‹ Les origines naturelles de la propriétéChapitre 26 sur 39 · INSTITUTS SOLVAY (SOCIOLOGIE) II · texte numérisé non relu

INSTITUTS SOLVAY (SOCIOLOGIE) II

l'industrie de l'individu joue son rôle. Il y a accommodation des matériaux du monde extérieur, adaptation à un usage bien accusé ; un fait élémentaire de propriété se trouve ainsi déterminé. 11 est ici, essentiellement individuel.

Fig. 39 — L'Anguille commune

Nidification § 2. — Le phénomène devient plus complexe lorsqu'on arrive à la nidi-

déterminant fjcatjon chez ]e poisson, qui prépare si directement les formes que nous

un fait de Pro- r > 1 r r i

prieté consti- rencontrerons chez les oiseaux. Ici le fait prend déjà une forme sociale, sinon

tué sur le type , . •/-.»•>*• j r • >-i

familial. très accusée, du moins embryonnaire. Lest a la saison du Irai qu il se produit, et il se produit en vue d'assurer la perpétuation de l'espèce. La plupart

du temps, c'est le père seul qui, la ponte étant faite, veille sur le nid et le détend contre toute attaque ou tout danger. La femelle ne donne aucun soin à la progéniture, elle ne prend aucune part à la construction du nid. Cependant, le phénomène de propriété déterminé par l'industrie, l'accommodation des matériaux empruntés au monde extérieur, la défense de la propriété ainsi créée ne sont produits que dans un lien étroit avec la tendance à la perpétuation de l'espèce, par conséquent avec le fait fondamental qui se trouve à la base de la constitution de la famille. Quelque lâche, inconsistante, transitoire qu'elle soit, celle-ci n'en existe pas moins; elle suffira à donner un premier caractère social au fait de propriété déterminé par la nidification chez le poisson.

On traverse différentes étapes. A un premier degré les œufs sont aban- Différents sudes donnés à eux-mêmes avec leur abri protecteur. Le caractère social n'existe upM point et le fait de propriété lui-même n'apparaît, pour ainsi dire, que virtuellement, en puissance et non pas en réalisation, étant comme une sorte d'essai transitoire, fugitif et incertain. On le trouve, par exemple, à un stade élémentaire chez les Truites, qui se contentent de creuser une fosse dans laquelle elles déposent leurs œufs, et, à un stade plus élevé prouvant une industrie déjà évoluée de l'animal, chez les Antennaires, qui se cachent parmi les sargasses et qui y établissent leur habitat constant. Ces animaux construisent de véritables nids; ce sont les sargasses qui en fournissent les matériaux. Ils assemblent, avec leurs nageoires, des paquets de ces algues sur lesquelles ils déposent leurs œufs. Ils sécrètent des fils visqueux, qui assurent la solidité de leurs constructions. Ces nids flottants, arrondis, de la grosseur d'une noix de coco, sont abandonnés à la surface de l'océan; les jeunes y naissent et y trouvent pendant les premiers temps de leur existence un asile assuré.

Un état plus consolidé se détermine dès que le mâle demeure, veille sur consolidation du les œufs, assure la destinée de l'asile qu'il a construit. Le fait de propriété devient alors évident. 11 ne flotte plus de l'individu construisant l'abri et l'abandonnant, aux œufs et aux jeunes qui l'occupent; il est réalisé dans toutes ses conditions dès que la forme matérielle qui le constitue est défendue contre toute attaque et toute usurpation.

Si l'on compare les mœurs du Chabot de rivière à celles de la Truite, on verra la différence essentielle qui sépare deux faits matériellement analogues. Chez cette espèce, en effet, le mâle creuse une cavité dans le sable, sous une pierre. Il amène la femelle pondre dans ce nid et garde les œufs avec une extrême vigilance jusqu'à leur éclosion. Gessner raconte que le Labre varié a une affection toute particulière pour ses petits. La femelle fraie un trou à l'entrée duquel se place le mâle. Il veille sur les œufs jusqu'à leur éclosion.

fait de Propriété.

