Nous irions plus loin peut-être dans nos conclusions, si les philosophes anciens n'avaient pas admis la possibilité du passag'e de la matière brute à la matière vivante, Aristote, et toute l"anli({uité avec lui, croyait au fait de la génération spontanée. Saint Thomas, avec les docteurs du moyen âge, y croyait aussi. Pour expliquer un fait indiscuté, quoique erroné, il fallait bien une théorie. La théorie, au moyen âge, consistait à dire que Dieu avait donné à la matière brute le pouvoir de s'organiser sous l'action de certaines forces terrestres, comme la chaleur et l'humidité, et de certaines influences astrales assez mal déterminées (S. Th. Sum. Théol., 1' pars, q. 71).

Il ne nous sied guère de trancher ce point de possibilité, sur lequel ont hésité de si puissants esprits. Ne parlons que du fait. En fait, l'expérience et la raison s'accordent à nous enseigner qu'il n'y a pas de génération spontanée, que la matière brute ne passe à l'état de matière vivante que sous l'action de la vie préexistante.

I IV. — Origine primitive de la vie

Dans tout ce qui précède, nous n'avons fait que rassembler des éléments pour résoudre la question de l'origine primitive de la vie. JVous allons l'aborder, et montrer : 1" que la vie a commencé sur la terre ; 2" qu'elle n'a point pu commencer par génération spontanée ; 3'^ qu'elle a commencé par un acte divin de création.

1** D'abord il est certain que la vie a commencé sur la terre. — Pour en faire la preuve, nous n'avons pas besoin de recourir à la métaphysique, et de dire qu'une série éternelle de phénomènes vitaux formerait un nombre infini concret que

l-esprit no peut concevoir. La géologie est assez avancée ponr nous apprendre que la vie a commencé, et même à quelle époque elle a commencé.

Il l'ut un temps où l'écorce terrestre tout entière était à l'état de fusion ignée sous l'énorme pression de 300 atmosphères : en effet, le sous-sol de tous les pays du monde est formé de roches identiques, dont la structure atteste l'antique état de fusion à une température plus haute sans doute que les laves brûlantes de nos volcans. — Or, sur cette terre enflammée, dans cette atmosphère qui était une four-, naise, aucune vie n'était possible, aucun germe n'eût pu résister. On ne peut imaginer une adaptation qui eût permis aux organismes primitifs de vivre dans un milieu si chaud : car il y a des bornes à l'adaptation. Au-dessus d(; 600°, l'eau se dissocie en ses éléments, les molécules des corps organisés ne pourraient demeurer unies : comment concevoir un être vivant dont les éléments ne pourraient tenir liés ensemble ?

De plus, si nous admettons que la terre soit sortie, par voie dévolution physique, d'une nébuleuse solaire, suivant la belle hypothèse de Laplace et de Faye, la vie n'était-elle pas incompatible avec ce premier état de dispersion des atomes "?

Certains auteurs ont prétendu que la terre aurait pu être ensemencée de germes par les poussières abandonnées dans l'espace sur la trajectoire des comètes et des étoiles filantes. Admettons, comme cela est probable, que la terre amasse, dans sa course à travers l'espace, des i)oussières cosmiques trop ténues pour frapper nos sens : admettons même, ce qui est très peu probable, que des germes vivants se trouvent parmi ces poussières comme il s'en trouve dans les poussières de notre atmosphère : que faudrait-il conclure de là ? La question ne serait que repoussée. Comment la vie a-t-elle commencé sur les astres qui nous ont enrichis de leurs semences? car ces astres ont subi les mêmes phases que la If'rre elle-même.

Donc, que ce soil sur la terre, ou dans quelque étoile inconnue, il est certain que la vie a commencé. De quelle façon a-t-elle commencé ?

'y La vie n'a point commence par génération spontanée. — L'école matérialiste soutient la thèse opposée avec un acharnement bien facile à comprendre. Nous allons exposer ses arguments, en les emprimtant à Hœckel : nous mettrons en regard les arguments cj[ui prouvent notre proposition. Le lecteur verra sans peine vers quelle conclusion inclinent la science sérieuse et les raisons solides.

