Hacloir nioustérieu
(1) A Spy (Belgique), il y a deux niveau.v à silex monstériens superposés; dans le plus récent, il y avait plusieurs foyers associés à des objets en ivoire et en os, avec des poiutes moustérieunes, des racloirs et des grat-
Lhomnie vivait do chasse. Il ne craignail pas de s'allacjuer au Mammouth, et parfois il en tuait un grand nombre, comme on en a la preuve à Cœuvres (Aisne).
Les divers ossements humains fournis par cette épo((ue nous permettent une reconstitution de l'homme moustérien. Etudions d'abord les gisements de ces restes : nous décrirons ensuite le type humain (pi'ils nous révèlent (1).
Le squelette de Néanderlhal (fig. 108 et 109) provient de la petite grotte de Feldhofen sur la rive droite de la Dussel (1857)
Fijr. 108 et 109. — Crâne de NéaiKlerthal, vu do profil et de face.
Il a été trouvé, à O'^ôôde profondeur, dans du lehm ancien très tassé et non remanié. Sous une autre grotte, située à 130 pas seulement, on a trouvé dans un dépôt identique des débris de rhinocéros, d'hyène et d'ours.
X Efjuisheim (fig. 110), près de Golmar, sur la rive gauche du Rhin, on découvrit en 1865 une portion de crâne humain, à 2"'50 de profondeur, dans le lehm vierge; le même dépôt contenait des restes de Cerviis megaceros et de Mammouth.
Un fragment de crâne a été prisa Marcilh/ (Eure), (fig. 111)
■toirs. La présence d'os travaillés incline à croire que ce niveau d'industrie doit être considéré comme contemporain de l'industrie solutréenne. Les pays du Nord, en effet, ont conservé l'industrie moustérieune presque jusqu'au uéolittiiqne.
(i) Nous ne disons rien du crâne de Canstadl, quoique de Quatrefages l'ait pris comme type de la plus ancienne race humaine : soc authenticité est très contestée.
en 1884, sous 7 mètres de terre ù brique. On ne peut le dater que p.Tr comparaison avec les briqueteries des environs, où sfr trouve un dépôt de silex moustériens, associés à de nombreux restes de marmottes.
Fif,'. 110. — Cràae d'Egiiisheim (Haul-Hhm).
Un autre crâne, bien phis complet, a été découvert (1893) dans les mêmes conditions de gisement, à Brêchamp (Eureet-Loir) (fig. 112).
Une mâchoire célèbre provient (18G()) d'une grotte située sur la rive gauche de la Lesse et appelée trou de la iSaulette (commune de Furfooz, Belgique) (fig. 113 et 114). Le sol était divisé par 7 nappes stalagmitiques ; la mâchoire était recouverte par 5 mètres de ces couches; elle était accompagnée d'autres ossements Immains ainsi que? d'os longs de Mammouth cl de Rhinocéros liihorhimis.
La caverne ûc Malaz-naud (lig. 115j, dans la vallée de l'Arize (bassin de la Garonne), Iburnit une curieuse mâchoire (1889). Cette mâchoire était à 2 mètres sous une nappe stalagmitique recouverte d'un éboulis, avec des restes de Félix spelœa, Ursus spelœus, Rhinocéros iichorinus.
Deux squelettes proviennent de S/?^ (Belgique) (fig. 116 et 117), où ils ont été extraits d'un terrain moustérien non remanié. Ils étaient situés sous 4"'50 de dépôt, recouverts d'une brèche tufacée solide et très résistante. Avec eux ont été
Fig. m. — Fragmcut de crâne de Marcilly-sur-Eure.
— ;ii8 —
recueillis des silex mouslériens cl des ossements de Mammoulli.
L'Ang-lelerre a donné les restes de deux hommes mouslériens. Le premier fut découvert, en 1883, à 7 ilbiiry près de
Fifï. 112. — Cràue de Bréchamp (Eure-et-Loir).
Londres (fig. 118), dans des alluvions delà rive gauche de la Tamise. Il était enfoui dans une couche de sable, à 0"'50 de prolondeur, au-dessousde 10 mètres de dépôts alternativement
Fig. H3 et 114, — Mâchoire <le la Nanlette (A) comparée à la mâchoire du Chiinijaiizé (B).
vaseux et tourbeux. — L'autre, dont on ne possède rpi'un fragment de crâne, a été rencontré à Biirij-Saint-Edmunds dans la vallée de la Linneti, au milieu d'un dépôt argileux recouvrant la craie d'une poche de ravinement. 11 était associé à des silex acheuléens et à des restes de Mammouth.
Nous sommes donc en présence de restes appartenant à une di/aine de squelettes. Ceux de Spy, de la Naulette,deMalarnaud, delà Denise (chelléen) sont parfaitement datés. Les autres ne sont datés que par comparaison avec les dépôts des couches environnantes. Si, par une crilicjue minutieuse, on venait à niellre en doute la valeur de ces derniers documents, la description de l'iiomme moustérien ne serait pas sensiblement modifiée.
L'homme moustérien avait le crâne très surbaissé par suite du développement de la partie postérieure et de l'étroitesse de la partie antérieure. Le crâne de^ Néanderthal se resserre
Fig. 115. — Mâchoire inférieure de Maiarnaud (Ariège).
