‹ Les originesChapitre 19 sur 37 · IS'.I · texte numérisé non relu

IS'.I

csl aiil ri' chose (Iuiiih' simple colleclion de seiis;il ions Irjiiisl'oniK'es.

Pour eu \(Miir aux l'ails, nous jxmisoiis (|iie i'aiillieulieih' (1 1111 liraiid nonihre des [iliis siiig-uliei's doil être mise en doiile. On a re<-neilli lonles les anecdotes ra\orables aux animaux; mais les sources ('■laienl-ellos absolunienl sincères ? si elles ('laieiil sincères, élaienl -elles snnisammeni inrormées pai' une ohsei'valion alleiili\(' "' si r()l>servalion a été sérieuse, ([ue de fois lacle de Taninial n'a-t-il pas (Hé perfeclionné |)ar Tinlellii^-ence de I oi)ser\al<Mir? Par imdinalion anlliropomoipliisle, nous altribuons à l'aninialuos l'aisonnenieuts, uos seiilimenls : comme nous passons j)ar les mêmes états sensi[)les cpu' nous \o\oiis en eux, nous supposons qu'ils passeni par les luèmes (•lais inlellecliiels (pii. en nous, se su|)erposent à la sensibilib'-. ('.elt(î allributiou est |»ureinent gratuite, nous dii-ons nu'uie l'aiilive : car, non seulement les animaux ne nous prouvent j)as I pi ils ont les mêmes (Mais int(dlecl mds (pie nous, mais ils nous prou\(Mil plut(M le c(jnlraii"e.

En efl'et, tous lesacles l>ieii autlienti({ues s(jiit réductiblesà la sensibililé, c'est-à-dire ne demandent pas un(^ faculté indépendanle d'un ori^ane mab'riel. Xe disculoiis pas les faits (rimai^'inatioii. de rêve, de nK'inoire. de percc^ption, (ramoiiion de haine. puis(pie nous reconnaissons rexistence de ces raciill(''s. La diflicul[('' pori" sm- h>s l'ails (pii sembleiil èlre de I in liiclion. de la nioralih'. de la relii^ion. elc.

harw in cile un sinj^'e (|iii, ayaiil aj)|»ris à soiilexerle con\ercle (I un col'l're a\ec un b;\ton, S(; sei'\ai[ dès loi-s de ce dernier comiiii' d'un le\ier cliaipie rois(pril Nonlail (h'placer un objel de ipielipie pe-anleur. Pour a^ir ainsi, le siiiL;'(' a\ail-il r(''(dleiiieiil (tlixlrail (In premier ohjel /'i</cc (/éiu'/yi/c de r(''sislance à I elToil cl de la puissance du le\ ici' ? N Csl-il pas pins simple dadmelire (pie clnupie r(''sistance (''Ncillail dans le sini^c 1 iniaiic (In coinerclc du colVre, (pie, par concomilance, l'ima^'e d 11 bàloii •-c re\ cillail an^si. ijnc la sn crpo^-il khi dc^ ima;4'es ,iiH jcnnc- .1 l'iiiKiuc pict.rii|c priului'-^iil 1 ima^c i'e:^iill,iiil r du hu (han pic ciil Miilix I- [Ml- h li.itoii .'

Lo!'si(ii(' haiwin siip[H)sc ((ll(^ le paon l'aisanl la roue a le sentiment du beau, ne tombe-t-il pas dans une inlerpi'élation li'ès c,i'alviite? car la roue du paon n'est-elle pas le résultai i'alal de conlraclions musculaires causées par Félal |>assionnel, |)lulôt (pie leiret dun acte délibéré ayant pour but de causer l'admiration?

Oue les animauxs asertissent du dan^ur, qu'ils se délcudent mutuellement, qu'ils partagent loyalement leurs proies en portions égales, cela peut être: mais s'ensuit-il qu'ils soient mus par un sentiment moral, par un sentiment du devoir? quand l'homme agit de la sorte, est-ce toujours par amour du devoir? n'est-ce pas souvent par un simple efïet de sensibilité, d'attachement sensible, par ci'ainte des conséquences sensibles ?

