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TRANSFORMISTES

Dans le sixième laljleau des oeuvres de la création, la Genèse nous re[>réscute le Crc-aleur |)ro(;édanl, en deux acles dislincls, à la l'ormation du premier homme. D'abord il façonna son corps avec le (( le limon de la terre » ; puis il l'anima d'un souflle vilid, d'un esprit communiquant la vie. Cet esprit, nous l'avons prouvé, ne pouvait être le résultat d'une nature en progrès : Dieu dut le tirer du néant par un acte de sa loute-puissance. Mais ce corps, ce « limon » sur lequel il souffla la vie humaine, qu'était-ce? comment ses mains lavaient-elles façonné en corps humain? Deux hypothèses sont en présence : ou bien Dieu façonna de toutes pièces l'organisme humain en disposant comme il convenait des éléments inorganiques; ou bien il choisit, pour l'élever à la dignité humaine, l'organisme le plus parfait auquel aurait abouti la longue évolution de la matière vivante durant les âges précédents.

C'est à cette seconde hypothèse que se rangent les transformistes qui appliquent à l'homme les lois de l'évolution. Les uns, matérialistes en philosophie, enseignent qu'avec le corps humain tout l'homme sortait de l'animalité : nous avons assez montré qu'ils ont tort de ne pas distinguer entre le corps et l'âme. Les autres, spiritualistes convaincus, prétendent que le « limon », dont parle l'Ecriture, auiait |>ii être un organisme préalablement préparé, sur les plans divins assurément.

par I f\ dliilidii ; c CsL à riiv seuls (juc nous aviMis all'aii'o ici (I).

Les cal li()li(|iics (|iii, à la siiilc de Mivail ('?), oui a|)|)li(|ii<'' Irvoliil ion au corps iiuuiaiu. ne |)cu\ciil donner des ])reu\('s pi'oprenienl dites sur un ohjel (pii ('•cliaj)pe à la science humaine : ils nallè^uenl (pie des ari^nnienls lendani à élablii' nue possi])ilité ou une vraisendjlaiice. Ces îirgunienls, «pie nous allons parcourii', soni en partie empruntés aux naturalistes évolulionislcs, en partie tirés de certaines raisons de convenance d'une portée assez minime.

A la suite deDar\vin,les translormisles invo(pnMd,en faveur de leur thèse, la similitude de l'orme orf^anique entre Thoinnu' et les animaux supérieurs, l'absence de lacune réelle entre l'organisme de l'homme et celui des singes,les faits d'embryogiMiie humaine, des organes rudimentaires et des phénomènes ataviipies ['.Vj.

La ressemblance ()i'<)nni(iue entre Ihomme et les animaux supérieurs n'est point à discuter, lîien avaid la naissance du transformisme, il était universellement admis (|ue l'homme n'a point d'organe spécial qui ne se trouve chez les mammi-

{\) Le P. Uriicker coinl)at vigourenseuieiil cctlc opinion. « Celte iuterprétatioii restrictive est-elle acceptable? Non. D'abord parce <iiie le te.vte .-ji expressif de Moïse dit certainement plus que cela à tout lecteur qui faborde sans parti pris... Dans le récit ([iii nous occupe, non seulement [l'Écriture] n'indique en aucune façon qu'il s'agisse d'une action de Dieu iiipcliate, [mais] elle multiplie comme à dessein les traits qui donnent l'idée (l'une intervention directe, spéciale... Notre interprétation du verset 1 est singulièrement confirmée par d'antres textes, en boa nombre, où la formation du premier homme est rappelée plus ou moins en détail. » Queutions acLuelles d'Ecriture sainte, p. 235-2.36.

(2) « .Ma Genèse des espèces, dit Mivart, fut publiée en lS70,et je n'hésitai pas dans ce livre à avancer l'idée que le corps d'Adam avait pu dériver d'un animal autre que l'homme, dans lequel une àme raisonnable avait été subséquemment infuse. On poussa les hauts cris contre cette idée, mais l'envoyai mon livre au Souverain Pontife, et, tout de suite après, Pie IX m'accorda bénévolement le chapeau de Docteur (|ue le regretté cardinal .'irchevèqne de Westminster me remit dans une cérémonie publique. » T/tc Sinelecnth renlw;/, fév. 1S93.

(3) E. Perricr, Le transformisme, ch. III. Pari?, 1888.

l'ères, que son corvr;iu iiirinc ne se distingue poini par sa forme, mais seulement par le développemenl, de celui des singes. Jamais du reste les philosophes spirituahstes n'ont cherclié dans le corps humain la raison suffisante d'une distinction réelle entre l'homme et les bètcs : ils ont toujours franchement avoué que, fpar ses orfi^anes et ses fonctions vitales, l'homme est un simple animal mammifère.