Fig. 116. — Crâne de Spy, 0° 1,
latéralement en arrière des orbites. L'épaisseur de la calotte crânienne est environ de 1 centimètre. Cependant le crâne de la Denise, d'un individu jeune, n'a que 6"""5 d'épaisseur.
La capacité crânienne (Néanderthal : 1.220'^'') est inférieure à la moyenne actuelle (1.500"^). Mais elle est toujours très éloignée de celle des Singes (500 "").
La partie postérieure du crâne est large, volumineuse, accidentée, très rejetée en arrière. Le frontal est surbaissé, étroit, sans façade. Les ^saillies sourcilières sont très développées,
parfois énormes (Spy, a" 1, NéandcrLhal), mais peu arquées. Les orbites, à peine plus larges que hautes, nous révèlent un œil arrondi.
La mâchoire supérieure est très robuste, très développée ; le
Fig. in. — Cràue de Spy, n" 2.
nez, très déprimé au-dessous de la saillie sourcilière, devait être large, épaté.
La mâchoire inférieure est aussi très robuste. La branche horizontale, basse, épaisse, se renfle en bourrelet du côté extérieur et présente en-dessous une large surface plane. Le menton est elïacé ; le triangle mentonnier n'est pas proéminent: la ligne de suture des deux mandibules se rejette en
arrière ; les apophyses géni sont presque nulles.
Les dents sont fortes :
les molaires croissent en grosseur d'avant en arrière.
Fig. 118. - Crâne de Tilbury (Londres). ^es CÔtes, arrondies,
se courbent brusquement, ce qui indique une grande puissance des muscles thoraciques, et par conséquent une poitrine forte et courbée.
La force aussi (•ara<'l('risi' les clavicules, les oiiiOj>lalos et les os du bassin.
L'humérus, li-apu et épais, a une forte lorsion cl des insertions musculaires très saillantes. Les cavités coronoides et, olécraniennes, très prononcées, ne sont pas perforées. — Le radius et le cubitus, bien que très épais, le sont proportionnellenieul moins que riuimérus. Les radius de Spy présentent une concavilé interne opposée à la concavilé antérieui-e des cubitus.
Le fémur, très rol)uste, lourd, épais, présente des dépressions et des saillies dénotant une très grande force dans les muscles qui venaient s'y insérer. Celui de Tilbury a un 3" trochanter développé entre les 2 autres... Le tibia, court, épais, robuste, olï're un plan supérieur très développé et un peu incliné.
Les mains sont grosses et grandes: les pieds le sont encore plus.
La taille de l'homme mousiérien était proche de l'"60.
Tous cescaractères concourentà nous montrer dans l'homme moustérien un être vigoureux et puissant, et non pas un dégénéré comme le sauvage de nos jours.
Lindustrie moustérienne a été rencontrée en Angleterre, en nelgi(pie, en France, en Italie, en Syrie, en Palestine, en (j'imée, en lUissieet dans la Sib(''rie occidentale (1 .
B. Industrie solutréenne.
La faune moustérieime se maint in! aussi longtemps que le climat resta humide. .Mais à mesure (jue la sécheresse se fil sentir, la faune su!)il des modifications.
(1) A consulter sur le moustérien : Haïuy, Précis de Paléontologie luimitine, ch. VIII. — Ditléreuts mémoires de Lartet et de Chri?ty. — Lubbock. L'homme préhistorique, t. II. — Cartailhac, La France préhistorique, ch. III, — De Mortillet, Formation de la nation française, etc.
iii;ii;l\KS 21
Dans les pays à cliinal niai'ilimo, parliciilirroinenl au Nord ol au Sud-OuesUli' la Fiance, riiuuiidilé l'uL j)lus louacc : aussi la véiJ^élation resta arborescente, les pachydermes conliuuèrcnl à abonder (Brassempouy, Landes). — Dans les régions à climat conlinenlal, l'iiuiuidilé fui moindre: cependant elle entretenait encoiH^ une [juissanle \éi;élalion InM'bacée, qui permit aux (•he\au\ de \i\i'(' en grand nonil)re Solnlré, Saône-el. Loire).
1^'liomme connaît alors l'usagi^ du l'eu. Toul d"al»ord, il aiimeulait ses brasiers presque unicpu'Uienl a\ec du bois : plus lard, il lemplace le bois par des herbes desséchées pour allunicr le l'en, el |)ai' des déchels d(^ chair pour l'entretenir.
V'ifl. H9. — Perçoir solutréen, double, eu siiox.
Dans le Nord de la l'rauce, c'est l'industrie mousirricuiie <pii esten usage. En Helgicpie. à Spy. le l'eu es! couuu. l'ivoire travaillé.
Les bassins de la Loire, de la (Ihareide.de la hordognc de l'Adour, la vallée de la Saône, entrent dans une voie de progrès très remarquable (pii donne lieu aux diverses phases de; l'industrie solutréenne. Cette industrie ne paraît pas être sortie de la Francs : encore est-elle i-estreinte à certaines régions françaises.
