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ORIGINE DE L'HOMME

§ I. — Sens et portée de la question

La série de nos études nous amène à Irailer de l'origine de riionime. Si la ({ueslion est difficile par plusicMirs côlés, son iiuporlance ne permet pas de léluder.

Aux yeux des savants pour qui l'espèce humaine n'c^sl que la première des espèces animales, cette nouvelle étude ferait doul)le emploi avec la précédente : le problème des origines humaines devrait fatalement recevoir la même solution que le |)rol)lèm(Mh's origines animales. Pour nous, ([ui trouvons en I homme une nature privilégiée, nous admettons que ses origines jiourraient aussi être marquées de quelque privilège ; ({uand même le Crt'ateur aiu'ail produit les espèces vivantes |)ar voie d'évolution, il n'eut pas manqué de logique dans ses eeuvres en formant « son image » dans l'homme par une intervention spéciale. Sachant que la question existe, assuré d'ailleurs que nous n'aurons pas à nous répéter, nous allons rechercher comment apparut le premier homme.

Pour aller plus droit au bul, nous éliminons en ce moment la question de l'unité ou de la midliplicité des origines humaines. Au reste, que les races diverses descendent d'une ou de plusieurs souches primitives, le point qui nous occupe reste le même : est-ce l'évolution, est-ce le Créateur, qui a produit ces groupes d'êtres intelligents et libres qui constitiieiii l'espèce humaine ?

('.i.iiiiiit' il -^ ii^il lie i-t''-(Mi(li't' une (jiic- lion ilr l'.iil Ae-^ ilociiiMciil^ aiiIlKMiticjuos seraionl !a meilliMiro source à consullt'r II serait ItMiuM'aire d'affirmor ipie ces flofiimonls font absoluiiuMil • l(Maul. (loinnKMil irèlrc pas frappé tic ces léoendes (pii on! cours chez Ions les peu|»les (pie la \ ie sauNag'c u"a pas Irop »l('i>radés? Elles dillV'reni sansdoule eudes pointsiniporlanls : mais loules s'aecordonl, à placer les origines liuniaines dans les mains de la divinité. NVsl-il p(^inl permis de \()ir dans (•('Ile Iradilion commune le souvenir |)lus ou moins conl'us ipianiail j^anh' Ihumanilé de ses commencemenis ?

Sui\aid noire foi de chrétien, la lîible coidi(Mil dans sa pureh'' riiisloire des origines humaines. Onehpu' cllorl (pic l'on fasse pour alléniuM" la haule portée du premier cha|>itre de la (lenèse, notis y verrons toujours cet enseignement clai renient exprimé tpu' l)ieu, par un acte sp(''cial, cr('a le premier homme.

( '.(' n'est pas uiUMcinre d(^ critiipie hist,ori(pie ou e\ét;"(''li(pie ((uc nous a\ons entre|U-ise, mais seulement une (einre bien plus modeste dr nal uralisle. Aussi, laissant de cùli' la discussion des documents ilOrdre hist()ri(pie. nous cli(M'cheronslo\alemeut \(*rs (pndle solution inclineul les justes iinluclions d'ordre scient iti(pi(\ Nous aurons la joi(î de constater (pie la science, si elle ne (h'vie pas, n'est point Irouhlanle, mais pin l('it rassm-ante, pour la foi.

.\\ant, Darwin, lOrii^ine di\ iiic de resp(''ce humaine n'axait pas ('•l('' scient ili({ueinenl mis(M'ii doide. Les attacjues (lirii;(''es contre la crovance chr(''lieune ('inanaieid d'un matérialisme |)lus sectaire (pie r'aisoiuK-. Sans (lout(^ Lamarck, dans sa /-*///- /osophic zooUxjùjiie, avait a|)])li(pié à riiommc ses principes ('■Noiutionistes, et il avait examiné par (piels pi-txM'dés le chinipaii/.('-. par exemple, aurait pu (M re transfornuMui un organisme de l'orme humaine. Mais la conclusion dont il fait sui\re ^on ('•! iide iiioiil re assez, (pielle ('tait sa peiis('e : <■ Telles sei'aienl le-- iM'Ilexioiis (pi'ctii pourrait faire, dil il. si l'honnue n'étail (li<l iiil; ni- de^ animaux (pie par le-^ (araclère'- de <oii ori^aiii-