De même les Cycloptères pondent leurs œufs dans des fentes de rochers, au voisinage de grandes algues. Le mâle se fixe à côté par ses ventouses, les garde et les défend contre les attaques les plus terribles. Au moment de l'éclosion, les jeunes s'attachent à lui et il regagne les bas fonds. prophète, conse- L'industrie demeure assez primitive dans les faits que nous venons de

quence de la con- , . . ,.

stitution de la fa- citer, bile évolue aussi et s organise sur des formes supérieures. Certains Blenniidées sont ovipares, construisent des nids et donnent des soins tout particuliers à leur progéniture. On connaît un certain nombre de Siluroïdes qui présentent les mêmes mœurs. D'après Hancock, les Callichtys et les Doras construisent un nid fait de feuilles et souvent établi dans une cavité de la berge. Le mâle et la femelle demeurent auprès du nid, ils le défendent avec acharnement, jusqu'à ce que les petits soient éclos. La coopération des deux parents est ici particulièrement intéressante. On verra, par l'ensemble des faits cités, qu'elle constitue une exception. Elle affirme le côté familial et, par conséquent, social dans les phénomènes qui surgissent à l'époque du frai et où la construction du nid détermine un fait de propriété. Celui-ci ne peut plus être considéré comme purement individuel; il est familial, donc, dans une certaine mesure, collectif. D'autre part, il est transitoire, car il est soumis à certaines conditions qui, seules, établissent la famille. Celle-ci ne se maintient pas, elle est momentanée, limitée à la période de l'incubation, elle se reforme chaque année, mais se détruit aussi, et le fait de propriété qui reflète la structure de cette collectivité familiale, la plus élémentaire de toutes, suit ses destinées, se forme avec elle, disparaît lorsqu'elle disparaît.

Le Chétostome peint se construit un nid avec des herbes. « La construction du nid, dit Schomburgk est une véritable œuvre d'art; le nid ressemble beaucoup à celui de la pie. C'est un peu au-dessous de la surface de l'eau, entre les joncs, que l'architecte construit, en avril, son nid avec des hampes de graminées; ce nid peut être comparé à une sphère creuse, un peu aplatie, dont la partie supérieure atteint la surface de l'eau; une ouverture assez large pour laisser passer la femelle conduit à l'intérieur du nid. Aussitôt que la femelle a pondu, les animaux n'abandonnent plus le nid. » Ils défendent leur progéniture avec acharnement, veillent avec soin sur les œufs, et réalisent encore le type familial du fait instinctif de propriété, cette forme la plus élémentaire de la propriété collective.

Famille pater- La plupart du temps, cependant, le mâle seul entre en jeu. Le Gourami

construit en cinq ou six jours, dans un coin de l'étang qu'il habite ou parmi les plantes aquatiques, un nid de la forme d'un œuf, dans lequel la femelle vient effectuer la ponte. 11 est probable, dit Sauvage, que le mâle seul travaille au nid et que c'est lui qui protège les jeunes.

Chez le Macropode (Macropodus viiïdiauratits), lors de la ponte, le mâle

nelle,

vient se placer à la surface de l'eau. Il absorbe, puis expulse des bulles d'air, qu'il enveloppe d'un mucus graisseux, produit par sa bouche, et qui empêche leur résorption. Il forme ainsi une sorte de plafond d'écume flottante d'un décimètre carré environ. 11 récolte dans sa bouche les œufs pondus et les porte dans le plafond d'écume. La ponte terminée, il chasse la femelle, prend soin des œufs, répare les lacunes produites dans le plafond d'écume, veille sur le développement des embryons et les ramène au nid en les humant dans sa bouche lorsqu'ils s'écartent.

Tout au contraire, le Gobins Niger se retire dans les bas-fonds tapissés de plantes marines. II s'y creuse un abri, dont les racines des plantes forment la voûte. Le mâle seul prend part à la construction du nid. Il s'établit alors à l'entrée et guette les femelles qu'il cherche à y faire pondre. Il garde et défend courageusement le nid qu'il a construit, ne l'abandonne que lorsque les embryons sont assez robustes pour se suffire. S'il ne parvient pas à attirer la femelle dans le nid qu'il a préparé, il l'abandonne et va en construire un autre dans un endroit plus favorable. Si plusieurs femelles viennent le visiter, il l'agrandit en conséquence. Rien ne saurait mieux mettre une évidence le lien étroit qui rattache le fait de propriété réalisé par l'industrie de l'animal avec la condition de reproduction de l'espèce, qui se trouve elle-même à la base de la constitution transitoire de la famille.