L'industrie du silex ne se modifie pas d'abord iiotalilcmcnt ; aux mstruments mousfériens se joignent seulement quel(|ues ou! ils destinés au travail de l'ivoire el de l'os : ce sont d'épais
grattoirs, (1rs Inirins, des porcoirs (fig-. 1 10 , dos cisoniix (éclats se terminant par une crête perpendiculaire au plan d'éclatement).
l'Ius tard viennent <les grattoirs plus légers, tantôt circulaires, lant(,)t formés d'éclats allongés, retouchés à l'extrémité sur la face supérieure. Des pointes de traits à formes diverses apparaissent aussi. — La poiiiloon feuilii' do laurier alTocto la
rig. 120. — Tvi»e soluU'éeu : poiute de lance cm feiiillo de laurier.
forme d"un losange (fig. 120 : la pointe en fouille de saule est plus allongée ; toutes deux sont retouchées sur leurs deux faces avec une très grande délicatesse. Ces retouches, si <l(''licatesot si hardies, sont obtenues par un procédé nouveau, la taille j)ar pression sur les bords. — La pointe à cran (fig. 121 1 est plane d"uu cùlé ol finement retouchée de l'autre: l'un de ^(•s bords est éohan.-ri' ot rabattu de Icllc laron que la base,
l"\[.'. 121. — Puiulo soluti-i'euiie à crau, bien cotnplr e el bie;i taillée.
plus éiruilc que le sommol. |)()uri'aii pi-m'-troi- <!ans une hampe.
L os ol Tivoire ont donné divers instruments : ce sou! la plupart du temps dos baguettes plus ou moins ofHléos, pointes do llochos ou poinçons.
Livoiir ol lûs, plus malléables <iuo le silrx. i.(M-.niionl à Ihomme de produire des œuvres darl .
L-élude des ..'livres darl révèle siirloul le progrès de la Ibrce abslraclive .le liulelli-ence humain.'.
Quand, pour la première lois, riiomme voulut l'aire son image ou celle d"un animal, il en fit une réduction : c'était une statuette. C'est à cette première phase de Fart, oii règne la ronde bosse, que nous devons les statuettes féminines .le Brassempouy (Landes), les figurines d'animaux et de femmes de Laugerie (Dordogne), de Bruniquel (Tarn-et-Garonne), de Mas d'Azil (Ariège), ainsi que les ébauches grossières de Solutré (Saône-et- Loire).
Plus tard, pour consolider les figurines et leur donner des positions plus hardies, l'homme les sculpta en basrelief.
La grande .lifficulté qu'olf rai t
cette sorte de travail donna naissance à deux autres procédés : la gravure à contours découpés, et la gravure au champ levé, où l'abslraclion a un.> i)art plus considérable.
Les produits de la première sont de fines lames osseuses, découpées de manière à former la silhouette de l'objet, un.lèle de cheval ou de bouquetin par exemple ; sur cette lame .,11 (l.-^-inail avec une tin.' |)oinl.- .1.- silex. .'1. par .les Irails
Fi". 122, 123, 124. — lleniie, j^raud our3 et mammouth gravés sur os ou sur pierre à l'époque quateruairc.
cl (les hachures, on re[)résenlait les reliels cl les plis du modèle.
Dans les gravures au ehaïup levé, la surface j>lane((uireprésenle l'objet se détache en relief sur le fond très légèrement, creusé: ensuite, le dessin au trait complétait les détails.
Le dessin au trait était à peu près le seul employé à la fin des temps glaciaires. Nous lui devons l'image des principaux iiabitanls de nos contrées à cette époque : cheval, antilope, mammouth, ours des cavernes, etc. (fig. 122 à 124).
Os (jcuvres d'art sont simples, mais elles témoignent d'artistes consommés dans l'exécution, très bons observateurs de la nature, substituant même parfois la fantaisieà limitation de la nature. Les caractères saillants de l'espèce, du sexe, le l'elief des muscles, sont toujours très marqués.
L'homme solutréen se logeait dans des grottes natui-elles. comme à Brassempouy (Landes) et au Mas d'Azil (Ariège), ou au pied d'escarpements abrités, comme à Solutré (Saône-et- Loire) et à Laugerie-IIaule (Dordogne). Chasseur actif, il abattait, pour s'en nourrir, un grand nombre de gros animaux : mammouth et rhinocéros 'couche inférieure de Brassempouy), ])ison, bos primigeniiis. grand cerf et cheval (couche moyenne de Brassempouy. Solutré).
Le cheval aurai! même é'té semi-doniesli({ué : du moins certains dessins nous le montrent portant unesorle (l(> harnais de tète (Piette).
Par la sculpture en ron(K' bosse nous apprenons (jue l'orge était déjà connue sinon cultivée (Piette). La grotte des Espélugues à Lourdes et l'abri sous roche de Bruniquel (Tarn-et- Garonne) ont f'ourni-chacun un épi de céréale sculpté en ronde bosse (Piette).
Xous savons aussi par les représentations humaines que l'homme songeait à se vêtir. Une tête de fini me en ivoire, de Brassempouy (Landes), porte un voiie <pii lui couvre la fêle cl -h- cou. Deux autres slilucttcs de niêuie provenance nous monlrciil iiu maulcau et une espèce de ceiulure (Pielle).