^-alion. ol ^i -,011 oi-it!ino n'était pas dit'iV'ient.- «le Iri leur 1 •>

Dès que parut le livre de Darwin sur Y Origine des espèces, loiilo r(''c()lo (les pliilosoplies matérialistes se liAla (rappli<pier à riioniiiie le priiici|»e de la séleelioii nalui-elie. Lilhislre sa\anl aiii^lais diil siii\re la troupe de ses nond)reu\' disciples: JMciihM. cil cirel . il publia son oinrai^e sur la Di-sccnilancc de ihnniiuc.

( Icllc opinion de Torii^ine bestiale de I lionune ne pou\;iil niantpier davoii- un ^rand retentissement, (l'est sous rctie l'orme surtout (pie les idées d'évolution onl |>(''ii(''tr('' jusfpie dans le peuple. Laccueil trop favorable qui lui a ('■b' lai! esl bi(Mi facile à comprendi'c : les amis du plaisir y lidiivaieul ini |»réle\t(' iioiir^anVancliir des lois de la morale: les I héorieicns ennemis de rànic cl Ar hicii y Irouvaienl un secours liV's (tpporlun pour e\|ili(picr le monde sans Dieu cl I lionune sans àliie spiriliielle.

Aujcjurd liiii, r(''\()lution esl une docirine si g'(Miéralenieid re(;ue parmi les iiaturalisles, ipiil es! difficile d"en conlesler lev coiicbi'-ioiis sans passer |>our im ii;noraul cl un arrit'ré. ( '. ("sl lin " bloc ») doid (»n ne perniel poiiil d arracher une seule partie. " Il faut loul }>reiulre ou louL laisser. » disait Darwin : ci ses disciples ne s"ex|)riment pas aidremenl. ( lonuueni accorder. ce|»eiidanl. la même iiiipoitancc à loules les asserlioiis de la théorie? Pourquoi ne pas distinguer ce (pii est susceptible (rév(didion de ce qui ne l'est pas ? N'y a-t-il pas des hypol lusses fondées, des hypothèses purement gratuites, des hypothèses dicb'es par le pii'pioM' ? Ce n'est [)as sans une certaine surprise (pi'on voit des esprits aussi puissants (pu' S|»eucer ne pas poser une dislinction aussi fondauu'ntale (pie celle de l'âme el du corps, et enseignei- (|iie toiil riioinme \ient de l'animal j)arce qu'on i)eut imaginer un Irait (riinioii entre lOrganisme humain et celui des animaux suix-rieurs.

pour i^arder à la vraie science ICslime (pTelle uH'rile, faudra-t-il donc S(Mi<crire à la llièsc iii;il(''riali-~te ? Le pliilo^o-

(ll (^r. lie (Jli;itrefH!.'i'r;, l'hmlfs Dnrniu ri sis /iré'insfi/iw fronriiis,

|)li(' spii'itiialisto ne poiin-a-L-il plus (Mrc le philosophe de la liai lire ? Ouolle sera, dans la question qui nous occupe, la position des partisans de l'origine divine de l'espèce humaine ■?