Un autre Gobie, le Gobius minutus, dépose ses œufs à l'intérieur des coquilles d'huîtres, de cardium ou de pecten. Il recouvre la coquille d'un centimètre de sable, environ; il en retourne l'ouverture contre le sol; on surprend souvent au-dessous, le mâle veillant sur les œufs. La coquille est très bien dissimulée sous le sable et c'est à peine si une légère bosse indique sa présence. Un ou deux petits trous servent d'entrée et de sortie au poisson.

Tous ces faits montrent suffisamment dans quel cas l'industrie chez le Prédominance de poisson arrive à déterminer des faits instinctifs de propriété. Ce qui est très intéressant cependant, et ce qui nous apparaît pour la première fois, c'est la dépendance dans laquelle ils se trouvent relativement à la constitution familiale f>its d« Propriété

. qui en découlent.

produite par le groupe le plus simple : le père, la mère ou l'un des deux, et la progéniture. C'est sous la pression de l'instinct sexuel et familial, de la tendance à la protection de l'espèce, que se déterminent des faits de propriété dont le caractère collectif rudimentaire apparaît déjà. Ils sont, du reste, limités à la période de développement des œufs; nous allons les voir se produire dans les mêmes conditions au sein de la formation sociale déjà plus complexe que présentent les Épinoches. Ces animaux constituent, en effet, à cet égard, le point d'évolution le plus élevé que nous puissions constater chez les poissons.

native dans la con stitution de la fa mille et dans les

organisation § 3. — Les Epinoches présentent des mœurs fort curieuses. Elles vivent en

îMÉpinocnes. troupes et se défendent en commun contre leurs ennemis. Ces faits réalisent une sorte de groupement en peuplade, dans lequel certains individus prennent quelquefois une autorité tyrannique. On a pu les observer minutieusement en captivité. Lorsqu'on les place dans un aquarium assez grand et abondamment pourvu d'eau, « les Epinoches qu'on vient d'y mettre, dit Sauvage, nagent d'abord en troupes, comme pour bien reconnaître les lieux, et vont examinant chaque place, chaque recoin. Soudain, une d'entre elles prend possession d'un endroit qui, sans doute, lui convient mieux que les autres, et propriété indm- alors un combat acharné s'engage entre le premier propriétaire occupant et

duelle au sein de la ... . ... . „

p«upiade. les intrus qui feraient mine de vouloir s emparer de son domaine... Souvent le

combat dure plusieurs instants avant que l'un, s'avouant vaincu, lâche prise; le vainqueur, montrant alors la plus vive colère, nage derrière le vaincu et le chasse de place en place, jusqu'à ce que, n'en pouvant plus de lassitude, il se réfugie dans la vase. L'Epinoche se sert de ses aiguillons avec une telle force, que, souvent, l'adversaire est transpercé de part en part et tombe mort sur le coup. Peu à peu, cependant, chacun a choisi la place qui lui convient, et il arrive que, dans le même bassin, plusieurs de ces petits tyrans se surveillent réciproquement, et si l'un d'eux, quittant la place qu'il doit occuper, vient à s'approcher d'un voisin, le combat recommence alors plus vif et plus acharné que jamais. »

Prédominance de Evers rapporte que les femelles, surtout, taquinent et attaquent les poissons

certains individus . . . ... , , . . , .

au sem de la peu- dans le bassin qu elles occupent; placées vers le haut de leur aquarium, plad"- elles observent attentivement tout ce qui se passe au-dessous d'elles; deux