Les bijoux u ctaicnl pas drdaii^'iK's. Le collier de la i;r(itle Diiriithv, à Sordes (Landes), iormé de plus de quarante canines doursel de lion, ornées de dessins, nous en est unepreu\e. Les objets d'art en os et en ivoire devaieul (Mre souvent des [X'udeloques, puisqu'ils présentenl des lions de suspension. Les coiiuilles elles-mêmes entrèrent dans rornementation (1)- L'homme aimait aussi à orner se.-» outils : les manehes de poii^nard sont sculptés avec grand soiu.
Aucune sépulture, aucune trace religieuse ne se rencontre encore.
Nous possédons peu d'ossements dr l'homme solutréen. La mâchoire d'Arcy (Yonne) (fig. 125) remonte peut-être au début du solutréen : elle a été trouvée associée à la faune du mammouth sous une couche magdalénienne. Le menton est accusé par une saillie triangulaire et une fossette ; la ligne de suture des d'Arcy-sur-Cure mandibules ne se projette pas en avant, (Yonne). mais ne fuit pas en arrière; l'ossature est
plus légère que dans les races moustériennes.
Le s(|uelette de Sordes (Landes) date de la tin du solutréen. Autant qu'on peut en juger, vu son mauvais état, ce squelette a les plus grands rapports avec la race ma;j<lalénienne que nous étvulierons plus loin {'2).
Fig. 123. — Màchoireiuférieure
(1) L'élude des coquilles fossiles ou actuelles employées comme ornement peut aider à déterminer l'étendue des migrations ou des relations commerciale.^ des populations solutréennes. Ainsi les habitants de la grotte du Mas d'.Azil avaient des relations avec le littoral de la Méditerranée et de l'Océan, mais ne dépassant pas la Garonne vers le nord : en effet, les fossiles étrangers à la région proviennent des faluns du Bordelais et de Dax, et les coquilles vivantes sont originaires des deux mers. Au contraire les coquilles fossiles que l'on rencontre dans les grottes solutréennes de la Dordognc ont été empruntées aux couclies géologiques de la Tnuraiue. (H. Fisher.)
(2) A consulter sur le solutréen : Lartet et Chrisly, Reliqulx AquUanir.r. — Arcelin, Solulré, 1872. — Chabas, Les silex de Volr/u, Rapport à la Suciété tiist. et archéol. de Ctialon-sur-Saùne, 1874. — Ferry et Arcelin, Age du Henné en Maçonnais, 186S. — Ferry, L'ancienneté de l'homim- (hiK.--
5" Faune du Renne.
Industrie magdalénienne.
La sécheresse et le iVoid finirent par chasser Je nos contrées les grands animaux de la faune du mammouth. Alors, s'établit la faune des steppes dans une grande partie de l'Europe : le renne remplaça presque complètement le cheval dans l'alimentation.
Quoique les conditions atmosphériques ne fussent guère favorables à la végétation, les forets ne disparurent pas entièrement du midi de la France. Les feux de la grotte d'Arudy (Basses-Pyrénées), entretenus avec des résidus de chair, étaient allumés avec du bois. Le froid sec ne dura pas très longtemps : dans la seconde partie du magdalénien (1), les pluies et les neiges devinrent fréquentes, occasionnant de puissantes inondations qui ont intercalé, à Gourdan (Haute- Garonne), des dépôts limoneux dans les assises supérieures de la grotte (Piette).
Le froid sec avait chassé la faune moustérienne et attiré le renne. Les conditions tempérées et humides de la fin du magdalé'nien chassèrent le renne de nos régions; en même temps commencèrent à se foi'mer quelques-unes de nos tourbières (Piette).
L indii'-lric niaudali'iiieitiic se rattache intimement à celle de Solnlr(''. Mais elle prit plu< (Textension : car on en tr()U\(' les vestiges en Espagne, dans presque toute la France, la Belgique, la Suisse, la Bolième, rAlgérie (?) ; en Russie et en Palestine même, la [»réhistoire a du moins des analogies de civilisation.
/e Maçonnais, 1867. — Abbé Ducrosl, lievtia des questions scienlififjues, janvier 1882. — Archives du Musée de Lyon, t. 1, 1S72. — Pictto, L'Anthropolufjie, VII, p. 129; VIII, p. 166. — H. Fisher, Anthrop., VII, p G:J."i. — D. P. Fisher, Bulletin de la Société géologique, t. IV, 1876. .
(1) Ainsi nommé de la grotte de la .Madeleine (Dordogiie), illustrée paile.s fiiallles de Lartct el Chii?ty.
A pari les belles pointes de traits, les instruinenls de silex sont les m<^nies qu'à l'époque solutréenne. La plupart sont destinés au travail de l'os : tels sont les scies, les grattoirs, les percoirs. les liiies poiiilcs à graver ((ig. l'2G).
Des pointes de silex à peine retouchées armaient, parfois les traits. On en a trouvé de si profondément fichées dans des vertèbres <le renne qu'on peut se (h'mander par quel moyen de projection l'homme l'aisait pénétrer ses dards si avant. Lesllèchesétaient aussi armées de pointes en os, très aiguës, à corps cylindrique, et à base fourchue ou taillée en biseau. Parmi les autres instruments de cette épo- G R A (\ue, on remarque des
Fig. 126. - Type magdalûmeu. Grattoir poinçons, des spatules, des ea silex; A, vu du côté taillé et retouché ; B, vu de profil; G, vu du côté poignards, etc... souvent éclaté. La poiute du grattoir peut ser- artistement décorés de desvir à graver. ^-^^ ^^ ^^.^jt (fj^ i27).
