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L'ÉPOUX ET L'ÉPOUSE

Le fait de l'institution du mariage chez les anciens Aryas une fois établi, il importe de rechercher quel en était le caractère au point de vue moral. Rien ne peut mieux nous renseigner à cet égard que les noms primitifs de l'époux et de l'épouse, en tant qu'ils expriment directement les rapports qui existaient entre les conjoints. On peut dire que l'idée qu'ils nous donnent d'un antique ménage arien est favorable de tout point. On voit, par leurs diverses significations, que les deux principes, de l'autorité d'une part, et de la soumission de l'autre, étaient tempérés par l'amour mutuel, et que ladignité de la femme était sauvegardée. Bien n'indique que la polygamie

gendre une vache, destinée dans l'origine au repas de noce, mais que plus tard on emmenait dans la maison de répoux (p. 303). C'est ce qu'on appelait le gôdâna. Dans quelques parties de la Souabe, il est encore d'usage de donner à l'épousée la plus belle vache de l'écurie, et cette vache, brautkuh, ornée de fleurs et de rubans, est menée à la suite du char nuptial (p. 455).

Parmi les autres coutumes védiques qui se retrouvent dans l'Occident, je citerai comme les plus caractéristiques, l'envoi de deux proches parents de l'époux pour la demande en mariage, le bain de l'épouse, la séparation des cheveux, avec un dard de porc-épic chez les Indiens, avec un fer de lance chez les Romains, la couleur rouge de certains articles du costume de la mariée, la conduite autour du feu domestique et auprès du fumier de la cour, la réception de l'épouse aquâ et igni> les plaisanteries et mystifications faites à l'époux, etc. Un travail comparatif plus étendu, et qui comprendrait les usages de tous les peuples de la famille arienne, fournirait sans doute encore bien des rapprochements intéressants. Tout ceci achève de prouver, non-seulement que l'institution du mariage existait chez les anciens Aryas, mais que sa célébration s'accompagnait d'un ensemble trèscomplet de cérémonies d'une signification en partie symbolique.

ait été en usage à cette époque reculée, et ce n'est que beaucoup plus tard que l'on en trouve exceptionnellement quelques exemples chez les peuples de sang arien. H est certain que notre race a toujours été essentiellement monogame, et aucune autre n'a porté plus haut le respect de la femme. Or, c'est là un élément important pour apprécier la valeur morale de l'ancienne famille ; car la monogamie seule assure à la femme et à la mère une position honorable, et laisse un développement libre et complet aux affections mutuelles des parents et des enfants.

1) En sa qualité de maître, l'époux est appelé pati ou pâti, de pâ} protegere, nutrire, racine d'où dérive aussi le nom du père, et qui implique l'idée d'un pouvoir doux et bienfaisant. l Le sens de maître en général se retrouve dans le zend paiti, le persan bad, l'armén. pet, bed, le grec iroTtfÇ, dans Stç-ircTtjÇt au fém. iia^rirêç9 Jt<rroTUpct,y que nous retrouverons ailleurs, le goth. faths, de bruth-faths, le maître de l'épouse, etc., le lat. potis devenu un adjectif, pot dans pot-esse = posée, etc., et le lith. patis. La signification plus spéciale d'époux appartient encore au gr. 7ro<nç et au lith. patis.

Mais si l'époux était le maître, l'épouse de son côté était la maîtresse relativement au reste de la famille, et l'égale de son protecteur, car elle porte, en sanscrit, le titre depatnî, comme en grec celui de totvicl et en lithuanien de pati, f. Dans cette dernière langue pati, patina, patéle, s'applique par extension à la femelle d'un couple d'animaux, comme patis, patinas, au

1 D'après le D. P., pati, propriétaire, maître, ne vient point directement depâ, mais de pat (patyatè), posséder, avoir part à. Cf. lat potis, pote, adjectif potens^ possum (pot-sum), potio, etc. D'autre part, Fick (415) croit que pat (patyatë) pourrait n'être qu'un dénominatif de pati.

mâle. Cette épithète honorifique, commune aux deux conjoints, caractérise déjà suffisamment la position respectée de la femme.

2) Un autre nom de l'époux et du maître, de même sens que le précédent, est le scr. bhartar, bkaru, bharaitdha, de bhr, bhar, ferre, sustentare, nutrire. Par opposition, la femme est appelée bhâryâ, bharanyà, c'est-à-dire celle qui doit être soutenue, entretenue, soignée par le mari.

