Industrie des métaux
l" Age du viiivre. — L'homme dut rcconi'ir d'al^ord aux métaux qu'il liouvail à lélal ualiC. Trois métaux seulement se rencontrent communément à l'état natif: l'or, l'argent et le cuivre. Mais l'or et l'argent étant relativement rares, l'homme dut, de préférence, employer le cuivre.
Cependant l'Europe ne connut point, à proprement parler, d'âge du cuivre. C'est le bronze, alliage de cuivre et d'étain, qui fut le prt;mier métal employé. En Amérique, où le cuivre natif est très abondant, l'usage du (uiivre précéda celui du bronze. En Europe, certains objets semblent indiquer, à une certaine époque, l'usage prédominant du cuivre ; mais il ne faut pas s'y tromper : les objets où le cuivre domine conservent des traces de bronze. C'est qu'alors l'étain étant venu à manquer par l'interruption des relations commerciales avec l'Orient, les fondeurs coulaient le cuivre pur en y ajoutant une faible dose d'alliage ancien.
'2" Age du bronze. — Le bronze pénètre en Europe à la fin du néolithique, sans que la pierre polie cesse d'être en usage. Il y est importé par des commerçants venus de l'Orient. Deux arguments nous démontrent l'origine orientale du bronze : 1° L'usage du bronze a dû commencer là où le cuivre et l'étain se trouvaient à la fois à la portée de l'homme. Or, si le cuivre est partout, soit à l'état natif, soit à l'état de minerai, létain est assez rare ; les gisemeuis d élaiu sont très dissé-
Pour la Fraucc : Du Chatellier, La Poterie aux époques prrhistorique et gauloise en Armorique, Paris, 1897. — Salmou, Ethnologie préhistorique : dénombrement et types des crânes néolithiques en Gaule, Paris, Aican, 1896. — G. De .Mortillet: Boissons fermentées, R>ivue mensuelle de l'Ecole d'Anth. Ici septeaibrt; 1897. — En Egypte, de .Morgan et Sal. Reinacli. — Eq Sicile, Patroni, Anlh. VIII, p. 129. — Eq Indochine: Mission Pavie, Anth. VII, p. 0.56; voir collection Di'Capitau. — Eq Phéuicie et Syrie: abbé Moulier. La Nature, 2'6 juillet 1897. AnCh, VII, p. ')71. — Zumolfen, l'Age de pierre en Phénicie. Anth. VIII. i. — EnHussie: Anth. Vit. p. 64. p. 345. p. 730.
minés en Oçcidont, ils sont, au oonirairo, 1res répandus (Mi Orient. Les fondeurs, eniporlanl avec eux une petite charge d'étain, trouvaient ensuite sur place le cuivre qui entre pour 3/10 dans Tialliage. Dès leur première apparition en Occident, ils furent en étal de couler un bronze très pur. — 2*^ Dans la première époque du bronze, les poignées des armes et des bracelets supposent des mains très étroites et des os d'avant bras très peu développés. L'homme» néolithique de l'Europe était au contraire fort robuste. C'était donc pour des mains et des bras d'une race indienne que ces instruments étaieiil fabi'iquV'S.
La lente infiltration des marchands orientaux dans la vieille
Fig. 162 à 16o. — Haches en bronze. A, à bords droits; B, à talons; G, ;'i ailerous; D, à douille.
race néolithique, produisit une révolution industrielle et religieuse, sans atteindre les caractères ethniques.
Le bronze, substitué peu à peu à la pierre, permit de fabriquer des haches qui étaient tout à la fois des outils très utiles et des armes terribles. D'après les formes de la hache (fig. 1G2 à 1G5), M. de Mortillet distingue deux époques: dans l'époque moryienne, on distingue la hache à bords droits, puis la hache à talon; dans l'époque /«/vîf/w/jeri/en, la hache à ailerons et la hache à douille se succèdent. — Statuettes ornées,
cannes à anneaux mobiles où tinlinnabulums(fig. 166), bracelets, colliers, ciseaux, couteaux, rasoirs, aiguillés, hameçons, harpons, armes diverses, ustensiles, etc. : fols sont les objets trouvés principalement dans les cachettes. Une modification importante se produit dans le 'Dite des moris : l'incinération remplace la doulde inhumation néolithique. La crémation se répand tellement, que Ton a considéré les fondeurs de bronze comme des missionnaires religieux très zélés pour la propagation d'un culte nouveau. Cependant, les vieilles populations résistaient en partie à celte propagande, car dans les causses du midi de la France, aussi bien que dans la Bretagne et sur les Alpes, les inhumations dans les grottes et les dolmens se maintinrent à côté de l'incinération.
