VOULOIR
La volonté est de toutes nos facultés celle dont l'action est la plus simple et la plus immédiate; aussi les termes qui l'expriment sont-ils en petit nombre, et deux racines seulement se présentent ici comme ayant eu cours dans la langue primitive.
1) La plus généralement répandue se rattache au scr. vr, var, velle, optare, proprement eligere, ce qui ramène la notion de la volonté à celle de choix. C'est le zend. var, veré, eligere, petere. Dans toutes les langues européennes, la forme val a remplacé var. Ainsi:
Gr. jSoÀOjttct*, fiovAoficti, vouloir, /3ct/ÀJj, volonté, etc.
Lat. volo, velle, vult, voluntas, etc.
Irl. ail, pour/aiJ, erse ail, volonté. Cf. toi, toil, id., suivant Stokes {Ir. GL, p. 105), composé avec la préposition do, et pour do-fol, primitivement du-valâ.
Cymr. gwyll, gwyllis, volonté, e-wyll, id., ewyllu, vouloir; armor. ioul et ipuli.
Goth. viljan, ags. vnllan, scand. vilia, anc. ail. wellan, allem. mod. wollen, etc. De plus, avec l'acception fie choisir, goth. valjan, scand. velia, anc. ail. weljan, etc.
Lith. wdle, volonté, etc.
Anc. slave velëti, velle, volia, voluntas. Dialectes néoslaves passim.
2) Scr. vaç (uç), velle, proprement desiderare, amare. De là vaça, autorité, suprématie, et désir, uçig, qui veut, dévoué, zélé, etc.
Zend vaç f uçf ïd. ; tttfB, volens, potens, et votuntas, vaç nu, désir, nça^ uçi} intelligence, uçafth, qui veut*
Jusqu'à présent, cette racine n'a été retrouvée en Europe que dans le gr* îksûv (îkovt), pour fejcwv = scr, ro;iarifj volens. îKOvrfiç, subst., volontaire* îKcvrh adverbe, volontairement, etc. (Pott, ELF.tI) 268),1