mâles viennent-ils à se battre, elles se précipitent avec rage sur les combattants, tantôt pour repousser les fuyards et les obliger à accepter la bataille, tantôt pour attaquer le vainqueur; dans toute querelle, elles excitent au combat. Deux femelles de forte taille, qu'Evers soignait plus particulièrement, s'étaient posées en souveraines maîtresses de l'aquarium ; elles ne s'attaquaient pas entre elles, mais avaient su inspirer une telle frayeur aux autres femelles qui habitaient le même bassin, que celles-ci se cachaient pour prendre leur nourriture, laissant leurs tyrans s'emparer de la part du lion; les mâles avaient également à souffrir des deux despotes, et ils étaient régulièrement attaqués et chassés lorsque, poursuivis par d'autres mâles, ils venaient chercher asile auprès d'elles. Le despotisme des deux mégères était tel qu'Evers dut les retirer de l'aquarium qu'elles terrorisaient littéralement. Actio» commune Lorsque les Epinoches se trouvent en présence d'un ennemi, elles dirigent

et|Tedefense collec' tous leurs efforts contre lui. Lorsque Evers, qui les observa minutieusement, mettait une Perche dans leur aquarium, les Epinoches <\ se rassemblaient en troupes et surveillaient l'ennemi, toutes les épines hérissées; les dissensions

intestines étaient à ce moment oubliées et, tant que l'ennemi commun, la Perche, resta dans le même réservoir qu'elles, les Epinochcs ne se cherchèrent pas querelle. Ces petits animaux se tenaient constamment sur la surface de l'eau, dans le voisinage des herbes qui pouvaient leur offrir quelque abri;

les mâles étaient en avant et formaient l'avant-garde d'une petite et courageuse armée toute prête, au moindre danger, à se jeter sur l'ennemi. »

A la saison du frai, en mai, juin, juillet, l'Epinoche nidifie. Chez l'Epinoche à queue lisse, le mâle s'arrête à un endroit déterminé, fouille la vase et finit par s'y enfoncer entièrement.

Tournant sur lui-même, il y forme une cavité qui se trouve circonscrite par les parties pierreuses qu'il a rejetées sur les bords. 11 y tasse ensuite des herbes, les enchevêtre et les agglutine avec un mucus qui suinte des orifices percés le long de ses flancs. 11 choisit les matériaux avec un soin attentif, rejette ceux que leur dimension ou leur forme ne lui permet pas d'utiliser; il élève sur le fond du fossé, tapissé d'herbes, des murs de brindilles pressées et tassées les unes contre les autres, et y ajoute une toiture.

Chez les Epinochettes, le mâle établit son nid à une certaine hauteur du sol, parmi les plantes aquatiques, contre les tiges ou contre les feuilles. De mime, chez l'Epinoche de mer, le nid est suspendu à des varechs, croissant

FiG. 40 — Nid d'Epinoche à queue lisse

Nidij'ation c'es Éjii.oclus.

Nidification des Epinochettes.

au voisinage des côtes, ou bien pratiqué sur les fonds et recouvert en partie de sable.

Une fois le nid achevé, l'Epinoche y attire la femelle, qui vient y déposer ses œufs. Plusieurs pontes s'y accumulent, provenant de la même femelle ou de femelles différentes.

La ponte finie, l'Epinoche mâle demeure à l'entrée du nid et le défend avec rage contre tout ennemi. Par le mouvement incessant de ses nageoires pectorales, elle agite l'eau de manière à produire un courant favorable à l'éclosion. Souvent, le nid est attaqué par des femelles ou des mâles appartenant à la même espèce.

L'Epinoche défend ses œufs par des combats incessants.

Lorsque les alevins sont éclos, elle les maintient encore dans le nid jusqu'à ce qu'ils soient assez forts pour se suffire à eux-mêmes.

Cantonnement de l'individu, propriété individuelle au

Nous pouvons trouver dans ces faits des séries

seia de la peuplade. de phén0mèneS fort illté-

ressants. D'abord, dans le cantonnement des Epinoches, qui se choisissent un endroit spécial dans lequel elles se maintiennent et dont elles ne laissent aucun poisson s'approcher sans combat, nous trouvons un fait de propriété individuelle

Fig. 41 — Nid d'Épinochettc

d'autant plus particulier qu'il est réalisé au sein de la peuplade. L'Epinoche. en effet, constitue une peuplade. On la voit s'unir contre un ennemi commun, je combattre en troupe; on voit les individus s'associer, oublier leurs rivalités

lorsqu'un danger les menace; l'unité de la peuplade et l'action d'ensemble apparaissent donc dans des conditions déterminées. Il n'est pas jusqu'à la prédominance d'un ou de plusieurs individus plus forts, au sein de la peuplade, dont les observations d'Evers, relatives aux deux femelles qui tyrannisaient son aquarium, ne donnent une démonstiation évidente.

