‹ Les origines liturgiques;Chapitre 47 sur 70 · Deuxième partie de l'Hallel, Ps. cxrv-cxvur · texte numérisé non relu

Deuxième partie de l'Hallel, Ps. cxrv-cxvur

Confitemini Domino.

Dicat nunc Domus Aaron.

Confitemini Domino.

Ps. cxvir. Benedictus qui venit in nomine Domini.

Le grand Hallel, Ps. cxxxv, Confilemini Domino quoniam bonus, etc. Il faut louer Dieu à cause de ce qu'il a fait pour Israël.

Confitemini Domino, quoniam bonus, confitemini Deo Deorum, confitemini Domino Dominorum (Ps. cxxxv).

Verset 4 du même Ps. Cnofitemini Domino. qui facit mirabilia magna solus. (Transition de l’être divin à la création.)

Versets 5 à 9. Louange pour la création.

(1) C’est du moins l'hypothèse de Bickell.

Messe (Suite)

Lavement des mains.

Offrande. Le prêtre prie à voi basse en se lavant les mains, d’où est venue la secrète, maintena séparée du Dominus vobiscum et.

de l’Oremus initial par les prières intercalées plus tard de l’offran:

de (1).

Préface correspondant à cette partie de l'Hallel.

Sursum corda.

Habemus ad Dominum. | Ê

nm

Gratias agamus Domino.

Dignum et justum est.

Sanctus. Benedictus qui venit à nomine Domini.

Le canon primitif s'inspire de la même pensée.

Le commencement du canon dans toutes les liturgies, sauf la romaine, se rattache au Sanctus | par une pensée analogue : out, en vérilé tu es saint, etc. 1

Même pensée dans le canon clémentin.

Même pensée dans le canon

clémentin, qui ajoute aux bien-.

faits de Dieu pour Israël, les” bicnfaits de Dieu après la chute” de l’homme, la rédemption, etc. .

PAQUE JUIVE (Suite)

Verset 9 et suiv. Suite des

bienfaits de Dieu, terre promise,

défaite des Égyptiens, prodiges du désert.

El redemit nos ab inimicis nostris.

Versets 25-26. Qui dat escam omni carni.

Verset 26. Confitemini Deo cæli... confitemini Domino Dominorum; Quoniam in æternum misericordia ejus.

Le peuple à la fin du psaume répondait : Amen.

Messe (Suite)

Le canon clémentin suit de près cette énumération. Mais il fait intervenir la vie du Christ sa passion, etc.

On se souvient que Notre- Seigneur aurait probablement fait la consécration à ce moment et ensuite 1l aurait achevé la récitation du psaume. Le canon de la messe continue à paraphraser l'offrande du corps et du sang du Christ.

L'intercession clémentine sur la moisson finit par les mêmes versets :

carni.

Qui dat escam om

L’épiclèse s’inspirerait aussi des derniers versets de ce psaume (versets 25-26). Pour Bickell, l’épiclèse se rapporte surtout à la communion; on demande que l'Esprit divin fasse apparaitre l’eucharistie qui est la nourriture de toute chair.

Ces versets répondent à la fin du canon : Est tibi Deo patri… omnis honor et gloria.

Le peuple répondait : Amen, à la fin du canon.

Fraction de l’hostie.

Baiser de paix.

Bénédiction du prêtre.

Préparation à la communion;

PAQUE JUIVE Messe (Suite) (Suite)

répétition de la bénédiction

d’Aaron. Puis le Sancia sanctis.

La réponse du peuple. ;

Communion. :

Ps. xx. Dominus regit me. Action de grâces.

Le système de Bickell est ingénieux et, dans son parallèle, il est des points qui peuvent sembler acquis. Les relations entre | la pâque et la cène paraissent incontestables, nous le répétons, et. c’est au milieu de son rituel que l’eucharistie a pris place. |

En second lieu, on ne peut nier qu’il n’y aït analogie dans la succession des rites entre les deux cérémonies. Un autre point établi, c'est que plusieurs des prières de la messe, notamment la préface ancienne, les bénédictions et les oraisons, s'inspirent des psaumes, des cantiques de la Bible, des bénédictions et des oraisons du rituel juif. Ceci est du reste un fait général pour la liturgie chrétienne. On retrouve certainement dans les plus anciennes prières chrétiennes un écho des prières juives (1).