Ceux (pii r(\ieileiil ahsoluuieidr(''\oliUion pour les espèces végétales ou animales, n'entrent pas même en lutte à propos de l'origine de l'homme : car, si Dieu a dû intervenir directement pour toutes les formes vivantes, à plus forte raison eslil intervenu pour la création du premier homme. Ils n'ont pas besoin des arguments qui vont être exposés dans ce travail : ils les invoquent cependant pour confirmer leur thèse. Peutêtre, à la suite de Quatrefages(l), seraient-ils portés à l'exagération : désireux d'envelopper dans une loi commune la foi"mation de toutes les espèces, ils pourraient conclure que l'origine divine de l'espèce humaine prouve aussi l'origine divine immédiate de toutes les espèces vivantes. Mais, puisque la nature de l'homme est si singulière, si indépendante de la nature animale, pounpioi les origines humaines ne seraientelles pas singvdières aussi, indépendantes de la loi (pii régit les espèces animales 1

Ceux qui admettent (]ue Dieu a probablement créé les espèces vivantes par voie d'évolution, distinguent dans l'homme les deux éléments qui le composent, l'àme (M le corps. Tous les spiiilualistes admettent ({ue l'àme humaine sort directement des mains de Dieu. Quant au corps, cpii devint corps liiiniain par le fait de son union avec l'ame spirituelle, on peid se demander coinuKnit Dieu en fut rauteiu".

Ou bien le corps humain fut directement façonné pai' Dieu aux dépens d'une matière purement minérale : c'est dire que l'c'volution nesl pour (inciuic pari dans la formation d(> l'homme.

On bien le eoi-ps humain fut, dans les desseins de Dieu, longuement préparé par une lente évolution naturelle, et Dieu

(1) Voir Bévue Hrieniifiqnc. 23 août 1890, p. 231.

Miiiail cit'i' riioiiiiiic (Ml iiifusaiil rniiic spiriUicJln dans im oi-g-aiiismeaniiiK': ce serait dire que i'évoliilion aiirail (''l('' pour une certaine pari dans la formalion de riiomnie.

Dans cette dernière livpolhèse, on |)()urrait encore faire une dislinction dont la raison d'èlr*' nous apparaîtra plie- loin. An moment où Dieu résolul de cvri'V lliomme, ou liicii il pi'il l'organisme anime'' tel (pie lavai! pi'(''p;n'('' rc'volnliiui. ou \ùr\\ il Tacheva suivant le plan ({uil avait coucmi. «mi lui diuuiani les caraelères organiipies |)lus spéciaux à l'esprce liuniaiiu", conane le développement céivbral. la slation Ncriicale, el<".

(les diverses hypollièscs ayani rlr rormuN'es parmi les callioliques, nous avons cru hou de les rappoi'ter pour lucllrc plus en lumière le sens de la (pieslion. Aucun auleur n a plu'~ e\l>licilenienl ({ue M. Saint-Georg'es Mi\arl exposé la possi|»ililé d'attribuer à l'évolution rorigine du cor|)s humain il . A ses yeux, Dieu resterait bien Fauteur de ton! l'homnie. du corps aussi bien que de l'âme : mais il les aurail [)roduils Ions deux; par des voies différentes ; le coi'ps, par la loi d'(''\olulion, l'àme, par une création spéciale et immédiate.

De ce (pii précède r(''sulle pour uou> loblig.^liou ilc Irailci' si-parénuMil l'origine de l'ànH' hunuiine et l'origine du corps litnnain. En établissant conire l'évolulionismc niatérialisle (pie l'àme vient de Dieu par Noie de création directe, nous aui-ons |)ar le faii (Mahli (pie riioinuie n Vst pas le IVuil d une (''\olulion a\eugleel l'alale. Mu ('ludianl le< rapport s de I urga nisnuî liunuiin avec rorgaiiisme animal, non- \('ri'ous (pu' la science même nous incline à croire, comme le dit la Dible, (pie Dieu (lui i'a(:onner de ses iuaiii< le corp- du premieihomme.

Il Mivaii, Oiirj.ii of npc-ics, eh. Ml : Tltruloijn iiu'l rcolullun. — II est juste de dire que Saiiit-George.s .Mivartcsl luii dos plus fermes ctiumpioiis de l'origiue divine de Jàme humaine : sur ce point capital, il a pris à parti spécialement M. Romanes, le disciple et le continuateur de Dar-\vin. C'est poui' le réfuter qu'il a écrit le beau livre intitulé : /'/e^ origin of humon reason, London, 1889.