Il faut une forte dose d'esprit systématique pour Irouver des traces de religiosité dans le cheval qui, dans l'obscurité, se cabre plutôt que d'avancer, dans le chien qui se roule sur le sol lorsqu'il entend le bruit du tonnerre. L'homme et l'animal sont également soumis à la peur: la peur peut prendre chez l'un cl chez l'autre les mômes apparences. Mais la religion est tout autre chose que la peur: elle naît de croyances qui relèvent de l'intelligence ; elle peut être et elle est sans les signes de la peur ; elle peut, cependant, provoquer et elle provoque des craintes salutaires.

En général, la plupart des actions animales se ramènent aisément à la sensibilité : aucunes n'appartient évidemment à rinlelligence proprement dite; pour juger des cas les plus dirfi(ùles, il faut se baser sur ce (j[U(! l'on connaît clairement.

Car, si les animauxétaient intelligents et avaient une raison rudimenlaire, comme on le prétend, ils produiraient des actes <{ui en feraient foi. Ce que nous ne pouvons pas lire dans leurs consciences, nous pourrions du moins en trouver la manifestation au dehors. — Ils auraient des formules de langage, ])ar lesquelles nous entrerions avec eux en commerce d idées: or, ils n'ont que des expressions sensibles de leurs divers états

passionnels (Ij. M. Gurner a surpris dans les siny^es les modulations de la voix exprimant les passions, la laim, la [ivur. l'amour sensuel : s'esl-il mis en relation d'idées avec eux? — Ils auraient un certain sentiment de responsabilité, ils présenteraient des signes de liberté en préférant des biens suprasensibles au plaisir des sens : ne sait-on pas que l'anirnal n'hésite jamais qu'entre deux plaisirs, ou bien entre un plaisir et une peine du sens? — Ils profiteraient des travaux de leurs devanciers, ils progresseraint surtout à l'école de l'homme : ne sait-on pas que l'éducation d'un animal est toute sensible, ([u'ellc consiste entièrement dans les relations établies entre des signes matériels, ({u'un animal n instruit point ses semblables, etc.?

Nous pourrions étendre ces considérations : elles conduis(mt toutes à cette conclusion que l'animal ne présente pas les elïets que produirait fatalement l'intelligence spirituelle, s'ils la possédaient même à l'état rudimentaire.

Mais, au reste, les animaux montrent clairement qu'ils sont inintellig-ents, quils ne savent pas raisonner ("2). Je comprends que la race simienne soit trop arriérée pour inventer les alluiiielles chimiques, pour Taire les combinaisons savantes qui mettent la tlamme en puissance au bout d'un léger morceau de bois. Mais, du moins, quand le singe a vu faire le feu dans la maison de son maître, qu'il a sous la main tous les éléments pour répéter une leçon reçue tant de fois, la prépai'ation d'un

(1) M. Duillié de Saiut-Projet, Apologie, p. 397, caractérise fort bien le lauf^age des animaux par les traits qui le distinguent du langage humain. — 1" C'est uu langage purement émotionnel, et non rationnel. — 2» L'animal ne manifeste pas librement ses impressions {non intendit manifestationeni).

— :i" La bête est physiologiquement et absolument incapable de mentir.

— 4" Le langage de l'animal ne se perfectionne pas.

Voir l'étude fort attachante de M. Pabbé Piat, La personne hiunaine, liv. II, ch. IV.

(2) Dans le Cosmos du 21 mars 1891, on a recueilli un certain nombre lie faits montrant que les animaux les plus rusés, comme le singe, l'éléphant, le chien, l'abeille, la fourmi, manquent de cette rétlexion qui caractérise l'intelligence. L'auteur traite excellemment dans son article le sujet que nous étudions ici.

(l(''ii'Uiiri'. |t,ii' cxciuplc, |tmin|U()i csl-il iiicjipahic d Une sc'-i'ic (1 ;icl<'s (|iu' rink'Uii'iMii'c doil ciicliaîiicr ? Son iiislincl dimitation lui fera oxéculcr dos actes liés enlre eux par la sensi- I)ilité, \v leiuli'a docile et habile jusqirà porter à son maître les ])lnts (pi'a préparés la cuisinière intelligente : mais, en dehors d un dressage opéré dans la sensihilih", il devieni inea|>al)le devani les actes ([ui deinaudent le raisonnemeni personnel.

