‹ Les origines liturgiques;Chapitre 33 sur 70 · PREMIÈRE MESSE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE MESSE

Cf. Pamélius, t. , Liber sacr., p. 520-527.

Le texte des formules de la première Missa sancti Augustini a déjà fait l’objet d’une dissertation très intéressante que nous rappelons ici avec plaisir. Dom Cagin (1) dans sa note érudite sur le sacramentaire de Gellone a été amené à étudier de près cette messe, la seule malheureusement que nous ait conservée ce précieux manuscrit encore inédit.

Les pièces du Gellonensis (2) diffèrent en effet quelque peu de celles du Liber sacramentorum, et nos deux manuscrits, tout en s’accordant l’un et l’autre pour se trouver en correspondance avec une messe du Missel mozarabe (3), s’en éloignent cependant sur plus d’un point. Nous nous trouvons par là-même en présence d'une grave difficulté, qui nous met dans l'impossibilité de conclure à l'origine mozarabe de la Missa sancti Augustini. C'était l'avis de dom Cagin, qui a étudié la question de très près, et nous ne pouvons rien faire de mieux que de renvoyer le lecteur à son ingénieux travail de comparaison.

Assurément nous partageons nous aussi cette opinion, toutefois, nous devons faire part d’une petite découverte qui a bien son intérêt dans la question. Sans changer en rien la solution dé-

(x) Mélanges de littérat. et d’hist. relig. (Mélanges Cabrières.) Paris, 1899, t. x, le Sacramentaire de Gellone.

(2) Sacram. de Gellone, fol. cecmr. -

(3) P. L., t. rxxxv, col. 988-991.

finitive, elle apporte cependant quelques corrections à certaines\ affirmations de notre confrère.

Le Liber ordinum (1), ce nouveau monument de la liturgie wisigothique, édité récemment par dom Férotin, reproduit lui | aussi cette messe votive du missel mozarabe, sous le titre de Missa qua se sacerdos Deo commendat in angustiis (2). !

Sans être bien différente de celle que nous donne le missel,. | elle se présente cependant avec quelques variantes, qui ne man quent pas d'intérêt. Mais ce qui est plus significatif, c’est que

dans une autre messe quam sacerdos pro se dicere debeat, la | formule /nlatio nous fournit précisément les textes qui, d’ après. | dom Cagin, accentuaient tout à fait l'indépendance du Gellonen=«

sis avec le mozarabe. De ceci il résulte naturellement qu'il n'est

plus vrai de dire, que dans toute l'étendue de son texte, la pré | face de la messe du Gellonensis, reste totalement étrangère ä

quelque portion que ce soit du formulaire mozarabe. On pourra s'en convaincre en lisant ici parallèlement les deux textes.

LIBER ORDINUM

Ex missa quam secerdos pro se dicere debeat.

Inlatio, p. 267.

Dignum et iustum est, equum plane et salutare est, nos tibi gratias agere, eterne omnipotens Deus; qui ita dignus es cui agitur, quo ita dignum nos ita quo agitur. Quid enim dignum agat te indignus tecum, etiam si id quod indigne agimusdigne ageremus? Ita quoque tibi deberemus dignitate facti, ut digne predice-

SACRAMENTAIRE DE GELLONE

Ex missa Beati AugustiniEpiscopt in natale sacerdoti. CCCVII.

Contestata

ita dignus es pro quo agitur, etita dignus es cui agitur, ut ita dignus non sit a quo agitur quod enim agat indignus tecum, eliam si id quod digne agimus digne egerimus, id quoque tibi debuerimus, tibi digne a te facti

(1) Le Liber ordinum, en usage dans l'Église wisigothique et mozarabe d'Espagne du v° au xr° siècle, publié pour la première fois par dom Férotin, bénédictin de Farnborough, Paris, Firmin-Didot, 1904.

(2) Liber ordinum, p. 277 sq.

LiBER oRDINUM | (Suite)

“| mus,telaudarefactorem indigne, “te facimus cum digna tibi opera facientes nos ipsos facimus indi- | gnos, quos dignitatis tue similitudini condignos facere dignatuses, et rationabili inditos intel- | Jectu te nosse voluisti.

