PLANÈTE
Fig.
— Lue planète eu voie de formation au milieu de l'anneau nébuleux, d'après M. F^ayc.
zone pierreuse, dont la solidification a formé la première croûte terrestre : — une zone niêlalli<pie, encore en grande
pallie li((uide sous récorce peu épaisse (jui la recouvre, Ouand la surlace de la zone pierreuse lui solidifiée et refroidie, les vapeurs se condensèrent et formèrent les océans. Après un temps dont il est impossible de mesurer la durée, les conditions propres à la vie furent réalisées, et les êtres vivants apparurent.
L'apparition de la vie mai([ue le délnil (le< ères géologiques t[ue tout le monde connaît : '*^'
primaire, secondaire, tertiaire, ({uaternaire. Fig- ^- — tilobe
Les climats .et les saisons se dillerencient P ane aire [
avec un aoueau peu à peu. L'atmosphère, d'abord très chargée qui formera uu
de vapeurs, s'éclaircit par degrés et laisse satellite {s). enfin les rayons directs du soleil pénétrer jusqu'à la surface du globe. Les êtres vivants se perfectionnent à mesure qu'ils se multiplient. Le Règne végétal, plus dépendant des conditions du sol. -uil |tarlieidièrenient wne marche progressive
V'ig. 5. — Etat que dut présenter la Teire, lorsqu'elle se cuudeusa et passa à létat stellaire.
très lente. Les cryptogames paraissent seules tout d'abord encore sont-ce les plus infimes (jui viennent les première*
(fig. 7); les gvmnospormcs siiivonl les rougères ; los monocol vlédonos couv rcnl les conlineiits secondaires : les dyco- Ivlcdones, parmi lesquelles on remai'qnc les graminées, ne règneni pleiiiemenl cpie diiraiil l'ère lerliaire.
Fijj. G. — D'après M. Fayc, les plain'tes inférieures soiit formées avaut les piaDêtes supérieures.
En môme lemps, les continents se dessinent. Lémersion très aecentnée des rég-ions dn nord rejette les Océans vers le sud. Ai)iès de multiples oscillations de Fécorce terrestre, les lignes <^éographi<pies actuelles paraissent détinitivemeni arrêtées (1).
3" Depuis l'apparition de /'homme jusqu'à nos Jours. — Suivant toute probabilité, c'est au début <le Tére quaternaire que l'Homme a été créé. Les conditions biologiques de milieu étaient alors sensiblement les mêmes qu'aujourd'hui. Combien de temps s'est écoulé depuis que l'homme a paru ? Nous verrons plus loin qu'on ne saurait assigner aucune date certaine. Tont au |)lus peut-on affirmer que son antiquité est
(1) Voir le Trailc de Géologie àc M. de Lapparent, Paris, Masaon.
bien inféiiruro à relk' (|iic lui donnenl les fables orieiilalc- el même les calculs de certains anlhropologisles.
Celte esquisse rapide de l'histoire du monde soulève plusieurs qiiestions.
Voici la preniit're : Ouel est le degré de probal)ilité de chacune de ses parties ?
La première phasi'. qu'un peut ap[)ek'r astronomique, est simplement une hypothèse scientifique, car les éléments qui
F'g. T. — Paysage des temps carbouift-res. Sur uu sol très humide, à peine émergé, croissent d'énormes fougères dont les débris amoncelés formeront la houille.
la composent ne sont objci ni d'observation, ni d'expérimentation. Mais c'est une hy[)othèse fort sérieuse en faveur de laquelle militent les plus graves raisons. — Il est plus glorieux à Dieu d'avoir créé les mondes en leur donnant une impulsion primitive (pii contenait en principe toutes les évolutions de l'avenir, que de les avoir formés un à un dans l'état où ils se prése^itent à nous. — Les mondes ne nous apparaissent point dans un état stable, mais bien dans un étal d'évolution qui les achemine tous vers une limite : les étoiles se condensent et
|)or(lcnl (le leur chaleur: les planètes, (jui lurent de petites flctiles. se relVoiilissent constanunent. el< ... — Le ciel nous présente îles astres dans tous les stades (uie suj>p()se la irrandiose évolution du monde j)liysi(pu' (liii^. 8) : des nébuleuses, des étoiles à tous les deii^rés dincandescence. des planètes à croule solide, des satellites complètement refroidis. — Pour ce qui regarde le monde solaire. au(|uel nous appartenons et <|ui est pour nous comme l'image des mondes stellaires inaccessibles à nos recherches, son évolution se base sur les
Fig. 8. — Nébuleuse eu spirale.
raisons suivantes : toutes les |)lanètes tournent sensiblement dans le même plan, comme des masses détachées de Itupialeur solaire : elles offrent le même mouveuiciii de révolution d'oc- «idenl en orient (fig. 9j ; elles ont toutes la même composition chimique comme des fragments enlevés à une même masse primitive.
