Tranchet eu ?ilex <\c Campigny
Fig. 144- -- Cràuc de Cromiisuou.
cubes : le front est large, vertical, bombé ; les ai.s sourcih .ont bien développés et la racine du -z est depnm^^^^^^^^^^ orbites sonttrèslargesetrelalncmentpeuele^e..Lamac^m^^^^
inférieure est massive, et le menton très sadlanl. - Les Ub^^ sont aplatis, et les péronés ressemblent a ceux de 1 époque magdalénienne. Toute l'ossature est très robuste. - La femme de Cro-Magnon avait le bassin très large.
En résumé, la race qui habitait alors la France était u i-acc d'hommes à taille élevée, doués d'une intelligence e, dune vigueur supérieures à la moyenne actuelle (1).
O.A cousuUer pour les ^^^^ ^^J^r^GlrS.r.r^t; Classification des harpons, Anth. VI. p. 283 ^^^^ ,
d^Azi. Anth. VU. 4. p. 635; Plantes cult^vees ^" ^«V .^/^^ .^f'^^j ,. p 129. - H. Fisher, Coguilles de la fjrolte du Mas ^'^^l;'' f ^^^^g, ;",4, p 633 - sur la Tourasse.Harlé. Anth. V. p. 402 - D Ar^^^' ^^-'P^J^^t P' ^ iK K ih VII n 309 -Grotte des. LizierAnege), M. Regaauit.
— Cartailhac. Auth. Vil p. àu\>. uiuti-^ Frnsse Boule, Les
- Grotte de Reilhac ^Lot), Boule et Cartailhac. - En Ecosse. Bouie,
7" Faune actuelle.
A. Industrie robenhausienne ou de la pierre polie (néolithique).
Après une courte période encore fort humide, durant lacpielle se formèrent les tourbières, le climat et la faune devinrent à p'^u près ce qu'ils sont de nos jours.
Une révolution industrielle, sociale et religieuse s'accomplit. Déjà, dans la période précédente, on en pouvait saisir les signes avant-coureurs. Elle fui causée par l'invasion en Europe et en France de nouvelles races venant de l'Est.
La hache polie (fig. 14.")) est l'instrument typique de cette époque. Ses dimensions varient de 0,14 cent, à 0,50 cent. La matière est des plus variées : le silex est le plus commun : mais on remarque des roches précieuses, comme la jadéite, la fibrolithe. la chloromélanite , etc.: I( roches tendres étaient aussi employées.
Plusieurs de ces haches n'étaient que des objets de luxe.
Pour faire une hache, on lébauchait tout d abord, en tail-
F)fr. 143. — Hachi; polie type néolithique.
cavernes d'Oban, Anth. VII. .3. p. 319. — Grottes de Menton, Rivière, De l'antiquité de Chomme dans les Alpes Maritimes, 1878-88.
Industrie tardenoisienne : A. De MortiWet, Revue mens, de l'Ecole d'Anlfi . Novembre 1896.
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lanL sur les doux faces un rognon do silex : puis une Laiile plus fine donnait la forme définitive. Ainsi préparée, la hache élait frottée sur une pierre siliceuse ou gréseuse très dure. Pour rendre l'opération plus rapide, on installait du sable mouillé entre la hache et le polissoir. L'usure produisait sur le polissoir des rainures plus ou moins profondes. D'ordinaire les polissoirs étaient portatifs : quelques-uns sont fixés au sol et atteignent un volume de plusieurs mètres cubes.
La hache de pierre était emmanchée (fig. 146). Le talon
Fig. 146. — Hacbe emaiancbée dans uu bois de cerf (Palafitte de Goucise)
s'engageait dans une gaine ou douille en bois de cerf que traversait un manche de bois. A la fin du néolithique, les haches marteau étaient souvent percées d'un trou par lequel le manche se fixait : on le perçait avec un roseau mis rapidement en rotation, et qui, à l'aide du sable mouillé qu'il mettait on mouvement, creusait des trous circulaires.
Le polissage s'appliquait aussi aux ciseaux très étroits et allongés, aux gouges à tranchant concave. Les autres instruments ne sont qu'exceptionnellement polis : ce sont des pics, des burins, des perçoirs, des grattoirs variés, des couteaux, des pointes de lance, des poignards, etc.