Au point de vue ethnique, les modifica. lions furent insensibles. Quoique la crémation nous ait privés d'une multitude de documents anthropologiques, il nous en reste assez pour affirmer que le type européen reste le même. La race à petites mains et à bras min<-es se fondit dans la race autochtone : ce fait lui-même prouve que le bronze fut importé j)ar un petit nombre; de commerçants étrangers. Ils étaient si peu nombreux qu'ils avaieiil |)eine à défendre leur vie et leurs richesses. Ils habitaient le plus souvent des palafiftes : leurs demeures sur la terre ferme étaient rares et retirées. Pour sauvegarder leurs richesses, matière première et pièces fabriquées, ils les enfermaient dans des cachettes : M. de Mortillet a signalé près de 500 fachettes. découvertes flans 68 déparlements de la France.
Fig. 166. - Tintiunabulum de bronze, des palîifittes du lac du Bourget (Savoie).
3° Age du fer. — Le fer nous est vraisenddablement venu d'Egypte. Les premiers monuments d'Egypte, qui remontent après de 5.000 ansavant Jésus-Christ, laissent supposer que le
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fer était déjà connu. A létal d'acier, il avait dû servir à tailliMles belles statues égyptiennes en syénite et en porphyre. Du reste, il a élé trouvé en nature, tiuoicpu' |)(MI abondant, dans les plus anciennes pyianiides. lîépuh- impur, |)arce (pi'il se rouille, il était un peu dédaigné.
Les minerais de fer sont très communs en Egypte et dans loute TAfrique. Dès Fàge de pierre, la limonite était employée pour fabriquer des haches : comme la limonite se réduit aiséuicnl au feu, la chute d'une hache dans un foyer dut révéler de hoiuie heure aux Africains la métallurgie du fer. Aussi, lindustrie du fer succéda-t-elle, sanslintcM-médiaire du bronze, à celle de la pierre, sur toutes les terres alVicaines.
Ce fut vers le xvu'^ siècle avant notre ère, (pie les Etrusques et les Sardes, en guerre avec les Egyptiens, connurent le fer et en apportèrent l'usage en Italie. Les relations commerciales, établies dès lors entre la France et l'Italie, ne tardèrent pas à nous apporter le fer. Vers le xiv" siècle avant notre ère, les fondeurs suisses incrustaient du fer comme ornement dans les beaux bracelets de bronze : le nouveau métal ne tarda pas à se vulgariser
M. de Mortillet divise l'âge du fer en deux époques : l'hallstattien et le marnien. — Ullallslatlien tire son nom des mines de sel de Halls latt, en Autriche. Les fouilles, opérées dans les anciens cimetières de Hallstatt, montrent qu'il y avait là un centre de commerce très actif entre le sud et le nord de l'Europe : on allait chercher l'ambre sur les côtes de la Baltiqiu' et de la mer du Nord. L'itinéraire des commerçants est liacé sur une carte d'Europe par les ri^sles, couteaux, cistes, ambre et corail, (pie les voyageurs semaiimt sur leur passage. — Le Marnien, ainsi nommé des cimetières de la Marne, nous conduit jusqu'au iv' siècle avant notre ère. Du moment où les monnaies antiques bien datées font leur apparition, nous entrons dans le domaine de l'histoire (1).
(1) Cf. de 'SlorUWet, Formation de la nation française, p. 2.o3-273. L'auteur nomiue proiohistorique le temps qui s'écoule depuis l'appariLiou des
Nous îivons longuement exposé les laits lévélés par les recherches des préhistoriens. Il nous reste maintenant à les interpréter. L'homme a-t-il toujom-s été' identique à lui-même à travers tous les siècles? Soit au [loinl d(^ vue du corps, soit au point de vue intellectuel, industriel, social, religieux, il a passé par des phases diverses qui marquent une évolution et un progrès. Mais ce progrès n'a point changé sa nature. Toujours foncièrement le même, à mesure qu'il jnanrc. l'hoinnic fait plus valoir ses facultés.
f, III. — iDKNTrri': du type puvsioli; de luo.mme