Si les ori^anes sont les mêmes, ils présentent cependant des dillerences d'adaptation ou de développementqui caractérisent l'espèce humaine. Ainsi la structure adaptée à une attitude

Fig. 73 0174. — CoinpaiMisoii du membre postérieur cliez l'hûmme et chez le singe : pied et raaiu.

verticale, la dinérence anatomi(pu> des mains et des pieds (fig. 73 et 74), la dis})osi(iou des |»(iils, la foniK' du nez, le développement du cerveau, la foiine ci le mode de soudure des os du ci'àne (fig. 75et7(i), sont aulanl de Irails (|ui oui I)orté les naturalistes à classer les races humaines dans une même espèce ; cette espèce est seule dans son genre ; ce genre est seul dans sa famille : la lamille des bimanes ne rejoint celle des (juadrumancs (pic dans Tordre des primates. — Darwin s'est ap})li(pié à allénuer rimporlance de ces traits différentiels, en montrant (|ue « chacun d'eux pris isolément se n'irouve chez un certain nombre des animaux les plus élevés », et fait défaut chez un certain nombre d'hommes des

races inlV-iiciircs. \'oi(i un cxcinplr de son ])rocédé. Chez les singes, dit-il, les exlrc'inilés ne se ressembleni pas nécessaiic" nient : la dill'éience, il est vrai, n'est jamais poussée aussi loin que chez Ihomnie, mais elle existe dans certains cas: lanhM comme chez l'honinie, c'est le membre inférieur (|ui semlde devenir un pied: tantôt, à l'inverse de ce qui se lrou\e chez l'homme, c'est le pouce de la main antérieure (pii cesse d'être opposable. Chez l'honnne, par contre, il y a lendance du gros orteil à devenir opposable : celle dis[)()silion apj)araît surtout dans rembryon humain, mais elle ne pei"sist(> ijue chez c(M-lains sauvages. — IMalgrc'' ses elTorls. comme nous le dirons |)lus loin. I)ai\\ in n a pu élablir nellenieni celle

t'ig. 75 et 76. — Cràues comparés de l'homme et de l'oranj

(jrdtlalion organique qu'il a besoin de, trouver entre l'homme et les animaux.

Durant son déreloppcnicn/ cDiliri/oniuiirc, l'organisme de l'homme suit la même marche qm^ celui des animaux élevés. Comme eux, il traverse des phases durant lesquelles il présente des traits de ressemblance avec des états, qui sont permanents chez certains animaux inférieurs. N'est-ce point qu'il répèle en abrégé les stades par lesquels a passé l'espèce avant d'atteindre sa perfection présente ? On voit même certains organes « se développer temporaii'cmenl pour disjjaraître avant la lin de la vie embryonnaire, landis ipiils demeureid permanenls dans les groupes plus inférieurs : tels sont les corps de Wolf correspondant aux reins des i)oissons, la deuxième crosse aortique, qui ne commence à persister que chez les reptiles, le du\('l laineux <pii. an sixième mois. i-evèl l'embiNon

loiil (Milicr. sauT sur la i'ace inrérieiirc des mains cl des pieds, «•(•qui esl analogue à la loisou persislaiile de ceilains niauuiiifèi'es ». Ainsi se révi'lcrail la |iarcMl<'' du corps huiii;iiii a\ elles organismes animaux.

Elle apparaît mieux encore dans les onjanes i-Hdunciibiirvs. (".es organes imparfaits, assez nombreux chez riiomnie. soiil ahsolumiMit inacliis : mais il- icpi-i'scnlcid des organes (jui. chez certains animaux, jouent un rôle aclil' plus ou moins imporlanl. Ne serail-ce point la signature de l'ancêtre commun sur lous ses descendjuils, homme et animaux? tels organes ont pu s'atrophier dans la branche d'où est sortie l'espèce humaine, au lieu qu ils se sont développés dans d'autres branches issues du même tronc. Darwin cite les muscles moteurs du pavillon auditif, les restes de la membrane nictilante si bien développée siir l'œil des oiseaux, le svstcme jtileux. certaines dispositions du système osseux, etc..

Enlin. on recherche dans les anomalies ou monstruosités du corps humain les traces des ancêtres animaux. Chacun sait que V atavisme est une loi naturelle en vertu de laquelle un être vivant tend à reproduire les caractères de ses ascendants. i Ce phénomène d'hérédité se produit d'une façon assez bizarre : \ ainsi un trait exceptionnel d'un parent se transmettra aux ' enfants durant plusieurs générations consécutives: puis il disparaîtra durant plusieurs générations. j)our reparaître ensuite inopinément dans certains cas isolés. Comme les caractères inattendus qui surgissent brusquement dans cei-tains '• enfants sont hérités de quelque ancêtre qui les possédait, on peut ainsi, grâce aux faits d'atavisme, reconstruire l'histoire d'une famille ou dune espèce. — Or, l'organisme humain est sujet à certaines variations, et ces anomalies ne se présentent pas tout à fait sans ordre. En elTet. elles tendent en général à le rapprocher de quelque type inférieur et le plus souvent de celui des singes. Quand apparaît une anomalie imi)oriante, elle est toujours accompagnéede plusieurs autres dans le même .sens : ainsi, suivant Cari Vogt, les idiots microléphales ont en même temps des sourcils saillants, un front

oblique el <l(>|iriiii(', des mâchoires très proj^nalhes. — Disons loni (le suile, avec dr ( )uMlrerati;"es, (jnc ces anomalies indi- • |uenl beaucoup plus des déviations monstrueuses (jue des lails d'alavisme réel.