Nous aurions donc mauvaise grâce à rejeter une hypothèse si fondée en laison. D'ailleurs, malgré des variantes dans lès détails, elle est désormais reçue parmi les savants. (Test un point ac((uis cpic liinivers physique s'est formé par l'action lente des lois naturelles sui- une matière primitivement distribuée en nébuleuse chaotique.
La seconde phase, quOn peut i\\)\H'\çv gt'olofjifjiic. nC^I [>lus (lu domaine des hypothèses : elle est entrée dans le domaine de l'histoire. Les géologues, en elTet, ont lu le passé de la Terre dans les couches de Técorce comme dans autant de feuillets où les phénomènes anciens ont été fidèlement enregistrés : ces feuillets ont été interprétés à l'aide des phénomènes dont nous sommes actuellement témoins. Si l'histoire géologique de la Terre est encore parsemée de solutions hypothétiques, ses grandes lignes sont fixes désormais et certaines.
Fig. 9. — Distribution des orbites planétaires autour du soleil. Ces orbites, sensiblement circulaires, sont voisines du plan de-l'écliptique. Les planètes accomplissent toutes leurs révolutions de l'ouest à l'est ; les satellites de même, sauf ceux d'Uranus et de Neptune.
La troisième phase, «[u'oii peut appeler la phase humaine. présente encore bien des points obscurs. Un point cependant semble hors de doute, c'est que l'homme remonte au delà de dix à douze mille ans, c'est-à-dire bien au delà de ce qu'on avait généralement admis jusqu'à présent parmi nous.
Peut-on évaluer, en chiffres absolus, le nombre de siècles écoulés depuis l'instant de la création '.' Non : car les calcnls
inanquoraionl do donnée? solides ; il laiidrail partir de données hypolhéliques (1). O qui est certain pourtant, c'est que
Fig. 10. — Éléments organiques de la craie aperçus sous un fort grossissement. Les globigérines apparaissent groupées en colonies.
des millions dannées, peut-être de siècles, nous séparent du mouvement imprimé à la première nébuleuse. La phase géologique a été très longue : au dire de Dana, elle aurait duré près de 50 millions d'années {'2). La phase astronomique ne peut être l'objet d'aucun calcul.
(1) Ainsi M. Paye, parlant de la formation du Soleil, dit qu'il a dû se condenser pendant 13 millions d'années, depuis l'état de uébuleuse solaire jusqu'au temps actuel. Mais il suppose pour cela que le Soleil a rayonné constamment la même quantité de chaleur qu'aujourd'hui. Or ce point de départ ne peut pas être vrai : la nébuleuse solaire était trop froide au commencement, trop peu différente de la température ambiante, pour perdre tant de chaleur. Dès lors, c'est un nombre bien plus élevé que 1^) millions d'années qu'il faut assigner à la durée de la condensation du Soleil. Voir Orirjinc du monde, p. 224-228- — Lord Kelvin (W. Thomson), dans ses conférences sur la chaleur solaire, part de même de données hypothétiques ou contestables, [(conférences scientifiques, p. 236-237, Paris, Gaulliier-Villars.)
(2) Voici un exemple du procédé que suivent les géologues pour apprécier la durée. A Paris, sous les alluvions de la Seine, la craie a 540 mètres
Enfin colle (héorio de la formalion nalnrelle de lunivers n'infirme-l-elle point la preuve de l'existence de Dieu Urée de l'ordre du monde ? — Pour être repousî^ée jusqu'au commencement des choses, l'action divine n'en est pas moins nécessaire ; elle est nécessaire pour la création de la matière, elle est nécessaire pour l'origine du premier mouvement, elle est même nécessaire pour expliquer comment une première impulsion contient l'ordre qui se réalise dans la suite de l'évolution. Si Dieu n'a pas ordonné les astres par un acte immédiat de sa toute-puissance, il a dû les ordonner par un plan conçu dès le commencement : et l'ouvrier est d'autant plus admirable que son intervention est plus lointaine.
% II. — La cosmogonie biblique
De toutes les cosmogonies que nous a livrées l'anticpiité, la plus vénérable à cause de l'inspiration qui a guidé l'écrivain sacré, la plus riche par la beauté intrinsèque du récif, la plus pure par la doctrine monothéiste quelle professe explicitement, c'est la cosmogonie mise en tète du livre de la Genèse. Elle est contenue dans le premier chapitre. Nous allons en donner la traduction, faite sur le texte hébreu fl).