ORlOINE.î 12

PiMsc ilaiis son ensoiuble, ia question est dune importance <|ue nous avons à peine I);^soiu de signaler. La solulion ([u'on lui doiuie eniraîue les plus grandes conséquences philosoplii- (jues, religieuses, morales et sociales.

Au point de vue philosophique, c'est la naluri> de riiomnie qui est en jeu. Si l'homme porte un esprit dans la chaii', il ne vient que de Dieu : si Ihomme n'i^st ([ue le dernier chaînon d'une série produite par l'évolution, il particijx' à la nature des bètes et n"a point tl'àme immortelle. Comme tout être prend sa lin là où il a pris son commencement, la destinée d(^ l'homme n'aura pas plus de grandeur que ses commencements.

Que peut, dans le cas d'une origine bestiale, signifier hi religion ? Elle n'est, dans ses conceptions multiples, qu'un mode de sécrétion particulier au cerveau humain. Etant toute fondée sur les relations nécessaires de la créature avec le Créateiu-, la i-eligion disparaît avec la doctrine d(; la création.

Dès lors, la loi morale n"a plus d'existence. En clïet, la loi morale n'existe plus là où manque un pouvoir suprême ipii ordonne et qui sanctionne : le devoir qui n'a d'autre fondement que le sentiment ou besoin interne qu'a l'homme d'être honnête ne peut avoir ni consistance ni autorité. Du reste, l'homme n'est pas plus responsable de ses actes ([ue les animaux dont il est le type supérieur. Dégagé d(^ la responsabilité morale, débarrassé de la crainte d'un au-delà, pounjuoi mettrait-il un frein à ses passions ?

Pour voir quelles conséquences sociales découlent de ces théories pernicieuses, il n'est pas même besoin de raisonner : il suffit de considérer les faits. N'est-il pas évident que, sous l'influence de ces idées nouvelles, la morale publique a baissé, la criminalité s'est développée, l'égoïsme brutal a grandi, etc.. .?

Si l'on veut ({uc l'homme garde dans sa vie la dignité et la vertu auxquelles, malgré tout, la conscience humaine reste invinciblement attachée, il faut lui enseigner sur sa natui-e d autres idées que celles de lévolutionisme matérialiste.

v^ II. — Origine di: lame humaine

Dire doù vient lànie humaine, c'est résoudre le proJ3lèiiie de l'origine de l'homme. En effet, c'est l'âme qui caractérise l'homme : non seulement elle détermine la nature de ses facultés et de ses opérations, mais encore elle communique à l'organisme même les propriétés qui le distinguent. Les éléments matériels, pris en eux-mêmes, seraient indifl'érents à telle ou telle organisation : ils deviennent corps humain par le principe qui les saisit. Les organes eux-mêmes sont indifférents à exécuter des actes d'une vie purement animale ou les actes plus élevés de la vie humaine : l'énergie physiologique qu'ils dépensent prend l'orientation que lui imprime le principe intérieur de l'être. La nature de l'homme étant définie par la nature même de l'àme,!! s'en^nil ipn' r(MiL;iii<' <le l'àme man[ae l'origine même de l'homme.

Quand parut le premier homme, d'où venait donc son àme? Pour nous, c'est une thèse certaine qu'elle fut créée par Dieu, qu'elle ne pouvait être le fi'uit de l'évolution.

La haute portée de cette affirmation repose sur la solidité du raisonnement qui suit. Si l'àme humaine, si la source de la vie en l'homme est d'une nature à part, si elle est plus <[u"un degré supérieur de l'àme animale, elle ne peut avoir été produite par l'évolution. Or, l'àme humaine est tellement transcendante par sa nature, qu'elle ne peut être considérée comme étant de même ordre que l'àme des bêtes. Il est claii- ({ue la solution proposée devra être tenue pour vraie si ces deux propositions sont démontrées.