l''rapj)és des lails que nous venons d'analyser, certains auleurs callioliques ont ("lé inclinés à penser cjiu' le corps humain pourrait bi(Mi a\()ir élé l'ormc' par lévolulion. — Le texte lie la Bible ne leur a point paru assez explicite pour exclure cette opinion : ce serait bien encore Dieu (|ui aurait l'ormé le corps de l'homme, médiatement })ar les lois naturelles et non pas immédiatement en le tirant du mond<- inorganique; (jucla matière soit h l'état brut ou à l'état animé, c'est toujours le " limon de la terre » (1). — Dans cette hypothèse, il y

(1) Voici à ce sujet quelques (Jéclaratious^.cju'il iuiporto de recueillir. — « .le ne me permettrais pas de censurer l'upinion du Ihénlogien auglais Mlvart aussi loufjtemps qu'elle sera respectée, (lu du moins tolérée par l'Eglise, seul juge compétent pour déterminer et (jualifier les propositions théologico-dogmatiques, et décider si elles sont en harmonie ou en désaccord avec la Sainte Ecriture. » i^Card. Gonzalcs, La Biblia // la Ciencia, t. I, p. 542.) — Le R. P. Dierckx, citant les paroles de l'émineut cardinal théologien, déclare « qu'il s'honore de partager les sentiments du cardinal Gouzalès. » {Revue des Questions scientifiques, juillet 18'J4.) — Le chanoine Duilhé de Saint-Projet, après avoir af6rmé ses préférences pour la « doctrine traditionnelle touchant la formation immédiate du corps de l'homme », ajoute : « Mais, en notre âme et conscience, nous ne croyons pas avoir le droit de l'imposer dès à présent comme une certitude de foi divine. Nous ne nous permettons pas de qualifier d'aucune note défavorable l'opinion contraire. Nous ne croyons pus pouvoir dire aux catholiques cherchant la vérité de bonne foi : « Vous n'êtes [las libres de penncr autrement, vous n'êtes pas libres de chercher. » [Apologie scientifii/ue, p. 372, note.) — Au Congrès catholique de 1894, le mémo auteur fai.-ait nettement la même déclaration, {('oniptes rendus, section d'anthropokxjie, p. 10.) —Au Congrès catholique de Paris, en IS'.U, Mgr d'Hulst disait: " L'orthodoxie rigoureuse n'impose d'autres limites aux hypothèses trausformistes, que le dogme de la création immédiate de chaque àme humaine par Dieu : hors de là, s'il y a des témérités dans ces hypothèses, c'est par des arguments scientifiques qu'il faut les combattre. » [Comptes rendus, 1891, section d'anthropologie, p. 213.) — Le livre du P. Leroy a été, non pas mis à l'Index, comme ([uelques auteurs le disent faussement, mais improuvé au point d'être désavoué publiquement par l'auteur et retiré du commerce. Mais il résulte d'une correspondance qui nous a été communiquée, que Touvrage avait clé suspect parce <|ue l'auteur n'y eusei-

.nirait iiiir (•(M'Iaiiic i;raiiil('iir à considi'Tcr le corps humain, i|iii rsf le |)liis pai lail des organismes, eoinme le bourgeon Iciininal de IV'voluI ion des êtres vivants, comme le terme i|irallen<lait le Cri-ateur ])our donn(M- à la nature son maîlre nlelligenl. On conipicn»! mieux aloi's les rcdalious j)liysi(|ues de riionnne avec le resie de la nature : on voit tons les êtres enchaînés en un tout harmonieux : les millions d'espèces qui ont disparu avant Tai'rivée de l'homme au/aieni une rais(»ii (ItHi'e. si on les considérail comme h's éléments d'un arbre |)nissaid au sommet ducpiel Dieu devait cueillir l'organisme humain. — Reste, il est vrai, une ([uestion de répugnance : les ancêtres organiipn^s, non })as de l'homme, mais du corps humain, auraient été des animaux, des animaux [)lus ou moins voisins des singes : mais saint Thomas n'a-t-il pas enseigné (pie chaque indi\idu humain, avant de recevoir sa l'orme humaine, traverse des phases où il esl un vrai végétal, })uis un vrai animal (Ij '!

Telles sont les raisons de couNcnance (prallègu(Md les aulenrs (pii croienl à la |iossil)ili(é ou à la proljabilité d une descendance animale pour lorganisme lunnain. Tout cela est alisolumenl hy|)()lliéli(iue. (le qui s'y trouve de spécieux perd une grande [tart de sa valeur en face des molii's sérieux (pii nous i-esteni à ex[)oser en l'axeur de lOpiuion contraire.

fzuiiit pas assez foniiellemeut la création immédiate de l'àme liumaiiie. — Le P. Zahm, L'Evolution et le dogme, t. II, p. 233, prétend que « l'origine du corps d'Adam par dérivation est une conception qui s'hnrmonise avec les principes énoncés par le grand évêque d'Hippone et l'Ange de 1 École». Voici le passage de S. Thomas le plus significatif : « Augustinus enim vult, in ipso creationis principio, qnasdam res per species suas distiuctas fuisse in uatura propria, ut elemeuta, corpora cœlestia et substantias si)irituales; alla vero in ratiouibns scminalibus tautum, ut auimalia, planta-; c[ honiutes, quic omuia postmoihim in nituris propriis pruducta sunt. » Sentent. 11b. Il, dist. 12%qu<pst l', art. 2.)