Vers la fin du néolithique, les pointes de lance et les poignards sont de vraies merveilles, on Danemark surtout (fig. 147). Les pointes de flèches affectent assez souvent des formes
soluti'ôeniies; mais, oïdinairemeiil, elles sont de peLile taille, et elles présentent un pédoncule et deux ailerons ou barbelures latérales. Les flèches étaient lancées avec un arc en bois
Fis- HT- — Piiiaiiard en silex.
dir. dont on a trouvé quebiues exemplaires dans les palafittes. Une autre pointe de flèche, fréquente à la fin du néolithique, a l'aspect d'un petit tranchet campignyen (fig. 148 à 155). Les inslrnmenl< en os el en bois de cerf sont peu variés.
Fig. 148 à 13.0. — Pointes de flèches eu silex. — A et B, pointes à ailerons et pédoncule ; C, pointe à ailerons sans pédoncule ; D, E, flèche emmanchée, de profil et do face, trouvée dans un marais tourbeux de la Suisse ; F, flèche emmanchée de l'Amérique septentrionale ; G, flèche-ciseau emmanchée; H, pointe de flèche, avec bitume, d'une palafitte de Suisse.
Outre les emmanchures de haches, il y a des poinçons, des lissoirs, des ciseaux, des pics, des hameçons (fig. 156).
La façon dont les hommes néolithiques exploitaient et taillaient la pierre dure, surtout le silex, est Iras remarquable. De véritables puits étaient creusés dans le calcaire pour
alloindre les bancs do pilox (Mur do Bnrroz, Avoyron). Los gros blocs do silox, oquarris prôalal)lomoiit, rournissaiont d(« noinbioiisosolbolloslamos dosilox ayant jusqu'à 40centimôtros i\e longueur, qui étaient oxportôos ol échangéos. C'est ainsi (lu'on trouve des lames de silex du (Irand Pressigny (Indreet-Loire) par toute la France, et même en Suisse, à Robenhausen par exemple. Les nucleiis, connus des paysans sous le nom de livres de beurre, étaient abandonnés dans les terres ou bien étaient taill('>s et polis pour l'aire des bacbes.
La poterie, pétrie à la main et iorl mal cuite est très employée ; les vases sont souvent de grande dimension :
des dessins géométriques d'assez bon goût on font rornement. Quoique peu artistes, les bommes néolitbiques ne dédaignaient pas les colliers et les plaques pectorales ; ils utilisaient à cette fin des dents d'animaux, des coquilles actuelles, soit entières, soit découpées, des pierres précieuses, comme la callaïs (sorte de turquoise) et la jadéite.
Ils tissaient des vêtements de lin et de cbanvre et faisaient des fdets pour la pêcbe. Mais l'élevage du bétail et l'agriculture étaient leur principale ressource. Le chien, le bœuf, le cbeval, le porc et la chèvre étaient domestiqués : le blé, le millet, diverses plantes oléagineuses, le pommier, le noyer, le framboisier, etc.. étaient cultivés. II est probable qu'ils l'.iisaiont avec les framboises une liqueiu' fermentée, car on trouve dans les ])alafittcs leurs graines accumulées en grand nombre, comme si ces fruits avaient été comprimés pour en faire sortir le jus. Eu devenant agriculteur, riiomme eut nécessairement vme habitation stable, et il lui fallut défendre ses biens eonti-e les
Fij:. 150. — Hameçou moilerne (mer du Sud).
envahissements des autres hommes. Cest pourquoi le? néolithiques monti'èrent des habitudes guerrières, se réunirent en des sortes de élans, et eherrhèrent à rendre diffieilelaccès de leurs demeures. Dans ce but. ils eonstruisirent des camps retranchés sur les lieux élevés, comme à Catenoy (Oise), et élevèrent sur les lacs des demeures sur pilotis, appelées palafitles (fig-. 157). Très infrénieux étaient les j)ror-édés uti-
Fig. 137. — P.ilnlitte oncienne des lac? de Siii.-se, restituée d'après les pulafittes modernes do la Nouvidle-Guluée.
lises pour construii-e leurs ha])ilations sur leau : ils enfonçaient verticalement dans la vase un certain nombre de pieux, dont ils assuraient la solidité ])ar un amoncf'llemenl de pierres à la base de chacun ; puis ils en étendaient d'autres horizontalement, maintenus au fond par des grosses pierres: dans leurs interstices, de nouveaux pieux verticaux venaient se fixer: enfin là-dessus, s'élevait un plancher recou- A'ert d'un toit, mis en communication avec la rive soit par une étroite passerelle, soit par \me légère embarcation.
