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LA MUSIQUE

La danse et la musique se lient d'une manière intime par le principe du rhythme, et l'une appelle l'autre; mais toute musique commence par le chant, qui est aussi naturel à l'homme

1 Le D. P. a rinhh, ramper comme les enfants, se mouvoir lentement, d'où rinkhâ, espèce d'allure du cheval, danse, rinkhana, le mouvement des enfants qui ne savent pas encore marcher ; aussi ringana, de ring.

* Je rappelle que, d'après le D. P., çaç ne serait qu'une racine inférée de çaça, lièvre. Fick (199) admet comme primitive une forme skak = scr. khac, exsilire, exsurgere. Cf. t. 1, p. 561.

que la parole. Par contre, l'invention des instruments indique déjà un certain développement de l'industrie ; et cependant elle remonte aux âges les plus reculés, puisque la Genèse place avant le déluge la tradition relative à Jubal, fils de Lamech, et père de ceux qui jouent de la harpe et du chalumeau ( Gen.} IV, 21 ). Je reviendrai plus loin au chant et aux instruments, et je parlerai d'abord des noms généraux de la musique.

Ces noms différent beaucoup dans les langues ariennes, à l'Orient et à l'Occident, parce que la musique, comme art, n'a été cultivée qu'aux époques d'une civilisation avancée, et qu'auparavant il n'y avait pas même de termes pour la désigner. C'est pour cela que le grec fxov<nKtj^ emprunté au nom de la muse, est devenu général en Europe avec les progrès de la science moderne. Le très-petit nombre de rapprochements que l'on peut faire ne prouve donc point que les anciens Aryas aient porté l'art musical au delà de la simple mélodie, et d'autant moins qu'ils ne conduisent en fait qu'aux notions générales de son ou de chant. Ainsi : "

1) Scr. kalatâ ou kalatva, musique, mélodie (Wilson). Cf. kala, son doux, murmure agréable, kalana, murmure, kalana, babil (Wilson).1 Le Dhâtup. donne une racine kal, hall, sonare, indistinctum sonum edere, qui se légitime suffisamment par ses affinités étendues dans le reste de la famille. Cf. grec kclMûù, appeler ; lat. calo, calator; irl. cal, câil, voix, callaid, cri, plainte, callân, bruit, babil, etc., armor. kel, kéal; bruit, rumeur ; ancien allemand hellan (hall, hull), sonare, hal<my holôn, vocare ; lithuanien kaloti, kôloti, gronder, kolone, gronderie, etc., etc.

1 Le D. P. n'indique pas ces acceptions pour kalana et kalatâ.

L'acception spéciale du sanscrit se retrouve dans l'irl. ceol, cedtadh, musique, mélodie, ccolaire, musicien, wolmhar, musical, harmonieux, etc.1 Cf. ceoldn, clochette, et enfant criard, mais aussi ceileir, erse ceilear, chant d'oiseaux.

2) Le pers. tarânah, mélodie, chant, se rattache sans doute, comme tarang, clameur, cri, tarak, fracas, tonnerre, etc., et comme le scr. tara, son perçant, à la rac. tf , tar, trajicere.

Ici se place probablement l'irl. tormdn, son de la cornemuse, bruit, mais en erse aussi musique et instrument de musique. Cf. cymr. ystyrmant, guimbarde.

H faut peut-être rapporter également à tf le sansc. tûra, tûrya, instrument de musique, tûrî, trompette, d'où tâurya, musique en général. Pour le développement de f en ûr, à côté de ar, cf. §ûr, senescere = §f , $ar, pur, implere = pf, par, etc., ce qui justifie aussi le rapprochement présumé plus haut entre Icûrd, kûrda et le gr. koçSu^.

3) Il est singulier que les langues celtiques seules aient conservé des noms de la musique qui correspondent au sanscrit. Outre ceux qui précèdent, on en trouve encore deux autres.

L'un est l'irlandais aine, musique, mélodie, cymr. anaw, anant, id., qui trouve son étymologie dans le scr. an, sonare, et spirare (Dhâtup.) = an, spirare, et sonare dans les dérivés ânaka, tambour, et nuage tonnant, et sânikâ, sâneyî, flûte, composés avec sa, cum, et signifiant qui a du souffle ou du son.

L'autre est Pirland. ealaidh, musique ; cymr. alaw, alon,

1 Ceol — irland. moyen cet, cél (?), dans cel-bind, of sweetrausic (O'Curr., Manners, etc., t. III, p. 395), peut-être, comme ceileir, d'une rac. cil, en rapport possible avec le scr. kil, jouer (Dhâtup.), d'où kila, kêli% jeu, kilahilâ, cri de joie, etc.

m is

eilwy eilyw, eilon, id.; cf. alan, souffle, respiration, qui semblent répondre au scr. alati, espèce de chant, d'ailleurs sans étymologie aucune.

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