(I) Voici un texte où S. Thomas exprime cette opinion, qui étiiit d'ailleurs classique au moyen âge : ■< Anima igitur vogetabilis, qua- primo iuest, cum embryo vivit vità planta-, corrumpitur, et succedit anima perfectior, qua^ est nutriliva et sensiliva simul, ot tuuc embryo vivit vità animali ; hac autem corrnpta, succedit anima rotionalls ab extrinseco immissa, licet prœcedeules fueriut virtute ?eminis. •> (''outra Genti/rs, lib. Il, ch. 89).

s< \". — Arcumknt di: Rlssi:l \\ allace (1)

Nous citerons en [H'einicr lieu r;n'ij;uinenl donl se scii R. \\';ill;i<e poui' dénionlrcr rinlorvenlion dimc i)nissanc('! supérieure dans la IbrinaLion du corps humain. Ces eonsidc'rations ont pour nous d'autant plus d'inlérèl que W'allacc est l'un des plus chauds partisans de l'évolution, et qu'il partat^e avec Darwin la gloire d'avoir, par la théorie de la sélection naturelle, donné une l'orme scientifique au transformisme. Sans doute, Wallace tire le corps humain 'de l'animal : mais, à ses yeux, ce corps doil à une sélection divine les facultés qui le caractérisent : Dieu serait intervenu directenu^nt pour donner la l'orme humaine à un organisme préparé par l'évolution.

Sans admettre toutes les idées du savant anglais, nous pouvons profiter de son argumentation pour montrer que la science elle-même incline à penser que Dieu intervint immédiatement dans la structure de l'organisme humain.

^^'allace part de ce })rincipe que lu sélection naturelle ne pi-oduil i-ien fjni soit niiisihle ou même inutile à respèce. Ce principe est tellement fondamental dans la théorie transforniisle (pie, au sentiment de Darwin lui-même, un seul cas conti'aire suffirait à la renverser. La sélection, en ciret, vise .'(vaut tout « l'utilité immédiate et personnelle » ; elle ne peut (ju'eliiiiiner, et non conserver, un caractère nuisible ou seulement inutile. <( Donc, dit Wallace, si nous trouvons chez l'homme des caractères (pudconiiues (pii ont dû lui être nuisibles dès leur première apparition, il sera évident ipi'ils n'ont pu être produits par la sélection naturelle, 11 en serait de môme du développement spécial d'un organe, si ce dévelo[)pemenl était, ou simplement inutile, ou exagéré par rapport à

(1) Wallace, La sélection naturelle : Essais. — Voir de Quatrefages, Origine de V homme, dans la Revue scientifique, n" du 23 août 1890.

son ulililc'. De semblables exemples prouveraient qu'une autre loi ou une autre force (pie la sélection naturelle a dû entrer en jeu. »

Le pi-iiicipc niic fois ('lal)li, W'alhu-c ('■ludie {'(jrg'anisme linmain, cl il signale /es (■ardclères uti/cK ou nu isil des ai espèce (jui se sont développes dans le cours de st( formalion. \ous .liions lui emprunter ipiehfues exemples.

Daprcs ^^'allace et toute Fccole transformiste, le sau\ âge aciuel représente réial de l'homme primitif : nous \('rroiis |»lus lai'd ce ([u'il faut en penser ; en ce moment, suivons seulement noire auteur. Or, dit-il, le sauvage actuel, et pai' conséipieni Ihomme primitif, présente une parfaite 7'(/f/?///c (inuloniit/ue avec l'homme civilisé. Donc les organes qui, chez l'homme civilisé, exercent une haute activité fonctionnelle, étaient relativement inutiles à l'homme primitif. Les mains, si habiles dans les travaux délicats, le larynx, si bien fait pour les sons \ariés et compliqués d(5 la musique moderne, avaient chez riiommc ijrimitif une perfection absolument inutile : cette perfection était un onnemble de rjualites lalenles qui ne devaient être pleinement utilisées que plus tard.

Il faut en dire autant du cerveau. La quantité de substance cérébrale, on le sait, a une réelle corrélation avec les phénomènes intellectuels, et cette quantité est mesurée par les capacités crâniennes. Or, dans l'homme primitif comme dans le sauvage moderne, la capacité crânienne est sensiblement la même (environ 1.500"'), et toujours également éloignée de la capacité crânienne des singes (en moyenne 500'"}. Il y a donc, chez le sauvage et chez l'homme primitif, un excédent de force, un instrument qui dépasse les besoins du possesseur, une puissance ou source d'activité qui n'est point utilisée, qui ne sera mise en œuvre qu'au fur et à mesure des progrès de la civilisation. Puisque la sélection naturelle a pour caractère essentiel d'amener chaque espèce à une organisation conforme à ses besoins, et de ne Jamais les dépasser, elle ne peut produire un développement organique en vue de lavenii-.

Parmi les.caracli'it's niiisil)l(^s, \\'alla<'(> cilc la niidilc \)vo-^- (jue al)solue tlu corps liinnain : comniciil la sélection a-l-cllc pu priver riioinmc trime proleclion aiissi utile (|iie les poils ? — De inèiiie, dit-il, la couronnai ion (ln/j/c(/estdésavantagense à riioninie : il eût élt' très utile à Ihoaune prinulif d'avoir le pouce opposable aux aulres doigts dans les quatre membres, comme chez les quadrumanes.