D'autres objets en os ou en bois de renne étaient destinés à la pêche : c'est par exemple une sorte d'aiguille pointue aux deux l)()ids qui lappelle les hameç^ons dont on se sert encoi-c |)()nr pécher les anguilles. Les harpons sont les plus remar- (piables:ce sont des sortes de flèches cylindriques, à base plus épaisse que le corps, et armées de crochets récui-rents d'un seul côté ou des deux côtés à la fois (fig. 128).
Un certain nombre d'outils en os servaient à la conlcclion des vêtement^ : de délicates aiguilles, semblables à de l'orh-^ aiguilles d'acier un peu apl;il ic^. pcr( •('•(•> d'un dnis d Une rt-giilai-ité ]i;u'l';iile. ('■Ijiienl de-linc'es à condre (lig. T^*.*). I);inli-e<
objets, particulièrement des lames osseuses très minces et, allongées. ;i sniTace peclinée. ont dû servira tisser les étoiles
Kig. 127. — Portrait de reuae au pâturage, gravé ;ï la pointe du silex sur un bois de renne.
(Pietle). Des disques en os, percés d'un trou cent rai, <er\ai(Mil sans doute de ])outons : leur trou devait élre obturé par une lanière Taisant une petite saillie.
Parmi le^ olijcK don! l'usage deiiKMii'e prol)lémali(pie. iiiai^
Fig. 12S. — Harpon eu corne de renne, de Laugerie-Basse ^Dordogne).
(pie leur onienienlalioii soigiu-e signale à nuire alleniion. se li-()u\('id ceux ([ue Lartet a appelés bâtons de commandement (1). et (Faulrcs nommés propulseurs {'2) j>ar M. de Mor-
(1) Les bâtons de commandement oui leur.s analogues chez les Esquimaux, où ils servent de baguettes de tambour magique. -M. Pigarini et M. Piette y voient des pièces de haroais.
(2) Le propulseur à crochet est un instrument avec lequel les Esquimaux, les Australiens et certaines peuplades de l'Equateur continuent à pousser quelque temps leurs javelots et leurs harpons après qu'ils les ont lâchés. Les traits lancés de cette façon acquièrent une très grande force et une très forte portée; la précision avec laquelle ils atteignent leur but est fort remarquable. .\ . do .Mortillot, Ilnue mens. <l<; l'E'ok d' Anllimp., 1, 1891,
lillcl. ("(Mi\-ci soni l'oniH's «l'une Ibrtc Ita^iicllc en os. Icnninée par un «rodict (lii>-. 130). Les bâtons sont ordinairemenl percés il un ou plusieui's trous : ils sont le plus souvent artislement ciselés.
Les honunes de \';\u;r du renne possédaient eerlains signes
Fig. 12'J. — Aiguille en os de la Miulelclac ^Dordogue).
i>fi'a})liiques. Les grottes de Gourdan (Haute-Garonne) et de Lortet (Hautes-Pyrénées) en ont donné de nombreux exemples : « sur plusieurs belles gravures on voit des caractères (pii sont ou bien la signature de l'artiste, ou une marcpie de propriété » (Piette). Ces caractères sont tantôt isolés, tantôt associés. Certains dessins, parfois très soignés, ne représentent aucun ol)jel di'terminé; ce sont des spirales sculptées, des cercles pointés ou radiés, des signes crucilormes; faut-il y voir des symboles ou de purs ornements de fantaisie?
Parfois l'homme ornait de représentations animales les
Fig. 130. — Propulseur à crochet eu corne de renne, orué ue gravures. Laugerie-Basse (Dordogue .
])arois mêmes des grottes qu'il liabilail : i)ar excm})lc, la grotte de Pair-non-Pair ((jironde) et de la Mouthe (Dor<logue). 11 les agrémentait aussi de peintures très grossières faites avec de l'ocre. La fréquence du peroxyde de fer dans les gisements magdaléniens a porté à croire <pie l'homme se tatouait.
Les roipiiUes d'espèces vi\anles ou fossiles sont 1res emplovées. L<' sipiclelte de Laum'eric-liasse ( l)ordoguc) en por-
l;iil un iii-and noinl»r(' au front, aux coudo. auxgenoux o[ aux pieds. Elles provenaient de la Méditerranée. Cependant la plupart des coquilles des grott<'S de la Dordogne proviennent de rOcéan et des faluns de rAnjou et de la Touraine.
Les relations coniiueiTiales du Mas dWzil et de (iuiirdan sont les mêmes cpià léjjoque solutréenne.
Le genre de vie n'avait pas notablement changé. Sans cesser dèlre chasseur, l'homme se livrait cependant davantage à la pèche.
Les sépultures el les marques de religion n'apparaissent pas encor(; : du moins aurini l'ail |iéremptoii'e n Cst apporté en ce sens.
Fig. 131. — Cràue de Laugerie-Basse (Dordogue).
L'élat physitpie de rhomm(> magdalénien est mieux connu. Le squelette de Laugerie-Basse lui découvert en 187 "2 au pied d'un escarpement de falaises, sur la rixe droite de la \'ézère (fig. 131). Il était sous un éhoulis de roches dont tous les interstices avaient été remj)lis de dépôts magdaléniens épais de |)lus d un mèlre. La cliule (\r> roches a élé la cause de la mori de ccl homme, don! r('-piiie dorsale était eneorc écrasée sous K' bloc.