Souveid on a été frappé dun cerlain encliaînenient dans les aeles successifs des animaux : on a (Mé Irop promplemenl porl('' à v voir les fniils d'une pr(''\<)yance raisonnc'c. ( '.omnie le dil bien M. I\>uill(''e , I ), la s(''ric de (;es actes provo- (pu's par lappcHit naissant du besoin présente renchaînemcnl même des besoins organicpics. ('liaipu' nou\('l app<''lil esl en relal ion nécessaire avec Tinipiession (jui précède: la clia[n<' des actes successifs esl ordonnée à la conservation de l'individu : celle liaison que notre esprit découvi-e après coup n'avail pas été nécessairement prc'vuepar l'animal.

Des considérations préci'dentes, il résulte logi(|iU'men[ . crovons-nous, que ce n'est j)oinl «h'pn'cier l'animal cpie de le continer dans le cei'cle de la sensibilité, el (pie la barrière (pii le sépare de l'honuiu' n est point enlanu-e d(^ son e(Mé. Mais la Ijarrièrc est-elle aussi intacte du e(")t('-de j'iiomme? Thonnne est-il \rainieni aussi grand (pie nous l'ax oii-> dit ? nCst-il point surfait 1

\!" L' inl('l/i;/('n((' (les sdiii'dtjcs. ()ii ne saurait nier r('-tat

mis(''rable des peuplades sauvages. I >elégU('-es dans (piehpie coin de terre inhospitalier, elles \ i\ eid ci'rantes à travers les forêts ou sur le bord des eaux, cliercliani dans la pèche ou la (diasse de (pioi assou\ir leui- faim. Leur langage (>st trc's pauvre, leur organisation sociale très rudimentair(\ La \ ie inlellecluellc lient lu'ii de place dans leur exislence : on dirait (pie toutes les énergies se (h-ploient pour \aiii( le daii^ la lutte contre la m<U't.

,1) Foiiiltt-Je, Revue des Deux Moules, Origine de l'instinct, uctobre 16S6.

Les théoriciens que nous combattons regardent le sauvage comme unarriért>, romme unrefarflatairedolaiamillehumaine; il est à mi-chemin entre le singe et Thomme civilisé. Ce qui es! à peine esquissé che/. lanimal a (h'-jà subi chez le sauvage une certaine évolution : il se présente donc à nous comme un témoin vivant d'une phase qu'a traversée l'humanité en progrès. De même que le sauvage devient un civilisé sans changer de nature, ainsi les singes anthropoïdes sont devenus des hommes sauvages par simple développement des mêmes facultés. Ainsi se trouve comblé l'abîme que l'on croyait avoir creusé entre l'homme et les bêtes.

Il y a là une difficulté très spécieuse, et nous connaissons nombre d'esprits droits qu'elle embarrasse. Devant traiter au long, dans la suite de ces études, la question de l'homme primitif et del'hommesauvage, nous indiquerons seulement ici les principes de solution. Pour nous, lespuvage necomble point le fossé, comme on le prétend : quel que soit le degré dabrutissenu'ut oîi il est descendu, il porte des signes évidents qui le rangent dans la famille humnine el l'iMoignent de la nature animale.

Allez chez lui, suivez-le à la chasse, entrez dans la hutte où il sabrife, liez des relations avec lui, et vous découvrirez |>romptement en lui l'intelligence capable de généraliser et d'abstraire dont s'honore tant l'Européen. — Son langage n'est pas fait de simples cris exprimant des sensations et des passions: il se compose de formules générales, aussi pen nombreuses que vous voudrez (1), mais assez nombreuses pour <pie vous puissiez échanger avec lui des idées. — A])prenez-

(1) Ccpeadaut la langue des sauvage?; est plus compliquée qu'où ne le dit d'ordinaire. De Qiiatrefages prenait pour e.Kemple les Tasmaniens, que Topinard juge « inférieurs aux Australiens », et que les voyageurs, dit Lubbock, considèrent à peiue comme des êtres doués de raison. Or les Tasmaniens avaient uue vraie richesse de langage. « Constatons d'abord que tous les témoignages attestent la multiplicité des langues parlées par ces insulaires... On ne connaît pas moins de huit à di.v langues ou dialectes pour environ 200 individus pris dans les diverses parties de l'île... Les prisonuiers, forcé? de vivre en commun, s'instruisirent l'un l'autre, et il se