Invoco ergo tuammisericordiam, qui fecisti me, ut non obliviscaris oblitum tu, et exquirentem le ne deseras. Quis enim similis tibi?

| Quia (per) mortem omnis erroris | revocas nos (ad) vitam qui numquam moreris. Qui nouit le, novit | eternitatem, Caritas novit te.

O eterna veritas ! etveracaritas !

et cara eternitas ! Deus une, Deus | Trinitas, in cuius magnam con- | fido misericordiam, misereremei | propter nomen tuum, et nequaquam deserens precepta tua, consumma imperfecta mea (propter) spem misericordie tue. Potens est enim dextera tua augere magis magisque in me munera tua, ut anima mea sequatur te, ut

ingrediar sine macula, sine ruga.

Tu es enim honor meus, et laus mea, et fiducia mea. Deus meus, gratias ago tibi in donis tuis sed mihi eas serva. La enim serva-

SACRAMENTAIRE DE GELLONE (Suite)

ut digne predicemus, te laudare factorem, sed indigne te facimus cum indigna tibi opera facientes, nos ipsos facimus indignos, quos dignitas tuæ similitudinis condignos faccre dignatur et rationabili inditos intellectu te nosse voluisti quæ fecisti (1).

Invoco ergo te misericordia mea, quæ fecisli me ut non obliviscaris oblilum tui, et exquirentem le ne deseras. Quis enim similis tibi, qui a morte omnis erroris revocas nos, vita quæ nunquam moricris. Qui novit le novit æternitas.

Charilas novit le.

Eterna veritas et vera caritas et cara æternitas. Deus unitas, Deus Trinitas in cuius magna confido valde misericordia, miserere mei propter nomen tuum et nequaquam deseram præcepta tua,cum sum imperfectus, mea spes misericordia tua. Potens est enim dextra tua.

Et anima mea sequatur te ut ingrediaris et coapter tibi et possideas eam sine macula et ruga. Tu es enim honor meus et laus mea Deusmeus. Gratias ago tibi de donis tuis sed mihi easerva.

la enim servabis me et augebuntur

(x) Les textes en italique indiquent les passages empruntés aux Confessions de saint Augustin. Cf. P. L., t. xxx, lib. XIIL, ch. 1; lib: VII, ch. x;

Kb. I, ch. xx.

LiBErR MuoRDIN (Suite)

bis me et augebuntur et perficientur que dedisti mihi; et eris mecum in omnibus, quia et ut sim et quod sum tu dedisti mihi. Et ego confitebor tibi in ecclesia magna; in populo gravi laudabo te. Per ipsum, cui confitentur omnes anime, ut miserearis etsanes eas, et cum Angelis et Arcangelis, Thronis et Dominationibus, ym-

SACRAMENTAIRE DE GELLONE (Suite) i el perficientur quæ dedisti mihi, el | eris mecum in omnibus quia et sim el quod sum lu dedisti mihi. Etego confitebor tibi in ecclesia magna in populo gravi laudabo te. Per | ipsum cui confitentur omnes animæ, ut miserearis et sanes ea$ et cum Angelis et cum Archan:

gelis, Throniset Dominationibus, hymnum glorie tuæ proclamas

mus humili confessione dicentes® Sanctus, Sanctus, Sanctus.

num glorie proclamemus humili confessione dicentes : Sanctus.

De même il est inexact de dire qu'il n'y a que les sacramen* taires groupés autour de la Contestatio de Gellone qui justifient le nom de saint Augustin, dont ils sont seuls par le fait à se réclamer. Sans doute, notre messe du Liber ordinum, ne porte point le titre de Missa sancli Augustin; mais nous sommes en mesure de montrer que ce titre lui conviendrait à merveille; puisque nous venons de le voir, c’est précisément sa pré face qui renferme ces emprunts aux confessions de saint Au=« gustin dont nous parlions en commençant. Mais il y a mieux: On se souvient sans doute des curieux rapprochements signa= lés par dom Cagin entre la Missa sancli Augustini, et un autre écrit faussement attribué au même Père, le Livre des méditations (1). Eh bien, chose non moins curieuse, la messe du Liber se trouve absolument dans le même cas. N'y aurait-t-il pas là= dessous quelque problème ?