Mais dans ces comparaisons, le docteur Bickell s'est laissé entraîner, comme il lui est arrivé d’autres fois, par la subtilité de son esprit, sa tendance trop systématique et conjecturale. Il tombe dans des rapprochements d'idées et de mots qui sont purement accidentels et ne prouvent rien en faveur de son système. Nous n’avons donné dans le tableau précédent que le résumé de ses rapprochements. Dans sa dissertation, il s'en trouve d’autres, plus contestables encore. L'auteur en arrive à déchiqueter les psaumes du Hallel pour les faire cadrer avec telle ou telle formule de la messe clémentine. Il serait trop

(1) Cette étude est encore à faire; on en trouverait néanmoins les éléments dans les auteurs que nous avons cités ci-dessus p. 556. Cf. dans Warren, Liturgy and ritual of the antenicene Church, le ch. rv : Connection between the Lit. and ritual of the jewish and christian Church, et l'introduction de Skene à la traduction de Bickell.

LS ê

pr long d'entrer dans une critique de détail, mais par exemple le

Sanctus qui, selon Bickell, correspondrait à un verset du psaume Confitemini, n'est pas dans la liturgie d’une origine primitive, et sa place à la fin de la préface n'est pas non plus primitive.

Plusieurs des rapprochements les plus ingénieux de Bickell ne prouvent que ce fait d'une source unique d'inspiration pour la liturgie chrétienne et la liturgie des juifs.

On peut encore adresser d’autres critiques à ce système. Tout d'abord, cette description de la pâque juive n'est pas faite d'après des documents contemporains de Notre-Seigneur, mais sur des textes postérieurs de plusieurs siècles. Je sais bien qu'on répond à cela que les juifs ont conservé leurs anciens rites, que ces rites se retrouvent chez les juifs un peu dans tous les pays, qu'il n'y a pas apparence qu'ils aient emprunté leur rites aux chrétiens. Il était nécessaire cependant d'indiquer ce premier postulatum du système.

Ces rapprochements, pour la partie chrétienne, reposent sur la liturgie clémentine des Constitutions apostoliques, qui est considérée par l’auteur comme la plus ancienne et la plus autorisée. Ce dernier point, quoique assez probable, n'est pas absolument indiscutable. Il y a de plus dans ce document une certaine tendance bienveillante à l'égard des rites juifs, qui pourrait le faire récuser comme un témoin suspect (1).

Enfin si l'on compare cette cérémonie de la pâque juive avec la messe chrétienne telle qu'elle existe aujourd’hui, ou même dans sa forme la plus antique, on est bien forcé de constater dès d'abord qu'aucun de ces psaumes récités à la pâque ne se retrouve au canon de la messe; les cérémonies ayant trait au rite de la pâque ont également disparu. Les plus anciens canons ne font pas allusion à la pâque juive. Bickell nous dit que dès les temps apostoliques, on a remplacé ces psaumes et ces

(1) La découverte du Testamentum D. N. J. C. (Mainz, 1889) ap porte un élément nouveau qui pourrait aussi changer ces conclusions de Bickell. Voir par exemple un article du Month, feb. 1906, Fresh light on the early history of the Mass.

prières par des formules qui s’en inspiraïent. Ce fait à lui seul indique bien, selon nous, que l’on voulut faire entendre aux fidèles, la plupart convertis du judaïsme à l'origine, que l’ancienne loi avait disparu et fait place à l'alliance nouvelle.M Or on ne pouvait conserver à la pâque son ancien caractère ses rites et ses formules, même en les associant à la cène, sans exposer quelques-uns de ces convertis à prendre le change, à | perdre de vue le véritable sens de la messe. Cette nécessité d'une réaction contre les rites judaïques a trouvé un écho dans un bon nombre d'écrits de ce temps à commencer par « l'épitre aux Hébreux et l’épître dite de saint Barnabé. |

Nous aurons bientôt à étudier une autre théorie de Bickell pour les origines de la première partie de la messe, jusqu'à l'offertoire. Les critiques que nous avons cru pouvoir nous permettre de sa théorie ne doivent pas faire perdre de vue les résultats importants qui restent acquis et les excellentes remarques qu'il a faites sur plusieurs rites de la messe.

Page 1