Dans le domaine des facultés intellectuelles, presque tous les caractères sont en dehors de la portée de la sélection naturelle.

Fent-èlre la sélection eùt-elle pu développer les notions de Justice et de bienveillance : car, si elles sont inutiles aux individus, comme contraires à la loi du })lus l'ort, elles sont éminemment utiles aux sociétés. Mais les notions abslrdilefi de temps et d'espace, d'éternité et d'inllni, le sentiment artistique, l'esprit mathématique, ne pouvaient être d'aucun usage à l'homme dans son état primitif.

L'origine du sens niorul n'est pas moins inexplicable. Les sauvages attachent une idée de sainteté à certaines actions considéiées comme bonnes et morales, par opposition avec celles qui sont considérées seulement comme utiles. La sélection ne peut, faire prévaloir le sens moral sur le sens \itililaire : elle ne peut faire pi'éférer le devoir, la parole donnée, à la conservation même de la vie.

L'origine des seniimenls relif/ieux, dont \\'allace ne |)arle pas, est aussi mystérieuse. Le sat^rifice généreux des mai'tyrs mourant |)()nr la défense de leur foi, le renoncement des religieux aux in<linations même légitinu's de la nature, ne sont certainement pas insj>irés pai- le désir de \aiiici-(' dans la Inllc pour la vie.

Les exemples (pii |(r(''cè(|('nl suffisent pour ('laldii' que lu séleclion ii/duirlle ne snurail e.ri>li(/uer lu [(n-nudion de l'honune. l",;i nous boruaul à Torganisuie, nous dirons a\('c Wallace <pi il n Vst pas l'o- u \ rc de la iial urc toute seule.

Mais, si la sélection ne ^uflit pas. es/-// nlisaluntenl néces-

Sdirc (le rccoiirii- à un jtournir ^upcrieui-y Oui, dit, W'allafc. ri (Ml \()i<i lieux raisons : 1" La sélectionest le seul moyen nalniti t|U(' la science puisse proposer pour rendre compte derori^ine (les espèces vivantes : or, nous venons de voir quelle est insuffisante pour l'Iiouinie. — "2' Toul seuihle pr(''j):iré à lavance, chez riioninie. pour des liesoins futurs : l'ampleur du cerveau, la perfection des orii^anes... Or les forces naturelles ne répondent ({u'à des besoins présents, elles sont incapables de prévoyance. Donc « une action directrice s'est exercée sur l'homme » : donc le corps humain n'est pas le |iii)(liiil (Tune sélection aveugle.

En termiuaiil l'analyse de cet argument, nous ferons observer que l'origine évolutive du corps humain doit présenter de bien graves (lifli(ull('s. au seul point de vue des lois Iransfdi'uiistes. pour (|u nii (''\ «ilnl iouiste aussi ardent (|ue W'allace se soit éloigné, et d(Mneure encore éloigné sur ce point, de presque toute son école. Ces difficultés vont nous apparaître dune fac-on plus précise en étudiant les arguments exi)os('s j»ar de Ouatrefages.

^ \\. — AuniMENT DE OuATriia-AGES (1)

Cet argument, dont nous em|)runtons le fond à r(''iuiueut .lutliropdldgi^te du Mus('um. e<l un argument itd liomineiii. Acce[>tant provisoinMuenl comme démontrés les princijies mêmes du transformisme, il aboutit à une conclusion formellement opposée à la descendance animale de l'organisme humain.

Nous supposerons (jue les dilTérenles races humaines sont sorties d'une souche conunnne. Agassi/., il est vrai, enseignait (pu' les groupes humains a\aieul (•(niinieiici' par autant de créations distinctes : mais cette n|iiniiiii a toujours été rejetée

(1) De Qiiatn-fage*, Vespece humaine, ch. \I. — Voir aussi l'excefleiit ouvrage de M. le marquis (Je Nadailiac : Le jtroUèvie de la lie, ch. VI et ch. Vil.

|iarini les calholiiiiu's. Voiil admcllail i\nc diverses souclics simiennes avnieni donné naissanee an\ diverses l)ranches de Tespèct^ liumaine : mais il se séparait en cela du grand nombre (les ant(Mirs ('volnlionisles : prcscjue Ions en elTel, Darwin et lla'(l;el j)rin(ipalemenl, <'roi(Mil à liinih' d'origine des races humaines.

Ila'ckel, à tpii l)ar\vin renvoyail volontiers les jecleius cni'ieiix de connaître la généalogie humaine, met riioniuie au ■^?"' slade d'une longue chaîne ([ui commence à la simple monère. Au 17'' degré de révolution apparaissent les marsupiaux, mammifères inférieurs tels t[ue la sarigue et le kangurou. Les prosimiens, i-eprésenlés aujourd'hui })ar les nu\kis et les loris, marquent le 18'- ; le 19'^' se trouve dans les catarrhiniens à queue, comme les cynocéphales (hamadryas), les cercopithèques (guenon) et les semnopithèques. Les catarrhiniens sans queue, ou anthropoïdes, comme l'orang, le gorille, le chimpanzé, le gibhon forment le 20'^. De ces anthropomorphes à l'homme la dislance est assez considérable : pour la combler, tbeckel a cré('' un "21' stade avec l'homme-singe ou pithécoïde, à qui il refuse le langage articulé et la conscience du moi. Enfin l'homme proprement dit arrive au '2'2' degi'é.