La première nous arrêtera d'autant moins qu'elle n'est point contestée par les transformistes. Ils sont bien d'avis que l'évolution développe seulement ce qui est, perfectionne ce qui est acquis, ajoute un nouveau degré dans le même ordre de choses : l'évolution modifie une nature existante, elle ne peut

-^ ISO

•rt'-cr uiir ikiIiiic iioincllc. (le |)riii(M|)(' csl rondaiiHMihil (l;ms I école : ccsl pouf le sniivc'^ardcr <|U(' les évoliilioiiisles oui élé log-Hiuoineiil r{tii(liiils ;ni iiKtiiisnic iinivorscl. On a commiMici' par su|t|iriiiiiM' la (linV'icncc de iia I ii rr en Ire riioiuiiio el les l)(Me> : I altîiiie une l'ois comblé par une liypollièse, It'voliilion pou\ail aller librement (l'un lerm(> à l'aulre. On a suppriuK' cH'-uile la dislinclion ri'elle des èlres animés cl des èlres inanimés: c da 'ail. révolnlion a [)U admelire connue une nécessilé l)iol()i4i(|ue, en dé[)il de tous les lails coniraires, la llièse de l;i g'énéralion spontanée. Le |>lus sur moven djuK'an- I ir les <lilV('M'enc(^s de ualure était bien diulnudlre la coneepi ion mécanicisle de lunixcrs : loni se n'-dnirail. « depuis la cliule dune pierre jusquà la eonscieiu'c <le lliounne « (lia-ckeb, à de simples modes de mou\emenl nu'-caniipu' dans les atomes inerles.

Il nous semble donc hors dt' doute que, dans noti'c raisonnement, la première proposition est également i-e<;ue par les deux partis. Aussi est-ce sui' la seconde (pu- doit porter tout le tlébat. Romanes, avec toute l'école transformiste, le rec<»nnaîl bien. (Vest ])oartpn)i le |)roI)lème ])osé se ramène à la cpiestion de la nature de I ;une humaine. L annule riiomne, disent les Iransl'orniisles mat('M"ialisles, (pielle (pTelle soit d'ailleurs, princi|)e inmiatériel d'aclix itt' ou r(''sultanle des forces de la mal ière, nCst (|n"nne à me animale |n'rfecl ionniM-, connue I ànic de I homme adidte est rànu' de reniant cultivée, comme l'âme du ciN ilisi- ne dilTère (pi'en de^i'c' de celle dn sauvage aclu(d ou prinnl if.

Pour nous, au contraire, il c.ris/e une rnnc (li/lri-ciicc iL' iialiifc cn/rc l'h'ininu- cl Idnimul I). Nous <'\poser(Mis lesargu- UKTils po^il il'< ipii ap|)uienl celte llièse. a\aul d evaminer les iibjecj ion- ijii on lui oppose.

;l) « IjOrsqiic l.iiiiiù paili' nuii |)lu.-; .seuii>moiiL ilc riiniiinic /ilif/sii/i/c, [)\n\< «If. l'homme luul uiilier. il le met tu upiio,-;i(iuii avei' In'ii.-. lis uuiuiaux, l't l'i'Iîi en termes (els que lu Dotion d un rpf/w lunnini on ve-snri iiiviii< iliji - IinMit. ■. De 'jMatrpl'tigp.s. l.fsprre hninaine, 12- ùdit., p. 17.