Je ne trouve d'analogue, pour ce dernier, que l'alban. burre. Le nom de la femme semble conservé dans l'irl. brann pour baratin, erse boi?nonn, boirionnach; l et à la même racine se rattachent sans doute le goth. brûths, ags. hyd, scand. brûdhr, brûda, anc. ail. brut, sponsa, conjux, nurus, etc., d'où Yû, oomme dans d'autres cas, est dû à l'influence de la liquide.2

3) L'amour conjugal mutuel est exprimé, en sanscrit, par les noms de priya et priyâ, amatus et amata, pour mari et femme, de la rac. prî, en zend/W, amare.

Au goth. frijôn, id., d'où entre autres dérivés friathva, amour, exactement le zend friyatkoa et le scr. priyatoa, se rattache le scand. frî, procus, maritus, ainsi que le verbe/ma, suéd. frija, dan. frie, ail. mod. freien (d'où freier, signifiant amant), rechercher la main d'une femme. Cf. aussi Freya, nom de la Vénus Scandinave.

Le cymrique, qui a perdu la racine verbale, a conservé cependant prîawd, conjux, anc. corn, priot, armor. priéd, d'où priodasj mariage, priodi, épouser, etc.

4) Un second couple de noms du même sens est, en sanscrit, kanta et kantâ, amatus, amata, de kam, amare.

* Cf. aussi f bruinnech, mère ou femme (Corm., Gl., 22 et O'Dav., GJ., 56).

* Fick (822) compare /fytiw, enfler, abonder ( ! ? ), ainsi que le latin frutis, surnom de Vénus.

Ici le féminin seul s'est maintenu dans l'irl. coint, coinnt, coinne, femme = kantî (?), que Ton a, sûrement à tort, rapproché de cunnus.

5) Le scr. dhava, homme (yir et horno), mari, maître, possesseur (D. P.), qui s'est perdu comme tel presque partout ailleurs, s'est conservé presque partout aussi d'une manière très-remarquable dans le nom de la veuve, vidhavâ, c'est-àdire sans mari; * cf. adhavâ, id., opposé à sadhavâ, avec mari, pour femme mariée. L'accord des langues est ici surprenant, comme on le voit par le tableau qui suit.

Scr. vidhavâ.

Pers. bîwah, par contraction, comme notre mot veuve.

Lat. vidua. .

Ane. \r\.fedb (Z.2, 38), plus tard feadbh,feabh.

Cymr. gweddw, anc. corn, guedeu.

Goth. viduvô, ags. widewe, touduwo, anc. ail. vritawa, etc.

Anc. prus. vriddewu.

Anc. si. et russe vdova, illyr. udowa,pol. wdova,etc.

Le grec, qui seul semble faire défaut, serait aussi représenté si, comme le pense Benfey ( Gr. Wl., II, 273), ffiêioç> yïôîtj, est pour f/FiêîFoç = viduut, vidua, mais dans le sens de non marié, garçon, fille. L'application au masculin ne serait pas une objection, parce que la nature du composé primitif était oubliée, comme en latin, où non-seulement il s'est formé un masculin viduus, mais où ce mot se prend dans l'acception générale de privé d'une chose quelconque. Le cymr. gweddw s'emploie de même, et l'on dit, par exemple, eidion gweddw, un bœuf dépareillé, etc. L'ancien allemand a aussi formé

1 Cf. le lat. bivira = vidua, d'après Nonius et Vairon, où bi répond au vi privatif sanscrit, et qui serait en scr. vivirâ, viro experta (Kuhn, Z. S., III, 400). Cf. avirâ, femme sans mari et sans enfants (D. P.).

un masc. uritwo, ail. mod. witxoer, angl. widower, et notre mot veuf répond de tout point au lat. viduus. Quant au terme grec en question, c'est le tj initial qui rend le rapprochement douteux, car il reste inexpliqué.*