Les néolithiques avaient un grand respect pour les morts. Après une première sépulture, lorsque les chairs avaient
— ;uo —
disparu, les ossemcnls dos morts étaient transportés dans des ossuaires. Les dolmens (1) (iig. 158), les allées couvertes ont été bâtis dans ce but : des cavernes sépulcrales ont été creusées pour la même lin. Les squelettes sont ordinairement
Fis. 138.
Dolmen.
incomplets, et les os ne sont pas dans leur connexion naturelle. Assez souvent, même, les os sont pele-môle, et les crânes (2), seuls, sont disposés avec symétrie au milieu de lossuaire.
Si Ion connaît bien la destination des dolmens, il n'en est pas de même des menhirs ou pierres levées (fig. 159). Lorsqu'ils sont isolés, ce sont peut-être des monuments commémoratifs, bornes frontières. C'était peut-être à leurs pieds que les premières sépultures étaient faites, avant que les ossements fusscmt déposés au dolmen. Mais parfois on les trouve en alignements énormes, comme à Carnac (Morbihan),
(1) Des mouumei)ls analogues ont été rencoutrés dans l'Amérique du Sud, aux Indes, en Syrie, en Palestine, dans le Caucase, la Crimée, la Suède, l'Angleterre, l'Espagne, la Corse, l'Algérie, Chypre, etc.; on en construit encore a Madagascar.
(2) Une bizarre coutume, qui a peut-être une origine religieuse, est la trépanation, c'est-à-dire l'ablation d'une notable partie de la boîte crânienne, tantôt durant la vie, tantôt après la mort. C'est avec une scie de silex que l'opération était pratiquée. Parfois ces fragments de crâne ont été portés comme amulettes.
ou en cercles (cromlech) : alors on ne peut rien conjecturer de leur destinalion.
C'est seulement dans les monuments mégalithiques que l'art néolithique s'est manifesté. Les cupules, bandes serpentales, signes navilbrmes, courbes concentriques, enroulements bizarres, haches emmanchées ou non, grossières
Fig. 159. — Type do men-hir. Pierre levée du Croisic (Loire-Iaférieure)
figures de femmes (grottes de la vallée du Petit-Morin. Marne), ornent parfois les pierres des dolmens, des menhirs et les parois des grottes sépulcrales.
Les modifications intervenues dans l'état industriel, social et religieux de la population européenne, ont eu leur cause dans l'invasion d'une nouvelle race brach ycéphale (à tète courte) (fig. 160 et 161). Elle s'est alliée aux populations dolichocéphales autochtones et a formé de nombreux métis. Dans la grotte de FHomme mort (Lozère), sur 19 crânes, 17 sont doli-
cliorôpliales, "2 seuloinenf sont mésalicépbalcs et révMont rintluonce de la nouvelle race. Les os longs la décèlent aussi : les tibias et les péronés ne sont pas tous aplatis comme dans les races magdaléniennes ; les fémurs cl les humérus iTont pas les inserlions musculaires toujoui-s aussi manpu'^es.
Les sépidtui'es de Baumes-chaudes, (pii sont loutàfait delà fin du né()iill(i(|ue, cl (|ui oui <léj;i (juchiucs ohjcls de métal.
FJg. 160 et 161. — P., dnlichocrphM-le; A, lirnchycéphale.
nous donnent, sur 688 crânes mesurés, 397 dolichocéphales, 14G bracdiycéphales, et 145 intermédiaires. La taille est de 1"'6L Le Iront n'est pas très large ; les sutures sont peu compliquées ; mais la capacité crânienne est grande.
Les grottes sépulcrales du Petit-Morin (Marne), qui dateni de la fin du néolithique, nous donnent, sur 44 crânes mesurés, 15 dolichocéphales, 12 brachycéphales, 17 intermédiaires : la capacité ci-auienne moyenne est de 1.535 centimètres cubes pour le sexe mascvdin, de 1.407 centimètres cubes pour le sexe féminin. Les caractères de la race magdalénienne soni donc très atténués.
La civilisation néoHthi<(ue ou des civilisations analogues existent encore dans la plupart des îles d'Océanie.
L'Amérique, toute l'Europe, le nord de rAfricpie (Algérie, Egypte), la Palestine. l'Asie mineure, les Indes, Tlndochine, le .lapon, etc., ont connu la civilisolion né()lithi(|ue (1).
(l) A. consulter. Pour l'Amérique: de Na,dii\\\a.c,V Amérique préhistorique 1883, Paris; Les Cliff dwellers, Revue des quest. scient, octobre 1896. —