('.(•Ile lli(''-~(' Il :i \rA< Ion )niil"< (''ir' <n;il en ne :\\cr une (''ùmI!' ^oliilih''. Aili-i (le ()ii;ill <'r;ii;('< .•hIiiicI l.iil iicl I ciiiciil l;i diliiiclioii i'('t||(' i|r I liDiiiiiic i-l lie I .'iiiiiii.il : mais il iiVn ddiiiiail )i()iii- ^-iiiiics (|ii(' la /■('//y//o.s'//'' cl la niord/ile <U)n\ riioiniuc csl (|(iii('' I ; . Or. CCS <lcii\ ([iialili's. (nicl(|uc Iiaulcs (|n elles soicnl . ne iKiiis [larai-sciii |tas des liarrièrcs réelles : en cil'el. ce ne sont pas de vrai<'S faciillés liiiinaines, mais scidciiicnl des modes suivaiil les(]\iels s"e\j)rimeid les i'aciillés de roiiiiail re el de \()iil()ir: si. donc, la racnlh' de connaîii'ccl de vonloir n l'sl |)as (rniic autre iialiire (diez lliomnic (|uc (die/ 1 animal, nous poniTons ariirnier (|ue rinlclli^fncc i]t^< hèles |(i'odiiira |)enl-(Mrc aussi nu jt>iir la i-(diuion el la morale : il ne lui inaiii|iic i|n"uii dci^ii' de d(''\ ('lop|icnicnl . — M. de \ad:; iMac ("-1 I rt"- ('loi^iK' d idciil ilicr riiomnie el la bêle i? . I.a ronfuifiuc cl \*' ju-of/rcs son! a^^iii(''iiii'nl d(^s aPi^iimcnls <(''i-ieii\ en raveiir de la dinV'reiicc. Mai-, en rcjciani la diHV'rciicc de iial lire cnl rc I iiilclliuciicc dc'^ 1m''Ics cl 1 iiilclliijcncc h ii ma i lie. M. de \adaillac ne sape I il point lui nuMiic par la l»a-c r<'Mlilice (pi'il ('•lc\c".' (lar. laissez ranimai i^randir un peu en iiit(dliii<'iicc. cl (•'■Ile inlcllii^cncc cn'-e la la ce m -ci en ce cl a m/' liera le progrès. — l'onr le même molif. non- rci^ardon^ <'oniinc in-uni-anlc la dinV'rencc hasi'-c -nr le- njicrdlioDs sujn'i-iciircf; de Icsjiid. comme on la Iromc dan- la plupart des spirit nali-lc- modernes. I']ii elTct. si les op(''rations sup(''ricurcs seules sont distincte--, la raciilt('' e-l donc la inèiiic"' -i la racnlli' e-i la même, poiir(pioi rel'n-cr (radiiictlrc t[iic 1 lioinme ne soit par \('nn tpic par le l'ait dune liciircnse (''volntion à exercer leacles sujK'rieiirs de c<'lle racnltc'?

liieii aulremenl ferme est le Icriain -nr Icipud se tieiineiil les disciples d'Ari-lotc cl de l'Mcidc. Aii--i Mi\arl. preiianl à tàidii' de délViidre cont re lioiiiaiie< la ditlV-rciicc -p(''citi(|iie de rame humaine cl | ar coii-i'ipicnt -on oiiiiiin' di\ inc. a-l-i 1 cou raii'cii-eniciit adopl('' la di-l iiK'l ion de deux ordre-- de comiais-

(1) llo (Jii.it rt-r.igfs, L'rsjirce fnniioiiif, i-h. i.

[•2}\)p\Ai\y\\\:\(\ l.f C„rrf".],(,„(l<i>,f. i:, jniivirr lR'.t2; l/ihl/i'^riirei-l h, liiir/, :t-- .irlid.-.

siiMco, Mai rDiidonu'iil do la philosophie Iradiliomicllc 1). Kn voici brièvement le précis.

La nature d'un être se manifeste par les facultés qui en découlent. Los facultés se révèlent par les opérations cpi'elles produisent. Enfin, les opérations sontde laniènie nalure ipie les objets qu'elles embrassent. De celle sorte, il est très logique de remonter de la nature d'un objet connu et voulu à la nature de lètre qui le connaît et qui le veut. Par conséquent, un être (pii saisit des objets dégagés de toute matière, comme les principes, les idées, les abstractions, le beau, le bien, le vrai, le juste et l'injuste, etc., est un être immatériel par nature, un espiil <'aj)able d'exister par lui-même comme il est capable d'agir par lui-même.