Maintenant, que signifie dhava primitivement ? Sa racine ne saurait être que dhû, agitare, le grec «9xw, etc.; mais quel sens spécial faut-il attribuer au dérivé, qui désigne l'homme et le mari ? L'explication indienne que donne Wilson, savoir celui qui fait trembler (les enfants), ne peut être prise au sérieux. Benfey, par une conjecture hardie, et qui aurait une grande portée, voit dans dhava le chef de la famille comme sacrificateur, en prêtant à dhû le sens du grec âvc*, sacrifier, et en faisant remonter ce nom au temps où le culte était encore purement domestique (Gr. Wl., II, 273). Mais le scr. dhû} sûrement distinct de hu, ne signifie point sacrifier. Son sens primitif est celui de mettre en mouvement, d'activer, d'exciter. Cf. ud-dhû, faire mouvoir, pra-dhû, faire avancer, etc. C'est probablement à cette signification que se lie dhava, homme, maître, mari, en tant que celui qui imprime et ordonne l'activité.* Cf. le mot vêd. â-dhava, m., celui qui excite (aufreger, aufrûttler, D. P.). Dès lors, le fém. dhûtâ, que donne Wilson avec le sens de femme mariée, mais que n'a pas admis dans cette acception le D. P., s'il a quelque raison d'être,

• Telle est aussi l'objection dePott, WW&.,4,920. Fick (179) rattache nfttoç, pour n~FiQiQÇj au scr. vadh = va/i, conduire, emmener et épouser (â-vadh), avec le sens de nubile. Cf. p. 9.

* Cette étymologie me semble préférable à celle que j'avais proposée en voyant dans dhava, comme mari, le mulieriê concussor in coitu, et un analogue de sêktar, mari, étalon, vrsha, taureau, mena, bélier, etc. Ce sens, qui pouvait se défendre en comparant ni-dhuvana, coït, et en s'appliquant au mari, ne convient plus pour les acceptions plus générales de maître et de possesseur.

désignerait la femme comme soumise à la volonté active du mari, tandis que vidhavâ serait la femme privée de cette impulsion.

Toute recherche étymologique serait cependant oiseuse si, d'après le D. P., dhava n'était qu'un mot fictif, imaginé pour expliquer vidhavâ. Mais rien n'autorise, ce semble, une telle supposition pour un terme donné déjà comme ancien par Yaska (Naigh., 2, 3; Mr., S, 15), confirmé par YAmarakôsIia, et employé dès lors couramment, soit à l'état simple, soit en composition. *

Un argument plus direct en faveur de la réalité de ce dhava sanscrit, c'est qu'il se retrouve avec une quasi-certitude, à l'autre extrémité du vaste domaine de la race arienne, dans l'ancien irl. doe, doe, avec les acceptions d'homme, de maître et de chef. Il y a déjà longtemps, en 1837, que dans mon opuscule De V affinité, etc., p. 29, j'avais fait ce rapprochement; mais je ne pouvais alors, comme plus tard dans la première édition. de mes Origines, m'appuyer que sur le dictionnaire d'O'Reilly, tombé depuis en grand discrédit. Aussi Max Mûller, dans ses Chips, etc., t. II, p. 34, objectait-il que le mot irlandais n'avait jamais été constaté. Il l'a été, cependant, plus récemment, et de plus d'un côté, comme je l'indique dans la note ci-jointe. *

1 Ainsi dhava, a-dhavâ, sa-dhavâ, cités plus haut, strîdhava, m., homme, mâle (maître de la femme, s tri), vidhavayôshit, femme privée de son maître, veuve, vasundharâdhava, maître ou époux de la terre = roi ; Mênâdhava, époux de Mena, nom mythique de l'Himavant, etc. Cf. Pott {WWb., 11,2,490, et IV, 920) qui se refuse à croire que tout cela ne repose que sur une fausse interprétation des grammairiens.

1 Dans Cormac en premier lieu, p. 61, doe est expliqué par duine, homme, tandis que O'Davoren (p. 79) interprète due par righ, chef, deux acceptions qui répondent à celles de dhava. Mais un sens

J'ajouterai que, en dehors de l'irlandais, le mot scr. dhava semble reparaître dans le terme dab, maître, chef, de l'argot des malfaiteurs en France (V. Balzac, Les incarnations de Vautrin). Serait-ce là, comme peut-être pour surin} couteau (Cf. t. II, p. 179), un mot emprunté au zingani ?