Quoi qu'il en soit, nous mettons ici sous les yeux du lecteur ces centonisations de notre messe que nous retrouvons dans le Liber meditationum, cet écrit du xn° siècle décoré du nom de saint Augustin.

(1) P. L., t. x, col. 939.

a ei

LiBEr oRDINUM

Ex Missa quam sacerdos pro se dicere debeat, p- 266

Parce animæ meæ, parce malis meis, parce peccalis meis, parce factis meis atque criminibus.

Visita infirmum, cura egrotum, sana languentem. Da cor quod timeat, sensum qui intellegat, oculos qui le videant.

(Dans l’Oratio post Nomina)

Miserere met :

Respice ad me de sancta sede Maiestatis tuæ et tenebras cordis radio splendoris inlumina.

LiBER MEDITATIONUM

P. L., t. x, col. 939.

Parce animæ meæ, parce malis meis, parce peccalis meis, parce criminibus mets. ;

Visila me infirmum, cura me ægrum, sana me languentem et suscita me mortum. Da mihi Domine, cor quod le timeat, mentem qui te diligat, sensum qui te intelligat aures qui te audiant oculos qui te videant.

Ch: xx.

Miserere mei Deus.

Et respice me de sede sancta Maiestatis tuæ et tenebras cordis mei radio splendoris tui tllumina.

Encore une fois, tout ceci ne nous autorise pas à dire que

la Missa sancti Augustin: de Gellone est empruntée au mozarabe, pas plus que celle des autres documents qui nous l'ont conservée chacun un peu à sa façon. Nous en sommes donc réduits à nous ranger à l'avis de dom Cagin et à dire avec lui qu'évidemment, il y a là une source commune, diversement exploitée. Nous permettra-t-on d'ajouter que, vu la similitude de composition de nos deux messes, nous serions portés à ramener les formules de ce nouveau morceau que nous fournit le Liber ordinum à cette source, à cette origine commune.

Un autre point de similitude, c'est que cette seconde messe du Ziber ordinum, comme du reste la Missa sancti Augustini (1), se retrouve sous forme de prière dans un certain nombre

(1) Cf. entre autres : Bianchini, titre nr, p. 522. P. L., t. cx, col. 600.

de livres de dévotions privées. Nous l'avons rencontrée dans le Book of Cerne (1), et chose curieuse la prière de Cerné corrige sur quelques points les formules du livre mozarabe et nous aide parfois à en reconstituer le sens. Nous pourrons un jour ou l’autre revenir sur ce point au sujet des messes votives du Liber ordinum. Ge qui n’est pas moins frappant, c’est que nous retrouvons cette prière, sous le titre de saint Augustin, dans les œuvres liturgiques d’Alcuin, dans ses Officia per Ferias(2).

Mais laissons de côté cette digression, pour revenir à notre Missa sancti Augustint. Il est à remarquer que dom Cagin, tout en lui refusant une origine mozarabe, admet cependant le carac tère gallican de toutes ses formules. Voici ce qu'il dit à ce su= jet (3) : « Rien n’expliquerait mieux cette surabondance anormale de collectes, que de les considérer comme les anciennes collectes gallicanes, mais ÉMARQUÉES, simplement au moment du passage au nouveau rite romain. »

Voilà qui pourrait bien nous fournir un argument très fort, en faveur du monument mozarabe. En effet, il est le seul qui n'avait rien à DÉMARQUER, n'ayant pas à effectuer ce passage à un rite nouveau. De la sorte, il n’y aurait rien d’étonnant à ce que nos formules mozarabes fussent très voisines de la source originale. Dom Cagin, on le sait, admet que tous nos monuments ont puisé au même endroit. En somme nos Missæ sancli Augustini seraient de vénérables restes de cet antique usage gallican à la dernière période de sa fusion avec la liturgie romaine qui ne tardera pas à l'éliminer complètement.