Ces préliminaires posés, voici comment procède noire argumentation.

i)enx principes ont une iinporl ancc capitale dans la théorie de la descendanc(\ — 1"' principe : cha(|ue être i-éi)ète dans son développement einbryomiaire les phases par lesquelles a passé son espèce. C'est grâce à cette règle fondamentale que les transformistes peuvent essayer la généalogie des espèces. 11 en résulte que, lorsque deux espèces suivent dans leur développement des voies ditrérentes, l'une ne peut pas dériver de l'cîutre : tout au plus pourra-t-ou dire que toutes deux dérivent d'une même souche dont elles répètent conjointement les traits. — ^'^ principe : une fois l'organisme modifié dans un sens déterminé, il en conservera l'empreinte à travers les modifications ultérieures : c'est ce qu'on appelle la /o/ i/c

ciu-acit'ris'ilion jic/-/Nii/H'/i/<'. Celle loi c-l iiidixjifnv.ililc i,u\uiviidre C()in|)l(> de ];i liliiilioii cl de la canichTisalion dos UTOupes, niiisi (|iic de loiiis iap|>()i-ls iiiulliples. Ainsi M. Perrier (da>->e le-^ aniniaiix inélazoaires on cinq séries dislincl(^s ei parallèles ipii correspoiideiil à eiiMi rorni(>s larvaii-es primitive- : la l'orme lai'vaire udiiplins donne inl'aillihlonienl naissan<e à un ai-lhropode, et elle ne pealproduire ni un ver. ni un niollus(pu\ ni un vertébré. Parmi les niamniiière- sup('rieur-. une foi- (pTun memluv est dev(Min pied ou main, il ne peu! plus, par uiodilicalioii ulirTieure. rlianger ce caractère particulier de picil ou de main.

■ Or, ces deux [U'incipes conduiseni à un même résultai, à '>avoir (pie Ihomme ne descend directement d'aucune espèce animale connin*. .piil faut remonter assez loin dans l'échelle animale pour lui lrou\erun auc(Mrc(l). Klablir ce résultat iuiportanl, pui^ en rechercher les conséquences jtar rapport à noire lhés<'.c c^l ce qui nous reste à faire.

\' A ([(U'IU- ilishmce se ti-ouvc /'(tm-t'lrc i/c llunuine dans l crhclle (iniiudle :-' — Aucun I ransformisle ne rattache Ihomme à une espè<(' animale exislanle. C'est donc à tort qu on a «'cril i\\\v Darwin et son école taisaient descendre I lionniie (lu -iuiic : ^cu.-ei^■nenlent 1 1 ansh)rnnsle est que I homme et les singes descendeni diin ancèir(> commun. 1) après Ha'ck(d, cetancèlre <-onunun es! au 20^ stade de levohdu)n : rhonun(> a<-tuel desceudrail d'un homme pilhécoïde : riiomme |.ilh.'ci.idc descendrai!, ain-i .pic Ic^ ca|;u-rliiiucn-^ san< queue, du i^roiqic (Ie< calan'liiiiicn^ à queue. Donc, d après les évolul iuuui-!e- eir\ im-mc-. l'Iiomme ne se relie à i animalilé (pian '20' stade.

Mais de Ouatrelages prétend que les principes évolutionistes exigent que la jonction ne soit faite qu'an 17'^ stade,

(1) « 11 est de toute «iviacnceque l'Loaniie, les .singes et les demi-singe^, ue peuvent être disposés dans une seule série ascendante de types iront 1 homme serait le terme et le sommet. >; .Mivart, Les singes et l'homm--.

c"esl-à-dire au niveau où la l)cauche des luarsupiaux s csl détachée du tronc commun des mammifères.

En efïel, d'après le 1'' principe, l'homme répète les phases ou étais par lesquels a passé son espèce. Or l'homme, en se développant, ne suit la ligne commune que jusqu'au 17*= degré : à partir des marsupiaux, il suit une voie de développement qui lui est propre pour plusieurs parties. Ainsi, d'après Graliolet, les circonvolutions temporo-sphénoïdales du singe, qui forment le lobe moyen du cerveau, paraissent et s'achèvent avant les circonvolutions antérieures qui forment le lobe frontal : chez riionime, au contraire, ce sont les circonvolutions frontales qui apparaissent les premières. Gratiolet allait même jusqu'à dire que l'embryon humain est toujours reconnaissable pour celui d'un homme : or, comment pourrait-on le reconnaître, s'il répétait des phases communes à tous les vertébrés? Cette remarque va môme au delà de ce que nous cherchons en ce moment. — Un autre savant, Welker, a fait les mêmes observations sur le développement delà base du crâne; l'angle sphénoïdal de l'homme diminue à partir de la naissance, tandis qu'il grandit sans cesse chez le singe.