Pour en revenir encore à vidhavâ, depuis notre première édition, le D. P. (t. VI, 1071 ) arrivé à oe mot le feit dériver d'une racine védique vidh (vindhaté), être privé de, manquer de = lat. viduor (ib. 1070), et présume même l'existence d'un masculin vidhavaj comme en allemand witwer.

plus précis et plus développé est donné par un vieux traité juridique sur les rangs sociaux et leurs privilèges, dont un extrait se trouve dans les Manners and Customs d'O'Curry (t. III, p. 513, sqq.). Le mot dae y désigne, comme titre honorable, un homme vaillant, bien armé, invincible dans le combat, et qui, par sa propre force, fait observer la justice (ibid., p. 518). Gela répond encore bien au sanscr. dhava, maître. C'est aussi ce qui peut expliquer une autre glose de Cormac (p. 57), savoir: doiduine, i. e. dagduine, bonus homo, ou mieux, sans faire doi (doe) = dag, un homme ayant rang de doe, un homme fort.

Le plus ancien exemple de dae se trouve probablement dans le surnom de Daghdae ou Daghda, donné au chef tout mythique des Tuatha dé Danann, avec le sens de bon maître ou chef, et analogue à dagduine (Cf. Corm., GL, 47 ; O'Curry, Leet.9 et les chron. irland., passim). Il reparait aussi plus tard dans le nom propre Modoe (Martyrol. of Donegal, p. 259), c'est-à-dire mon maître, formé comme Mochua, Mochôe, mon cher (Stokes, Ane. lr. GL, XXIX), et d'autres noms analogues. Cf. Modune (Moduine?), Mar tyrol., 141.

Après cela, il faut bien dire que Stokes (Corm., GL, 62) £oute que doe réponde à dhava, qui, suivant lui, aurait dû devenir dô, comme lava, chevelure, est représenté par l'irl. là. Mais, d'autre part, nous avons noe (Z.2,67) = nava, navis, nôi (ib., 304) = nava, novem, nûe (ib., 858) = nava, novus; f **^i combat (S. M., I, 250) = scr. rava. L'objection ne semble donc pas décisive. On pourrait demander encore pourquoi, vu le maintien de doe, dae, pour dhava, le nom de la veuve n'est pas devenu fedhae ; mais le préfixe privatif vi n'existant plus en irlandais, le sens propre de l'ancien composé s'était perdu.

Roth, l'on des savants éditeurs du D. P., a développé ses vues à ce sujet dans on article de la Z. S., t. XIX, p. 223. J'en donne en note un aperçu, en y ajoutant quelques observations. l

6) Le composé dampati ou daflpati désigne au duel Tépoux et l'épouse collectivement, et les grammairiens indiens l'expliquent par dam, femme, et pati, mari. Gomme dam toutefois ne se retrouve point ailleurs dans cette acception, et que dampati, au singulier, épithète du dieu Agni, signifie chef de maison, et maître en général, il est évident que dam est ici le nom védique de la maison = dama (Cf. Kuhn, Z. S., IV, 314, et D. P., v. cit.). Le duel s'applique donc aux époux en tant que chefs de la famille. Haug retrouve ce composé dans

1 D'après Roth, le vrai sens de cette rac. vidh a été méconnu jusqu'à présent par les commentateurs indiens. 11 y rattache non-seulement vidh-avâ, la femme privée de (son époux), mais, avec Benfey, J&eç» cœlebs (vid. sup. p. 21), ainsi que legotb. viduvairna, orphelin, et peut-être l'ail, waise, id. Sur tout cela, voir les objections de Pott (WWb., IV, 918), entre autres celle qui repose sur l'absence d'un suffixe primaire ava en sanscrit. J'ajouterai à ses observations que l'existence de cette rac. vidh n'infirmerait pas nécessairement la réalité du mot scr. dhava. On pourrait croire que les Indiens, ayant perdu de vue le sens propre de vidh-avâ, et trouvant d'autre part la particule privative vi et le mot dhava, auront divisé le mot en vi-dhavâ, synonyme de a-virâ, et tout semblable à viputra, sans fils, vibandhu, sans' parents, etc. De telles coïncidences fortuites de composés ayant un double sens étymologique se présentent plus d'une fois. Nous en avons vu déjà un exemple pour le sanscrit vidhura, ou le D. P. même reste incertain entre vi-dhura et vidh~ura, suivant les applications de ce mot. Un second cas du même genre se présente dans l'adjectif vidhana, privé de bien, pauvre, d'où vidhanatâ, pauvreté. Est-ce que si dhana, bien, propriété, n'avait pas une existence incontestée, on ne l'aurait pas mis en suspicion comme dhava, en rattachant vidh-ana à vidh, manquer de ?