A RnynnindtMi. pirs Ar < .haiicelado (Donlogne) (fig. 13"2), (laii- uiK^ iiiollc Irrs jxmi i'Ionl'c au-dessus (Tuii petit cours d'eau, un xpudelle a élé reiK'onlii' en ISSS. à 1"'(>5 de profondeur, eu (•(•ulacl a\ec le sol de lahri : un triple dépiM d'hal)ilal ion el de liui ou d inondai ion le reeouvi'ail (Hai'dv). 1/ homme
ri^. 132. — CràiJi- de Chauccl.ide ^Durdogue).
• loul les restes oui ('dé trouvés dans ce gisenu^d se I roii\ ail dan-^ un d(''pôl d iiiondalion d(''pos('' en eau lrau(|uille : le crâne en était rempli.
De lexanuMi de ces deux S([U(d(dles el de t)eaueou|) d au- Ires restes uioins in)|)oi'lanls (1) se déi^aij-e le Ivpe de riionuue magdaléineu.
Les arcades sourcilières soul l'aiMenu'nl prcx-niinenles : la l'ace esl à la l'ois élevée et large : le l'ronl. redi-essé eu l'aead*sai'i-ondit régulièremeul au somnu'l : le haul du crâne, au lieu dètre aplali, eomme dans la race nu)uslérienn(; de Néandertlial, l'orme Aoùte: les oihiles soul hautes, le nez étroil (d
'[) Ces rc3les sont des Eyzies cl de la ."Madcleiiio (Dordo^ne), dr Bnuiii|uel (Tarn-el-Garonne), do Rocheberlier (Charente), de Gourdan (Haute- Garonne). — Nous ne parlons pas ici des squelettes de Cm-Mapnon (Dordogne) et de Menton (Alpe!*-Marltimes), parce qu'ils sont d'une 6po([iie ultérieure; -M. de Quatrefagcs avait pris les squelettes de Cro-Magnon comme type de rhonime magdalénien.
ailonii"*' : l^' niàclioirc iiilV-ricnic (•<! I l'ôs piiissaiilc ; los inolaiic- (■i()i--»'iil iravaiil en .iiiii'ii' ; le inenloii est livs proriniiKMil ; les ])ranclies hori/oiilalcs de la mâchoire inlV'riciirc (livciiionl Cortcmont, à renconlre de celles do la race de ^(''andel•thal. qui tendent au parallélisme. La forme crénérale du crâne reste dolichocéphale comme dans le mousléiien -.cet allongement du crâne d'avant en arrière est surtout marqué dans le crâne de Chàncelade. La capacité crânienne est très considérable : L710".
il V a (le noiiihreux poinls de conlacl iwrr la race de Néanderthal. La taille est sensiblement la même, peut-être plus petite (Laugeric, l'"(U'.>. Chàncelade. 1"'5U'2). Cétaient des hommes courts, très ibrtement musclés, comme le prouvent les insertions musculaires à ossature épaisse. Comme les moustériens, les magdaléniens avaient le< jamljes un peu ployées et les genoux très saillants, (piaud ils éi aient debout.
Les membres inférieurs élai<'nl assez différents : les libia< sont aplatis dans la race magdalénienne ; les péronés, plus forts, pbis larges et plus anguleux cpic les péronés actuels, oui un sillon longiludiiial 1res exagéré cl I l'au'^formé en une sorte de gouttière.
D'api'ès M. de Mortillel. celle disposition des jandjes laisse supposer qu(^ lliomme magdalénien était très coureur.
Comme les caractères physiques et industriels des magdaléniens se retrouvent, bien que dégénérés plus ou moins, dans certaines peuplades (TEsquimaux, on s'est demandé si une portion de la itopuialion soliih(''eniie el iiiagdalé-nienne n a pas sui\i, dans leui- i-eiraile xcr- le iiord-e-l. les grands main mifères et le l'cnne (11.
{\) A coQsnltcr sur le magdaléuieu : Lartet et Gtiristy, Ri^Uquix AqiiltanicT. — Piette, Phases successives de la cii^Uisc.l.ion pendant rage du renne, Assoc. fraue. pour l'av. des Se, 20 sep. 1892 ; Classification des harpons, Anth. VI, p. 283; Spirales paléolithiques, Anth. Vil, 690; Notes pour servir à l'histoire de l'art primitif, Auth . V, avril 1 894 ; La grotte de Gourdan , Bull. Soc. Auth. 18 avril 1S73; Mas d'Azil, Antti., VI, 3. VII, 1. — Carlailhac. Squelette de Laugerie-Busse, .Matt-riaux... 2e série, VII, p. 224. — Hardy, Ahris sous ro.che de Reymunden, près Chàncelade, Académie des Se
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6" Faune de transition.
Industries diverses.
La i^i'aiidc Imiuidik'' t|iii siirviiil à la lin de 1 époque niai^dalt''iiit'niu> chassa le renne de nos contrées, amena une lenipérature éi^ale sur loule la l'ranee el provoqua Ti'd al )lisseinent des lourl)ières.