Ce ne fut que peu à peu, nos messes en rendent témoignage, que cet usage de Rome prit la prépondérance sur l’autre, puisque tout d’abord on se contenta de démarquer les formules, tout en gardant encore beaucoup du fond et de la forme de l’ancien rite. Ce fait n’a-t-il pas déjà été remarqué à propos du rite gal-

(x) The Book of Cerne, édit. Kuypers O.S.B., Cambridge, the University Press, 1902, p. 145, prière 49° et p. 222, Appendix, f. 47.

(2) P. L., t. cx, col. 598 sq.

(3) Cagin, loc. cit.,p. 24.

lican de la bénédiction du peuple par l'évêque(1)? « On tenait tant à ce rite, nous dit Ms Duchesne, qu'il fut maintenu même après l'adoption de la liturgie romaine; presque tous les sacramentaires du moyen âge contiennent des formules de bénédiction. » Prenons par exemple dans Pamélius (2), que nous avons sous la main, le fameux sacramentaire grégorien de Grimoald, plus probablement l'œuvre d'Alcuin. On y trouve un certain nombre de ces bénédictions gallicanes, et plusieurs d'entre elles sont en rapport exact avec celles de nos monuments mozarabes.

C’est donc encore le cas de nos Missæ sancti Augustini qui se reproduit ici, pour ces bénédictions, et nous croyons pouvoir l'expliquer, en disant que sans avoir besoin de recourir aux livres mozarabes, nos divers manuscrits ont pu se fournir de formules à peu près semblables dans les livres gallicans qui n'avaient pas encore disparu entièrement et dont on regrettait même certaines pièces. Le rite mozarabe étant fort voisin du rite gallican, il est tout naturel de trouver sur plus d’un point des ressemblances frappantes. Autrement, du reste, nous ne voyons pas bien comment on expliquerait ces rapprochements qu'on remarque un peu de tout côté (3), sans donner à la liturgie

(1) Duchesne, Culte chrétien, 2° édit., 1898, p. 95.

(2) Pamelius, t. w, Sacramentorum liber, authore Grimaldo abbate,

(3) Le Liber ordinum est précisément dans ce cas. Plusieurs des pièces qu'il renferme sont tout à fait inédites, mais plusieurs aussi se retrouvent dans presque tous les sacramentaires connus, le léonien excepté. Nous n’avons guère rencontré qu'une seule pièce de ce dernier sacramentaire que nous puissions comparer avec une autre formule du Liber ordinum. C’est la fameuse Consecratio Adesto pour l’ordination du diacre. Elle se trouve en effet coïncider de la façon la plus curieuse avec la formule de bénédiction Deus universitatis auctor, pour la même ordination dans le monument mozarabe. Toutes les messes votives du Liber ordinum, sont aussi très curieuses, à ce point de vue des comparaisons et des rapprochements avec celles des autres sacramentaires. Un exemple des plus intéressants, est sans contredit celui de la Missa omnimoda dont les formules se trouvent en concordance parfaite avec celles de la Missa votiva omnimoda du Sacramentaire gallican de Bobbio (cf. Liber ordinum, p. 229 sq., et Missel de Bobbio, P. L., t. zxxu, col. 530).

Dom Cagin a étudié ces rapprochements (Paléog. musicale, t. v, p. 146): Les formules du Liber ordinum ont toutefois l’avantage de correspondre in-

mozarabe une importance supérieure à celle que les liturgistesm lui accordent généralement. à

Revenons de nouveau au texte même de nos messes. Less trois dernières pièces de Gellone, ce qui est encore à notre avis très significatif, sont entièrement étrangères au formulaire mozarabe. La formule ante orationem Dominicam et la postcommunion lui sont même tout à fait propres. Quant à la secrela, étrangère elle aussi au mozarabe, elle se retrouve cependant dans bon nombre d’autres manuscrits qui nous ont conservé cette Missa sancli Augustini, citons entre autres notre Liber sacramentorum dans Pamélius. Il est bon de noter aussi en passant, qu'en dehors des manuscrits mozarabes, un certain nombre de Sacramentaires, tout en ne possédant pas nos Missæ sancti Augustini, ont conservé toutefois une ou deux de leurs formules. Elles se trouvent la plupart du temps enchâssées dans des messes intitulées à la façon mozarabe ; Missa quam. sacerdos pro semetipso debet cantare: missa pro sacerdote, etc. C'est tantôt à titre de super oblala ou de secreta, tantôt à titre. d’oraison d'introduction, qu'on s’est servi surtout de la première formule de notre Missa sancti Augustini. Dom Cagin dans son étude a noté soigneusement tous ces rapprochements que nous ne pouvons reproduire ici, nous y renvoyons le lecteur.

