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LES DIVINITÉS PARTICULIÈRES

Les divers noms de Dieu que nous venons de passer en revue, et dont plusieurs remontent sans aucun doute à l'époque la plus ancienne, n'offrent aucun caractère qui les rattache directement aux phénomènes de la nature. Ce sont des épithètes, des appellatifs, qui expriment de plusieurs manières les attributs d'un Être invisible, et ses rapports avec l'homme et le monde. Le céleste, l'adorable, le vivant, l'intelligent, le directeur, le générateur, sont des termes qui, appliqués à la Divinité, ne peuvent s'entendre que d'un être distinct de tous les objets naturels. Ces épithètes, il est vrai, auraient pu accompagner ou remplacer les noms des dieux particuliers, si ces derniers leur étaient antérieurs; mais, dans ce cas, on devrait attendre un certain accord entre ces noms, tout comme des divergences entre les épithètes. Or, c'est le contraire précisément qui a lieu. Les termes qui désignent Dieu en général offrent des coïncidences assez multipliées, tandis qu'il règne une grande diversité dans les noms des divinités spéciales du polythéisme arien, suivant les temps et les peuples. Il y a là, ce semble, une indication très-évidente de l'antériorité des premiers sur les seconds.

Si l'on compare, en effet, la liste des dieux védiques avec celle des dieux grecs, germaniques, lithuano-slaves, etc., on est surpris du petit nombre de concordances qui se présentent. Dans les Védas, les noms sont encore presque toujours clairement significatifs; chez les peuples européens, ils ne s'expli-

quent plus que partiellement par leurs langues respectives, et ceux qui restent obscurs appartiennent sans doute à une période plus ancienne de ces langues, sans remonter toutefois jusqu'au temps de l'unité. On voit par là que ces panthéons se sont formés graduellement en partant d'un premier fonds commun beaucoup plus limité, et que leurs derniers développements sont relativements récents. Pour distinguer, dans la multitude des divinités du polythéisme, celles qui ont appartenu à la religion primitive, et celles qui sont d'une origine plus moderne, nous n'avons d'autre critérium assuré que la comparaison de leurs noms, lesquels aussi peuvent seuls nous faire connaître le caractère attribué à chaque divinité. C'est par leur examen que nous pourrons saisir le polythéisme en quelque sorte à sa naissance.

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