D'après le 2'= principe, deux types organiques distincts peuvent bien remonter à un ancêtre commun non encore caractérisé, mais ils ne peuvent descendre l'un de l'autre. Or, dans l'homme et dans les singes, les organes se répondent exactement les uns aux autres, mais ils sont disposés d'après un plan très différent. Ainsi tout en l'homme est ordonné pour qu'il soit marcheur; tout dans les singes est ordonné pour qu'ils soient (jrimpeurs. 11 est contraire aux principes transformistes de faire descendre un animal marcheur d'un animal grimpeur. Mais alors il faut remonter au delà de tous les simiens, des prosimiens eux-mêmes, pour trouver un lype non encore caractérisé comme grimpeur : on arrive de la sorte au type didelphe du kangurou, qui occupe le 17'' stade de léchelle.

Ainsi, avant de se constituer en organisme humain, notre premier ancêtre aurait dû parcourir au moins un stade (le 21'^),

cl plus probableiîKMil quatre stades (le 18'', le 1".)'. le 20". le 21" , depuis qu'il s'est détaché du tronc de l'animalité.

'2" Constûjiwnci's rc/alires à iioli-e thèse. — Premièir consc'- (jnence. — Puisque un ou plusieurs ty|)es or£»aniques interuié- «liaires ont précédé l'homme actuel, et doivent lui servir de chaînons pour le relier ;'i la souche commune, ces types en voie de devenir hommes devraient être représenlés par des I \ pes qui se sont caractérisés et conservés à chacun des degrés d'organisation; comment se fait-il qu'aucune branche vivante ne représente le tronc qui a porté l'espèce humaine ? — Diral-on que ces types intermédiaires étaient imparfaits et ont dû disparaître dans la lutte pour la vie? Mais, pourquoi les ancêtres des singes anthropomorphes n'ont-ils pas aussi disparu? Pourcpun les intermédiaires humains auraient-ils eu moins de chances de survivre que les intermédiaires simiens ?

Or, de l'ait, aucune espèce vivante ne représente les intermédiaires désirés. Hœckel dit franchement que l'homme pithécoïde n'existe plus : il a dû exister, mais il n'est plus représenté. Que serait-ce donc, si nous voulions trouver les intermédiaires (•aj)ables de nous relier aux marsupiaux? Ce serait une étrange aberration que de prendre les hommes sauvages pour des chaînons intermédiaires : car, au point de vue organi(pie comme au point de vue même de l'intelligence, ils sont hommes dans la force du ternie. Au reste, aucun savant sérieux ne les a pris pour des pithécoïdes : on a seulement dit que c'étaient des arriérés de la famille humaine. Nous verrons plus tard en (piol sens il rniil prendre celle asserlion.

Dcu.xième conséquence. — Dès lors qu(^ l'organisme humain se rattache aux animaux par un ou plusieurs chaînons, la géologie doit nous révéler les restes ou les traces des ancêtres intermédiaires. Comme il y a loin des marsupiaux ou même des catarrhiniens à queue jusqu'à l'homme actuel, et que les Iransl'ormntions d'espèces se font avec lenteur, ces intermé-

(liaiiosoiil dû vivre /oiif/lenips cl laisser des \rnrvs noiulirciiscs. comme lous les animaux.

Nombreuses en effel sont les traces de Ihomme dans le passé. Mais, loin de servir la thèse de l'()riij;ine animale. Ions ces documents ne l'ont que la battre en brèche (1). — l^n clï'el, aussi loin ([u'on remonte dans les origines humaines, Ihomme esl loiijonrs IVaneheiiienI homme : ou ne peul v(''rili('r celle marche lente et ascendante d"un oi'ganisme se déprcnanl de lanimalilé, Ainsi les tètes hunuunes les plus anciennes onl sensiblement la même forme, la même capacité (pie les n()lrcs : les crânes les plus élroils, comme ceux <le la l)ciiisc et de Néanderthal, sont à une grande dislance des ci'ànes simiens, et au moins équivalents à certains crânes humains non douteux des temps modernes. De même, il n'est |)as un <is humain ({ui ne porte claii'ement renq)reinle de l'hunuuMté (2).

Dès qu'on rencontre des restes de riiomme, on trouve aussi des vestiges de son industrie : des ai'uu's, des insirumcnis, des dessins, des traces de l'eu... Donc, aussitê)t que l'honnue paraît, il ressemble absolument, tant pour le corps (jue })our

(1) Au sujet du Driopithecus, que M. de Mortillet regardait coimiK! le précurseurde l'espèce humaine (authropopithèque),doutLartet écrivait « que c'est le seul siuge fossile qu"ou eût comparé à l'homme », M. Gaudry disait, eu I8'J0, devant l'Académie des sciences: « Le Driopithecus, .'i ou juger par ce que nous possédons, non seulement est éloigné de l'homme, mais encore inférieur à plusieurs singes actuels. Comme c'est le plus élevé des grands singes fossiles, nous devons reconnaître que, jusqu'à présent, ia paléunto/ofjie n'a pas fourni d'intermédiaire entre l'honinta et les animaux. »

La découverte faite par M. Dubois, à .lava, eu 18'J1 et 1892, n'a pas davantage résolu la question du type intermédiaire. La dent molaire, la calotte crânienne et le fémur, ou supposant qu'ils appartiennent au même individu, ont d'abord été attribués au type siuge, qu'on a nommé pitlieranthropus erertus, puis au type homme, avec le nom de Homo javanensis primif/enius. Voici ce qu'eu disait Virchow en 189.S : c Je ne puis admettre que dans le pithecanthropus erectus ou ait trouvé le trait d'union eutre le .-inge et l'homme. ><

(2) Ici principalement, où les faits nombreux seraient utiles pour coudrmer nos assertions, nous nous faisons un devoir de renvoyer à la belle étude de M. le marquis de Nadaillac ; Le prob/eme de la vie, ch. V etch.Vl. Paris, Mdssou, 1893.

riiil('llii40iir-(\ ;i celui (|ii(' n(>ii< rclmiivon^ t\:\n< lonlos les l'aces actuelles (1).