Nous assistons donc ici à un groupement permanent dans le sens social. La peuplade se constitue avec ses liens lâches et peu fixés, suffisamment déterminés cependant par l'association en cas de défense et la lutte en commun vis-à-vis des dangers du monde extérieur.

D'autre part, les rivalités individuelles sont très accusées. La prédominance du fait d'association n'est pas assez affirmée pour s'exercer sur l'activité individuelle. Celle-ci ne se fond dans une action d'ensemble que dans les cas les plus brutaux et les plus violents, ceux où le groupe tout entier se trouve, au moins virtuellement, menacé. Dès que cette menace a disparu, les considérations individualistes réapparaissent. L'individu garde une indépendance très affirmée dans cette structure collective encore incertaine; il se choisit une retraite qu'il s'approprie et qu'il défend violemment, réalisant ainsi un fait de propriété personnelle; il cherche à établir son autorité sur la peuplade entière, et son activité individuelle s'affirme dans les querelles nombreuses qui lui sont habituelles. La prédominance de l'individu sur la tendance au groupement est telle que, en dehors de la constitution familiale, la propriété prend une forme individuelle. C'est une prédominance inverse qui, chez certains Hyménoptères, lui donnait une forme collective.

Ce caractère individuel prédomine encore en partie dans la nidification, Nidification ; conà l'époque du frai. C'est le mâle et le mâle seul qui construit le nid. Il réalise "t**?**?**

' « ^ pnete familiale.

un fait de propriété par l'appropriation des matériaux et l'exercice de son industrie. La femelle n'y prend aucune part. Attirée par le mâle, elle y dépose ses œufs et s'en va. Mais celui-ci prend soin de sa progéniture; il la défend avec autant d'acharnement qu'il en avait mis à défendre l'abri, durant sa construction. Le fait de propriété né sous l'influence de la reproduction, de l'instinct sexuel et familial, prend une forme plus définie qu'il ne l'avait tout d'abord chez l'individu vivant au sein de la peuplade. Là, en effet, c'est un lieu simplement choisi, fournissant une retraite habituelle que l'Epinoche défend contre les autres membres de la peuplade. Aucune accommodation, aucune industrie ne s'y révèlent. C'est un fait de propriété individuelle rudimentaire et simplement réalisé par l'occupation d'un endroit déterminé. Au sein de la peuplade, une série de ces possessions personnelles coexistent. Cependant, un fait nouveau surgit dans l'union de tous les individus et coistitution d'une l'oubli des rivalités devant l'intrusion d'un ennemi. Le groupe se conduit °pne

de telle sorte qu'il réalise un fait de propriété collective, constitué au-dessus des séries de propriétés individuelles, par la possession d'une certaine aire plus ou moins déterminée et dans laquelle il ne permet pas la présence d'un individu étranger.

coeiistence des Dans cette formation sociale, la propriété familiale apparaît avec la nidi-

f°™iiuîe eTcoUec6- fïcation. Elle constitue une autre forme, plus élémentaire à certains égards, tivedeiapropuëtè. je propriété collective, car elle est limitée aux individus qui forment la famille. Encore faut-il observer que celle-ci est limitée au mâle et aux œufs ou aux alevins, car la mère en est chassée dès que la ponte est achevée. La famille elle-même y est constituée sous une forme rudimentaire. Elle est transitoire et la propriété familiale est transitoire comme elle. Elle est donc tout à fait semblable à celle que nous avons étudiée chez les Gobies, par exemple, et même inférieure à celle que réalisent les Doras et les Chétostomes, chez lesquels la femelle intervient avec le mâle dans une formation familiale plus complexe. Mais elle présente chez les Epinoches cette particularité extrêmement intéressante, qu'elle coexiste avec des formes assez indistinctes et rudimentaires de propriété individuelle et de propriété collective, et qu'elle est déterminée dans un groupement social présentant les caractères essentiels de la peuplade. Elle fait partie d'un ensemble complexe que les autres espèces de poissons ne réalisent pas.

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