Hseckel pose nettement Talternative suivante : « Evolution naturelle ou création surnaturelle, il faut choisir entre ces deux possibilités... Rejette-t-on le monisme, il ne reste plus que riiypothèse irrationnelle dun miracle, d'une création surnaturelle, » Ce qui revient à dire : La vie a commencé par génération spontanée, ou par création divine ; or celle seconde hypothèse répugne, comme irrationnelle et antiscientitique : donc la vie a commencé par génération spontanée. Ha^ckel regarde comme antiscientifique tout système où la nature, atomes et mouvement, ne s'explique pas entièrement par elle-même el par elle seule, soit pour la création primitive, soit pour l'ordre et l'organisation. Un tel postulatum, purement gratuit, suppose résolus tous les problèmes ({ue la philosophie essaie précisément de résoudre.

Le raisonnement ainsi construit, Ha^ckel raconte dé quelle manière s'est passé le fait de la formation spontanée du premier protoplasme. « Les corps vivants ont dû se former chimiquement aux dépens des composés inorganiques : ainsi a du apparaître cette substance si complexe, contenant à la fois du carbone et de l'azote, que nous avons appelée protoplasme, el qui est le siège matériel constant de toutes les activités vitales... Les premières monères naquirent par génération spontanée, au commencement de la période laurentienne ; elles provinrent de composés inorganiques, simples combinaisons de carbone, d'acide carbonique.

d'hydrogène et d'azote (1). » Des faits si vagues et des raisons si peu solides prouvent assez clairement qu'Hseckel admet la génération spontanée, parce que c'est une nécessité philosophique pour éviter Dieu.

Pour nous, les propositions suivantes paraissent inattaquables. Les lois de la nature sont constantes dans le temps comme dans l'espace. Or, de nos jours, c'est une loi certaine que la vie ne se produit pas spontanément. Donc, au commencement, la vie n'a point été produite dans la matière par la seule influence des forces physiques.

La constance des lois naturelles à travers les siècles est le fondement de toute induction scientifique. Si les forces peuvent changer de nature, il est impossible de remonter à la science des faits passés par la connaissance des faits présents. Les lois physiques étant fatales, ce qui se passe aujourd'hui a dû se passer autrefois. Sans doute, suivant la juste remarque de M. de Lapparent, il y a des différences d'intensité dans l'action des forces; mais il n'y a aucune différence de nature. Ce principe est la base indispensable de toute science, et particulièrement de la géologie.

Produire la vie spontanément, ou ne pas la produire, est-ce une simple différence de degré dans l'action d'une force ? Si la matière minérale a pu créer la vie par elle-même autrefois, et qu'elle en soit incapable aujourd'hui, n'a-t-elle pas changé de nature ? On ne peut pas objecter que les conditions physiques ne sont pas réalisées de nos jours : éléments atomiques, humidité, chaleur, électricité, tout est en activité ; si la matière ne produit plus la vie, elle a donc changé de nature.

Ces considérations serrent de si près les partisans de la génération spontanée, que, pour sauver la spontanéité de la première origine, ils avouent franchement que la vie doit encore présentement se produire de la même façon. Mais, nous avons démontré, solidement croyons-nous, qu'aucune

(1) Cité dans Vigoureux, Les Livres saints, t. III, 3« éd., p. 179.

vie ne se produit actuellement par génération spontanée. Voilà pourquoi nous rejetons la spontanéité de la première origine.

3" La vie a commence par un acte divin de création. — Nous avons à peine besoin de l'aire remarquer que telle est la conséquence logique de toute notre étude. Il faut recourir à un pouvoir supérieur à la matière et aux forces physiques, possédant la vie à un degré éminent, qui en ait déterminé l'éclosion par un acte de sa volonté.