On pourrait peut-être par ce fait montrer le peu d'importance qu'il faut attacher au titre de Missa sancti Augustini, puisque bon nombre de manuscrits affectent de ne pas le connaître, particulièrement le mozarabe, qui cependant, nous l'avons vu, se trouverait mieux qu'aucun autre en mesure de le revendiquer. Le titre de Missa pro sacerdote serait peut-être plus original, plus voisin du titre primitif.

Somme toute, nous l’avons vu, nos messes nous ont été conservées d’une façon bien différente; nous dirions volontiers qu'elles se présentent à nous sous trois traditions diverses :

tégralement avec celles de Bobbio, ce qui n’a pas lieu pour les textes que nous présente le Missel mozarabe, dans la Messe omnimoda qu'il nous a conservée lui aussi. Of. P. L., t. rxxxv, col. 983 sq. Voir aussi Paléog. musi-

cale, t. V, p. 149.

1° Gellone qui n'a malheureusement que la première de nos messes; 2° le Liber sacramentorum; 3° les monuments mozarabes dont nous avons parlé. Il ne nous reste plus à examiner \maintenant qu'une dernière formule de notre première messe, | la Postcommunion. Elle est propre au groupe de manuscrits qui suivent la tradition du Liber sacramentorum de Pamélius.

| Cette formule est encore très intéressante au point de vue barchéologique. C'est tout simplement l’ancienne bénédiction | gallicane dont nous parlions tout à l'heure; on l'a seulement démarquée pour en faire une Postcommunion qui naturellement \ne ressemble pas tout à fait aux Postcommunions romaines ordinaires. Nous n’avançons rien ici que nous ne soyions en état de prouver, puisque le Liber ordinum nous donne le texte | même de cette bénédiction dans une de ses messes votives. Voici parallèlement nos deux textes :

LiBER ORDINUM

Ex missa votiva pluralis :

Benedictio, p. 315.

ù Votum vestrum Dominus clementer intendat et peccata dimitlat. — Amen.

Quæ optatis adtribuat, et que pavesciis procul repellat. — Amen.

Ut cum universitate fidelium, vovendo et reddendo Deo sacrificium laudis, ac fructum tustitiæ pervenire possitis. — Amen.

Ipso auxiliante Deo nostro qui cum Deo Patre et Sancto Spiritu unus Deus gloriatur in secula seculorum.

LIBER SACRAMENTORUM (Authore Alcuino) Ex missa sancti Augustini.

Post Communionem, p. 521.

Vota nostra Dominus clementer intendat, et peccata dimittat.

Quæ optamus, tribuat, et quæ pavemus, procul repellat :

Ut cum universitate fidelium, vovendo et reddendo Deo sacrificium laudis, ad fructum iushtiæ pervenire possimus, concedente clementia dininitatis eius. Per Dominum nostrun Jesum Ch.

eius unigenitum filium, cum quo in unitate spiritus sancti vivit et regnat Deus. Per omnia

Ce fait est encore très significatif ce nous semble, et nous

prouve une fois de plus l'indépendance de cette tradition vis à-vis du mozarabe. Ceci paraîtra peut-être surprenant à prioris mais vraiment en admettant que le mozarabe soit la source à laquelle ait puisé le compilateur de notre manuscrit pour faire sa Missa sancti Augustini, nous ne voyons pas bien comment on pourrait expliquer qu'il soit allé chercher si loin le texte dé. sa postcommunion. Pourquoi n’aurait-il pas pris de préférence la bénédiction de la messe même qu'il avait sous les yeux Il eût été tout aussi facile de la démarquer pour en faire une postcommunion soi-disant romaine. Nous allons tou jours nous trouver en présence du même cas dans les messes qui vont suivre, et nous croyons que le seul moyef de sortir de cette difficulté, c'est de l'expliquer comme nous l'avons fait. l

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