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LES TÉMOINS

Toute accusation doit être accompagnée de preuves et confirmée par des témoins. Cela est tellement dans l'ordre des choses, que l'on ne saurait douter de l'existence du témoignage juridique chez les anciens Aryas. Cependant les noms spéciaux du témoin diffèrent en sanscrit et dans les langues européennes, ou n'offrent que des analogies d'une nature trop peu précise. Ainsi au sanscrit §nâtar} témoin, et garant, répond bien le grec yvcûorqç , garant, ainsi que le latin co-gnitor} défenseur, avocat, mandataire; mais partout ces termes signifient celui qui connaît, et dérivent respectivement de <fnâ, yvoùfju, co-gno-sco, de sorte qu'ils n'impliquent pas nécessairement une origine commune. Un fait du même genre se reproduit pour un groupe européen qui se rattache à la rac. vid, scire, restée vivante dans la plupart des langues. Ainsi :

Gr. *0T6>£, témoin, de $o>, îïiïa), rac. Ft^, par conséquent pour Y^Tûùf. Cf. scr. vêttar, pour vêdtar, connaisseur, sage.

Irl. Jiadh, témoin, fiadha,jiadhnui8e9 témoignage; anc. irl. fiadnUse (Zeuss, 22). — Cf. fiodhaim, dire, raconter, faire savoir = scr. vêday, narrare, causât, de vid.

Goth. veitvôds, témoin, veitvôdi, témoignage, veitvôdian, témoigner, d'après Grimm (D. R. A.} 857), de veitv + ôds, suffixe; anglo-sax. ge-wita, ge-vritnes, scand. vitni, anc. allem. gi-wizOy témoin, etc., de vitan} wizan, scire*

Ane. slave sû-vëdëtett, sU-véstett, testis, russe svidieteli, id., tetiy suffixe = scr. tf> tar, illyrien svjedok, pol. swiadek, témoin ; cf. anc. slave vëdokû, gnarus, et vëdëti, scire, videtù videre, etc.

Bien que les formations diffèrent, et que la racine subsiste partout, l'accord général des dérivés, quant au sens spécial, peut faire présumer, tout au moins, l'existence d'un ancien nom du témoin se rattachant à la rac. vid.

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