Hcockel a grand tort de croire qu'il soit antiscientifique de reconnaître dans la nature l'intervention de Dieu (1). La vraie science n'est point athée par définition. Elle part de faits bien constatés ou de principes évidents, et puis elle marche à la conquête de toutes les conséquences que la logique permet d'en tirer. Or, que nous partions de faits concrets, comme l'origine de la vie, ou de principes assurés, comme celui de causalité, toute notre science aboutit logiquement à un Être souverain, personnel, créateur du monde, qui n'abandonne point son œuvre après l'avoir créée.

La science n'est pas un amas informe d'observations et d'expériences : elle consiste à remonter aux causes. Hseckel le sait bien : aussi il essaie de remonter à la cause suprême. Pour lui, la cause suprême est le mouvement mécanique. Pour nous, non seulement le mouvement mécanique n'expli que pas le monde, n'explique pas la vie, mais il a besoin d'être expliqué à son tour par un premier moteur. Ce premier moteur, qui se suffise à lui-même, qui imprime à tout le mouvement, nous le retrouvons logiquement au terme de toutes les avenues scientifiques.

Observons que nous n'avions point d'aussi grands intérêts que le matérialisme engagés dans la discussion actuelle. En

(1) « Puisqu'il est acquis que le point de départ de tout être vivant est nu germe, il s'ensuit que l'origine de la vie sur le globe terrestre implique l'existence d'une cause première. » (E. Perrière, La vie et l'âme, p. 561, Paris, 1889.)

ellVl. (juand mènio la \ie eùl coninuMUH' sponlaiuMiU'ul. Dieu nous restait encore scientifiquement démontré comme cause jMomièro et suprême. Au contraire, pour renverser la religion monisli(|ue d'IlaH-kel, il sulTil (pi'il se rencontre un hiatus quelconcpu^ ((ue Dieu seul [xmiI Taire franchir.

Les anciens craignaienl de voir Dieu l'ace à face. Même chez les Hébreux, on disait : « J'ai vu Dieu, donc je vais mourir. » De même lesprit moderne, éloigné de Dieu par la laïcisation de toutes les sciences, s'efTraie et se trouble, lorsqu'il en voit l'image apparaître au bout de ses raisonnements. Gomme on doute de son chemin quand on arrive au bord d'un précipice, ainsi les intelligences faussées de notre temps doutent de leur logique quand elle les mène à Dieu.

Nous, au contraire, nous adorons la Majesté qui se révèle à notre science et à notre raison, en même temps qu'à notre foi. Nous prenons courage, quand nous sentons que les légitimes déductions de la science actuelle fortifient les assises de notre antique croyance.

Bibliographie pour la partie scientifique. — Comptes rendus de r Académie des sciences, de lSo9 à 1877; articles Pasleur, Fermentation, Génération spontanée. — Cosmos, t. 42 et 44. Articles Tyndall.

— TvNDALL : Les microbes organisés . — Milne-Edwards : Rapports sur le projrès des sciences, Zoologie. Paris, iSGl ; Leçons sur la Physiologie, t. vni et XIV. — DucLAUX : La chimie organique. — H.î:gkel : Histoire delà création naturelle. Trad. Lelourneau, Paris, 1884; Le règne des Protistes; La morphologie générale ; Les preuves du transformisme. — Le Dantec : Théorie nouvelle de la vie. Paris, 1896. — Yves Delagk : La structure du protoplasme et les théories de Vhérédité. Paris, 1895. —

— Année biologique, 1895.

Pour la partie philosophique. — Cocihn (Denys) : L'évolution et la vie. — Farges : La vie et l'évolution, Matière et forme. — Vallet : La vie et l'hérédité. — Pesch : Philosophia naturalis. — Vigouroux : Les Livres saints et la critique rationaliste. — Lavaud de Lkstrade : Transformisme et Darwinisme (Origine de la vie). — Duilhé de Saint-Projet : Apologie scientifique de la Foi chrétienne, 4^ édit. Paris, 1897.

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