Indiislric azijlienne. — Le déparl du renne amena de i)rol'ondes moditications dans Linduslrie. Le t;rain de la corne du renne est très serré, la partie corticale el compacte est très épaisse : aussi était-ce nne excellente matière pour lahriquer flèches, harpons, œuvres dait. Le rcMine parti, Fhomme ent recours au bois de cerf, animal (jui était devenn très commun. .Mais le bois de cerl' est spongieux : la partie corticale, seule utilisal)le. est très mince, .\ussi les délicats harl)ons à lui cvlindriqne, faits en bois de renne (fig. l'13 à VM\) devinrent-ils lourds, épais, aplatis, (piand on voulut les l'aire eu bois de cerf. L'épais lissoir en andouillet de cerf remplaça aussi les jolies spatules du magdalénien. Entîn, l'art dégénéra rapid<Miient, la matière qui lui permettait de se développer \('uant à lui manquer.
Ainsi débuta l'industrie azylienne, qui doit son nom à la i^rotte du Masd'Azil (Ariège), où M. Pielte a si bien étudié son |)rincipal g;isement.La même industrie se retrouve à Gourdan ( liaute-(jaronne), à Tourasse (Ilaule-i iaronne). et dans (|iu'l- (jues autres gi-ottes du Midi de la l''rance. I)('s palalilles
17 déc. 1888. — Daleau, Les gravures sur rocher (U; la caverne Pair-non- Pair, Bordeaux, 1897. — G. de Mortillet, (irolles ornées de peintures et de gravures, Revue mens. Ec. d'Anth., lo janvier 1898. — A. de Mortillet, Propulseurs à crochet modernes et préhistorique!:, Uev. mens. Ec. d'Anth., 1801, p. 241. — Mitour, Station magdalénienne à Sninl-Mihiel (Meuse), Kevue mens. Ec. d'Aalh., 1897, III. — Gazali'S de Fondouco, IVtowme de la vallée inférieure du Gardon, Montpellier, 1872. — Pour la Suisse, Le Sc/tweizerhild, .\nth., VIII, p. 346. — Pour l'Espaj^ae, Grotte d'Altamira, Matériaux pour servir à l'histoire de rhomuie, 1881. — Pour l'Algérie, Catalogue préhistorique du dép. d'Oran, par l'allary, Assoc. franc, pour l'av. des Se, 1891, 1893, 1896. — Pour la Palestine, Zmnofîen...
niicicnnrs (le la Suisse cl les caNcnics (l"()liaii (Imtjssc) onl loiirni des inslriunonts analogues à ceux du Mas d'Azil.
L'instruincnl le plus (•ai'ar|('nslif[ue esl le harpon i)lal l»arl^clr en l»()i> de cciT : il es! ordinaii'cineid [)(>rc(''. ncis le l)oiil
Fig. 133 il 13G. — Iiistnimi'uts divers en os de reune. A, harpon avec barbeliires unilatérales; B, flèclie à barboiures bilatérales ; C, flèche barbelée ; D, aiguilles avec chas bien marqué.
plus large, dun trou, rond tout d'ahord et fait au poineon, puis oblong- et l'ait par entaille. On en a trouvé plus dun millier au Mas d'Azil (fig. 137).
Larl ne se manifeste plus qu'exceptionnellement.
Les silex sont de forme magdalénienne, sauf de très petits grattoirs arrondis.
On reniai-(pie jxiur la i>remièr<' fois de petits galets usés
cl |)(»lis à luno ilo lours oxirémités et ayaiil scrx i de ciscniix. Mais les objets les plus remarquables sont de nombreux i^alels coloriés avec de locre. Ou les a pris dans la rivière cl iMi \ a appli(|ué, avec un I>àlonuel, la couleur déjà préparée thuis une co'.piille ou un caillou creux. Les peinlures son! grossières et faites sans art. Les unes représentent des bandes parallèles variant de 1 à 8, des taches rondes tangentes on non au bord du galet; — les autres représentent des croix, tanlôt seules, tanlôt inscrites dans un cercle, des cercles pointés, des croix, potencées (T), des spirales, des bandes serpentales, des signes scalariformes, des lignes brisées... On y rencontre aussi des signes alphabétiques : L, E, F, I, M, hêta grec, gamma, epsilon, iota, mu, sigma; il y a des ressemblances non moins grandes avec les lettres des alphabets phénicien, cypriote, etc.. Il y a là certainemeni autre chose que de simples barbouillages, peut-être sommes-nous en face d'une éciilure rudimenlaire (Pielle).
\-"\'^. 137. — Harpoa eu corne de cerf, des paiafittes (Suisse).
M. Pielle a rencontré au Mas d'Azil deux scpielettes « inhumes après avoir <Mé déchai-nés au silex et coloriés en rouge au moyen de loci-e ». Comme ces ossements n'étaient i)as en connexion el (pu- les petits os manquaient, on peut conclure ([ue les corps, avant d'être inhumés, restaient longtemps exposés à lair libre. — Ce sont là les premières traces certaines d'actes ayant un caractère religieux.
L"agricullui-e se montre aussi. Dans la couche à gale! s du Mas dAzil. M. l^iell(> a renconir('' des coquilles de noix. i\r
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noisettes, des noyaux de cerises et de prunes diverses, des glands, peut-être des châtaignes, un petit tas de blé.