De toiilo celle arounienlnlioii il résulle (|ue 1 homme est le même à travers le temps comme à travers l'espace, ((u'il poss(Mlait la perfection organi(|ue actuelle dès ses commencements, (pie par consé((uenl il conslitue un type isolé au-dessus des espèces animales. Voilà pourquoi nous disions en comnKMicant (pu' la science elle-même incline à croire que le (Iri'aleiir. au moinenl où il rf'soliil de l'ormer Thonnue, i'a(;onna directemeni on du moins achexa l'ori^anisme (piil allait \iviliei" par lame spirituelle.

Nous donnerions celle concdusion avec beauconp plus dassuranc(\ si nous poux ions l'ermer les yeux aux ai'g'uments des transformistes, énoncés plus haut i^^ IV). Ils se présenteid eoiume autant d'objections qui n'ont pas été suflisamment r(''solues. Le fait des ori^am^s rudimenlaires est assurément le plus eird)arrassanl. Les autres faits allégui's ont une bien nn)indre importance : car on a moins de peine à comprendre (pie l)i(Mi ait fa(:onné Thomme sur un type déjà réalisé dans les animaux supc'rieuis, (pi'il ail (•lal)li pour Ihounne des lois de développement analogues à celles qui dirigent révolution de tous les èti'cs. D'ailleurs, c'est en vain (pie les transformistes (essaient de combler l'intervalle ([ui sépare Ihounne des singes : même les cas dalaxisnu' les plus favorables ne sauraient atténuer sulïisamnKMd la ditTérence; car, comme le montre bien de Onatrefages, les anomalies organiques se laissent bien |)lulùl ramènera la t(''ralologie (pTà l'atavisme.

Ln établissant comme une thèse scientilicpn'menl certaine (pu- Dieu esl vraiment le créateur de l'homme, puiscpu' l'ànnî humaine dut xcnirdehii. et non de lévolulion. nous n'axons fait que confirmer l'enseignement bibli(pu\

Si les interprètes de l'Kcrilure croient (pie le lexte sacré enseigne aussi foi'melleuieni (pu- Dieu fa(;onna innnédiatement

(1) Ce sujet dfvaiit l'tie traiti- sp('cialeni(^iit tlaiis lii deruiiTo partie do uos études, nous iip croyons pa? dovnir lui doiiuer ici déplus longs développements.

lo corps luimain, nous n'aurons aucun sacriticcà nous iniposcM' dans le domaine scienlifi(]ue, et nous adhérerons volonLiers à leur sentiment. S'ils ne pensent pas que le texte soit explicite, nous dirons alors que nous éprouvons une certaine incerlitnde : car, par elles-nicrnes, les raisons scicMitifiques sont iucapa])les de nous lîxer définit ivemenl dans Tune» ou Faulre hypothèse. En tout cas, il reste inconlestaiîlemenl pi'ouvé que riionime est l'œuvre de Dieu, et non de la nature : c'est l)ien la conclusion qu'il importait d'établir.

Bibliographie. — Pour la première partie : différence de nature entre l'homme et l'animal. — Tous les cours de philosophie spiriluahste. — Farge-s : Le cerveau, l'âme et les facultés. — Jean d'Kstienne : Nombreux articles dans la Revue des questions scientifiques de Bruxelles. — H, Joly : L'homme et Vanimal; Vlnstinct. — Mivart : Origine de la raison humaine; L'homme. — DeNadaillac : Intelligence et Instinct dans le Correspondant, décembre 1891 et janvier 1892. — Blanchard : La vie des êtres animés. ■ — Huxley : La place de Vhomme dans la nature. — Romanes : L'intelligence des animaux; l'Evolution mentale chez les animaux. — Ch. Richet : Vhomme et l'animal. — Flourens : L'instinct et l'intelligence. — De Bonniot : La bête comparée à l'homme. — Dans le Cosmos. Articles publiés en mars 1891. — DuiLHÉ de Saint-Projet : Apologie scientifique de la foi chrétienne. Paris, 1891, Poussielgue. — Piat ; La personne humaine. Paris, A.ican, 1897.

Pour la deuxième partie : l'origine de l'organisme humain. — De NADAiLLAt: : Le problème de la vie. — De Quatrefages : L'espèce humaine; La théorie de R. Wallace, dans la Revue scientifique, n° du 23 août 1890. — Jousset : Évolution et transformisme. ■ — Lavaud de Lestrade : Transformisme et Darwinisme. — Constantin James : Moïse et Darwin, ou Y Homme de la Genèse comparé à Vhomme- singe. — Uarwin : La descendance de Vhomme. — H.eckel : Anthropogénie. — Pkrrieu : Le transformisme. — M. Duval : Le Darwinisme. — Wali.ace : La sélection naturelle. Paris, Reinwald, 1872. — Zahm : Vémlufion et le dogme. Paris, Letliielieux.

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