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lui voliH' laiii^no : on j^cii de temps, il subira voire innnoiico éducalricc: il vi)\is suivra jus(iu»> dans les iN'^ious de l:i uu'laphvsiqnc; vous on l'oro/ poul-ôlro un savant, lui iudus- Iriol. un coinniorçant. — Voyez comme il est rusé, eoninio il tend des i)ièt>-es : il prend tous les animaux, an<'un animal ne le saisit et ne le réduit en esclavage. — Il l'ait le l'eu, il se couvre d'habits, il se l'abricpio des instruments de chasse: s'il en aie loisir, ses flèchesdépassent but ile, et elles atleignent l'art. — C/osl bien le cas de dire <pi'on retrouve à Fétal rudimentaire el imparfait lor.l ce que possède riiomme civilisé, jus([u'à la religion età la moralité. Entre le sauvage et l'hommo ci^^lisé, il y a communauté de nature: le développement s(nil (lifTère. Mais tous deux s'éloignent par les mêmes traits de la béte qui ne possède (jue la sensibilit('.

Cherchez maint(Miant dans l'histoii-e des races sauvages. Oue vous preniez le sauvage contemporain ou (|ue vous étudiiez les traces du sauvage antique (|ui habitait la (laule durant l'âge de pierre, vous aboutirez également à cette conclusion (jui nous paraît d'une importance capitale: le saiivaae n'est j)(ts lin (trricrc de /(t /ainille hiinniine, mdis un dégénéré. En elfet nous espérons montrer plus loin que l'Australien actuel, ([ue le pauvre Fuégien de la Terre de Feu, que les infortunés Morioris sont présentement dans un état inférieur h celui par lequel ils ont i)assé, (pi'ils j)ortent dans leur langue etdans leurs mœurs les vestiges d'une ci\ilisation plus élevée. De même, les hommes de Chelles, de Saint- Acheul, du Moustier. de la Madeleine, de (".ro-Magnon et de Menton..., ont laissé sur le sol français les traces d'une civilisation (pii. pour être rudimeulaire à certains ('gards, n'en était pas moins hunuiiue pai' riidelligenee (|ui la produisait.

Va\ r(''^um(''. de quelque façon (pi'onle considère, le sauvage

lurma une sorte lie Uingiir /'r'dii/in' du commune... Le Rév. Nixou, évèqiie de Tasmanie, avait rt'cucilli huit enr.iiits parlant tiuit langues fort ditlV;rentes par les mots... » De Qnalrefiiirt'?, llunnues fussi/es et liommea sauvages, p. 330.

osl un hoiiiiiic ;il)iiil i cl tléi^radi'-. mais c r<i un liuiniuc (laii> la fonc <lii ttM'me. 1)»' inème le chien, le mieux dressé, le singe le plus instruit, le chai le plus rus(''. ele... sonl des animaux en quelque sorte civilisés; mais ils resleni de pnrs animanx. Ainsi demeure intacte de pari et d'aulrc la barrière que nous avons vue nalurellenicnl ('-IcNée cnti'e l'homme et la béte.

3" Les faciilli'S (le lenfanl {Y). — Suivant h^urs principes, les évolutionisles prt'tendent que lenlant en voie de développement répète la phase de transition que traversa lentement l'humanité pour se déprendre de l'animalité. Gomme l'animal, l'enfant n'est d'abord capable que de sensations : à mesure qu'il grandit, il conquiert les facultés qui caractérisent l'homme. Simple animal tout d'alKH-d. il devient homme peu à peu.

Le (lé\rl(>ppemenl progressif de l'enlanl esl un l'ail trop évident pour que nous y insistions. Mais l'inlerprétalion (luen donnent les évolulionistes esl absolument fantaisiste et intéressée. Celle que nous donnerons, conformément à notre théorie sur la connaissance, esl tout à fait logique et irréprochable.