Les coquilles ornementales sont assez nombreuses ; très peu sont fossiles ; les coquilles récentes viennent de l'Océan et de la Méditerranée, L'identité de certaines coquilles simultanément employées à Menton et au Mas d'Azil inclinent à croire (jue des relations conimrrciales existaient entre les deux contrées (1).
Entre les sépultures de Menton et celles du Mas d'Azil, il y a similitude de rite luuéraire : les squelettes sont décharnés au silex, coloriés en rouge, souvent très incomplets. L'industrie dont on y trouve la trace est peu caractéristi([ue ; les os travaillés rappellent ceux du début du néolithique : il n'y a pas de harpons. De petits silex triangulaires soigneusement retouchés sont encore un point de contact avec le début du néolithique.
Ces présomptions saugmenlent encore, si l'on compare les sépultures de Menton avec celles du Cro-Magnon (Les Eyzies. Dordogne), où le même procédé funéraire, les mêmes co<juiiles, la même race se retrouvent.
Industrie coquillière. — Au Mas d'Azil, l'industrie azylienne passe insensiblement à la pierre polie par une autre phase, A côté des haipons plats, des silex de forme magdalénienne et des petits grattoirs arrondis, pareils à ceux de l'industrie azylienne, se rencontrent des tranchets, des ciseaux, des racloirs en pierre polie, mais pas de haches.
Le climat demeure excessivement humide, comme le dénu)nlie le grand nombre d'escargots d'une espèce qui ne vit actuellement ([ue dans les lieux très humides (Ifelix nenio-
(1) La coquille méJiterrauéôane commuue aux deux stations est cyclonassa neritea. A Menton, ou a trouvé des coquilles provenant soit des terrains uunimulitiques de Valognes (Manche), soit du pliocène d'Antibes; d'autres provenaient de l'Océan Atlantique. — Un autre point de contact entre Menton et le Mas d'Azil est l'abondance des canines de cerf commun ayant servi de grains de collier.
OIUGI.NES 22
ralis) : ce mollusque avait une large place dans ralimentation. Les meules à moudre le grain étanl nombreuses, on en conclut que les céréales aussi servaient à la nourritm'c de lliomme. Les fruits étaient très appréciés : glands, noisettes, noix, piiines. Les noyaux de prunelle sont si nombreux qu'il est probable que Thomme employait ce fruit immangeable pour préparer une liqueur fermentée (Piette).
Les coquilles récentes sont les seules employées dans rornementalion : elles proviennent des deux mers. (H. Fisher.)
Fig. 138 à 141. — Petits silex de formes géométriques, de? stations tarde-
noisiennes.
Ailleurs, l'industrie revêt d'autres formes. De petits silex à formes géométriques caractérisent l'industrie Tardenoisienne (1) (fig, 138 à 141). Cette industrie a été signalée en France, en Belgique, en Angleterre, etc.. (De Mortillet.)
Indiifstrie campigmjenne. — L'industrie campignyenne, ainsi appelée du nom de la colline de Campigny, près du
(1) Ainsi nommée par M. de Mortillet, parce que les environs de Fèreen-Tardenois (Aisne) en ont des gisements.
Blangy (Seine-Inférieure), est celle qui se troitve dans les plus anciens kjœkkenmeddings (1) (fig. 142) (débris de cuisine) du Danemark et à la base des tourbières de Picardie. Elle fut connue dans une grande partie du Nord et de FOuest de la France.
A côté de très nombreux grattoirs se trouvent deux instruments caractéristiques : le tranchet et le pic. — Dans le premier (fig. 143), le tranchant, biseau simple et transversal, se trouve à l'extrémité la plus large de Tinstrument. Le pic est un rognon de silex taillé à grands éclats sur toutes les faces et très allongé : il se termine en pointe ou en biseau à ses extrémités. — Les formes caractéristiques de cette industrie persistent plus ou moins dans le néolithique mêmele plus récent, maisavec une forte réduction des proportions et une taille beaucoup plus soignée.
La poterie est très usitée à Campigny, mais elle est grossière et mal cuite ; elle est pétrie à la main et ne porte aucun ornement.
Grâce aux meules recueillies dans les foyers de Campigny, nous savons que les céréales entraient pour une certaine j)art dans ralimentation.
Les races humaines, en France, étaient alors très proches du type magdalénien. Leur stature, plus élevée, dépassait la moyenne. L'homme de Menton (qu'on peut voir au Muséum
Fig. 142. — Pic dos Kjœkkeiiineddini;».
(1) D'après l'examen des os provenant des repas de l'homme des Kjœkkenmeddings, 00 croit pouvoir affirmer que le chien était déjà domestiqué. Il ne reste en effet que les os qu'un chien ne peut ni avaler ni briser, et lesépiphyses en sont soigneusement rongés.
de Pari^) mcurail l"'73-2. Le vieillard de Cro-Magnon avait luijl ■ cependant Tadulte de la môme sépulture n avait «lue 1">657. ce qui le rapproche de la moyenne magdalénienne. Les autres caractères indiquent du reste une paren é rès proche : le crâne du vieillard de Cro-Magnon (fig. 146) lès dolichocéphale, a une capacité moyenne de 1.5<)0 centimètres
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