Or, l'homme, dans toutes les races humaines et à tous les âges de rhumanil(''. a prouvé qu'il exerce des opérations spirituelles : il est partout doiu' du pouvoir d'abstraire et de généraliser : il est un être intelligent, au sens strict du mot. Au contraire, l'animal, qui partage avec Ihomme les facultés sensibles, qui connaît et poursuit les choses sensibles, n'a aucun pouvoir sur les choses supra-sensibles, ne peut saisir les objets immatériels et abstraits.

Voilà donc notre problème réduit à lexamen de deiix faits : l'homme est doué d'intelligence en même temps que defacultés sensibles : l'animal n'a que des facultés sensibles, il est privé d'intelligence. (Vest le point culminant de la philosophie : c'est, là qu'aboutissent en fait toutes les discussions dans le temps présent: les solutions opposées mènent dans de^ \()ies absolument irréductibles,

Nous avons conscience «pu' la (jiiestion deiiiaiide des développements (pii (h'passent les l)onies d'un ariiele : car, pour mettre la solution spiritualiste en pleine lumière, il faudrait discuter un grand nombre de faits concrets qui paraissent en contradiction avec elle. Du moins nous tracerons la route à suivre à travers ce dédale (!<■ difficultés.

I) .Mivarl. The Origin of human reason. Introducldry, Lundon, 188'.i.

Le proinier fait à établir, i-'est la i<''alil('' de la piiissancf intt'lleclucllo de rhoiniiie.

\' Lu conscience i'>[ le luaîii'e Itieii iiiforiné (|ui nous renseigne sin- nos opérations, et par conséquent sur notre nalui-e. En surveillant nos actes intérieurs, nous voyons qu'ils sont de deux sortes. — Les uns relèveul de la sensibilité : ils ont pour objet la matière et ses (pudités sensibles : ils embrassent le particuliei-, la dimension, la couleur : les sens sont les organes dans les(piel- il- sopèrent. Nos yeux voient, nos oreilles enl»Midenl : le>^ images qui sont vivenieni présentes à nos sens internes sont dune certaine l'acon dessinc'es dans notre cerveau. — Les autres relèvent de Tacultés toutes spirituelles : ils (tnl pour olijet lininialériel. labslrail. le général, tout ce qui esl indépendant de la dimension, de la couleur, etc.. De l(ds actes ne sont point le produit d organes corporels, (pu)ique, dans l'état présent, ils ne puissent être réalisés sans une cei'taine participation du corps. Ils sont élaborés par des facultés spirituelles : mais ces facultés n'agissent que sur les images jjn'-sentées par les organes de la sensibilité.

Olle (li-linclion d'un double pouvoir dans riiomme est assiu-ément le résultat dune puissante analyse philosophique: mais, ce qu'il ne serait pas aisé à tout homme de découvrir l)ar ses seules forces, il c-l possible à chacun de le constater, de le \(''i'itier sur soi-même [tar la r(''llexion. Ainsi la conscience ri'vèle deux deg'rés d'être en nous : l'un qui nous est commun avec les animaux, l'autre que nous possédons en propre et (pii nous caractérise. En même temps, le seiilimeid de notre unité s'impose à nous avec tant de force que nous reconnaissons le même principe comme auteur de toutes nos opéra- I ions. Tel est l'acte réfléchi par lequel l'âme prend conscience d"(dle-même, de sa spiritualité et de son unité.

-Mais une cause interne si haute, si singulière quest l'âme humaine, ne peut manquer de s'exprimer au dehors par des effets également élevés et caractérisficpies. Ces produits de lame spirituelle, identiques dans toutes les races et à tous les Ages de Ihumanilé. permettent à Ihomme de constater

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