Pour rcproduiri' une pens('-e. 1 liomnn' a besdui d'images, d'images multiples, d images fixées et facilement reconnues, (limages combinées : non pas (jue la pensée consiste dans celte condunaison d'images, mais parce (jue l't^spril n'c'dabore une pens('e qu'en ulilisant de nonibicnses images à titre de documents. Or, avant que l'intelligence humaine puisse élaboi-er et manifester avec une certaine précision des pensées, il faut (pie les sens aient fait leur éducation, (pie le cerveau se soit (l(''\('loi)p('' dans une mesure convenable, que ses éh-nients se soient atï"ermis et bien dilTérenciés : tout cela exige du temps. 'l"ant(M, si l'enfant reste sans culture el n'est point ])i-ovo(pié à penser, ce temps sf-lendra à cinq on six ans; tanbjt, si

(1) Co sujet il iHé fort 1/ieo traité par .M. Sdiul-Gf'or^a-ri Mivait dan? s(^s

divers ouvratres : Origin of liuman reason, cli. v. Ilerfson and l/ir infant.

L'Homme (trad. Segond), ch. viii, parag. 12.

rôducalion ost pins nciivo ou lo loniix'raiiionl plus favotaltlc, la luour des proniiôrcs pcnsiSos apparailra de meilleure luMU'e. Cerlains cnl'anls précoces l'onl [)reu\(' de (picKpie iulelligenee dès l'âge de deux ans, ou même plus lui.

Aussi nous ne dirons pas que ]"inlelligence se lait ou se développe dans renfant, mais (pi'elle s'exerce el, acquiert des idées à mesure ipie l'iMifaul grandi!. L'enranI uaîl avec une ame inlelligenle : celle inlelligcMice agil, dès cpie les coudilions le iiermelleul.

l)ira-t-on (pie rintelligence existe de la iiuMiie façon chez, les singes, el qu'il ne leur manque aussi que l'exercice (1) ? Essayons donc, dans ce cas, non de hâler, mais de réaliser seulement, par une éducation soignée, le passage à l'état d'exercice. Oui ne sait que les eiïoris seraient vains ? Oui ne voit, par conséquent, que reniant n'est pas dans un stade animal de son évolution individuelle, mais (pi'il suit les lois dini développenieni |)ropi-e à sa nature humaine C})?

Pour résumer celle prcMuière partie de notre étude, nous dirons que les difficultés alléguées pour établir l'idcMitiU' de nature entre Ihomme et l'animal ne sont poini valables, que

(1) Mivart, paiiaut de l'objection de Romanes qui affirme que l'iateiligeuce est ('également eu puissance dans l'enfant et dans la bète, emprunte à la scolastique l'excellente distinction suivante : « Dans l'enfiint, l'inteiligeuce exùte réellement, mais elle est in potentiel ad actum : la preuve, c'est que, à mesure que l'enfant se développe, l'exercice rend l'intelligence manifeste. Dans la bête, l'intelligence est seulement in potentia ad esse, car Dieu pourrait peut-être (?) l'y mettre; la preuve qu'elle n'y est pas, c'est qu'aucun exercice ne peut jamais l'y rendre manifeste.» Mivart, The origin of human reason, p. 215.

(2) « La nature véritable d'un organisme f(uelconque en train de se former, bien que cachée tout d'abord et pour un temps à nos yeux, finit par se montrer clairement à nous si nous savons attendre le terme de son développement. D'après cette règle, il est on no peut plus manifeste que la nature de l'enfant est celle d'un être raisonnable, car, comme on le voit par une expérience journalière, les conditions les plus communes et les plus simples suffisent pour que sûrement la raison se manifeste bientôt en lui par des signes évidents. Nous l'avons déjà remarqué, l'iutelligence humaine se décèle dès l'âge le plus teudro, bien avant que l'enfant soit capable de [lailer. » Mivart, L'Homme. Trad» Scgoud. Paris. Lethiolleiiv, 180.5.

noire Ihèsc de la dislinelion ivclle de nature. n'a poinL été ébranlée, (juc, par conséquenl, nous avons eu raison d'invoquer une force supérieure à révolution pour la création de l'âme humaine.

Le corps humain (pii i-ecul la [)remière àme humaine l'ul-il aussi dii-ecLemenl le produit d'une création divine 1 C'est lasecontle (|ueslion ([ue nous devons étudier ici.

§ IV. — OnujiNE nu corps uumain. — Auguments des

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