le zend déflgpati, maître de maison, qu'il explique de la même manière (GâthAs d. Zor., II, 129).1

D'après Benfey (Z. S., IX, 110) et le D. P., c'est à cet ancien nom que se rattache aussi le gr. fanroTtiç9 et $iO"roi¥ct,9 pour iïtovrùTVitt, dont le Sic représenterait le nominatif primitif de dam, qui a dû être dams ou dafls. Ce rapprochement très-plausible feit tomber celui qu'on avait établi jusqu'alors entre Stç et le scr. dâsa, esclave, déjà suspect à cause de la différence de quantité de la voyelle. Benfey a remarqué d'ailleurs avec raison que l'épithète védique de dâsapatnî, appliquée aux eaur personnifiées, et d'où l'on inférait un masculin dâsapati, ne signifie point maltresse des esclaves, mais bien celle qui a les démons (dâsa) pour maîtres.

Je dois ajouter, toutefois, que depuis, Sonne a proposé encore une autre conjecture en cherchant dans iïitnrorqçy pour tiïttnrvrtiç, un corrélatif mutilé du scr. sadaspati, maître de maison (Z. S., X, 136).

7) En fait de noms plus isolés et propres à caractériser la position de l'épouse, j'indique encore comme possibles les rapprochements suivants :

a) Scr. vaç â, vaçakâ, femme soumise, obéissante, aussi fille. — La rac. est vaç, velle, desiderare, d'où vaça, volonté, etc.

Comme cette racine devient uç dans plusieurs dérivés tels que uçitf, dévoué, zélé, uçanâ, avec zèle, etc., on peut y rattacher le lat. uxor, soit de uc-tor = hyp. uçtar, vaçtar, soit d'une forme vaksh, désidératif de vaç. 2 Toutefois on peut aussi penser, avec Pott et Ebel (Et. F., I, 9; Z. S., IV, 450),

1 Ce mot ne se trouve pas dans Justi. Serait-ce danhupaiti, maître du village ?

2 De même Ascoli (Z. S., 13, 157), uxor, l'aimante, de vap, up, avec réfutation des autres étymologies. Cf. 1. 1, p. 421.

à la rac. vah, ferre; uxor serait pour vector ou vehstor, ce qui doit s'entendre de la femme comme de celle qui porte les enfants, pendant la grossesse.1

b) Scr. vanitâ, épouse, maîtresse, femme aimée, de van ou ban, colère, honorare, servire.

Ici probablement, avec des suffixes différents, se rattachent l'irland. ban, ben, bean, femme, épouse, cymr. benyw, id., benen, jeune femme. L semble difficile d'en .séparer le béotien (Zcuhz, -tiKoç, que Ton considère comme une variante de yt/wf pour yF*y*. Cf. Kuhn, Z. S., I, 129.

c) Scr. satî, épouse vertueuse, fidèle, féminin de sant, bon, excellent, vertueux; asatî, femme infidèle.

Ane. irland. sétclie, uxor (Z.2, 18, 995), eéitche (O'R.) = *satikâ (?). Toutefois Siegfried et Stokes (Ir. GL, p. 124) comparent sét, via, le goth. sinths , d'où ga-sintha, compagnon.

8) Je laisse de côté, comme n'intéressant pas au même degré les rapports de la famille, les noms des époux qui ne désignent que l'homme et la femme en général, tels que le sanscr. §âyâ, §aniy §anikâ, épouse et femme, de (jan, gignere, dont les corrélatifs se retrouvent dans toutes les langues ariennes, zend ghia, pers. <jan, zan, armén. gin, grec yvff\9 irl. gean, goth. qvinâ, etc., anc. slave jena, etc. A cette classe appartient aussi sans doute le latin maritus, qui ne provient point de mas, maris (pour masis), masculus. comme le prouve le féminin marita, mais qui se rattache au scr. marta, martya, homo et mortalis, martyâ, f., mulier, de la rac. mr, mori. Cf. persan

1 Cf. Z. S., 20, 129, uxor de voxor, plus ancien. Pott (WWb., 2, 589 et 3, 1027), avec moins de probabilité , interprète le nom par fieimgefûhrtey celle qui est emmenée, en donnant au suffixe tor un sens passif (?).

mard, armén. mart, homme, et au féminin, avec un sens plus limité, le crétois pclçriç, jeune fille, et le lith. marti, bru, bellefille, i

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