partie un héritage de la génération latine classique en
Espagne. L’insistance du trait, le réalisme du détail, la
rudesse, la grandiloquence, l'amour des antithèses, et, en même temps pour racheter ces défauts, la richesse, l’abondance, la vigueur du pinceau, tout cela se retrouve dans cette liturgie.
Comme on le voit par ces quelques exemples, l’oraison
merito prædicatur beata; cujus nobis fide mysterium, partus gaudium, vita provectum, dicessus attulit hoc festivum. Thomasi, vi, 255. Cf. encore Thomasi, loc. cit., 268, 279, etc.
(x) Des travaux comme ceux du P. Marcel Havard (voir Appendices G et H, Les messes de saint Augustin, et La composition liturgique) démontrent bien qu’un certain nombre de ces pièces, surtout pour les préfaces, ne sont que des emprunts faits aux sermonnaires, et par suite les caractères de style seraient plus attribuables à ceux-ci qu'aux liturgies elles-mêmes. Mais outre que ces emprunts durent être forcément limités, il n’en reste pas moins vrai que les liturgistes romains, par exemple, tout en ayant en mains les mêmes sources, préférèrent en général ne pas s’en servir.
(2) Liber ordinum, formant le t. v de nos Monumenta liturgica, voir l’Appendice D, La liturgie mozarabe et le Liber ordinum, sur cet ouvrage.
gallicane ou mozarabe ne ressemble plus à la romaine ; elle a des membres nombreux, elle n’est pas soumise au mêmerythme, elle explique, elle argumente, elle raisonne, j'allais dire elle ratiocine, et je ne suis pas sûr qu’elle ne le fasse pas quelquefois. L'illatio ou préface est d'ordinaire une thèse, une démonstration en règle, elle se perd en de longs méandres, elle revient sur ses pas, s’attarde en des concetti, en des rimes, fide repleas, salubritate augeas, misericordia regas, opulentia sustollas, pietate cumules, etc.,p. 319. Meg Duchesne parle quelque part de cette composition oratoire imagée, si loin de la concision romaine, et qui ressemble bien plutôt au style oriental (1).
Je ne sais ce qui en est de ce dernier point, ni s’il faut chercher en Orient l'inspiration de cette littérature, mais en tout cas, l'observation générale est juste (2).
Pour la liturgie ambrosienne, les monuments que nous possédons ont déjà été bien remaniés et ont subi fortement l'influence romaine. Mais il semble que son style se rapproche davantage des liturgies mozarabes ou gallicanes. M. l'abbé Lejay qui en a fait une étude spéciale dit à propos des préfaces que «quelques-uns de ces morceaux sont fort jolis et traduisent une main experte ; la pensée est souvent fine et l'expression soignée; on y trouve des assonnances; tout cela n’est pas sans recherche, mais indique un soin littéraire minutieux. Même dans deux préfaces on retrouve des bribes de vers » (3).
(x) Revue d'histoire et de littérature, 1900 t. v, p. 37 sq-
(2) Gomme exemple pour le style mozarabe, voir Monumenta liturgica, t. v, p. 362, 363, 368, 420, 421, etc. ; c'est du mauvais Sénèque. Voir aussi notre Appendice D, loc. cit.
(3) Dict. d’archéol. et de liturgie, t. 1, col. 1414.
Noter aussi ce fait que l’on a découvert l’origine orientale de quelquesunes de ces prières : le Sub tuum, le tuæ Cœnz, etc,
Je remarquerai aussi que cette Église de Milan | enrichi la liturgie des hymnes dont l’origine remonte à saint Ambroise; à lui encore l’on doit le chant alternan tif des psaumes et peut-être aussi ces grandes procession litaniques, qui sont une des créations les plus extraordi naires de la liturgie (1). |