‹ Les origines liturgiques;Chapitre 21 sur 70 · PEL · texte numérisé non relu

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{ qui le confèrent. Tout chrétien, au besoin même tout homme pourra baptiser, comme Tertullien nous le dit

| déjà.

Une controverse célèbre s’élèvera même sur la question qu

:: de savoir si les hérétiques peuvent baptiser légitime- + ment. Les Africains, saint Cyprien, qui entraîne à sa

suite de nombreux partisans, prétendent leur refuser ce privilège. Il paraît exorbitant en effet à première vue que ces hérétiques, qui sont eux-mêmes hors de l'Église, puissent conférer un baptême valide et par suite Pa de ceux qui le reçoivent de vrais enfants de l'Église; quelle que soit du reste la façon dont ces fils se PRE envers leur Mère. Mais un pape du mm° siècle, et avec lui la plus grande partie de l'Église affirment suivant la tradition que le baptême, füt-il conféré par un apostat, par un hérétique ou le dernier des mécréants, pourvu qu'il soit conféré sérieusement et dans les formes, est valide. f) La formule. — La formule du baptême : « Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, » qui est déjà donnée par saint Mathieu, est nécessaire (1). Cependant il est question parfois dans les Actes et dans les plus anciens documents d’un baptème administré in nomine Domini, au nom du Seigneur, c'est-à-dire au nom de Jésus (2). C'est une question entre les théologiens de savoir si le baptème a pu être conféré validement au nom de Jésus seulement, quelques-uns et non des moindres : Cajetan, Orsi, Nicolas I“, saint Thomas lui-même, opinant pour l'affirmative (cf. Hurter, Theol.

(1) Je n'ai pas à entrer dans la discussion de l'authenticité de ce verset; on trouvera les éléments de cette controverse, qui serait ici oïiseuse, dans les commentateurs et spécialement dans Jacquier, Hist. des livres du N. T.,t. u, p. 498, et plus récemment l’article de Chase, dans Journal of theol. studies, juillet 1905, p. 481.

(2) Cf. Actes, n, 38; vin, 12; x, 48; xx, sq.

dogm., t. ur, p. 224): d’autres disant qu'il ne s’agit ic

que d’un nom du baptême chrétien pour le distinguer dem

celui de Jean, mais ce terme désignant par ailleurs u

baptême au nom des trois personnes (1). Dans tous les,

cas il est certain qu'on insista de très bonne heure sur l'invocation de la Trinité; et la triple 1 immersion du bap-

tisé ainsi que le triple renonciation à Satan, furent d’autres « moyens de mettre en relief contre les Ariens, et en gé-

néral contre tous les hérétiques, la foi au Père, au Fils et au Saint-Esprit, dans l'unité et l'égalité de la nature divine.

g) Les aubes, la lumière, bain de pieds, sputalion et autres rites, sel.

Les rites s’ajoutaient aux rites, les symboles aux symboles pour enrichir la signification du sacrement. Au 1v° siè-

cle, peut-être auparavant (2), on revêtait le néophyte d'une

robe blanche qu'il portait pendant toute l'octave de Pâques et qui représentait par sa couleur l'innocence baptismale conquise par le catéchumène. On lui donnait aussi un cierge allumé pour figurer la lumière nouvelle, celle de la foi qu'il avait reçue au baptème et qui éclairait pour lui d’une clarté nouvelle et cachée aux profanes les mys-

ières de la vie. Quelques autres rites de moindre impor=M tance furent ajoutés dans certaines liturgies, par exemple

le lait et le miel donnés en nourriture au nouveau baptisé, ou le rite de la sputation qui donnait plus de relief au

renoncement à Satan, ou des bains symboliques qui suivaient le baptême.

(1) Trombelli, De bapt., tr. 1v, diss. 10; Orsi, Dissert. de bapt. in nomine Jesu Christi. Le passage des Actes, x1x, 2-5, est à ce point de vuesingulièrement significatif; ces néophytes sont baptisés in nomine Domuni pour recevoir le Saint-Esprit.

(2) Art. Aubes dans le Dictionnaire d'archéologie chrétienne.

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