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LES FÊTES EN GÉNÉRAL

Les fêtes, comme expression de la joie, sont partout l'indice d'une existence calme et heureuse. Elles constituent comme

1 Cf. pour les cérémonies du mariage, etc., p. 17, note 3.

les fleurs d'un développement organique social régulier, et c'est là ce qu'exprime très-heureusement le grec B'AXiet, à la fois fleur, bonheur et fête. Mais, par cela même, elles disparaissent aisément par l'effet des perturbations sociales, et le souvenir s'en eflace bien vite dans le trouble et les changement des migrations lointaines. Aussi aucun nom spécial des anciennes fêtes que célébraient sans doute les Aryas ne s'est-il conservé, et c'est à peine si quelques termes généraux paraissent encore témoigner de l'existence de la chose ellemême.

l)Legr. koçTtj, ion. oçTtj, fête, divertissement, a été rapproché par Pott du sanscrit vrata, vœu, observance, de vr, var, eligere, avec le sens, pour le grec, de jour choisi et consacré (Et. F., I, 224). Benfey, qui adopte cette explication, voit de plus dans îoçTrf, pour FtFoçTtjy une forme redoublée ou intensitive ( Gr. WL, I, 323). Au grec oçrrjj pour FCfTij, répond très-exactement l'irlandais fairtlie, fête, de sorte que ce nom est sûrement ancien. On pourrait aussi conjecturer un rapport avec le scr. vivarta, danse, de la rac. vrt, vertere, les danses étant l'accompagnement ordinaire des fêtes.

2) Au sansc. dhftiy cérémonie religieuse, rite, sacrifice, observance, c'est-à-dire ce qui est fixe, déterminé, de dhr, tenere, ponere, semble correspondre le goth. dulths, fête (thème dulthi), dulthjan, célébrer, anc. ail. tuld, tuldi et txddjan. Pour le changement de r en ul} cf. goth. mulda, pulvis, et scr. mpdâ, de mrd, conterere ; lat. mvlgeo = scr. mj^f etc. Une forme plus rapprochée du scr. dhfti paraît se trouver dans l'irl. dirrtheach, fête, solennité.

3) Plusieurs noms de la fête se lient à la notion d'un temps déterminé. Ainsi le scand. tîdir ( plur.), festa, de tîd, tempus, opportunitas, htUtîd, ang.-sax. heah-tîd, ail. hochzeit,

littéral, haut temps, pour cérémonie nuptiale, noce. De même l'anglo-saxon ed-melu, solemnia, anc. allem. it-mali, ki-mali, festivitas, de meal, mal, goth. mêl, tempus, vices. Cela conduit à rapprocher du scr. vêla, temps déterminé, heure, occasion, le cymr. gwyl, armor. gxoél, goél, irlandais féil, fête, i d'où sans doute cymr. gwledd, irlandais jleadh, fête et repas, de même que l'anglo-saxon mael, anc. allem. mal, signifient aussi un repas.

H existe peut-être un rapport analogue entre le scr. rtu, temps déterminé, moment fixé pour les cérémonies et les fêtes, le lat. ritus, et l'irl. lith, litheas, fête, armor. Ut, lîd, id., usage réglé pour les cérémonies religieuses ou politiques, réjouissance, d'où lita, lida, céléhrer. H faut rappeler toutefois que rtu, dans l'acception de saison, a aussi son corrélatif dans l'irl. rith, rath, etc. (Cf. t. I, p. 108.)

4) J'ajoute encore le latin cœrenwnia, que Bopp rattache à la racine scr. kf, kar, facere, et, par conséquent, à karman, œuvre, et plus spécialement œuvre sacrée, cérémonie religieuse, sacrifice, etc. De là vient karmanya, ce qui est relatif à l'œuvre, vraie signification du mot latin. A la même racine se lie probablement l'irl. cuire, cuiridh, curudh, et cuirm, fête, banquet. Cf. cuirim, erse cuir (impér.), dans le sens deperjicere, et cearaim, facere.

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